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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 19:40
Dimanche 8 novembre 2009
49ème congrès : dernière ligne droite

Jusqu'à ces derniers jours, le Congrès n'a pas agité les foules, c'est le moins que l'on puisse dire...
Là, depuis mi-octobre, ça frémit un petit peu, normal on y arrive, et chacun se dit que, quand même, il est nécessaire de savoir ce qu'on fait.

Où en est-on, est quelle démarche aborder ?
1) Le document d'orientation est connu depuis l'été, nous l'avons largement épluché, il est absolument inamendable, tellement il est incrusté dans une optique réformiste. Nous devons absolument le faire connaître auprès des syndiqués, qui n'imaginent même pas les horreurs que contient ce texte. Comme il n'est pas possible de le discuter dans son ensemble, nous proposons de centrer la discussion sur la question d'actualité, à savoir les restructurations, les vagues de  licenciements, les solutions proposées par la CGT. A commencer par le fait sur le terme même de "licenciements" n'apparaît que deux fois, dans la formule "droit suspensif des licenciements" pour  les CE, et jamais en termes de conséquence dramatique pour  les travailleurs, ou d'objectif de lutte de classe.
Même s'il n'y a pas une discussion complète de l'ensemble du document, il y a matière à aborder par ce biais l'ensemble de l'orientation proposée par la Confédération.
La discussion doit se conclure par le vote formel d'un mandat de vote CONTRE ce document d'orientation.

Ce document propose sept résolutions qui vont peut-être être soumise au vote séparément.
La Résolution 1 traite de la crise économique et des solutions à y apporter. Nous renvoyons à la critique générale du document et ce qu'il manifeste, et nous voterons CONTRE.
La Résolution 2 traite de la syndicalisation des jeunes, et ne mange pas de pain, ne comporte rien de particulièrement choquant (ni d'ailleurs de particulièrement précis et novateur). On peut donc éventuellement la voter.
La Résolution 3 traite du syndicalisme rassemblé, des journées d'action et de la réprésentativité. Nous voterons CONTRE (évidemment...).
La Résolution 4 traite des syndicats. Nous voterons CONTRE, dans la mesure où la transformation des syndicats est un enjeu majeur de l'avenir sans que toutes les cartes soient abattues par la direction confédérale, par contre elle comprend la référence aux chartes de la vie syndicale ainsi que la création de la fameuse "commission d'affiliation", véritable centre d'inquisition interne à la Confédération. Donc une véritable normalisation annoncée des syndicats, leur alignement contraint et forcé sur les orientations réformistes confédérales.
Les Résolutions 5 et 6 traitent des fédérations et des territoires (UD) et de leur restructuration à venir. On y voit poindre l'abandon du rapport de classe d'exploitation (travail/capital, ouvrier/bourgeois) pour privilégier le syndicalisme soit lié au marché (adaptation aux "produits" du marché capitaliste, pour prétendre intervenir sans doute dans les choix de gestion), cela pour les fédérations, soit le syndicalisme lié aux formats locaux (bassins d'emploi, découpe institutionnelle), pour peser sur les choix locaux (aménagement du territoire) ou s'incruster dans les structures institutionnelles (conseil économique et social etc.). C'est encore assez flou, et c'est probablement le 50ème Congrès qui devra se prononcer ouvertement, ce que  propose d'ailleurs la Résolution 7. Mais dès aujourd'hui, c'est la lutte des classes que nous devons défendre et les structures syndicales adaptées à ce combat. Dans l'attente d'une réflexion plus élaborée, nous voterons CONTRE ces trois résolutions pour, au minimum, maintenir l'état actuel des choses.

2) Le rapport d'activité n'a pratiquement pas été discuté. En fait, c'est quelque part normal. D'une part ce rapport d'activité recense tout ce que nous avons combattu pendant des trois années passées (représentativité, syndialisme rassemblé, négociations au sommet - Grenelles, trahison du mouvement d'ensemble, emploi industriel etc.), nous ne mettons pas les liens, chacun y retrouvera son bébé sur ce blog. D'autre part, le document d'orientation valide ce bilan en enfonçant le clou.
Il faut donc également voter CONTRE ce rapport d'activité.

