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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 06:01
Vendredi 4 décembre 2009
Au fait, le syndicalisme "de classe", c'est quoi ???

Le 49ème Congrès de la CGT est marqué par l’opposition croissante d’une partie du syndicat au syndicalisme d’accompagnement et de cogestion, à la CFDTisation de notre confédération. C'est assez clair, et le congrès lui-même risque d'être un peu agité...
Il est d’usage courant d’opposer à la direction confédérale le « syndicalisme de classe et de masse ».
Mais que met-on derrière les mots, derrière les formules ? Beaucoup se retrouvent contre la collaboration de classe, mais sans forcément être clairs, ou partager une vision commune de l’avenir, et donc du syndicalisme que nous voulons – en positif cette fois.

Aussi, à l’occasion du congrès, voulons-nous éclairer la manière dont, NOUS, sur ce blog, nous voyons les choses. C’est bref, c’est résumé, c’est trop rapide et bien sur incomplet. Mais ces quelques paragraphes permettent de comprendre pourquoi nous nous battons.

« Tout est à nous, rien n’est à eux »
C’est vrai. Dans ce monde, les ouvriers, les  prolétaires et plus largement les travailleurs ne sont que des « ressources humaines » du capital, alors que ce sont nous qui créons les richesses. Nous créons tout, et pourtant, nous ne sommes rien. Le monde que nous voulons est bel et bien celui où nous reprendrons le contrôle des richesses que nous créons : tout est à nous.
Mais pour y arriver, quel est le principal ? Le pouvoir politique de l’état. L’économie est sous contrôle de la bourgeoisie, soumise au marché mondial, à la concurrence, la loi du profit. Le quartier général de nos exploiteurs, c’est l’Etat, le gouvernement, les ministères et leurs cohortes d’experts. « Tout est à nous », et pour y arriver, il nous faut le pouvoir, il nous faut une révolution, il nous faut remettre en cause les règles du jeu, le profit, la concurrence. Construire une autre société basée sur la satisfaction des besoins de tous, et avant tout des plus exploités. « Tout est à nous », mais ce ne sont ni les élections, ni les manifestations qui nous permettront de récupérer le contrôle sur nos vies et nos productions.
Oui, nous voulons « tout », et d’abord les moyens de notre propriété véritable : le pouvoir politique.

« Partageons les richesses, partageons les profits »
Partageons les richesses, bien sur, nous voulons un monde de justice et d’égalité. C’est nous qui les créons. Mais qui en décide la répartition ? La bourgeoisie, dans les entreprises et les ministères. Selon quels critères ? Selon la propriété du capital. « Partagez les profits » ? Et le reste ? Nous voulons tous, et pas seulement la plus-value qui engraisse les actionnaires. Nous voulons décider de tout sur les richesses et la manière dont elles sont créées.
Nous voulons « A chacun selon ses besoins », et dans un premier temps « A chacun selon son travail », ce qui suppose bien sur que tout le monde travaille. Nous voulons partager les richesses, mais aussi décider des priorités, des choix qui ne peuvent être que collectifs, au niveau d’un état populaire, transformé et démocratique. Pas d’armes, mais des logements. Des crèches pas des gadgets inutiles. Des médicaments fondamentaux et pas des substituts de luxe. Nous voulons partager les richesses, toutes les richesses, mais aussi les décisions sur les richesses. Sans laisser les décisions à quelques experts dans les ministères ou les parlements, aussi radicaux soient-ils.

« Ne pas perdre sa vie à la gagner »
Sur ce blog, nous prêtons fortement attention aux conditions de travail, à la pénibilité, à l’amiante, au travail posté et à tout ce que le capitalisme fait subir à la classe ouvrière. Car nous ne voulons pas seulement partager les richesses, nous voulons en finir avec un mode de production qui détruit l’humanité de l’homme, qui nous détruit physiquement et psychiquement. Nous voulons l’interdiction du travail de nuit, du travail posté, des cadences infernales, des horaires atypiques et hachurés, nous voulons en finir avec toutes les formes de harcèlement issues de la recherche effrénée de la compétitivité, nous voulons « travailler tous, moins, autrement ».
Nous voulons mettre l’homme au cœur du projet social, et pas la production. Et il faudra faire des choix, bouleverser fondamentalement notre mode de vie et de pensée, changer les priorités. Mais nous ne sommes pas prêts à des concessions, et c’est pour cela qu’une fois de plus cela renvoie au pouvoir d’Etat, au pouvoir de la bourgeoisie des entreprises et des ministères. Nous leur ferons « rendre gorge », nous changerons de fond en comble ce monde qui nous détruit jour après jour.

« Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là, on n’en veut pas »

De quelle société ne veut-on pas ? Le mot d’ordre a le mérite d’être assez profond en ce qu’il porte : oui, de la jeunesse à la retraite, nous ne sommes que la chair à canon de la guerre économique. Cette société dont nous ne voulons pas, c’est la barbarie. Nous voulons une société pour le peuple, où nous serons les maîtres, où nous déciderons collectivement des choix qui nous concernent. On ne veut pas seulement un capitalisme humanisé, une exploitation plus douce, de la musique quand on travaille à la chaîne. Nous ne voulons plus de chaîne du tout. Nous ne voulons plus d’une société qui nous brise, qui nous divise, qui nous éparpille en autant d’individus laissés livrés à eux-mêmes et mis en concurrence entre eux.
« De cette société là, on n’en veut pas ». Cela veut dire de quelle société on veut, qu’il faut discuter, mettre en place des conseils populaires, débattre des choix, et aujourd’hui préparer la révolution dans les têtes pour préparer la révolution politique de demain.

