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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:59

Mardi 21 septembre 2010

Et après le 23, la grève générale ?

 

La journée de jeudi s'annonce forte et mobilisée.

Mais partout monte la même interrogation ? Et après ? Cela a fait débat sur ce blog, mais ailleurs aussi.

 

Nous reproduisons ci-dessous deux documents.

 

CGT SEVA 2309Le premier est une déclaration de la CGT SEVA à Châlons sur Saône (dont nous avons déjà publié plusieurs déclarations), qui s'interroge sur la motivation réelle des directions syndicales à mobiliser, quand on ne se donne pas les moyens de construire un mouvement suivi. Ne se réunir que le vendredi 24 pour une nouvelle initiative, qui ne pourra donc avoir lieu que la semaine d'après, est très révélateur en ce sens.

Les camarades reprennent à juste titre ce qui semble être un des débats du CCN du 11 septembre : "ayant « raté l’après 7, il ne faudrait pas rater l’après 23". On ne saurait mieux dire...

 

 

AppelGreveGenLe deuxième est un appel de "syndicalistes unitaires", dont nous avions également parlé dans l'article précédent et publié le projet pendant quelques heures, avant qu'on nous demande de le retirer - ce que nous avions fait sans bien comprendre l'intérêt de ne publier qu'un texte ficelé, sans débat public, mais bon...

Cet appel comporte des signatures connues, comme celles de nos camarades de la métallurgie du Nord Pas de Calais, les camarades de Philips Dreux, de Continental Clairoix, de la SBFM, nombre de camarades de SUD et d'ailleurs. Il peut également être signé en ligne ICI.

Il comporte une analyse intéressante de ce qu'est le capitalisme comme système de société et de la nécessité de repasser à l'offensive, d'exister à nouveau comme classe en lutte.

 

 

Mais les deux documents souffrent du même travers, que nous notions précédemment.

Ils mobilisent pour "la grève générale", pour l'affrontement, mais sans contenu précis, sans mots d'ordre, sans plateforme. Soyons même caricatural : il pourrait y avoir une grève générale pour défendre l'état des lieux, la retraite à 60 ans... et nombre de réformistes pourraient tout à fait s'y retrouver.

La question, c'est de savoir ce que nous voulons, "comme classe sociale" (pour reprendre une juste formule de l'appel des syndicalistes).

- nous voulons mettre un point d'arrêt à l'offensive Sarkozo-Parizienne. Nous voulons une bonne fois arrêter le rouleau compresseur de l'alliance Gouvernement/MEDEF. En ce sens, l'appel à la grève générale et au retrait de la réforme répond à notre attente. Donc nous soutenons, sans réserve ces appels, et il n'y a pas lieu de s'opposer à leur signature.

- nous voulons beaucoup plus, défendre nos exigences, nos revendications face à une vie de plus en plus dure. Et là, il faut savoir ce que l'on veut. Pour nous, c'est clair, c'est

55 ans sans condition de trimestres

50 ans pour les métiers pénibles

et le combat pour l'interdiction du travail de nuit, à la chaîne, etc.

 

On ne pourra réunir, et combattre efficacement, construire le long terme, que sur une base minimum, à la fois de lutte et de contenu. Depuis le début du mouvement, nous avons pu constater la force et la puissance de débat autour de ces revendications qui "défrisent" et ne sont pas vraiment consensuelles.

Toutes celles et ceux qui multiplient en ce moment les appels à la grève générale, à la reconduction, sans donner de contenu revendicatif, imaginent que celui-ci va surgir comme par magie de la lutte de classe elle-même. C'est une illusion, celle qui traîne depuis des décennies dans le mouvement ouvrier français : celle qui depuis 1830, 1848, la Commune, 1936, 1945, 1968, 1995 etc. imagine que la force de la lutte suffit à ouvrir l'avenir.

