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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 13:37

Mercredi 26 décembre 2012

55ème jour de grève de la faim de sans-papiers à Lille

 

La circulaire Valls ("Circulaire Valls : leur montagne vient d'accoucher de sa souris") n'a en aucune manière permis la régularisation de tous les sans-papiers, et ne le permet toujours qu'au cas par cas, sur critère et selon la bonne volonté des préfectures.
15498_513097778723430_37383213_n.jpgA Lille, depuis 55 jours, un groupe de sans-papiers a entamé une grève de la faim avec le CSP 59 pour obtenir leur régularisation.
Nous ne sommes pas favorables à la grève de la faim comme forme de lutte. C'est une marque de désespoir, et en plus elle replie le combat sur les cas individuels des grévistes. Mais nous pouvons aussi comprendre ce désespoir de camarades en lutte depuis des années, et qui voient les gouvernements de droite et de gauche se succéder avec les mêmes critères, la même orientation répressive, et le maintien dans la clandestinité et le travail au noir de la plupart d'entre eux. En ce sens, ils ont tout notre soutien.

La grève de la faim entre dans une phase cruciale, car 55 jours, c'est beaucoup.
SSPPLille-22_12.jpgSamedi 22, une manifestation de soutien a eu lieu à Lille, avec la participation de camarades venus de la région parisienne. Aujourd’hui, chaque jour supplémentaire est lourd de dangers.
La préfecture tente de jouer la démobilisation (voir son communiqué ICI) en « appelant à la responsabilité de chacun », mais refuse la régularisation de tous les grévistes comme ils l’exigent, et donc, la grève de la faim se poursuit. La lecture du communiqué préfectoral donne aussi la dimension réelle de la circulaire Valls et des camarades sans-papiers qu'elle laisse sur la touche.

Après la mobilisation le 8 décembre à Grenoble (voir ICI), les grévistes de Lille montrent que le combat des sans-papiers se poursuit (également à Tours, à Nice et ailleurs), n’en déplaise à la direction confédérale CGT qui considère que l'affaire est close et qu'elle a gagné une grande « victoire » avec cette circulaire.
Vendredi 28, une nouvelle manifestation aura lieu à Paris, en soutien aux grévistes de Lille et contre la circulaire Valls, en voici l’appel et nous nous y associons :

 

APPEL  A MANIFESTATION
Vendredi 28 décembre 2012 à 14 H 30 à République

 

La Coalition internationale des Sans-papiers(CISPM) appelle  à manifester à Paris vendredi 28 décembre 2012 en soutien aux grévistes de la faim de la CSP59 de Lille, qui mènent un combat très courageux contre la politique d'immigration du nouveau gouvernement, et pour dénoncer la circulaire du Ministre de l'intérieur Emmanuel Valls, qui, hélas en tant que socialiste, fixe une orientation qui s'avère pire que celle de la droite. S'agissant des Sans-papiers et des migrants, le changement n'est visiblement pas pour maintenant : nous nous souviendrons longtemps que, lors de la Marche Paris-Nice des Sans-papiers, Emmanuel Valls, alors maire socialiste d'Evry, refusa la manifestation prévue dans sa ville lors de notre passage, tout comme l'élémentaire hospitalité dont tous les autres élus nous ont honorés au cours de cette longue marche, nous obligeant à passer la nuit dans les cuisines d'un foyer de travailleurs immigrés!
  Mais place au présent : nous demandons expressément qu'une délégation soit reçue immédiatement au Ministère de l'intérieur pour réclamer le règlement en urgence de la situation des grévistes de la faim de Lille, et cela par leur nécessaire régularisation dans les plus brefs délais. Cette demande est aussi bien celle que la Coalition internationale des Sans-papiers porte pour l'ensemble des Sans-papiers installés sur le territoire français.

Rappelons que la circulaire éminemment restrictive du 28/11/2012 laisse de côté la majeure partie des Sans-papiers :

  • qui vivent en France depuis 5 ans et souvent beaucoup plus longtemps,
  • qui travaillent mais dont l'employeur pour différentes raisons ne leur établissent pas de promesse d'embauche,
  • qui sont pour la plupart pères de famille mais qui n'ont pas fait venir leurs enfants en France,

Tous sont la proie du travail au noir et souhaitent en sortir et vivre dignement au grand jour enfin régularisés !