« Tous ensemble, tous ensemble »
Bien sur, tous ensemble contre l’exploitation et le capital. Mais dans ce « tous ensemble », tout le monde n’est pas à égalité. Le cœur du « tous ensemble », c’est d’abord la classe ouvrière multinationale, avec ou sans papiers, les prolétaires exploités jusqu’à l’épuisement. Ce sont eux qui seront capables d’entraîner les hésitants, comme les petit-bourgeois (techniciens, enseignants etc…) qui râlent beaucoup mais ne connaissent rien aux horreurs de la production et ont du mal à imaginer abandonner leur place dans le monde actuel. Les cadres, il faut qu’ils choisissent leur camp, et pour l’essentiel, c’est fait, c’est celui du capital. Le Duigou, c’est un bourgeois. Alors, « Tous ensemble, tous ensemble », oui, certainement, mais « de l’OS à l’ingénieur », certainement pas !!! Cela revient pratiquement à mettre les plus exploités à la remorque de ceux qui ont déjà passé un doigt dans les engrenages capitalistes…

« La classe ouvrière est internationale, la classe ouvrière est multinationale »
Le capital est mondialisé. Dans ses choix, ses priorités, sa division du travail. Pour lui, les frontières n’existent plus, il raisonne à l’échelle de la planète.
Nous devons mondialiser la résistance ouvrière ! Nous lier aux peuples et ouvriers en lutte, et pas seulement en formules, dans les rencontres internationales, en solidarité aux luttes ailleurs sur la planète.
Le premier moyen, le plus facile, c’est ici même, chez nous. Parmi nous, déjà, il y a ceux qui ont des papiers et ceux qui n’en ont pas. Ceux qui sont nés ici et ceux qui sont nés ailleurs. Ceux qui ont fui l’épouvantable misère à la recherche d’un avenir meilleur, et ceux qui subissent année après année le talon de fer du capital. Ceux qui n’ont pas de papier et un travail, ceux qui ont des papiers mais pas de travail.
La classe ouvrière est multinationale. Dans les usines, sur les chantiers, dans le bâtiment, les services ou la métallurgie. Dans la lutte de classe. Ce n’est pas une question de besoin de l’économie capitaliste, ça on s’en fout. C’est une question de solidarité de classe, de combat ensemble contre nos exploiteurs communs. « Les prolétaires n’ont pas de patrie » disait-on au XIXème siècle. C’est plus que jamais vrai à l’heure de la mondialisation !

« Défendre le service public », « Nationaliser les entreprises », « défendre l’intérêt national » ?
Sur ce blog, nous le disons : la société est divisée en classes, deux classes irréconciliables opposées par la barrière de la lutte des classes. L’intérêt « général », cela n’existe pas, ce n’est qu’un écran de fumée pour nous faire avaler les décisions de nos exploiteurs. L’Etat n’est pas neutre, c’est le quartier général de nos exploiteurs (oui, on se répète, c’est lourd, mais c’est important). La structure de l’état, en ministères centralisés est au service des capitalistes et des impérialistes. Le système éducatif, le système de la recherche, le système des brevets et de la finance, les services publics comme l’énergie, les transports, le courrier sont au service du capital. C’est comme cela qu’ils ont été construits au fil des décennies, c’est comme cela qu’ils sont restructurés aujourd’hui.
Bien sur les usagers/citoyens subissent les conséquences de ces restructurations, et nous devons nous battre aussi à ce propos. Mais sans se tromper. Non « la Poste n’est pas à nous ». Non, « nationaliser les entreprises » ne change rien à l’exploitation. Non, l’intérêt national, c’est l’intérêt du capital.
D’abord, pour restructurer la production, les services publics dans un sens favorable au peuple, il faut le pouvoir politique. Il faut bouleverser de fond en comble l’appareil d’Etat y compris. Il faut une révolution. Et tous ceux qui prétendent que l’état n’est pas capitaliste, mais le lieu d’un « intérêt général » factice nous entraînent à repousser les bouleversements nécessaires, à maintenir l’état des choses existants, à mettre nos espoirs dans des élections et dans le changement du personnel parlementaire, à faire confiance à ceux qui se présentent comme les meilleurs experts pour gérer le capitalisme.

Défendre  « l’économie sociale, non capitaliste ? »
Les Scop, les Mutuelles, les banques coopératives, la gestion de la sécu, du chômage, des formations par les syndicalistes ? Mais à qui pourra-t-on faire croire qu’il est possible de construire un îlot de bonheur dans un monde de détresse ? Toutes ces institutions respectent les règles du jeu du capital. Tous les syndicalistes qui mettent leurs mains là-dedans s’incrustent dans les règles de gestion, de la concurrence, du marché, ils se mettent à penser comme nos patrons, ils en viennent au pire à faire pareil. Quand on brasse des millions comme les patrons, on se met à penser comme eux…
Qui nous fera croire que dans une SCOP tout le monde est à égalité ? Les dirigeants dirigent, les exécutants exécutent, et la division demeure.
Il n’y a pas d’économie non capitaliste, d’îlot socialiste dans un océan de guerre économique capitaliste.
Nous ne pourrons construire une économie sociale qu’en ayant les rênes du pouvoir, nous nous répétons. En ayant bouleversé les règles du jeu, du marché, de la concurrence, du choix des priorités, des modes de gestion, de la division du travail, de la comptabilité même.
Faute de quoi, l’économie sociale c’est du baratin pour experts syndicaux en mal de reconversion, un discours qui les arrange bien pour justifier leurs planques et positions hiérarchiques. Et on peut en voir tous les dégâts dans les gros CE, comme à la SNCF par exemple…

« Des moyens pour les CE et les syndicats » ?

Non, nous voulons que les ouvriers, les prolétaires, les travailleurs prennent eux-mêmes leurs affaires en mains. Nous ne voulons pas de représentativité, le cumul des délégations, le fonctionnement par sondages d’opinion, la multiplication des experts dans tous les domaines (avocats, juristes, experts CHSCT, conseillers prud’homaux…), la participation à ces dizaines d’instances bureaucratiques, de commissions "aspirateurs". Les patrons savent très bien nous entraîner et nous ficeler là-dedans (et même des militants qui se disent radicaux s'y laissent piéger).
Nous voulons des syndicats de classe, appuyés sur la mobilisation ouvrière, des structures légères mais de combat. Parce que le monde que nous voulons construire est celui où les travailleurs auront TOUT le pouvoir, et pas seulement le droit de bosser.
Après, bien sûr et sur cette base, les experts peuvent avoir leur utilité. Mais ne nous trompons pas de priorité, c’est la voix de la classe qui est notre guide et c’est sous notre contrôle qu’ils doivent exercer.