3) Le vote pour les directions.
Il importe que le syndicat se prononce sur l'élection de la future direction confédérale, évidemment ce n'est pas facile puisqu'officiellement on ne connaîtra les noms qu'au Congrès.
Dans l'immédiat, nous proposons comme consigne d'éliminer les dirigeants suivants à titre symbolique (en sachant que notre chéri préféré ne sera plus là...), donc de voter CONTRE eux, de les rayer, quoi :
  • Bernard Thibault - secrétaire confédéral au titre de la politique générale de la Confédération.
  • Francine Blanche - au titre de la trahison de la lutte des sans-papiers.
  • Eric Aubin - au titre de grand normalisateur de la fédération de la Construction (Dalkia, Forclum, Cegelec...)
  • Mohamed Oussedik - au titre de poulain de Le Duigou, de porteur de l'orientation d'accompagnement du capitalisme sur l'emploi industriel.
  • Maurad Rabhi - au titre de champion du monde de la collaboration de classe
Cette liste n'est pas limitative, et nous proposons à nos lecteurs de la compléter au fur et à mesure...

4) Normalement, si on a bien compris, chaque syndicat connaît maintenant nominativement le délégué au Congrès porteur de ses mandats - du moins c'est comme cela que cela devrait se passer. Il convient donc de lui transmettre un document écrit, avec les mandats extrêmement précis du syndicat. Il n'y a évidemment aucune garantie que ce mandat soit respecté (ni d'ailleurs aucun moyen de contrôle). Mais cela doit être fait pour le principe, et c'est ce qu'ont fait les camarades de la CGT du CHU de Clermont que nous proposons ici à titre d'exemple.

5) Mais cela ne suffit pas. La démarche est importante pour mener le débat avec nos camarades dans les structures, discuter, convaincre, éclairer. Le résultat du Congrès finalement ne nous importe pas tellement, car on peut considérer d'une certaine façon qu'il est plié.
Il faut aussi sortir du syndicat, de la boîte. Elargir le débat, poser la question d'ensemble de la Confédération. Poser les jalons pour nous retrouver, construire (enfin !) une solide opposition interne qui soit en état d'être une force véritable. Aussi, il convient de soutenir la candidature de JP Delannoy, comme commencent à le faire certains syndicats (ICI ou LA), de faire signer la pétition, de participer aux réunions publiques (Lyon et Toulouse déjà prévues), de faire du rassemblement prévu à Nantes pendant la semaine même du Congrès confédéral un grand succès !

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Publié par Où va la CGT ? - dans 49ème Congrès
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commentaires

p.laurent 22/11/2009 11:58


Précisions concernant les exclusions de camarades de LO de la CGT de Renault-Douai : ces exclusions, qui ont effectivement eu lieu et que nous condamnons, viennent de l'intérieur du syndicat
lui-même ; JP Delannoy n'a donc tout simplement pas pu y participer parce qu'il n'y était pas. Il a d'ailleurs appris cette affaire assez récemment, découvrant la rumeur sur internet (où elle
tourne).
Il est assez regrettable (pour ne pas dire lamentable...) que des camarades de LO, interpellés sur la candidature de J. Pierre et la démarche UNITAIRE de construction de l'opposition, répondent par
une anecdote qui plus est mensongère. C'est bien pratique, ça évite de parler du fond, et notamment de leur stratégie qui consiste à refuser de participer à cette démarche où ils auraient pourtant
toute leur place. Ils préfèrent le localisme et opposent artificiellement la convergences des boites en lutte à la construction de l'opposition interne. Cela, on l'a déjà dit, contente bien la
Direction Confédérale. Mais on attend autre chose de ces militants que la rumeur. Beaucoup de militants oppositionnels de la CGT à l'occasion de cette campagne ont su laissé au vestiaire l'esprit
de chapelle et les divisions pour jeter les bases de l'unité : ceux du NPA, du FSC, de VP, et beaucoup d'autres. C'est l'occasion d'avancer, elle risque de ne pas (plus) se reproduire.
Que les camarades de LO laissent le sectarisme et leurs idées arrêtées au rencard ! On ne s'en portera que mieux !


poursa 09/11/2009 16:36


1)Sur Delannoy ,c'est ce que m'a dit un camarade de lo ,il l'a dit publiquement dans une fête de lo quand j'ai posé la question de savoir ce qu'ils pensaient de la candidature de Delannoy ,c'est sa
réponse qui m'a appris cette info ,je n'ai aucune info à ce sujet pour vérifier ,c'est pourquoi je vous posais la question .
2) C'est un têxte de Marx dont je mets les références .
Ce n'est en aucun cas une interprétation .
3)En aucune manière je n'ai retouché le têxte .Et à l'intérieur du texte il n'y a aucun commentaire de ma part .
4)J'ai seulement modifié le linéaire ,pour en faire une présentation plus claire pour faciliter la discussion si vous estimez qu'elle a un intérêt.