Or si le mouvement gréviste peut bloquer un temps l'offensive patronale, il n'est pas en lui-même source de projet et d'avenir. Le rôle des syndicalistes de classe, des militants d'avant-garde, c'est justement de proposer un autre chemin, un autre espoir, un autre avenir - une autre société pour une autre vie ! C'est le sens de la bataille que nous menons depuis de longs mois...

 

Alors, soyons attentifs, dans toutes les assemblées, toutes les réunions, menons le débat et la mobilisation pour construire l'avenir !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Retraites
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commentaires

oppong 09/10/2010 18:35


J'ai envie de dire... CQFD...
Encore une fois la démarche de ces gens-là est relativement cohérente par rapport à leur objectif, qui n'est pas le nôtre. Que veut le "syndicaliste de lutte"? Revenir 30 ans en arrière. Les plus
lucides ont quand même réalisé que c'était pas dans l'air du temps, et se mobilisent plutôt, de manière plus pragmatique, pour que rien ne change, que tout reste à l'identique, parce qu'après tout
ils s'en sortent encore pas trop mal ajd. Ces derniers sont conscients que ça ne durera pas, qu'ils ne pourront pas freiner indéfiniment des 2 pieds, ils espèrent juste que ça tienne jusqu'à leur
retraite (ou jusqu'à leur mort pour les retraités)
Et donc encore une fois, et pour la énième fois (et si je viens encore poster sur ce blog c'est parce que je considère que les militants d'ouvalacgt sont du même côté que moi, contrairement aux
"450") qu'est-ce-qu'on vient foutre là dedans? Qu'on les laisse tranquille, où qu'on les combatte, mais il faut mettre fin à ces illusions d'un travail qui pourrait être commun avec ces
"syndicalistes de lutte". De toute façon ils représentent qui? Combien de syndiqués pour combien de travailleurs écoeurés des manoeuvres du délégué syndical dans leur boîte??? Une fois qu'on enlève
les délégués syndicaux et/ou politiques et les fonctionnaires il reste qui dans les cortèges?
Ces gens-là ne sont pas la base, ils ne sont que les représentants syndicaux d'un réformisme réac.
La révolution ne se fera pas avec eux (au pire contre eux), laissons-les avec leur idéologie de merde, et concentrons plutôt nos efforts sur la jeunesse. S'il n'y a que les lycéens qui bougent, et
bien allons devant les lycéens pour leur filer un coup de main et pour y combattre les syndicats (de lutte?) satellites du PS.


Eugène 09/10/2010 14:12


Hallucinant !

Après le (relatif) échec de l'appel des syndicalistes pour la grève générale, voici la version "light",avec encore moins de contenu, et plus ou moins les mêmes signataires...

Consternant, désolant, aucune créditilité...
A voir ici : http://appel.des.450.syndicalistes.over-blog.org/pages/les-450-premier-e-s-signataires-de-l-appel-3827797.html


Francis Coince 30/09/2010 18:17


Grève générale, révolution, retraite à 55 ans, oui, oui et oui ! . . . Mais avec qui et comment ?
Alors, d'accord pour dire que nos "directions" syndicales sont installées dans un confort douillet et ne sont pas à la hauteur de ce que nous sommes en droit d'attendre d'elles.
Mais il est facile de faire reposer sur elles et elles seules la tiédeur des luttes actuelles sans nous remettre en cause nous-mêmes sur notre pratique. Quand un adhérent vous déclare que le
rouleau compresseur de la mondialisation est en route et qu'on ne peut rien faire, que faire? Le "condamner" ou lui expliquer un peu mieux les choses ? C'est ce qui a été fait et aujourd'hui il
fait partie des militants convaincus que la lutte est nécessaire pour lutter contre cette mondialisation qui ne lui apparaît plus comme un rouleau compresseur.
Cet exemple pour dire qu'il nous faut travailler à la base pour convaincre le plus grand nombre de camarades que la grève générale est le meilleur moyen, non seulement d'arrêter la casse des acquis
sociaux mais aussi d'en gagner de nombreux autres.
Les plus belles idées révolutionnaires ne restent que des idées si elles ne sont pas reprises et soutenues par une majorité de femmes et d'hommes qui, alors s'engageront dans la lutte finale. Au
boulot camarades !


