Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 05:56
Lundi 18 Août 2009
Des militants CGT dénoncent l'expulsion de la Bourse et sur ce qu'elle révèle de l'orientation de la direction de la Confédération

Suite à l'appel lancé sur ce blog, des camarades de la CGT se sont retrouvés et ont jugé nécessaire de faire la déclaration suivante, qui va d'ailleurs être diffusée largement lors de la manifestation anniversaire de l'évacuation des Saint-Bernard, samedi prochain 22 août, de la rue Baudelique (75018) à l'église Saint-Bernard.


Nous, militants CGTistes dans les secteurs suivants : OPH, SANOFI Aventis, Retraités, Éduc’action 93, St Gobain, CGT Montreuil, Comité de Sans-papiers grévistes de Viry Châtillon, engagés dans le soutien à la lutte des Sans-papiers, nous sommes réunis en réponse à l’appel du blog Ouvalacgt, 14 rue Baudelique à Paris 18ème, pour faire le point sur les contradictions internes qui ont éclaté au grand jour dans la CGT depuis l’évacuation de la Bourse du travail, le 24 juin dernier.

Conscients de ne pas être les seuls dans notre Confédération à avoir été révoltés non seulement par la forme qu'a prise cette expulsion, mais aussi sur le processus qui y a conduit, en contradiction avec les positions prises par notre dernier Congrès, nous avons décidé d'élargir cette réflexion et de la partager avec tous les militants qui le souhaitent.

Deux premières réunions nous ont permis un échange approfondi sur les réactions des syndicats et collectifs auxquels nous appartenons face à la mise en œuvre brutale de l’orientation de la Confédération vis à vis de la CSP75 et des dégâts qu'elle a produits chez nos syndiqués. Nombre de militants sont scandalisés ; des jeunes déchirent leur carte…

Par ailleurs, des militants sincères poursuivent leur soutien aux Sans-papiers, mais sans remettre en cause les orientations actuelles de la CGT. Ce refus d’analyse repose pour certains sur une information insuffisante, pour d’autres sur la crainte des conséquences d’une critique du fonctionnement anti-démocratique et d’une pratique en contradiction avec les orientations du dernier congrès de notre syndicat.

Convaincus au contraire que ce qui s'est passé à la Bourse est significatif de l'orientation mise en œuvre par la direction de notre syndicat, en particulier par l’expérience directe de la trahison de la Confédé qu’ont vécue les camarades Sans-papiers, nous rendons publiques les premières conclusions de ce débat :

1 - Le véritable historique de l’occupation de la Bourse par la CSP75 doit être connu :
Quand le mouvement a été lancé par la CGT le 15 avril 2008, les délégués de la CSP75 se sont rendus à l’UD de Paris où ils ont été reçus le 17 avril par l’ex secrétaire général de l’UD et le secrétaire de l’UL de Massy. Les sans papiers leur ont rappelé leur attachement de longue date à l’UD de Paris, le nombre de réunions faites en commun, les manifestations où tous les collectifs parisiens défilaient sous les banderoles de l’UD CGT de Paris. Ils ont rappelé également qu’ils étaient syndiqués à la CGT, depuis plusieurs années pour certains d’entre eux. Conscients de l’importance du mouvement qui se déclenchait, ils ont demandé à être y intégrés. On leur a répondu d’aller eux-mêmes à la préfecture, mais en leur précisant qu’il y avait déjà le compte de dossiers convenus avec Hortefeux (1000) et qu’on n’avait donc pas besoin d’eux. En un mot, on les a envoyés balader... Quand ils se sont aperçus que, le 20 ou le 21 avril, Francine Blanche et Raymond Chauveau étaient allés chez Hortefeux et s’étaient mis d’accord sur ce dépôt unique de 1000 dossiers, ils se sont sentis trahis. D'où l'occupation de la Bourse.