Fraternellement .
Poursa


Eugène 09/11/2009 18:53


Concernant de que dit LO, vois-tu, j'aimerais avoir également confirmation car ma confiance est aussi limitée sur ce genre de choses...
Sinon, ton deuxième commentaire sur le capitalisme et Caterpillar a été posté sur le forum, il est mieux à sa place...


poursa 09/11/2009 14:08


Bonjour ,

pour délimiter une politique de classe et notamment de la classe ouvrière il faut déterminer qui en fait partie ou pas .


Marx est-il à l'origine du révisionisme ,de l'opportunisme ?

Je vous soumets ce texte qui devrait susciter un débat ?

Quelle est votre position à ce sujet ?Car on peut ne pas être d'accord mais alors il faut le dire clairement ,sinon on triche ,on n'avance pas ,et expliquer pourquoi ...

Fraternellement

1867
Une publication réalisée en collaboration avec le site le.capital.free.fr.
Le Capital - Livre premier
Le développement de la production capitaliste
Karl MARX
V° section : Recherches ultérieures sur la production de la plus-value
Chapitre XVI : Plus-value absolue et plus-value relative
" En étudiant le procès de travail sous son aspect le plus simple, commun à toutes ses formes historiques, comme acte qui se passe entre l'homme et la nature, nous avons vu, que « si l'on considère
l'ensemble de ce mouvement au point de vue de son résultat, du produit, moyen et objet de travail se présentent tous les deux, comme moyens de production, et le travail lui-même comme travail
productif [1] ».
L'homme crée un produit en appropriant un objet externe à ses besoins, et dans cette opération le travail manuel et le travail intellectuel sont unis par des liens indissolubles, de même que dans
le système de la nature le bras et la tête ne vont pas l'un sans l'autre.
A partir du moment, cependant, où le produit individuel est transformé en produit social, en produit d'un travailleur collectif dont les différents membres participent au maniement de la matière à
des degrés très divers, de près ou de loin, ou même pas du tout, les déterminations de travail productif, de travailleur productif, s'élargissent nécessairement.
Pour être productif, il n'est plus nécessaire de mettre soi-même la main à l’œuvre ;
il suffit d'être un organe du travailleur collectif ou d'en remplir une fonction quelconque.
La détermination primitive du travail productif, née de la nature même de la production matérielle, reste toujours vraie par rapport au travailleur collectif, considéré comme une seule personne,
mais elle ne s'applique plus à chacun de ses membres pris à part.
Mais ce n'est pas cela qui caractérise d'une manière spéciale le travail productif dans le système capitaliste.
Là le but déterminant de la production, c'est la plus-value.
Donc, n'est censé productif que le travailleur qui rend une plus-value au capitaliste ou dont le travail féconde le capital.
Un maître d'école, par exemple, est un travailleur productif, non parce qu'il forme l'esprit de ses élèves, mais parce qu'il rapporte des pièces de cent sous à son patron.
Que celui-ci ait placé son capital dans une fabrique de leçons au lieu de le placer dans une fabrique de saucissons, c'est son affaire.
Désormais la notion de travail productif ne renferme plus simplement un rapport
entre activité et effet utile,
entre producteur et produit,
mais encore, et surtout
un rapport social qui fait du travail l'instrument immédiat de la mise en valeur du capital . "
Karl Marx


Par ailleurs des militants de la métallurgie de lutte ouvrière m'ont dit avoir eu deux camarades de renault douai qui dans le passé ont été exclus de la cgt , delannoy y ayant contribué ;est-ce
exact ?Soutenez-vous ces exclusions ?


Eugène 09/11/2009 16:04


Concernant l'économie politique de Marx, c'est là une interprétation bien particulière que nous ne partageons pas, mais ce n'est pas le lieu d'en débattre (par contre, tu peux ouvrir un sujet à ce
propos sur le forum...)

Concernant les camarades de LO exclus de la CGT Renault Douai, nous confirmons que cela a bien eu lieu. Nous n'avons pas tout les éléments, mais
- nous sommes absolument contre toutes les exclusions des syndicats, et pour le débat démocratique et contradictoire, contre la pensée unique et formatée, quelle qu'elle soit. Nous sommes donc tout
à fait contre l'exclusion des camarades de LO de la CGT de Renault Douai. Nous défendons la polémique politique et contradictoire, à l'intérieur du syndicat, sur les questions syndicales, pratique
que connaissent mal voire pas du tout tant les militants de Lutte Ouvrière que ceux qui les ont exclus.
- reste à confirmer que JP Delannoy y a contribué comme tu le dis, cela semble peu probable... car il ne partage pas toutes les positions des camarades de Renault Douai. Mais enfin, c'est à voir et
à critiquer éventuellement, et publiquement.

Mais quoiqu'il en soit, cela ne retire rien à ce que représente sa candidature, soutenue par des courants et des orientations bien différentes, pour manifester une opposition unie à la direction
confédérale...