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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 08:56
Samedi 19 décembre 2009
CCAS EdF : la CGT dans le business et la répression

logoccasLa CCAS de EdF vous connaissez ? Non ? Alors, là il faut réparer cette erreur. C'est l'équivalent du CCE de EdF et GdF, financé, comme tous les CE par un pourcentage de l'employeur.
Bon, vous me dites, et alors, pas de quoi faire un fromage ?
Oui, mais dans une entreprise ordinaire, la subvention du CE, c'est 1% de la masse salariale. Pour la CCAS , c'est 1% des ventes d'électricité et de gaz !!! Imaginez... des sommes colossales, des centaines de millions d'euros.
Et donc des gestionnaires, des comptes, du personnel, des chefs et des exécutants, la "petite entreprise", quoi. Et quand on dit "petite entreprise", c'est vraiment pour l'image... Parce que la CCAS vient d'acquérir le groupe André Trigano, coté en Bourse. Nous en avions parlé au moment où ce n'était qu'un projet, c'est désormais tout à fait officiel.
Trigano, c'est 430 personnes, dont 1/4 en production, le reste dans la gestion de campings.
Voilà donc la CGT gestionnaire tout à fait officiellement d'un petit groupe capitaliste. L'annonce avait fait tousser en interne, depuis c'est silence radio. Alors que le communiqué de la CCAS ne se distingue pas d'une virgule d'un communiqué de bourse...
Car c'est là que mène le réformisme syndical. Quand toute l'orientation syndicale est celle du "développement humain durable", quand on n'imagine l'avenir que dans la "réforme" de la société en en respectant toutes les règles essentielles, on est mené de compromis en compromis à gérer, penser, agir en capitaliste. Quels que soient les discours. Et on retrouve cette attitude partout : dans la gestion de la Sécu, de la formation professionnelle, des ASSEDIC, des mutuelles (MAIF...) et autres banques populaires, sans même parler le secteur dit de l'économie sociale (les SCOP). Ils prétendent faire "autrement", mais ils sont piégés dans la concurrence, la guerre économique. Cela, c'est pour le volet économique.
Et pour le volet social, c'est la même chose. Les réformistes syndicaux partagent le respect de la hiérarchie, le maintien de la division sociale du travail entre les décideurs (mêmes experts syndicaux) et les exécutants. Ils restructurent comme tout le monde face aux difficultés économiques, ils se débarrassent des gêneurs, des syndicalistes...
A la CCAS, c'est pareil. La dérive gestionnaire a peu à peu conduit certains salariés (et néanmoins syndicalistes) d'abord à s'interroger, ensuite à protester. C'est le sens du courrier publié ci-dessous.
La réponse ne s'est pas faite attendre : sanction, répression, exclusion.

On retrouve la même attitude que pour le CE SNCF Paris Lyon, dont plusieurs militants ont été purement et simplement dégagés au mépris de toutes les règles statutaires. Un courrier d'une militante CGT qui en appelait au Congrès n'a évidemment eu aucune suite... ICI
Mais on retrouve également une pratique bien répandue face aux opposants :
- création d'une Union Locale "bis" face à l'Union Locale de Douai, trop oppositionnelle;
- attaque contre les camarades de Forclum Rhône Alpes;
- Attaques passées (en 2000) contre les militants du ministère des finances (l'employeur de Le Duigou), comme un lecteur le rappelait;
- et bien sûr attaques impitoyables contre les camarades du CGT-E Dalkia qui subissent encore les foudres de la justice, patron Dalkia et fédération de la construction main dans la main...

Tous celles et ceux qui s'imaginent encore pouvoir discuter, négocier, faire changer la direction confédérale actuelle feraient bien de méditer un peu plus loin que le bout de leur nez. Ce sont des "ennemis qui se cachent" que nous avons en face de nous, pas des "amis qui se trompent".
En attendant, les camarades menacés de la CGT CCAS ont tout notre appui et notre solidarité !