Il devenait clair que l’objectif de la Confédé n’était pas d’élargir le mouvement, alors qu'elle l'avait fait miroiter et que toutes les conditions étaient réunies… mais seulement de médiatiser quelques exemples symboliques et d’utiliser les Sans-papiers en tête des manifestations pour l’image. Comme disent les Sans-papiers, "ils ont fait de nous des hommes sandwich". La CGT a dépossédé les travailleurs Sans-papiers de leur lutte.

Clair aussi que les propositions de la CGT ne concernaient pas les travailleurs Sans-papiers isolés : aucune perspective de lutte collective ne leur était proposée, alors que leur isolement ne leur permettait ni d’obtenir le Cerfa par le patron, ni de faire grève.

L'ouverture de négociations directes avec le ministère sur la régularisation selon les critères Hortefeux dans le cadre de la politique d’immigration choisie rendait inutile pour la Confédération l’extension du mouvement des Sans-papiers à d’autres secteurs. Voire, elle devenait nuisible pour sa crédibilité de "syndicat responsable".

Tout cela n'est-il pas en totale contradiction avec les engagements du 48ème Congrès à défendre la régularisation globale de TOUS les Sans-papiers ?

2 - Le choix de se désolidariser de fait des Sans-papiers, en les jetant brutalement à la rue place de la République, n’est donc pas une dérive de quelques bureaucrates, mais bien une orientation qui se trouve confirmée par d’autres actes de capitulation de la direction CGT dans la dernière période : absence de mobilisation générale après les grandes journées d’action de janvier et mars dernier ; absence de coordination des secteurs en lutte, en particulier dans l’automobile où les salariés sont touchés de plein fouet par la crise : PSA, Continental, sous traitants de Renault…

Absence de directives de lutte offrant des perspectives aux milliers de licenciés réduits à des gestes de désespoir pour attirer l’attention des médias, et à réclamer une prime de dédommagement alors que leur avenir et celui de leur famille est barré.

La responsabilité de la Confédé est clairement engagée, car seule la direction d’un syndicat interprofessionnel dispose de tous les réseaux et moyens d’impulser rapidement et puissamment le mouvement d’ensemble qui s’impose.

3 - Par ce compte-rendu, nous invitons tous nos camarades CGTistes à engager au plus vite le débat à l’intérieur de leur syndicat afin de construire ensemble l’orientation de lutte de classe qui pourra seule nous faire affronter la crise :

- Vis à vis des Sans-papiers : la reconnaissance de leur rôle dirigeant dans la conduite des luttes pour la régularisation de tous. Quelle légitimité ont des accords signés sans la présence d'aucun représentant des Sans-papiers ? Quelle justification peut avoir l’absence d’impulsion de luttes pour défendre les Sans-papiers isolés et les intérimaires ? Quel type d’avenir nous offre la restriction de la défense de nos camarades Sans-papiers à l’application "réaliste" de critères Hortefeux dont on voit bien aujourd'hui où ils mènent ?

- Vis à vis de l’ensemble des travailleurs touchés par la crise, quelles perspectives offre l’orientation actuelle de la Confédération qui nous maintient isolés secteur par secteur, et qui négocie à froid dans notre dos ?

Conscients de nos responsabilités de solidarité ouvrière avec les Sans-papiers, nous appelons les syndicalistes à diffuser largement ce texte et à apporter leur propre contribution au débat.
L’appareil syndical n’appartient pas à quelques professionnels de la négociation. Il doit être aux mains de ceux qui en feront l’outil des combats de classe de la période.

La lutte des Sans-papiers pour la régularisation de tous doit reprendre l'essor qu'elle avait pris début 2008, soutenue par l'opinion publique en tant que lutte de travailleurs pour leurs droits fondamentaux.
Cet élan a été cassé par la direction de notre Confédération. La CGT doit reprendre ce combat avec tous les Sans-papiers.