Etc… etc… on pourrait continuer longtemps l’explication de texte, derrière les mots d’ordre que nous scandons dans les manifestations.
Derrière les mots d'ordre, il y a un projet de futur libéré que nous portons et construisons. Et c'est aussi ce projet qui nous permet de nous orienter dans la lutte immédiate, de ne pas défendre n'importe quoi.
Car si nous voulons reconstruire le syndicalisme de classe, ce n’est pas seulement en rejetant le syndicalisme de collaboration que nous détestons, c’est en avançant notre projet, positif.
Cela suppose d’en débattre, et c’est bien un des rôles de ce blog !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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commentaires

Charles Durieux 05/09/2016 06:12

Ce que montre cet article, à travers la question du syndicalisme, de la CFDT etc..nous ramène inévitablement sur les notions "gauche/droite" et sur les contenus de ces références, sur le sujet du syndicalisme de classe...

Un ouvrage particulièrement intéressant et d'actualité vient de sortir au sujet de ces notions, sur l'histoire de la gauche, de la CGT, de la CFDT etc...
Cet un ouvrage écrit par Daniel Poncet : "Deuxième gauche : Réformisme et lutte de classe". Le site vivre à chalon en donne quelques éléments ainsi que sur son auteur :
http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Tournus%C2%A0_-Les-20-ans-des-Editions-Proletariennes...-Une-volonte-politique-associative-et-militante,2303d097c46cd3dee1a2dd5e4e46e805e2553f63.html

et sur l'ouvrage : http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Deuxieme-gauche...-Un-ouvrage-d_actualite,2303d0df170ff4e38844f303c7ad8a9e1cd5aa18.html

communcommuniste 21/07/2014 14:16

"Nous ne voulons pas de représentativité, le cumul des délégations, le fonctionnement par sondages d’opinion, la multiplication des experts dans tous les domaines (avocats, juristes, experts CHSCT, conseillers prud’homaux…)". Doit-on en déduire que vous vous frottez les mains sur les réformes actuelles: suppression progressive des prud'hommes, réforme sur la représentativité? Pourtant faute d'abolir le système capitaliste ces droits étaient malgré tout un progrès: pourquoi croyez-vous qu'ils y reviennent dessus? C'est que ça les emmerde profondément. Bien sur les bourgeois aimeraient que les responsables syndicaux viennent manger un peu plus dans la gamelle comme chez les allemands ou les anglais, bien sur que la cogestion est un poison aux syndicalismes de luttes. Mais c'est surtout que le réflexes syndicaux se sont perdus avec le temps et les avancés du réformisme et le démantèlement de la classe ouvrière des pays impérialiste.. Il fut un temps ou le délégué syndical venait d'une entreprise exterieure afin d'éviter toute pression patronale, mais aussi un éventuel arrangement sous la table.

Kardach 24/09/2010 17:27


Au fait si nous commencions par nous compter dans les manifs, nous les opposants de classe, syndiqués ou non, toutes confédés confondues ! Tout bêtement en portant un macaron sur lequel on pourrait
inscrire "syndicaliste de lutte de classe" ou "pour un syndicalisme de lutte de classe" ou ... ouvrons la boîte à idées mais, soyons enfin visibles pour commencer à exister.


Eugène 24/09/2010 19:17



Tout à fait juste. C'était d'ailleurs l'intérêt de la tentative de Forum pour un syndicalisme de classe, qui a échoué pour des raisons que nous avons expliqué par ailleurs.


Par ailleurs, l'étiquette ne suffit pas ! Il faudrait un minimum de contenu... d'où un minimum de débat, d'où un cadre d'échange... or hélas pour l'instant il semble que personne n'en veut, tout
le monde parfaitement obnubilé par une "grève générale" aussi romantique que vide de contenu.



Cheminot de Paris Saint Lazare 09/08/2010 23:02


Lu sur internet :

Le plus dramatique dans la situation actuelle que traverse la classe ouvrière, c’est que la trahison des appareils syndicaux est tellement visible, que les permanents des confédérations et
fédérations n’osent même plus mettre le pied sur le terrain.

Il envoie des tracts imbuvables aux militants de la base pour qu’ils prêchent la bonne parole aux travailleurs, pour qu’ils acceptent les compromis avec le patronat et gouvernement. On appelle
d’ailleurs cela le dialogue social, le petit lait des apparatchiks qui leur permet d’éviter de retourner au travail. C’est à cela que sert les structures tripartites, les conseils économiques et
sociales dans les régions, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et la Confédération Syndicale Internationale (CSI) financées par les fonds de l’Union Européenne et divers chapelles du
capital.

Je n’épargne personne. Ni la CGT, ni Solidaires, ni Fo-CGT. La trahison est large au point que depuis la réforme sur la représentativité syndicale en 2008, les bureaucrates de ces organisations
passent des accords entre eux pour éviter la route ramenant au labeur lorsque leur organisation n’a pas franchi les 10% aux élections professionnelles.

C’est en ce sens que je le dis en l’affirmant sans un doute : le combat des retraites est déjà perdue d’avance car les organisations ouvrières ne préparent pas les travailleurs à la lutte jusqu’à
obtention des revendications individuelles et collectives. Les partis politiques se réclamant "du socialisme" ne cherchent qu’à sauvegarder leurs intérêts. Les syndicats se réclamant de la défense
des travailleurs, eux, sont dans la cogestion.

La seule bonne nouvelle qui pourrait arriver dans quelques années, c’est qu’à force de compromission, le capital n’ait plus besoin des gardes-chiourme du monde du travail. La social-démocratie
mourante, l’association Capital-Travail n’aura plus lieu d’être, et c’est à ce moment précis que la conscience d’exploités des travailleurs se réveillera et qu’une période révolutionnaire prendra
naissance, avec évidemment des organisations ouvrières réellement indépendantes du système capitaliste, chose qui est malheureusement pas le cas à ce jour.


Robert Paris 26/02/2010 07:41


Il va falloir en mettre un coup tous ensemble si on veut faire reculer nos adversaires et pas séparément l'enseignement d'un autre côté la santé d'un troisième le privé, etc...

A lire un [petit bilan de ces dernières années de syndicalisme -> http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591]


Robert Paris 24/02/2010 17:33


C'est vrai que la politique des centrales syndicales fait réfléchir les militants syndicalistes eux-mêmes. Qu'est-ce qui fait courir les dirigeants syndicaux ?