Eugène 30/09/2010 19:12



Nous sommes dans une période assez bizarre, avec d'une part tous ces appels, toutes ces préparations, et d'autre part ce sentiment d'attente, où tout le monde s'observe, pour voir si ça part ou
pas, et puis la difficulté pour l'instant à mobiliser...


On y reviendra sur ce blog, quand on y verra un peu plus clair !



Metallo 25/09/2010 21:39


Cheminot Paris St Lazare a écrit « Camarades, nous sommes à un tournant pour la classe ouvrière. »

Justement à propos de classe ouvrière

Bien moi je pense, que d’abord il faut clairement apprendre à la définir, ne serait-ce que déjà pour éviter de parler en son nom, de bien éclaircir ses intérêts et là encore une fois, désolé de me
répéter : la revendication du maintien du départ à la retraite à 60 ans avec 37 ½ annuité il y a déjà belles lurettes que cela ne concerne plus le prolo (le vrai) les femmes de notre classe plus
pénalisée encore, notre jeunesse, nos camarades immigrés.

Par ailleurs nous demeurons en droit de nous poser la question, n’avons jamais vraiment été concernée ? cela en raison de ce que nous avons toujours eu à observer un système de retraite par
répartition qui de toute manière reproduit les inégalités de revenu.

Maintenant pour me montrer plus clair : le système que vous voulez garder en l’état voila comment il s’est présenté un matin à une personne très proche, mère de famille au RMA

Un jour, six mois avant la date de son 60ième anniversaire elle reçoit un courrier l’invitant à faire les démarches pour faire valoir « ses droits » à la retraite, (sans quoi planait sur elle la
menace de suspension des son allocation de misère) ce qui fut fait.

Montant du calcul mensuel de sa retraite en raison de l’application du système de décotes 54 € mensuel, assorti de la possibilité de la refuser elle restera au RMA jusqu’à 65 voir 67 ans pour
toucher le minima. La misère jusqu’au cimetière « voila notre destin ».

Aussi, et il n’y aura pas fallu attendre cette réforme, cela fait un moment qu’ils, qu’elles se comptent par centaines de milliers ses laissés pour compte de votre merveilleux système de retraite
par répartition droit « sorti » des entrailles du programme du CNR aujourd’hui passé à l’état de veau d’or sacré du social chauvinisme.

Dans une discussion sur le sujet avec un copain ouvrier (un vrai) il me faisait cette réflexion, concernant les personnes touchant des retraites de misères, pas dénuée de tout fondement: « En fait,
me disait-il, eux ils ont bossés, et nous nous bossons pour finir comme eux, et ceux qui participe aux défilés champêtres se sont ceux pensent qu’ils aurons la garantie d’obtenir tout leur
trimestre pour « se répartirent » une infime partie de la manne ainsi crée, et encore dans le prorata des meilleurs années de salaire de chacun.

Cheminot Saint-Lazare nous dit encore « Luttons et larguons ces sangsues pour pouvoir enfin faire la révolution qu'attend la classe ouvrière. Pour cela, ils nous faut nous doter d'organisations
authentiquement de classe. »

la classe ouvrière ce quelle attend surtout c’est que tous les laborantins de la lutte des classes petit bourgeois moderne trotskistes anarchistes etc., à la révolutionnite aigûe arrêtent
d’imaginer que sans eux elle ne saurait pas se monter à la hauteur de sa tâche… « pire par la confusion qu’ils sèment ils en sont un frein ».

Maintenant je pense, qu’il n’y a jamais rien de perdu, que ce n’est pas parce que des fractions du salariat les plus à l’aise dans la société se sont plantés dans un combat conduit par les
directions syndicales réformistes qu’ils se sont donnés, que la lutte des classe va s’éteindre définitivement. Bientôt arrivera le jour où avec des milliers d’autres camarades authentiquement
ouvrier, facile à reconnaître dans les usines, sur les chantiers, aux champs etc. nous pourrons imposer notre volonté d’émancipation en déclarant… « Messieurs les réformistes de tous horizons
politique et syndical libérer la place c’est fini pour vous de toujours délibérément faillir.