Partager cet article

Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
commenter cet article

commentaires

Gilles Questiaux 22/10/2009 22:44


Je ne suis pas d'accord avec l'interprétation qui est donnée de l'évacuation de la bourse du travail. La CGT n'est pas une association d'aide aux migrants comme la Cimade par exemple, mais organise
les travailleurs et les grévistes. l'occupation de la BT est incompréhensible, pourquoi ne pas occuper le medef, ou Libé, qui donne des leçon de solidarité? Je suis d'accord pour questionner la
stratégie de la CGT, en particulier la lamentable gestion du mouvement du premier semestre 2009 qui confine au sabotage, mais il ne faut pas faire écho aux gauchistes mouvementistes qui utilisent
les Sans Papiers pour passer dans les médias. Le seul résultat de ces amalgames sera de renforcer le réflexe légitimiste des militants et de les grouper autour de la direction actuelle.


Thierry37 01/09/2009 15:33

Pour D Rousseau: pourquoi les sans papiers ont il refusé toutes les solutions proposées par la CGT et pourquoi ne sont ils pas allés ensuite occuper les locaux de "Solidaires" après leur expulsion ( que je condamne aussi)? bizarre, hein? tout cela n'est décidément pas clair et ressemble fort à un coup monté.

Lévy claude 19/08/2009 12:21

Camarades,
Votre position sur l'occupation des sans papiers de la bourse du travail à PARIS dénote une méconnaissance totale de votre part du dossier. Tout a été tenté pour trouver une solution à cette situation. Mais peut on accepter que l'activité syndicale soit paralysée durant plus d'un an par l'occupation de locaux servant, entre autres, aux formations, aux réunions, au bon fonctionnement de l'organisation syndicale? La préfecture et le gouvernement se marraient bien ! Il y avait d'autres lieux plus symboliques à occuper, ce qui a été proposé par l'UD CGT 75 en son temps aux camarades sans papiers, sans succés.
Avec ce combat vous faites fausse route.
Par contre tout à fait d'accord sur l'ostracisme de la Confédération et des structures dès qu'on est encarté au NPA à LO ou à la CNT.
Je trouve personnellement regrettable que Thibaut ait rejeté l'invitation du NPA de participer à ses travaux et n'ait pas été une seule fois soutenir la lutte des "Conti".
Ce n'est pas ainsi qu'on construira le rapport de forces nécessaire pour lutter efficacement contre les rapaces du capitalisme, fut ce t-il privé ou d'Etat.

chaminade thierry 18/08/2009 13:01

J'ai l'impression d'entendre le discour du NPA et de Sud.... Personellement, je suis membre le la CGT et Elu. Je suis daccord avec le faite qu'ils aient été expulsés. Ayant manifesté avec Ul de MAssy et des Métal couleurs, nous avons été empéchés de parler car on avait le drapeau de la CGT et ceci remonte à un an. Ils n'aiment pas la CGT a la CSP75 et sont manipulés. L'inovation de Raymond chauveau était la régularisation par le travail et par la CGT syndicat de masse. Pour les autres, la CGT ne peut pas intervenir car ils ne rentrent pas dans le cadre de la régularisation par le travail. Arrétez de casser la CGT, elle ne s'en portera que mieux ! Merci

ROUSSEAU Didier 18/08/2009 11:46

Tout est dit les camarades et oui , c'est entre autre une des raisons pour lesquelles j'ai quitté la grande CGT début 2008 rien à voir avec les sans papiers quoique j'en suis pas sûr à l'époque j'étais cgt cheminot , il ne fallait guère aborder la solidarité inter travailleurs notamment ceux privés de papier, bref sur ce site il faut arrêter les illusions que la cgt nous appartient , on va la changer etc , la cgt soit tu y restes soi tu la quittes pour non pas aller à la pêche mais renforcer par exemple le groupe " SOLIDAIRES " , le jour ou partout sur tout le territoire on aura réequilibrer les forces syndicales entre une cgt et le groupe solidaires , on pourra peser dans les luttes y compris sur le problème des sans papiers , se lamenter sur les orientations réformistes de la cgt , franchement vous commencez vraiment à me faire marrer les camarades , enfin bon courage aux camarades sincères de la cgt