La question est posée quand on examine la chronologie des faits de 1968 à nos jours, comme dans http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve124

Bonne lecture


Eugène 24/02/2010 18:00


Le texte en référence fait le bilan du mouvement des universités de janvier à juin 2009


JH 16/02/2010 15:36


Juste pour savoir, ce texte est de qui?


Eugène 16/02/2010 19:15


Quel texte ?
L'article a été écrit par un auteur du blog, sur la base des revendications des manifestations.

Quant au commentaire sur l'éducation, et bien c'est un commentaire d'un(e) contributeur(trice) inconnu(e). Probablement posté sur cette article faute de texte un peu sérieux sur l'éducation sur ce
blog - une carence à combler...


ROSANA 15/02/2010 21:54


REFORME DE L’EDUCATION : LA COLERE MONTE !!!





Le capitalisme n’a plus de besoin de main d’œuvre formée mais d’un vivier de personnes corvéables à merci possédant le minimum d’instruction. Et pour cela, il s’attèle à mettre en place l’école de
demain, celle qui correspondra à ses besoins : une école pour former les enfants des classes populaires au minimum requis (lire, écrire et compter).Pour cela :

- Suppression de postes d’enseignants dans le public (50 000 en 4 ans) contre hausse dans le privé(les enseignants du privé étant payés par l’Etat).

- baisse des heures d’enseignement pour des programmes plus chargés en élémentaire et allégés dans le secondaire avec suppression d’heure de français et d’histoire.

- suppression de la formation des maîtres et présence devant les élèves à peine le concours réussi.

- non remplacement des enseignants absents ou remplacement par des étudiants, vacataires (2 900 contractuels dans le secondaire et une centaine pour commencer dans le primaire).

- Matraquage idéologique par la suppression de certaines notions dans les cours comme « le chômage » remplacé par « la consommation ».

- Classes surchargées avec de plus en plus d’élèves en difficultés.

Ce n’est pas pour rien si le mouvement de lutte qui se développe a commencé en Seine saint Denis : les premiers touchés par cette réforme de l’enseignement sont les enfants des classes populaires.
Leurs parents sont déjà touchés par la précarité, le chômage, la misère, les plans de licenciements, l’insalubrité d’un logement trop petit, le manque de papiers, etc...

Il s’agit là d’une attaque supplémentaire.

Les luttes actuelles sont justes. Et c’est pour cela qu’elles sont soutenues par les parents qui bloquent les écoles, qui refusent que leurs enfants soient mis en face d’adultes non formés ou que
l’enseignement délivré soit revu à la baisse.

Nous devons soutenir ce mouvement tout en critiquant les illusions entretenues sur le rôle de services publiques et sa défense. L’école reste un appareil d’Etat qui sert à reproduire les classes
sociales. Même si, pendant un temps, elle a joué un rôle d’émancipation pour certain, cela a toujours été dans l’intérêt de la bourgeoisie et de son économie.

Mais n’oublions quand même pas que ce mouvement se fait à contre courant de la direction du principal syndicat la FSU qui tout en ne les signant pas accompagnent les réformes.
cependant, ce qui est inquiétant, c'est que ce syndicat est appelé à fusionner avec la CGT.







infos sur le mouvement voir le blog « aubervilliers en lutte »


Xuan 08/12/2009 23:43


On ne peut pas passer du capitalisme au communisme et à l’absence d’Etat tant que les classes sociales continuent d’exister et de se combattre.
Il ne s’agit pas d’interdire la parole ni d’exercer un pouvoir arbitraire.
Il s’agit de mettre fin à la dictature du capital, qui fait que le salarié est obligé de se plier au bon vouloir de son patron dès qu’il pénètre dans l’usine.
Par exemple c’est l’employeur qui organise le travail et place le salarié dans des situations de risque, en présence du bruit, de la chaleur et du froid, des fluides sous haute pression, toxiques
ou brûlants, de machines tournantes, de presses.
C’est lui qui impose les cadences insupportables qui provoquent les TMS, qui réduit les effectifs au point qu’il devient impossible de prendre ses congés, etc. et tout cela dans le seul but
d’augmenter ses profits.
Et pourtant les patrons font tout pour reporter la responsabilité des accidents sur le dos des salariés et l’accablent d’une double peine : celle de la lésion subie et celle de la culpabilité.
On peut observer tous les jours dans les CHSCT cette tendance, contraire à l’article L 230-2 du Code du Travail :
« I. - Le chef d'établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs de l'établissement, y compris les travailleurs
temporaires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d'information et de formation ainsi que la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. Il
veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. »
Pour exercer cette contrainte, la classe des capitalistes se sert de la machine d’Etat : du gouvernement, de l’administration, de l’armée, de la police, de la justice et de l’appareil
législatif.
Par exemple la justice de classe ne condamne pas les patrons qui envoient des familles mendier aux restos du cœur, ni ceux qui acculent des salariés au suicide. Elle condamne les Conti parce qu’ils
ont pété la game boy du sous préfet.
De plus la classe des capitalistes se sert des médias publics et privés, de l’école. Bref l’ensemble de l’organisation sociale est entre ses mains.
Peut-on renverser cet ordre sans exercer aucune contrainte, sans créer un nouvel Etat qui serve les intérêts des plus exploités et du peuple dans sa plus grande majorité, et sans imposer aux
capitalistes la dictature de la classe ouvrière ?
Imaginer le contraire relève de l’utopie. Autant remplir d’eau un saladier !


onstrik 07/12/2009 20:04


"Tout le pouvoir aux travailleurs" ... ça fait froid dans le dos. Remplacer le pouvoir des patrons par celui des travailleurs, c'est remplacer un pouvoir par un autre. C'est bien là le problème.
Pour ma part, je me méfie des pouvoirs d'où qu'ils viennent et pense plutôt qu'il faudrait abolir tous les pouvoirs quels qu'ils soient !
Sinon, tout à fait d'accord pour dire que le dernier congré de la CGT (comme les autres d'ailleurs) est tout sauf démocratique ... une question de pouvoir encore et encore.