En m’excusant d’avoir peut-être bousculé la bonne conscience de certain je souhaite à tout ceux qui pense y participer une Joyeuse promenade le Samedi 2 octobre

Retraite à 55 ans sans condition de cotisation avec un revenu minimum pour vivre une vie descente sans sacrifices de bien être à 50 ans pour les travaux pénibles.


Eugène 26/09/2010 07:05



Juste en passant, nous défendons sur ce blog exactement la même revendication de fin - voir les multiples articles sur la question :


55 ans sans contition de trimestres ! 50 ans pour les travaux pénibles.


Plus des revendications essentielles que sont l'interdiction du travail de nuit, à la chaîne etc...



oppong 25/09/2010 19:34


Pourrir le débat??? Sympa... Evitons de se donner du "camarade" si c'est pour se lancer des insultes à la gueule dans la foulée...

Eugène n'a pas compris mon propos, ou fait semblant de ne pas comprendre, donc je vais essayer d'être explicite et concis.

1) La priorité est au travail politique, que ce soit dans ou en dehors des entreprises
2) Le travail syndical au niveau national parasite le travail politique si les discours sont trop éloignés. J'ai un peu l'impression que certains se permettent un discours au niveau syndical qu'ils
ne se permettraient pas en tant que militant politique...
3) Le travail syndical garde son utilité au niveau de l'entreprise pour défendre les travailleurs dans un contexte donné (mais là encore ça n'exonère en rien de faire un travail politique
souterrain)
4) Ce travail syndical ne peut se comprendre que dans un affrontement entre direction et salariés. Il N'A PAS LIEU D'ETRE dans la fonction publique où le militant syndical défend systématiquement
les fonctionnaires vis-à-vis des usagers. Dans la fonction publique, il y a une opposition radicale entre travail syndical et travail politique. On ne peut pas porter la double casquette de
militant communiste et de militant syndical. Au boulot les militants syndicalistes dits "de classe" me reprochent justement de saboter le travail (contre le peuple) des collègues, mais aussi de
faire une grève reconductible (ce qui donne plus de boulot aux autres!)

PS: je ne viens pas sur ce blog pour faire de la politique, mais les commentaires de certains qui viennent pour faire de la propagande anti-bolchevique m'y obligent. Et si je ne suis pas le
bienvenu et si mes commentaires ne font que pourrir le débat, merci de me le dire franchement, je ne m'imposerai pas. Si on est entre "camarades" parlons franchement.


oppong 25/09/2010 12:20


Faut arrêter avec ces histoires de tournant. C'est comme certains qui me sortent à chaque mouvement "c'est maintenant ou jamais, si on perd là, c'est mort". Et puis finalement on perd, et ils me
ressortent les mêmes foutaises le mouvement d'après. Si on part de ce principe on peut remonter au moins jusqu'à 68 quand le PCF et la CGT ont fait front avec la bourgeoisie pour empêcher toute
"dérive" révolutionnaire; et même jusqu'à 45, quand le PCF a déposé les armes...

On peut recréer un énième syndicat et tous s'y retrouver, à partir du moment où il est noyauté par un parti politique (trotskiste), rempli de fonctionnaires, qui vont l'aiguiller vers une démarche
légaliste, institutionnelle, les révolutionnaires vont être exclus 1 à 1... L'histoire peut se répéter indéfiniment!

Arrêtons de perdre notre temps (enfin je parle pas pour moi) dans des projets syndicaux qui ne mènent nulle part, il faut se consacrer excluivement au travail politique, arrêter de se laisser
divertir par ce calendrier totalement bidon fixé par les directions syndicales (lui même calqué sur la politique menée par la bourgeoisie).

