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Dimanche 15 janvier 2012
Débat sur la dette à l'UL CGT de Tourcoing
Les camarades de l'UL de Tourcoing ont organisé Vendredi 13 janvier un débat sur la dette sur le thème "LA CRISE ? D’OU ÇA
VIENT ? POUR QUI ON NOUS PREND ?".
Initiative plus qu'intéressante et que nous aurions dû annoncer sur ce blog, mais nous étions un peu absorbés par les événements qui traversent la Fédération du Commerce.
Nous nous en excusons auprès des camarades et auprès de nos lecteurs, et nous publions ci-dessous l'appel à la soirée, puis le compte rendu de cette soirée (repris du blog de J.Tourtaux), tous deux écrits par les camarades de l'Union Locale.
On verra qu'on est très très loin du discours confédéral...
Pour tous contacts : ulcgt-tourcoing@live.fr
LA CRISE ? D’OU ÇA VIENT ? POUR QUI ON NOUS PREND ?
Des explications simples pour combattre - Par Said Bouamama Socio-Economiste et Militant CGT
Le Vendredi 13 Janvier 2012 à partir de 19h - Organisé par l'Union Locale de Tourcoing
à la Salle Georges Dael, 100 Rue de Lille à Tourcoing 59200
Est-ce que votre priorité aujourd’hui c’est de conserver le triple A ? Ou est-ce de pouvoir vivre de votre travail, élever vos
gosses, avoir accès aux soins, poursuivre vos études, bénéficier de la retraite, bref, vivre décemment ? Cette question, c’est la vraie question du moment, et chacun d’entre nous doit se la
poser. A partir de là, chacun d’entre nous a une responsabilité : est-ce que nous allons laisser la finance et les gouvernements à sa botte nous dicter notre vie, ou allons-nous enfin taper du
poing sur la table ? La CGT a la réponse. Mais elle ne peut rien sans la mobilisation massive de l’ensemble des salariés, sans la jeunesse, sans les retraités, sans les privés d’emploi. Il faut
combattre, il faut lutter, et maintenant !
Parce qu’en face, là haut, ils ont commencé à nous faire la guerre, et ils se serrent les coudes : nos patrons, les banquiers,
leurs valets du gouvernement sont bien décidés à sauver leur système, et à nous faire payer. A nous faire payer comme jamais ! Au nom de la « dette »… Mais cette dette, c’est le prix que les
capitalistes veulent nous faire payer et, tenez-vous bien, il suffirait que NOUS la refusions, que NOUS prenions le contrôle de l’économie, pour que les richissimes banquiers fassent une croix
sur ce que « nous » leur devons. De toute façon, maintenant, c’est EUX ou NOUS.
Pour Sarkozy, Fillon et les autres serviteurs de la bourgeoisie, il ne fait aucun doute que c’est à nous de payer : un premier
plan d’austérité pour nous extorquer 3 milliards (hausse de la CSG, des complémentaires santé, etc…), un deuxième pour nous racketter 8 milliards (casse accélérée des retraites, hausse de la TVA,
gel des allocations familiales, …), et le troisième arrive. Parce que c’est 65 milliards « d’économies » qui sont prévus, pour garder le triple A ! Et encore, cela n’est rien, ne suffira pas à
rassasier « les marchés »… Tous les sommets « cruciaux » qui se succèdent, et qui mettent les pays européens sous la coupe directe de la finance, ne calment même pas les fameux « marchés » -
c’est-à-dire les capitalistes. Et pas la peine d’aller chercher des coupables au-delà de nos frontières : les profiteurs sont de partout, et les premiers à combattre sont les « nôtres », ici et
maintenant !
Pendant que Sarkozy s’en prend aux immigrés, aux fonctionnaires, aux soi-disant « fraudeurs » de la CAF, il cache soigneusement
qui sont les vrais responsables de la faillite du système qui le fait vivre : alors que la fraude concernerait moins d’1% des allocataires, on ne nous dit pas que selon les chiffres officiels, la
fraude, la vraie, ce sont 15 milliards de cotisations patronales non reversées à l’URSSAF ! Le travail non déclaré par les entreprises, c’est 55 milliards d’euros, soit un manque à gagner pour la
Sécu de 9 à 15 milliards.
Qui sont les fraudeurs ? L’assurance maladie perd chaque année 1,1 milliard d’euros du fait de la sous-déclaration, par les
patrons, des accidents du travail. De 2002 à 2011, les exonérations de cotisations salariales des employeurs ont progressé de 55% ! Cela représente chaque année 30 milliards de cadeaux faits par
le gouvernement au patronat.
Ce n’est pas tout : le même gouvernement offre aux patrons chaque année 4 milliards d’exonérations pour les heures supplémentaires
; 100 milliards de dérogations fiscales ; 172 milliards de niches fiscales ; 2 milliards avec la suppression de l’impôt sur la fortune.
Les entreprises du CAC 40 ont versé, en 2010, 40 milliards à leurs actionnaires (on prévoit + 10 % en 2011). Les autres
entreprises ont versé 210 milliards de dividendes à leurs propriétaires. Faites le calcul, il est simple : l’Etat organise notre faillite !
Pendant ce temps, le chômage explose, une grande partie des retraités tombent dans la misère, le surendettement des ménages n’a
jamais été aussi haut, les CAF sont débordées de demandes, la jeunesse est promise à la précarité la plus noire, 13 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 1 salarié sur 2 gagne moins
de 1500 euros, la moitié des 4,5 millions de chômeurs ne sont pas indemnisés, plus de 30 % renoncent à se soigner faute de moyens. En 1972, les plus gros salaires gagnaient 20 fois plus que les
plus bas, aujourd’hui, c’est 230 fois plus !
On ne peut pas se résigner, c’est une question de survie pour nous tous. Mais, dans le monde du travail, si bien souvent on est
conscient de la grande arnaque, on peine parfois à avoir les idées claires. Il est vrai que les medias – qui appartiennent aux capitalistes – font tout pour nous embrouiller, et présentent la
crise par le petit bout de la lorgnette patronale.
Voilà pourquoi l’Union Locale CGT de Tourcoing vous propose d’assister et participer au débat.
COMPTE-RENDU DE LA SOIREE DEBAT DU 13 JANVIER 2012 A TOURCOING
A l’initiative de l’UL CGT de Tourcoing, ce sont plus de 150 personnes qui se sont réunies hier soir, afin d’écouter le propos de
notre invité Saïd Bouamama, puis de débattre vivement, et enfin de partager un vrai moment de convivialité.
Ce qui ressort de cette soirée :
l’exposé très accessible et convaincant de notre camarade Saïd a permis de conclure que :
sur le débat dans la salle :
A ce titre, notre Union Locale s’engage à multiplier toutes les initiatives qui permettront au plus grand nombre de trouver, dans
l’action syndicale, les moyens effectifs de la lutte et, de ce fait, des raisons d’espérer.
Union Locale CGT de Tourcoing, le 14 janvier 2012