Fraternellement

onstrik


daisy 07/12/2009 15:04


Vous dites dans votre explication sur la lutte des classes, c'est nous qui auront le pouvoir, mais qui est ce nous comment allez vous structurez ce nous car il faudra bien choisir certaines
personnes pour décider des priorités, comment partager les richesses et que ferez vous de ces bourgeois, n'auront-ils plus la parole?. tout cela me parait un peu sectaire et un peu radical mais
aussi pas très clair dans la façon dont vous pensez organiser ce futur monde


poursa 06/12/2009 20:29


oui désolé pour la présentation des textes de Marx,je ne me suis pas rendu compte dans la préparation que tout le surlignage disparaitrait comme la couleur .Alors çà devient indigeste .Peut être
une rubrique les classiques en ligne pourraient être utile .Par ex je viens de retrouver une déclaration de Mao de 1957 qui disait que le socialisme en Chine pouvait perdre ,en 1957 !


Eugène 06/12/2009 20:38


Bon, on va éviter, hein ?
C'est pas vraiment l'objectif du blog... Voir éventuellement le forum


ravonne 06/12/2009 18:39


Pour continuer sur le CHSCT. Je suis depuis peu sur plateforme avec téléphone et ordinateur. Les postes sont inadaptés sauf pour ceux qui sont "normalement" conçus (il ne doit pas y en avoir des
masses). Conséquence des TMS (troubles musculo-squelettiques) qui n'ont rien à voir avec le stress malgré ce qu'on voudrait faire croire (y compris des syndicalistes gavés par l'idélogie dominante)
mais, ont une réalité bien physique. En plus, il y a le stress via la pression genre "pas plus de 3 mn par communication". Et le CHSCT là-dedans ? Rien. Alors que son travail serait au minimum de
faire une enquête sans attendre les plaintes et la constitution individuelle de dossier ... quant elle se fait. Bref, l'autruche. Nos syndicalistes réformistes de tout bord (c'est laCFDT qui est
majoritaire) réduisent leur luette à des aménagements négociés de la machine capitaliste, le facteur humain ça compte, bien sûr, le jour des élections des DP et du CE mais tous ceux qui se
plaignent, c'est bien connu, sont des tires-au-flanc.


armenak 06/12/2009 12:23


Les CHSCT sont normalement chargés de faire appliquer le code du travail. Reste à définir ce que le code du travail représente: en fait un texte légal chargé de la pérennisation de la reproduction
de la force de travail. Or, à ce titre l'activité des représentants au CHSCT ne peut être que réformiste.
Il en est de même dans les DP, "porter les réclamations du personnel", c'est bien beau mais c'est à nouveau réformiste et le plus souvent sans lendemain, puisque la plupart des "réclamations" ne
débouchent pas sur des "revendications", ni sur des luttes pour les obtenir.
Elu DP et "obligé" de siéger également en CHSCT puisque délégation unique du personnel, mon rôle se contente de poser des questions qui la plupart du temps n'ont pas de réponses et ensuite de
rapporter aux collègues le fait que sans la lutte rien ne sera acquis: mais sont-ils prêts à lutter actuellement?
ps: je travaille à la SNCF ;)


oppong 06/12/2009 00:59


@jp:

En ce qui concerne les CHS, est-ce-qu'on n'y retrouve pas un peu partout les mêmes buros que dans les syndicats? Les CHS c'est bien souvent devenu une caution pour l'entreprise; quand il y a un
problème, réunion direction CHS, on discute entre gens civilisés, une petite mesurette, et les représentants du CHS sont chargés de faire avaler la couleuvre aux "copains"


oppong 06/12/2009 00:53


@ Tophe:

La grande majorité des travailleurs en France ne veut pas du socialisme. Pour beaucoup d'entre eux, les expériences socialistes du XXe siècle ont été une horreur pour le Peuple, et c'est bien
normal après des dizaines d'années de propagande anti-communiste, et en l'absence de parti ou syndicat communiste (et révolutionnaire) dans notre pays. D'ailleurs les travailleurs immigrés, même
quand ils subissent la même exploitation que des travailleurs français, ont souvent une éducation différente et une vision de l'Histoire plus en phase avec la réalité, ainsi qu'une conscience de
classe plus affirmée. La révolution, la dictature du prolétariat, le socialisme etc... sont des notions en complet décalage avec la société française actuelle. Il faut partir de 0, et la base c'est
un parti communiste OUVRIER, tout ce qui ne va pas dans ce sens est voué à l'échec. Et ça ne risque pas d'arriver tant que perdureront ces affrontements stériles entre diverses chapelles, notamment
entre anti-staliniens et anti-maoïstes... Je ne me considère pas comme un grand marxiste, un grand dialecticien... j'ai pas lu beaucoup, mais je pense en savoir suffisamment pour être persuadé que
Staline, Mao, Hoxha... étaient tous de grands leaders qui ont consacré toute leur existence à la construction du socialisme, dans leur pays et au-delà, et que ceux qui se permettent des critiques
extrêmement dures et injustifiées ajd à l'encontre de ces camarades ne leur arrivent pas à la cheville.


barabas 06/12/2009 00:46


Sur le role et les moyens des CHSCT, Je vais vous faire rire (ou sourire)! En interim (2 millions d'interimaires) au cause du "lien de subordination" les CHSCT des boites d'interim (qui sont
constitués en majorite d'interimaires) ne peuvent RIEN pour les interimaires...
Et quand on connait ce qui se passe dans les Entreprises Utilisatrices et avec quel mepris ils sont traités .....
ALORS QUELLE SOLUCE ???


Xuan 06/12/2009 00:30


Que le directeur ou le cheffaillon « participent » à la création de plus-value ne fait aucun doute, mais leur « participation » consiste essentiellement à faire suer le burnous, c’est-à-dire
extorquer le profit sur le dos de l’ouvrier pour le compte du capitaliste.
Nonobstant le fait qu’ils soient salariés et qu’ils « participent » à la création de la plus-value, il ne fait aucun doute non plus pour l’ouvrier du rang que les cadres et le directeur de son
usine ne sont pas dans le camp de sa classe mais dans celui des capitalistes.
Cet article « inédit », publié fort « opportunément » en 1971 dans les éditions 10/18, a été alors largement utilisé par les théoriciens du parti révisionniste afin de justifier leur thèse « la
classe ouvrière du manœuvre à l’ingénieur ». Dans la foulée a été signé le Programme Commun de Gouvernement avec le Parti Socialiste en 1972.
L’objectif des révisionnistes était clairement de confisquer aux ouvriers le rôle dirigeant de leur parti, pour le remettre entre les mains des bourgeois et des intellectuels qui dirigent
aujourd’hui le P « C » F.
Ils ont fait de même dans la CGT, où un Le Duigou prêche le repartage des profits à la place de l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Les travailleurs sont-ils loin de vouloir se battre pour le socialisme ? Ce qui est sûr c’est qu’ils n’ont plus de parti pour cela, et comment aller à la guerre sans état-major ?