Ne serait-ce que cette énième réforme sur les retraites (avant une nouvelle encore plus contraignante menée par le PS après 2012). Ils veulent passer à 62 et 67, qu'est-ce-qu'on en a à foutre??? On
lutte contre le symbole, mais le fond de la réforme? J'aurai jamais mes annuités à 62 ans, et j'ai certainement pas l'intention de bosser jusqu'à 67, et tous ceux de mon âge sont encore moins! Et
au-delà j'imagine même pas bosser encore 30 ans sans tout faire péter avant... Est-ce-que cette réforme vaut vraiment la peine de gaspiller nos forces pour la combattre (en vain vu la façon dont on
s'y prend, aux ordre des conf' syndicales qu'on est censé combattre)? Que proposent les soi-disant syndicalistes de lutte pour lutter contre cette réforme en dehors de ce qui est décidé par les
conf'? Des échos? Nada... Qu'est-ce-qu'on fait on continue quand même? Comment on peut se distinguer du syndicalisme traditionnel, réformiste, en adoptant la même forme de "lutte" (de
contestation)? On va dire que je suis résigné, que je pousse au défaitisme? Et si vous perdez et que la réforme passe (vous croyez sincèrement que le gouvernement va lâcher là-dessus?), vous pensez
que tous ceux qui ont contesté ne seront pas encore plus résignés et défaitistes ensuite?

On parle maintenant de manifs un samedi, pour que tous ceux du privé puissent y participer, ainsi que les lycéens et les étudiants...! Faut-il être complètement déconnecté du monde réel pour savoir
que nombre de salariés du privé, et parmi les plus précaires bossent aussi le samedi??? Et pour les étudiants je sais pas ce que ça va donner, mais perso quand j'étais jeune j'étais plutôt du style
à participer à des mouvements quand ils étaient pendant mes heures de cours, et non pas pendant mon temps libre... Mes propos sont le simple "bon sens" (en action près de chez vous) et pourtant je
les ai pas retrouvés ailleurs. Et pourtant je ne doute pas que ces manifs seront encore massivement suivies par les syndicalistes de classe, qui vont défiler avec tous ces traîtres de collabos
politiques et syndicaux, derrière eux même, dans le même cortège, en suivant le même chemin, en rentrant tranquillement chez eux à la fin de la manif... Mais comment vous voulez vous différenciez
des autres dans ces conditions??? En distribuant tracts et journaux? Soit aux mêmes à chaque fois, soit au quidam qui va rentrer chez lui et tout foutre à la poubelle, n'ayant pas le courage de
faire le tri et pendant que tous racontent la même chose. Vous me ferez pas croire que c'est dans les manifs qu'on milite le plus efficacement, et que c'est là que se trouvent les éléments les plus
combattifs (à de rares exceptions locales). En tout cas les rares manifs "syndicales" auxquelles j'ai particpé ce n'était pas le cas. Et si vous continuez de maintenir le contraire à un moment
donné faudrait quand même le prouver...


Eugène 25/09/2010 18:55



Nous (militants de ce blog) partageons la conviction que la priorité est au travail politique, et c'est ce que nous faisons par ailleurs. Mais ce n'est pas ici que nous en discutons.


Par contre, nous ne partageons pas le bilan du camarade sur le syndicalisme, car dans les entreprises, nous voyons bien, sur le terrain, le désarroi des ouvriers et travailleurs désemparés, qui
ont besoin d'une défense sérieuse "contre les empiètements du capital", comme disait Marx, et en ce moment on en prend vraiment plein la tête, au quotidien. A côté, nous voyons les syndicaliste
honnêtes également désemparés par ce qu'ils ne comprennent pas et assimilent à une "trahison" de leurs dirigeants.


On ne peut pas mépriser la lutte au quotidien pour l'emploi, les salaires, les conditions de travail, la résistance aux petits chefs, la régularisation pour les sans-papiers, car c'est la vie
quotidienne des exploités qui est sur le tapis, et quand on est parmi les collègues, on n'a pas le choix ! Enfin pour un révolutionnaire qui se respecte... Et le syndicalisme est une école de la
lutte des classes, un premier pas vers la compréhension des choses, pourvu que les militants politiques soient  là - et c'est notre cas. Allons camarades, osez leur dire que ça ne sert à
rien de se défendre, et sans compromission, qu'il faut plutôt faire de la politique !


