Mercredi 19 août 2009
Le blog des "râleurs qui s'ébaudissent
grassement"
Sais-tu chez lecteur, que tu n'es pas en ce moment en train de lire n'importe quel site Internet ?
Selon Le Canard Enchaîné d'aujourd'hui (voir l'image ci-dessus) tu lis le blog porte-parole des "râleurs" internes, et qui "s'ébaudit grassement" des déboires de la Conf'...
Diable... quel honneur ! D'abord, c'est nous prêter bien des mérites que nous n'avons pas; ce blog a quelque audience, c'est évident, sert de référence à nombre de camarades d'opinion bien
différentes par ailleurs. Il est étroitement surveillé par la Conf (salut Alain !), nous le savons aussi.
Cela dit, ce blog n'est qu'un courant d'opinion parmi d'autres, et justement, le problème principal, essentiel, des syndicalistes de classe dans la CGT, c'est d'être capables de se
regrouper, de s'affirmer ouvertement, explicitement, et ensemble face à la direction confédérale.
"La CGT saisie par lutte des classes" dit le Canard, c'est exactement cela. Il va falloir sortir de la maladie infantile des opposants qui refusent de s'afficher et râlent (le mot
est bon) dans leur coin.
"Don't mourn, organize !" (Arrête de râler, organise-toi !) disait déjà Joe Hill au début du siècle
dernier. C'est particulièrement valable pour notre situation dans la CGT aujourd'hui.
Le Canard cite également la déclaration d'un autre râleur, Xavier Mathieu (délégué CGT de Continental) sur France Info lundi dernier, et qui circule déjà un peu partout sur Internet, et que nous
mettons ci-dessous en audio et complète, afin que chacun puisse l'apprécier à sa juste valeur, parce que ce qu'il dit est bien plus profond et va bien au delà de l'insulte "racaille"...
La question, c'est que ça va quand même un peu plus loin que la simple présence de Thibault dans les luttes, même si
c'est un vrai problème. Le fond de l'affaire n'est même pas les prétendus "trotskistes" de Continental ou d'ailleurs. Le fond de l'affaire, c'est que la lutte pour l'emploi est passée à la
trappe dans la Confédération : le rapport d'orientation n'en parle pas, parce que pour les réformistes
de notre direction, l'adaptation aux variations du capital est obligatoire, et qu'il faut en passer par les Secafi-Alpha/Sodie, ou par la Sécurité Sociale Professionnelle... Alors on sort
un peu à la SBFM, on parle un peu de Molex, mais toujours du point de vue de "l'emploi industriel", jamais du point de vue des intérêts ouvriers pour l'emploi contre les restructurations et les ravages du capitalisme...
C'est un des enjeux du Congrès, retrouver la voie de la lutte des classes et de l'intérêt des travailleurs !
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Notre blog : http://npatroyesaube.canalblog.com/
Ce qui est normal dans une organisation syndicale ? C'est la lutte pas l'inertie.
Mon Dieu, Jesus, Marie, Joseph ! Quelle histoire ! Y'a le copain délégué de chez Continental, Xavier Mathieu, qui a eu un coup de gueule à l'encontre des "hauts cadres" de la CFDT et de la CGT - il les a traité de racailles. Xavier, bon enfant, reconnaît son erreur. Il n'aurait pas dû utiliser le terme racaille impraticable après l'Omnipotent. A froid et à tête reposée, Xavier estime qu'il aurait dû dire "parasite". On pige.
Faut dire, le gars, il lutte - pour de vrai - avec ses copains et les salariés de Conti depuis des mois. La crise financière pour eux c'est du concret, c'est le chômage à l'horizon, pas de flouze, pas d'avenir, des privations pour les gamins, c'est pas du blabla de salonnard. Il faut expérimenter ce type de combat au quotidien face aux larbins du patron et aux institutionnels, face à l'arrogance, aux mépris et à l'intimidation. Il faut se mettre à la place des gars qui sont sous tension, les nerfs à vif, la peur au ventre, en beau maudit, angoissés, écoeurés, desespérés mais qui résistent pour limiter la casse de leur vie. Ce militant a quand même obtenu dans la lutte collective 50 000 euros d'indemnités pour chacun des 1120 licenciés des Contis. C'est pas rien quand on va aller pointer et se faire humilier dans les pôles emploi - shit heap - "managés" à la cruauté. C'est pas bézef quand on compare avec les indemnités des parlementaires et les rémunérations des patrons et des actionnaires.
Les "Conti", souvenez-vous, ce sont eux qui ont customisé la sous-préfecture de Compiègne dans l'Oise le 21 avril dernier. Y'a des contextes de violence (légale celle-là) patronale et sociale qui vous jettent hors de vous, comme quand un tribunal entérine la décision de fermer votre entreprise. Mais, les "Conti" c'est pas des électeurs de droite comme pour la FNSEA. Autant ces gars-là avait pu mettre à sac une sous-préfecture et la permanence de Voynet alors ministre, sans craindre d'être poursuivis, autant les ouvriers licenciés ont intérêt à se tenir à carreau. Nos copains ont donc été traduits devant un tribunal et ont vainement attendu le soutien de leur Confédération. Ca énerve les poils des jambes, ça fout les boules, ça colle la haine.