En ce qui concerne les CHSCT, il ne faut pas s’illusionner. Les représentants au CHSCT ont pu obtenir quelques succès en utilisant des acquis du Code du Travail et certaines jurisprudences
favorables aux salariés.
Le revers de la médaille est qu’on a cru que la bataille juridique pouvait payer sans la mobilisation des salariés. Mais ces acquis sont en train de fondre. Les patrons épuisent les délégués au
CHSCT dans un combat quotidien, les médecins du Travail et les Inspecteurs du Travail se débinent.
Il faut prendre conscience que le syndicat n’est pas un cabinet d’avocat mais l’organisation de combat des ouvriers.


poursa 06/12/2009 00:07


DESOLE ENCORE UN MORCEAU QUI N'EST PAS PASSE DONC POUR FINIR J'ESPERE CETTE FOIS
MARX :
A présent, voici un exemple : peu m'importe que j'achète un pantalon prêt à porter ou que je fasse venir un tailleur à la maison et lui paie son service (c'est-à-dire le travail de tailleur) : si
je m'adresse au marchand, c'est qu'il le vend moins cher.

Pour moi, dans les deux cas, je ne convertis pas mon argent en capital, mais en une valeur d'usage correspondant à mon besoin et à ma consommation personnels.

L'ouvrier tailleur me rend le même service, qu'il travaille chez le marchand de vêtements ou chez moi.

Mais, l'ouvrier, s'il travaille chez le marchand de vêtements, rend un autre « service » au capitaliste, en ce qu'il travaille douze heures en n'étant payé que pour six, c'est-à-dire en travaillant
six heures gratuitement pour lui.

Que cela ait lieu dans la confection d'un pantalon ne fait que masquer la véritable transaction.

Aussi le marchand de vêtements cherche-t-il, dès que possible, à convertir de nouveau les pantalons en argent, qui est une forme d'où a disparu la spécificité du travail de tailleur, le service
rendu s'exprimant alors clairement dans le fait que d'un thaler il en est sorti deux.

En général, le mot service exprime simplement la valeur d'usage particulière du travail utile comme activité, et non comme objet.(...)

L'ouvrier lui-même achète des services avec son argent, ce qui est une façon de le dépenser, mais non de le convertir en capital.

Nul n'achète des. « prestations de service », juridiques ou médicales, comme moyen de transformer son argent en capital.

De nombreux services font partie des frais de consommation de marchandises : par exemple, le service de la cuisinière.

b) Définitions du travail productif

Pour distinguer le travail productif du travail improductif, il suffit de déterminer si le travail s'échange contre de l'argent proprement dit ou contre de l'argent-capital.

Par exemple, si j'achète une marchandise chez un travailleur indépendant ou un artisan qui est son propre employeur, il n'y a pas lieu de parler de travail productif, puisque l'argent ne s'échange
pas directement contre du travail, mais contre une marchandise.

La production immatérielle, effectuée pour l'échange, fournit aussi des marchandises, et deux cas sont possibles :

1º les marchandises qui en résultent, ont une existence distincte du producteur et, dans l'intervalle entre production et consommation, elles peuvent circuler comme n'importe quelle autre
marchandise.

Ainsi, les livres, tableaux et autres objets d'art peuvent se détacher de l'artiste qui les a créés.

Cependant, la production capitaliste ne peut s'appliquer ici que dans une mesure très limitée.

Ces personnes, si elles n'emploient pas d'apprentis ou de compagnons (comme les sculpteurs), travaillent le plus souvent pour un marchand-capitaliste, par exemple un éditeur. C'est là une forme de
transition vers le mode de production capitaliste simplement formel.

Même si dans ces formes de transition l'exploitation du travail atteint son maximum, cela ne change rien à sa définition.


2º le produit est inséparable de l'acte producteur [9]. Là aussi le mode de production capitaliste ne joue que dans des limites étroites et, selon la nature de la chose, dans quelques rares sphères
(je veux le médecin, et non son garçon de courses).

Par exemple, dans les établissements d'enseignement, les maîtres peuvent être de purs salariés pour l'entrepreneur de la fabrique scolaire.

Tout cela n'est pas à considérer, lorsqu'on examine l'ensemble de la production capitaliste.

« Est productif le travailleur qui augmente de manière directe la richesse de son patron. » [10]

La différence entre travail productif et improductif est essentielle pour l'accumulation, car seul l'échange contre le travail productif permet une retransformation de plus-value en capital.

Étant donné qu'il représente le capital productif, engagé dans son procès de valorisation, le capitaliste remplit une fonction productive, qui consiste à diriger et à exploiter le travail
productif.

Contrairement à ceux qui l'aident à manger la plus-value mais sans être dans le même rapport immédiat et actif avec la production, sa classe est, apparaît comme la classe productive par excellence.
(Comme dirigeant (Lenker) du procès de travail, le capitaliste peut effectuer du travail productif, en ce sens que son travail étant intégré au procès de travail total, s'incarne dans le
produit.)

Nous ne considérons ici le capital qu'au sein du procès de production immédiat et ce n'est que plus tard que nous rechercherons quelles sont les autres fonctions du capital et quels sont les agents
dont il se sert pour les exécuter.

La définition du travail productif (et donc aussi de son contraire, le travail improductif) se base sur le fait que la production capitaliste est production de plus-value, et que le travail qui s'y
emploie produit de la plus-value.

III. La production capitaliste est production et reproduction du rapport de production spécifiquement capitaliste

Le capital ne produit donc pas seulement le capital, mais encore une masse croissante d'ouvriers, substance grâce à laquelle seule il peut opérer comme capital additionnel.