Et puis, camarades, si selon vous il n'y a rien à faire au plan syndical, que venez-vous alors faire sur ce blog qui se fixe cela comme tâche (ce qui ne veut pas dire que nous ne faisons que
cela), sinon pourrir le débat ? Si ça continue, on va finir vraiment par s'énerver un tout petit peu...



Cheminot de Paris Saint-Lazare 25/09/2010 00:51


Camarades, nous sommes à un tournant pour la classe ouvrière.

Nous sommes dans un contexte où l'ennemi est partout. Au niveau politique, mais également au niveau syndical.

Les confédérations (sans aucune exception) sont dans les mains de bureaucrates qui ne font que la guerre pour garder leurs petits postes de parasites dans le système capitaliste.

Comme l'on fait remarquer de nombreux camarades, même si FO n'a pas contresigné l'appel commun du 24 septembre, cette organisation siège à la Confédération Européenne des syndicats, alibi social au
main de l'Union Européenne.

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, Solidaire fait des pieds et des mains à Bruxelles pour intégrer cette institution du capital qui finance une pléthore de pseudo-syndicalistes se goinfrant
dans les restaurants du centre ville de la Capitale belge.

La CGT, par la voix de Nadine Pringent, a clairement demandé que le gouvernement fasse une autre réforme des retraites.

Les traîtres à la CGT essayent d'inoculer leur venin du réformisme et du syndicalisme rassemblé à l'ensemble du prolétariat. Mais qu'ils ne se croient pas en terrain conquis. Basta le dialogue
social.

Cheminots, nous sommes également touchés pas la position de nos organisations syndicales. Avec le soit-disant radical Didier Le Reste, les responsables de la fédération CGT poignardent le mouvement
social dans le dos en s'alignant volontairement dans les pas de la confédération. Mais comment peut-il en être autrement quand on est soit même un pion du système, dans la cogestion avec la
direction de la SNCF et les gouvernements successifs, qu'ils soient de droite ou dit de gauche (notamment avec Jean-Claude Gayssot, ministre des transports du 4 juin 1997 au 6 mai 2002).

Dans un communiqué du 23 septembre, la fédération des cheminots CGT en appelle au "responsable politique digne de ce nom" en s'adressant au gouvernement. Didier Le Reste et son futur
remplaçant,Gilbert Garrel, trouvent Sarkozy, Fillon et Woerth dignes pour les travailleurs? Bas les masques bande de renégats.

Luttons et larguons ces sangsues pour pouvoir enfin faire la révolution qu'attend la classe ouvrière. Pour cela, ils nous faut nous doter d'organisations authentiquement de classe.


oppong 23/09/2010 22:27


Pour rebondir sur un commentaire précédent, petite question, que font les syndicalistes de classe quand ils ont fini leur promenade? A Paris, des militants CNT un peu grande gueule ont proposé
d'aller au siège du medef, accompagnés d'autres grandes gueules (SUD) malheureusement tout ce petit monde s'est dégonflé à la vue d'un barrage de flics, laissant une poignée de non syndiqués se
démerder seuls eux... Aucune trace de nos syndicalistes de classe (CGT ou autre), qui avaient plié bagages dès la fin de la promenade... Ca fait bien longtemps que je ne participe plus à ces manifs
et je suis loin d'être le seul. Autrement dit si certains sont motivés pour bloquer il va bien falloir comprendre à un moment donné que ce n'est pas une question de quantité mais de qualité, on ne
bloque pas, on ne s'engage pas dans des actions un minimum radicales avec des participants à ces promenades dont l'immense majorité sont des fonctionnaires, pour qui la manifestation pacifique est
le summum de la contestation. C'est quand même pas une nouveauté, les actions de blocage sont systématiquement le fait des ouvriers ou des étudiants, et encore mieux une coordination des 2. Si les
fonctionnaires veulent organiser en parallèle leurs manifs chapeautées par les syndicats collabos, grand bien leur fasse à eux et à leur conscience de gôche (PS), mais en quoi ça peut nous
intéresser???