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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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commentaires

fredd 27/01/2010 22:23


la ccas c est un peu comme les pays de l'est ; les dirigeants les plus intransigeants du systeme soviétique sont devenus les premiers capitalistes de la Russie. A une moindre échelle c'est pareil.
le problème est philosophique : quel est le rapport au pouvoir de chacun et par déclinaison le prix d achat de chacun pour transgresser ses propres convictions. et initialement, comment chacun
porte ses propres valeurs et convictions collectives et à quel prix d'achat on est capable de basculer dans l'interet personnel.
la reposabilité est collective car nos propres actes délégataires (on ne s'engage pas on laisse notre voisin lever le doigt pour prendre un mandat en se disant qu'il fera bien) dans une
organisation collective. Or celui qui leve le doigt aime souvent le pouvoir et le collectif est bien souvent incapable de baliser cet engagement dans un susteme de controle collectif par le groupe
; baliser des objectifs, pour le mandaté qui doit rendre des comptes pour garder la notion collective de toute décision.
c est ainsi qu'à la federation de l'energie, certains mandatés élus, on tracté avec le gouvernement sur la ccas en dehors de toute instance démocratique; et le rachat de la Ciat s 'est déroulé de
la même manière.
ces futurs "capitalistes" ont négocié je pense la fin du 1% pour le personnel statutaire, pour passer sur la masse salariale de la branche énergie (toutes entreprises confondues), se traduisant de
fait par la transformation iminente de la ccas en comité d'entreprise de droit commun où on perdra outre la specificité du 1%, la maitrise d oeuvre des séjours et la mise en oeuvre des valeurs de
solidarité justice dignité au profit d'un donneur d'ordre dont la principale activité sera de louer des lits et des sejours clefs en main dans une dynamique clienteliste


Adhérent FNME 08/01/2010 21:21


c'est avec beaucoup d'étonnement que j'ai découvert un tract qui dénonce les agissements de la FNME CGT envers des syndiqués CGT de la CCAS qu'elle a exclus.

Comment est-il possible que de tels agissements puissent avoir lieu en région parisienne sans que les syndicats territoriaux n'en soient pas informés.

A la lecture du tract d'alerte, je ne peux qu'être en accord parfait avec tout ce qui y est exposé. J'ai bien conscience que nous sommes, à la CGT, dans une période extrêmement critique, dans
laquelle se révèlent et s'affrontent de plus en plus, deux courants de conception syndicale.

Une majorité qui oriente notre organisation vers un syndicalisme réformiste et où le rapport de force qui doit obliger à l'ouverture de négociations sur nos revendications, passe en second plan
derrière une démarche de dialogue avec les interlocuteurs gouvernementaux et patronaux (que je ne peux plus,pour l'instant nommer "partenaires sociaux") après une année d'autisme de la part des
directions d'ERDF GrDF -bras armé du gouvernement- et les violentes attaques contre les acteurs de la grève du printemps dernier ;

et une minorité pour qui l'affrontement de classe est inévitable, dans cette société capitaliste qui accélère les attaques contre le monde du travail avec une force à la hauteur des enjeux
financiers qu'elle compte engranger le plus rapidement possible (pour faire court)

Mais que je sache, on exclus pas pour divergence de vue! le syndicat dont je fais partie est régulièrement minoritaire dans les conseils généraux de la fédé sur maintes questions. Pour autant nous
n'avons jamais fait l'objet d'une démarche d'exclusion ? Alors pourquoi une telle démarche envers 30 adhérents ?

Merci de m'éclairer.

et "songez que l'on ne cesse jamais de lutter" Aragon.


jp17 19/12/2009 21:48


Tiens, cela me fait penserà une histoire d' un syndicat de l' intérim bien pourri!!!
OUI, ces fameux donneurs d' ordre magouilleurs mais qui savent bien surfer sur la vague, jusqu' au jour ou....., quand au CE de certaines entreprise, il y aurait tant à dire!

Fraternellement