Le travail ne produit donc pas seulement - en opposition à lui-même et à une échelle sans cesse élargie - les conditions de travail sous forme de capital, le capital produit, sur une échelle
toujours élargie, les travailleurs salariés productifs dont il a besoin.

Le travail produit ses propres conditions de production comme capital, et le capital produit le travail, sous forme salariée comme moyen de le réaliser comme capital.(...)

La production capitaliste n'est pas seulement reproduction du rapport, elle en est la reproduction à une échelle toujours plus large.

Dans la mesure même où, avec le mode de production capitaliste, se développe la force de production sociale du travail, la richesse accumulée en face de l'ouvrier augmente et le domine en tant que
capital :

le monde de la richesse gonfle devant l'ouvrier comme un monde qui lui est étranger et qui le domine, à mesure qu'augmentent pour lui pauvreté, gêne et dépendance.

Son dénuement accompagne cette pléthore, tandis qu'augmente encore la masse de ce vivant moyen de production du capital qu'est le prolétariat ouvrier.

(...)La croissance du capital va donc de pair avec l'augmentation du prolétariat : ce sont deux produits jaillissant aux pâles opposés d'un seul et même procès.
Le rapport est non seulement reproduit, mais il produit encore sur une échelle toujours plus massive, en créant toujours plus d'ouvriers en s'assujettissant des branches de production sans cesse
nouvelles.

Tandis qu'il se reproduit - comme nous l'avons souligné, lors de la description du mode de production spécifiquement capitaliste - dans des conditions toujours plus favorables à l'un de ses pôles,
celui des capitalistes, il se reproduit dans des conditions toujours plus défavorables à l'autre, celui des ouvriers salariés.
(...)

Ainsi, le rapport initial devient lui-même un moment
immanent de la domination du travail vivant par le travail objectivé qui s'est instaurée avec la production capitaliste.

Se trompent donc aussi bien :

-ceux qui considèrent le travail salarié, la vente du travail au capital, bref le salariat, comme extérieurs à la production capitaliste, alors que le travail salarié est une forme de médiation
essentielle et continuellement reproduite par le rapport de production capitaliste,

que,

-ceux qui voient dans le rapport superficiel de l'achat-vente, dans cette formalité essentielle, dans ce reflet du rapport capitaliste, sa substance elle-même, et en conséquence prétendent
subordonner le rapport entre ouvriers et capitalistes au rapport général entre possesseurs de marchandises, pour en faire l'apologie et effacer ses différences spécifiques.(...)

Les prémisses de la formation du rapport capitaliste en général surgissent à un niveau historique déterminé de la production sociale.

Il faut qu'au sein du mode de production antérieur, les moyens de production et de circulation, voire les besoins, soient développés au point qu'ils tendent à dépasser les antiques rapports de
production et à les transformer en rapports capitalistes.

Notes
[3] A partir de ce paragraphe, le texte est celui du IV° livre du Capital à quelques toutes petites variantes près, cf. Histoire des Doctrines économiques, tome II, Ricardo, pp. 200-212. Tout le
second tome de l'édition Costes traite du travail productif et improductif. (N.R.)
[4] Marx traite de ce point dans le livre 1 du Capital : « Un maître d'école, par exemple, est un travailleur productif, non parce qu'il forme l'esprit de ses élèves, mais parce qu'il rapporte des
pièces de cent sous à son patron. Que celui-ci ait placé son capital dans une fabrique de leçons au lieu de le placer dans une fabrique de saucissons, c'est son affaire. » (Ed. Soc., vol. II, p.
184). (N.R.)
[5] Dans le livre III du Capital, Marx analyse les formes de transition dans l'agriculture, cf. chapitre XLVII sur la Genèse de


Eugène 06/12/2009 06:45


Bon, il va falloir arrêter la publication des oeuvres complètes !!!
C'est pas le lieu, et de toutes les façons, personne ne va lire ce texte comme çà !


poursa 05/12/2009 22:06


UNE PARTIE DU TEXTE N'EST PAS PASSEE VOICI DONC LA SUITE C'EST MARX QUI PARLE :

Cette question n'est pas à traiter ici, mais dans le chapitre consacré au travail salarié et au salaire.

Avec le développement de la production capitaliste, tous
les services se transforment en travail salarié et tous ceux qui les exercent en travailleurs salariés, si bien qu'ils acquièrent ce caractère en commun avec les travailleurs productifs.

C'est ce qui incite certains à confondre ces deux catégories, d'autant que le salaire est un phénomène et une création caractérisant la production capitaliste. En outre, cela fournit l'occasion aux
apologistes du capital de transformer le travailleur productif, sous prétexte qu'il est salarié, en un travailleur qui échange simplement ses services (c'est-à-dire son travail comme valeur
d'usage) contre de l'argent.

C'est passer un peu commodément sur ce qui caractérise de manière fondamentale le travailleur productif et la production capitaliste : la production de plus-value et le procès d'auto-valorisation
du capital qui s'incorpore le travail vivant comme simple agent. Le soldat est un salarié, s'il est mercenaire, mais il n'est pas pour autant un travailleur productif.

Voici deux autres sources d'erreur :

1º Dans le système capitaliste, un certain nombre de travaux produisant des marchandises continuent d'être effectués de la même manière que dans les modes de production antérieurs, où le rapport
capital-salariat n'existait pas encore, de sorte qu'il n'est pas possible de leur appliquer la notion de travail productif et improductif correspondant au capitalisme.

Toutefois, même s'ils ne sont pas encore soumis véritablement aux rapports dominants, ils le sont idéellement : par exemple, le travailleur qui est son propre employeur, est aussi son propre
salarié, tandis que ses propres moyens de production lui font face comme capital... dans son esprit.
De telles anomalies offrent un terrain bienvenu aux discussions oiseuses et à l'ergotage sur le travail productif et improductif.

2º Certains travaux improductifs peuvent incidemment se rattacher au procès de production et leur prix entrer même dans celui des marchandises, l'argent dépensé pour eux formant une partie du
capital avancé. Il peut donc sembler que ces travaux s'échangent directement contre du capital, et non contre du revenu.(...)

D'autres cas, ce sont les procès, les actes contractuels, etc., bref, tout ce qui, ayant trait aux stipulations entre possesseurs de marchandises dans l'acte d'achat ou de vente, n'a rien à voir
avec le rapport du capital et du travail.