Xuan 23/09/2010 20:48


Méfions-nous que la "deudeuche" ne se transforme pas en corbillard, une fois passés les douze coups de l'écœurement généralisé.
Quant aux perspectives politiques : certains se fichent des coups de latte sous la table et lèvent leur verre à l'unité en jurant la main sur le cœur qu'on ne les verra plus trahir. Mais ils
préparent déjà leurs discours de soutien à DSK.
Alors camarades, alignez la hausse et le guidon, posez le doigt sur la détente et retenez votre souffle. Attendez simplement qu'ils entonnent le chœur du "vote utile" avant de tirer.


UL CGT Saint-Dizier 23/09/2010 07:12


Francis Coince, Secrétaire U.L. CGT à Saint-Dizier

Grève générale, oui, c'est le seul moyen d'obtenir rapidement satisfaction sur nos revendications, mais . . .

A Saint-Dizier, le 7 septembre nous avons lancé un appel à la grève générale CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, UNSA, FSU, CGT-FO, MNCP, soit 9 organisations.

Simultanément nous avons appelé à l'occupation d'un rond-point pour bloquer la circulation.
Résultat : au plus fort de l'occupation de ce rond-point nous nous sommes retrouvés à 130. A16 h 00, nous n'étions plus qu'une cinquantaine.

Le soir appel à une manif à 17 H 30, 1300 manifestants présents sous une pluie battante. Un policier nous a même dit que sans cette pluie nous aurions été beaucoup plus nombreux. Il a été jusqu'à
avancer le nombre de 2000 manifestants.

Analyse rapide de la situation : les gens sont mécontents de cette réforme des retraites et le font savoir en manifestant mais la grande majorité de ces personnes n'est pas encore décidée à partir
dans une grève générale. J'ai discuté avec de nombreux manifestants qui n'ont fait que confirmer cette analyse.

De ce fait, je reste perplexe devant l'attitude à tenir. Partir dans un mouvement dur et long en laissant sur les bas côtés du chemin une majorité de mécontents ou faire avec les moyens en notre
possession. Voulons-nous partir avec la roll's des luttes qu'est la grève générale en sachant que la majorité des gens se "contente" de la "deudeuche" des luttes qu'est la manif.
Avec cette "deudeuche" nous avons tout de même foutu en l'air le CPE en 2006.

Alors, grève générale, OUI ! mais travaillons à convaincre une majorité de camarades pour être 1300 sur un rond-point et non dix fois moins.

Salutations syndicales et révolutionnaires les meilleures.


Les dessous du social 22/09/2010 16:25


LES SYNDICATS se sont réunis une nouvelle fois hier, dans le plus grand secret, pour discuter de la journée de mobilisation du 23 septembre. Ils ont également abordé la question de la suite à
donner à leur mouvement, suite qui dépendra en grande partie du nombre de personnes qu'ils réussiront à mettre demain dans la rue. Une piste, néanmoins, tient aujourd'hui la corde. Ne parvenant pas
à se mettre d'accord sur une nouvelle journée de manifestation organisée soit un jour de weekend, soit un jour de semaine, les centrales envisagent du coup de faire... les deux.

"Les dates ne sont pas arrêtées, m'a précisé ce matin Carole Couvert, la secrétaire générale de la CFE-CGC qui participait au titre de sa confédération à cette réunion. Mais on pourrait appeler à
se mobiliser le samedi 2 ou 9 octobre, puis le jeudi 7 ou 14 octobre." L'idée est évidemment de peser sur les débats au Sénat qui débutent le 5 octobre et qui doivent durer, au moins, deux
semaines. L'idéal, selon la numéro deux de la CFE-CGC, serait donc de manifester les 2 et 7 octobre. Soit un délai de 5 jours entre deux mobilisations, du jamais vu et un sacré challenge loin
d'être couronné de succès... "Ça fait court", reconnait-elle.

