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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 18:15

Jeudi 1er avril 2010

FRALIB : la productivité contre les salaires

 

FRALIB2Un autre article (voir ICI) décrit la lutte des camarades de FRALIB, depuis maintenant quatre semaines.

Or, la veille du déclenchement du conflit (le 8 mars), le délégué CGT de l'usine intervenait au Congrès de l'UD des Bouches du Rhône pour décrire par le menu les hausses de productivité et de l'exploitation correspondante. Comme il conclut, "à gerber" !!! Résumé de son intervention...



Comment Unilever augmente son taux de profit


Parmi les nombreuses interventions au congrès de l’UD CGT 13, qui s'est tenu du 3 au 5 mars, voici celle d’Olivier Le Berquier de Fralib (Unilever). L'intervention du camarade de Fralib décrit bien les tactiques employées par la direction afin de restaurer sa plus-value. Pas étonnant qu’au vu de ce qui suit les salarié-e-s soient en grève reconductible pour les salaires depuis lundi 8 mars.


Nous devons supprimer des postes parce que nous avons un problème de coût !!!
Combien de fois avons-nous entendus ces phrases les uns et les autres de la part des dirigeants des entreprises et de l'État ? Les capitalistes ont plusieurs techniques pour faire baisser les coûts. Nous allons utiliser l'intervention bien documentée de la CGT Fralib afin de l'expliquer.


Liquider l'emploi


Effectifs 2000 2008 variation
En France 11 500 3 600 - 7 900
Dans le Monde 287 000 174 000 - 113 000


En France, en ce qui concerne les effectifs en 1989, ils étaient répartis sur 2 sites de production 1 au Havre et 1 à Marseille donc les coûts - comme ils disent - liés aux infrastructures multipliés par 2. Nous étions au total des 2 sites 286 salariés.
Aujourd’hui il n’y a plus qu’un site, celui de Marseille et nous sommes 185 salariés.
UNILEVER fait donc l’économie de coût structurel d’un site et nous sommes 101 salariés de moins.


Baisser les salaires


Pour ne prendre qu’un exemple,si les salaires avaient suivi la progression du SMIC  le coefficient 170 serait aujourd’hui à…2142,36€ soit 600€ de plus que le salaire actuel !!


Un coefficient moyen le coefficient 200 était en 1989 à 1240€ il se situait à +500€ +68% au-dessus du SMIC, il est aujourd’hui à 1708€ il n’est plus qu’à +244€ + 16% au-dessus du SMIC.


Même le plus haut coefficient de notre grille des salaires ouvriers, employés et AM, le coefficient 340 est passé en 20 ans de +174% au-dessus du SMIC a + 88% aujourd’hui


Bien évidemment il s’agit de salaire BRUT , il faut donc rajouter a cela que sur cette même période nos cotisations sociales ont augmenté de 6 % et que aujourd’hui nos patrons ont des exonérations de cotisations sur les salaires jusqu’à 1,6 fois le SMIC. Le salaire annuel du PDG UNILEVER Monde était de 4 740 000€ soit mensuellement 393500€ soit 273 fois le SMIC.


Augmenter la productivité


En 1989 l’ensemble des productions des 2 sites était de1 580 000 000 de sachets (de thé ou infusions)/an. Aujourd’hui nous sommes à 1 530 000 000 de sachets /an, pratiquement le même niveau de production mais avec un seul site et 100 salariés de moins.
La production était donc de 5 525 000 sachets /an par salarié en 1989, elle est aujourd’hui de 8 270 000 sachets /an soit + 2 745 000 sachets /an.
Nous avons l’habitude de prendre comme référence une boite de 25 sachets de thé ou d’infusion.
En 1989 chaque salarié produisait par an l’équivalent de 221 000 boites de 25 sachets.
Aujourd’hui c’est 331 000 boites de 25 sachets qu’il produit par année, donc 110 000 boites de plus.


En 20 ans la productivité par salarié a donc augmenté de 50 % et dans le même temps le salarié au coefficient 170 qui était payé 46% au-dessus du SMIC n’est plus payé que 3,5% au-dessus du SMIC. Si les gains de productivité avaient été affectés au salaire ceux-ci auraient donc augmenté dans les mêmes proportions.

Les patrons et l'État ont aussi d'autres cordes à leur arc, développer la précarité (CDD, intérim), la flexibilité des horaires, l'annualisation des horaires, par exemple les 35 heures Aubry ont permis d'obtenir la suppression des pauses, la polyvalence sur les postes, d'augmenter la productivité en allongeant l'utilisation des machines. Rappelons que la loi Aubry des 35 heures a permis d'alléger les charges patronales, et que ensuite Sarkozy a fait supprimer toute cotisation sur les heures supplémentaires. Le déficit des caisses sociales et de retraites seront payées par nous sous formes d'impôts ou de taxes. Les mesures de Sarkozy et d'Aubry ne créeront aucun emploi, et même, preuves à l'appui, liquident l'emploi. Ces mesures conduisent à la misère pour la classe ouvrière au détriment de l'État et des patrons.


La section CGT de Fralib en conclut : quand les patrons de Fralib disent « ça fait rêver », nous, nous ne le voyons pas comme cela. Ça ne nous fait pas rêver, ça nous fait gerber.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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