Même si les fonctionnaires deviennent des salariés en régime capitaliste, ils ne deviennent pas pour autant des travailleurs productifs.

Le travail productif n'est qu'une expression ramassée pour désigner l'ensemble du rapport et la manière dont l'ouvrier et le travail se présentent dans le procès de production capitaliste.

Par travail productif, nous entendons donc un travail socialement déterminé, qui implique un rapport bien précis entre vendeur et acheteur de travail.

Ainsi, le travail productif s'échange directement contre l'argent-capital, un argent qui en soi est du capital, ayant pour destination de fonctionner comme tel et de faire face comme tel à la force
de travail.

Seul est donc productif le travail qui, pour l'ouvrier, reproduit uniquement la valeur, déterminée au préalable, de sa force de travail et valorise le capital par une activité créatrice de valeurs
et posant en face de l'ouvrier des valeurs produites en tant que capital.

Le rapport spécifique entre travail objectivé et travail vivant qui fait du premier le capital, fait du second le travail productif.

Le produit spécifique du procès de production capitaliste - la plus-value - est créé uniquement par l'échange avec le travail productif.

Ce qui en constitue la valeur d'usage spécifique pour le capital, ce n'est pas l'utilité particulière du travail ou du produit dans lequel il s'objective, mais la faculté du travail de créer, la
valeur d'échange (plus-value).

Le procès de production capitaliste ne crée pas simplement des marchandises, il absorbe du travail non payé et transforme les moyens de production en moyens d'absorber du travail non payé. [3]

De ce qui précède, il ressort que le travail productif n'implique nullement qu'il ait un contenu précis, une utilité particulière, une valeur d'usage déterminée en laquelle il se matérialise.

C'est ce qui explique qu'un travail de même contenu puisse être ou productif ou improductif.

Par exemple, Milton, l'auteur du Paradis perdu, est un travailleur improductif, alors qu'un écrivain qui fournit à son éditeur un travail de fabrication (Fabrikarbeit) est un travailleur
productif.

Milton a produit son poème comme un ver à soie produit la soie, en exprimant sa nature par cette activité, En vendant plus tard son produit pour la somme de 5 £, il fut, dans cette mesure, un
marchand.

En revanche, le littérateur prolétaire de Leipzig qui, sur commande de son éditeur, produit des livres, par exemple des manuels d'économie politique, se rapproche du travailleur productif dans la
mesure où sa production est soumise au capital et n'existe qu'en vue de sa valorisation.

Une cantatrice qui chante comme l'oiseau, est un travailleur improductif;
dans la mesure où elle vend son chant pour de l'argent, elle est une salariée et une marchande.

Mais, cette même cantatrice devient un travailleur productif, lorsqu'elle est engagée par un entrepreneur pour chanter et faire de l'argent, puisqu'elle produit directement du capital.

Un enseignant qui fait classe n'est pas un travailleur productif;
mais, il devient productif s'il est engagé avec d'autres comme salarié pour valoriser, avec son travail, l'argent de l'entrepreneur d'un établissement qui monnaie le savoir. [4]

En fait, la plupart de ces travaux sont à peine soumis formellement au capital : ce sont des formes de transition. [5]

En somme, les travaux qui ne peuvent être utilisés que comme service, du fait que leurs produits sont inséparables de leur prestataire, de sorte qu'ils ne peuvent devenir des marchandises autonomes
(ce qui ne les empêche pas, au reste, d'être exploités d'une manière directement capitaliste), représentent une masse dérisoire par rapport à celle de la production capitaliste.

Aussi peut-on les écarter ici, pour en remettre l'examen au chapitre sur le travail salarié, sous la rubrique du travail salarié qui n'est pas, pour cela, travail productif.

Un même travail (par exemple, celui d'un jardinier, d'un tailleur) peut être exécuté par un même ouvrier pour le compte d'un capitaliste ou d'un usager immédiat.

Dans les deux cas, il est salarié ou loué à la journée, mais, s'il travaille pour le capitaliste, c'est un travailleur productif, puisqu'il produit du capital, tandis que s'il travaille pour un
usager direct, c'est un improductif.

En effet, dans le premier cas, son travail représente un élément du procès d'auto-valorisation du capital, dans le second, non.

Une grande partie du produit annuel qui est consommé comme revenu et ne retourne plus dans la production comme moyen de production, se compose de produits (valeurs d'usage) les plus néfastes,
satisfaisant les envies et caprices les plus malsains.

Quoi qu'il en soit, leur contenu est tout à fait indifférent, pour déterminer le travail productif. (Il est évident cependant que si une partie disproportionnée était ainsi consommée, aux dépens
des moyens de production et de subsistance qui entrent dans la reproduction, soit des marchandises, soit de la force de travail, le développement de la richesse en subirait un coup d'arrêt.)

Cette sorte de travail productif crée des valeurs d'usage, se cristallise en des produits destinés uniquement à la consommation improductive et dépourvus en eux-mêmes de toute valeur d'usage pour
le procès de reproduction. (...)

Les raisons qui induisent à définir le travail productif et improductif d'après leur contenu matériel, sont de trois ordres :

1º la conception fétichiste, propre au mode de production capitaliste et inhérente à sa nature même, selon laquelle les déterminations économiques - la forme de marchandise ou de travail productif
- sont une propriété qui revient en soi et pour soi aux agents matériels de ces concepts ou déterminations formelles.

2º le fait de considérer le procès de travail en tant que tel, de sorte, qu'un travail n'est productif que s'il aboutit à un produit matériel, puisqu'il n'est de richesse que matérielle.

3º le fait que si l'on considère les éléments réels du procès de reproduction réel, il y a une grande différence, dans la production de richesse, entre le travail servant à créer des articles
reproductibles et le travail effectuant de purs et simples articles de luxe.

A présent, voici un exemple : peu m'importe que j'achète un pantalon prêt à porter ou que je fasse venir un tailleur à la maison et lui paie son service (c'est-à-dire le travail de tailleur) :
si je m'adresse au marchand, c'est qu'il le vend moins cher. Pour moi, dans les deux cas, je ne convertis pas mon argent en capital, mais en une valeur d'usage correspondant à mon besoin et à ma
cons