Organiser une manifestation un samedi ou un dimanche permet de mobiliser les salariés du privé, plutôt réticents à faire grève en semaine pour ne pas perdre un jour de salaire. La CFDT, l'Unsa et
la CFE-CGC sont plutôt pour. La centrale de l'encadrement, qui n'avait pas de slogan unitaire lors de la mobilisation du 7 septembre, a revu sa copie et défilera demain sous deux bannières :
"cotiser plus pour gagner moins" et "jeunes dans la galère, vieux dans la misère". La possibilité d'appeler à des grèves reconductibles a en revanche été moins évoquée lors de l'intersyndicale
d'hier. Certains sont toujours pour (Solidaires, FO, une partie de la CGT...) mais d'autres ont clairement fait savoir qu'ils étaient contre (CFDT, Unsa ou CFE-CGC). Là encore, le nombre de
grévistes demain dans les transports et la fonction publique sera déterminant.

Suite des réjouissances vendredi en début d'après-midi après une nouvelle réunion de l'intersyndicale au siège de la CGT...


Métallo 22/09/2010 08:44


Dans L’article il est dit : « Ils mobilisent pour "la grève générale", pour l'affrontement, mais sans contenu précis, sans mots d'ordre, sans plateforme. Soyons même caricatural : il pourrait y
avoir une grève générale pour défendre l'état des lieux, la retraite à 60 ans... et nombre de réformistes pourraient tout à fait s'y retrouver ».

C’est tout à fait juste, aussi faut ajouter, que ce n’est pas seulement le simple quidam réformiste qui pourrait si retrouver, mais aussi les directions des syndicats, qui n’auraient aucun souci à
prendre le train en marche pour l’emmener sur une voix de garage.

La lutte des classes, version syndicale, reste généralement présentée de façon caricaturale comme l’opposition entre deux grandes classes de la société patronat et salariat. C’est ici qu’il nous
faut aller chercher le flou artistique qui règne dans la formulation des revendications. La lutte des classes traverse toutes les catégories de travailleurs dans la société, y faisant naître des
contradictions plus où moins antagoniques. Celle que nous vivons aujourd’hui fait s’opposer une fraction du salariat aux conditions de vie encore tenables pouvant se contenter d’une situation
antérieure plus favorable, mais si peut confiante en ses forces quelle en arrive à penser la grève générale nécessaire simplement pour assurer des positions défensives… et la classe ouvrière les
couches les plus pauvres qui ne s’y retrouvant pas dans la démarche des premiers.

Dans ces conditions tout appel au recours à la grève générale, même par les plus sincèrement motivés d’en découdre, n’aura pas d’autre résultat que de servir à redorer le blason des centrales
réformistes.

Si pour nous, les grèves demeurent l’école de la lutte des classes, il va de soi que la première des leçons à recevoir (et l’histoire s’en est déjà chargée 1936 – 1945 - 1968) et que si celle-ci ne
dépasse pas le cadre de la défense des revendications économiques, (même les mieux formulées) nous sombrons dans cette illusion que le syndicalisme peut se suffire à lui-même, la grève générale
même victorieuse, (rappelons nous le célèbre il faut savoir arrêter une grève lorsque l'on a obtenu satisfaction de Thorez en 1936) même si elle peut être ressentie comme un plaie douloureuse à
soigner pour la bourgeoisie, devenir un outil de la compromission.
Si le recours à la grève générale, vu l’ampleur de l’attaque sur nos conditions de vie et de travail, aujourd’hui demeure nécessaire, et quant bien même aurions nous réussi à régler le problème de
lui donner un véritable contenu de classe, il serait illusoire de croire pouvoir en dépasser les objectifs économiques dans la situation actuelle où se fait durement ressentir l’absence d’un
authentique parti ouvrier.

Le débat au contenu plus politique continu ici… clique sur mon pseudo.