 

POUR LA MANIFESTATION AU MINISTERE DE L'INTERIEUR
Départ à 14H30
RENDEZ-VOUS   Vendredi  28 décembre 2012
à 13H Place Johann Strauss
Croisement Bd Saint Martin/Rue de Lancry
(Métro République)

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

pj49 28/12/2012 13:57

Je suis d'accord avec Patrice pour trouver l'attitude du blog un brin condescendante vis à vis des camarades lillois.
Par contre, je suis un peu choqué, Patrice, quand tu parles de "notre" CGT...
En 2003, un rapport officiel ( rapport Hadas-Lebel ) situait la part des cotisations salariales à 34% dans le financement de la CGT (pour comparatif, 50% pour la jaune CFDT!). Cela devrait susciter
certaines interrogations sur le(s) vrai(s) patron(s) de la CGT et ce, malgré les efforts désespérés des camarades de l'opposition pour inverser les lignes de force. On peut se demander si ces
combats ne sont pas des combats d'arrière garde où se sont épuisés des générations de militants.
Mon chant préféré ne dit-il pas " du passé faisons table rase "?
Ne serait-ce pas le moment de remettre à l'ordre du jour cette "internationale" ?
Nos camarades immigrés, sans papiers en fer de lance, ne nous en offrent-ils pas l'opportunité ?
C'est une question stratégique essentielle qui a toujours causé par le passé la perte du mouvement ouvrier.
Nos camarades organisés dans les collectifs autonomes ont établis des liens européens; leur périple transfrontalier a été un succès largement passé sous silence par la presse nationale. Ils
continuent, parallèlement, à avoir des liaisons avec l'Afrique. N'est-ce pas une voie à suivre plutôt que de continuer à vouloir sauver les meubles d'une CGT déjà vendue à l'encan?
Dans cette optique, le désespoir ne serait-il pas du côté de l'opposition syndicale plutôt que des grévistes de la faim?
Ces questions vont sans doute en faire hurler plus d'un, héritiers du manichéisme stalinien et du crétinisme dogmatique mais tant pis.
Je repose une fois de plus la question que j'avais déjà posée lors d'un passage à Calais;
Et si, ces camarades, qui se battent depuis des années, étaient l'embryon d'une nouvelle internationale -pj49-

patrice bardet 27/12/2012 00:47

une remarque.... vous écrivez "Nous ne sommes pas favorables à la grève de la faim comme forme de lutte"

personne n'est favorable à la grève de la faim, à commencer par les grévistes

c'est toujours les pouvoirs publics (la préfecture) qui acculent les sans pap' à cette forme de lutte

mais aussi le peu de soutien venant des organisations ouvrières, et notamment de notre CGT

ça fait chier de devoir vous le rappeler....

Et personnellement, il y en a marre d'entendre ce genre de critique éculée à laquelle il faudrait tordre le cou une bonne fois pour toute

c'est infantiliser les grévistes, les soutiens, et les sans pap' en général

Faudra expliquer un jour comment on doit faire....

Si le CSP59 est contraint lui aussi de traiter au cas par cas, on devrait lui reprocher ?


depuis que la conf' a "négocié" les critères, c'est un désastre : on en vient à faire le pré-tri pour la préfecture

le dernier communiqué de la conf' sur la circulaire Valls est d'une hypocrisie monstrueuse

c'est aussi cela le changement dans notre CGT : l'accompagnement des politiques gouvernementales, la "négociation" pour la négociation, et ce résultat minable


La victoire, elle est non dans notre camp, mais pour les réactionnaires

Cette victoire est éclatante.... on fait aussi le lit du fascisme de cette façon....

Eugène 27/12/2012 08:37



Cher camarade, nous partageons ton indignation et tu le sais. Notre critique de la circulaire Valls rejoint la tienne.


 


Nous soutenons les camarades de Lille, d'où cet article. Mais, tu le dis toi-même, la grève de la faim est une forme de désespoir quand on est abandonnés de partout : "quoi faire ?". C'est la
vraie question, mais elle ne semble pas sans réponse.


Un peu partout (Nice, Grenoble, Tours, Région Parisienne, Nord...) des collectifs continuent à exister, sur des bases correctes. C'est là qu'il faut être aujourd'hui, pour multiplier les
initiatives même si le contexte est difficile, même si l'arrivée de la prétendue "gauche" au gouvernement a rendu silencieux bien des soutiens.


Rappeler le désaccord sur le principe de la grève de la faim (pas seulement pour les sans-papiers, pour toutes les luttes) est normal, mais n'empêche pas le soutien - heureusement, nous savons de
quel côté nous nous trouvons.