Après, planqué derrière son bureau design, on peut toujours faire sa chochotte et voilà notre Le Duigou, une grosse pointure confédérale, qui déclare dans la Tribune du jeudi (journal du PPA - Parti de la Presse et de l'Argent) : «Ces propos dépassent largement ce qui est normal dans une organisation syndicale».
Ce qui est normal, Camarade, dans une organisation syndicale c'est la revendication, la défense des salariés, la solidarité, le soutien et la lutte collective. Dans une organisation syndicale, seules les déclarations des membres du BN (Bureau National pas Biscuiterie Nantaise) contre les camarades engagés dans la lutte de classe ou contre le principe de la grève générale déclarée obsolète sont inadaptées et irrégulières.
"S'ils s'obstinent ces cannibales, à faire de nous héros
Ils sauront bientôt que nos balles, sont pour nos propres généraux"
extrait de l'Internationale
Rouler en C6 pour singer Sarko et se croire important...voilà de la belle ouvrage...et les gogos paient des cotisations pour cela...
heureusement que mle medef crache plus au bassinet que les adhérents de moins en moins nombreux et pourtant crédulement sincères...
Le Figaro: Que répondez-vous à Xavier Mathieu, le délégué CGT de Continental Clairoix, qui a traité les Thibault et compagnie, c'est-à-dire vous aussi, de «racaille» tout juste bon «à frayer avec le gouvernement» ?
Jean-Claude Mailly: Ces propos sont inacceptables de la part d'un militant syndical. J'ajoute qu'il ne faut pas confondre rôle syndical et rôle politique. Les syndicats ont un rôle à jouer dans la démocratie et nous n'avons de leçons à recevoir de personne.
En ce qui concerne les permanents, c'est un fait établi et bien perçu par les lecteurs de ce blog, c'est pour ça que je ne suis pas revenu sur le phénomène, certes majeur au sein du réformisme syndical, l'exemple du restau n'étant qu'un petit à-côté, par rapport à ce qu'encaissent légalement ou non, les permanents les plus célèbres de la conf'.
1er élément, son financement; d'où vient l'argent? A la CGT j'ai retrouvé plusieurs fois un chiffre de 34% en ce qui concerne la part des cotis' dans le budget (certains analystes évoquent plutôt 15-20%, mais admettons...); sachant que la majorité des adhérents cgt sont imposables, ils bénéficient d'une réduction d'impôt de 66% (reste à charge 34%). Au grand maximum on arrive donc à environ 15% du budget de la CGT financés par les adhérents; le reste du financement: l'Etat, les collectivités, les grandes entreprises (dont des multinationales). En toute logique vous pensez que la CGT doit défendre qui? Ceux qui contribuent à hauteur de 15%? Ou ceux qui contribuent à hauteur de 85%? Quand un permanent se paie un restau sur le dos du syndicat, les adhérents lui paient l'entrée, la bourgeoisie lui paie le plat principal, le dessert, et le vin...
Autre élémént, et là je manque d'informations sur le sujet, quelle est la composition des adhérents de la CGT? Et notamment le % de fonctionnaires et le % d'ouvriers? Parce que le fonctionnaire, en grande majorité ce qu'il souhaite c'est le maintien de ses acquis, autrement dit continuer à bénéficier d'un emploi à vie, maintenir un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne des salariés (et notamment des ouvriers) etc... globalement il n'a pas à se plaindre du système capitaliste (en tout cas c'est ce qu'il pense), il souhaite l'immobilisme le plus total, il attend de son syndicat une bataille pour obtenir 1 ou 2 % d'augmentation par an, et au niveau local une notation positive. J'imagine sa tête si son syndicat venait à lui parler de révolution, bref d'une remise en cause absolue de sa petite vie bien tranquille. Pour en revenir à ma question, est-ce-que qqun a des stats sur la composition des adhérents?
Tout ça pour dire que quand on se monte la tête entre nous sur ce que devrait être, ce que devrait faire la CGT, gardons à l'esprit d'une part ces 2 questions essentielles; 1) d'où vient l'argent 2) qui sont les adhérents de la CGT ajd et quel est leur potentiel révolutionnaire?
- Sur les adhérents, la majorité vient de la fonction publique. Après il y a tout un débat : aujourd'hui, la majorité des salariés des PTT relèvent d'un statut privé et non plus public etc. Sur le fond, de toutes les façons, ce qui est évident, c'est que l'immense majorité des ouvriers, travailleurs, militants combatifs, ne sont même pas syndiqués !!!
- Dans un autre message, tu relevais la fausse opposition entre "base" et "sommet" que mettait en avant Xavier Mathieu. Tu as raison, le réformisme est tout aussi présent dans la gestion d'une cantine d'entreprise que dans la gestion de la Sécu ! Cela dit, il faut reconnaître qu'à la base il y a un courant d'ouvriers combatifs qui se démènent comme ils peuvent dans la confusion ambiante, reproduisant aussi les positions de la Conf' tout en faisant exactement le contraire dans la pratique (lire le document d'orientation !)
- Enfin, tu oublies dans la bascule l'appareil bureaucratique. les permanents. Payés par la Conf', les mairies, voire même par les entreprises ils sont pieds et poings liés. Ainsi c'est à Picard, prétendu oppositionnel, secrétaire de l'UD de Paris qu'on a fait faire le sale boulot à la Bourse du Travail. Et oui, quand on est permanent, à 50 ans, va-t-on risquer sa place ? Il faudrait une sacré détermination et des principes coulés dans le béton... Comme tu le dis, on n'en est pas là. Pour notre part, sur ce blog, nous avons toujours refusé toute responsabilité au delà de l'entreprise...
Maintenant, le terrain syndical est important, et sans se monter du tout la tête (il y a belle lurette qu'on a arrêté de rêver à prendre le pouvoir dans la CGT !!!) un travail d'explication, de compréhension à faire auprès des syndicalistes combatifs et honnêtes. A voir l'écho et l'impact de ce blog, il y a évidemment une responsabilité à assumer...
C'est quoi ce débat avec le medef, tu peux m'apporter des précisions (sujet, date...) afin que je m'en reserve !
CQFD...!? C'était déjà le cas ya 40 ans faudrait quand même se réveiller... Moi ça me fait bien marrer cette soi-disant divergence entre d'un côté des parasites à Montreuil, et de l'autre côté des militants de base qui seraient pour la radicalisation. La plupart des adhérents cgt que je connais, en dehors des militants ML/MLM (et ça fait pas lourd) sont à peu près sur la même ligne que la conf'. Ca ne mène nulle part de continuer à entretenir cette vision fantasmée d'une base radicale
Xavier Mathieu, délégué chez Continental, qualifie Bernard Thibault de «parasite».
Il persiste et signe. Xavier Mathieu, leader CGT du site Continental de Clairoix (Oise), est loin de se repentir après sa sortie contre Bernard Thibault. «Beaucoup de délégués syndicaux me soutiennent. Ils me disent : "Bravo ! Tu dis tout haut ce qu’on pense tout bas".» Seul regret : «Je n’aurais pas dû sortir "racaille", connoté Sarkozy, mais "parasite".»
Dans le creux de l’été, ses propos sur France Info ont fait l’effet d’une bombe. «Les Thibault et compagnie, c’est juste bon qu’à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu’à ça, toute cette racaille, fustigeait-il lundi. […] Thibault, on l’a jamais vu, on n’a jamais eu un appel !»
Aujourd’hui, le leader syndical de l’équipementier automobile, qui a obtenu 50 000 euros d’indemnités pour chacun des 1 120 salariés licenciés, se sent tout de même obligé de préciser sa pensée :
«J’attaquais uniquement les fédérations. J’ai un respect immense pour la base qui se bat au quotidien mais qui voit qu’en haut, ça ne suit pas.»
Car c’est bien ce que reproche le délégué à sa hiérarchie : son manque de combativité en période de crise. Muet au départ, l’entourage de Bernard Thibault, encore en vacances, s’est décidé à répliquer. «Ces propos dépassent largement ce qui est normal dans une organisation syndicale» , s’est indigné Jean-Christophe Le Duigou, bras droit du secrétaire général, dans La Tribune de jeudi.
C’est le 21 avril que tout dérape entre Xavier Mathieu et la CGT. Ce jour-là, près de 200 «Contis» saccagent la sous-préfecture de Compiègne dans l’Oise, furieux de la décision du tribunal de Sarreguemines (Moselle) qui entérine la fermeture de l’usine. Sept salariés, dont Xavier Mathieu, comparaissent le 17 juillet devant le tribunal de grande instance de Compiègne. «Bernard Thibault a refusé de demander notre relaxe. C’est honteux ! La seule réponse qu’on a eue est que la CGT ne soutient pas les voyous et que la radicalisation ne fait pas partie de ses méthodes» , lance-t-il révolté.
Le syndicaliste touche là le vrai point de discorde avec la CGT : la manière de mener un conflit. Car si Xavier Mathieu ne se revendique d’aucun parti, il a pour conseiller Roland Szpirko, ancien leader des ouvriers de Chausson dans les années 90 et surtout ancien élu régional Lutte ouvrière. «Roland n’a jamais voulu faire intervenir Arlette Laguiller dans le conflit. Mais pour la CGT, ça a été la catastrophe», confirme Xavier Mathieu qui attend le congrès de sa centrale CGT, en décembre, pour savoir s’il rend sa carte du syndicat.
Allez voir le site " rue 89" ou écho 89" discours de Xavier Mathieu qui attaque B. T., à voir.
FRATERNELLEMENT JP