Le fil de Voie Prolétarienne

1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 05:19
Mardi 1er Septembre 2009
La seule vraie rentrée sociale, c'est le 17 septembre à la Bourse de Paris !

Les journées d'action à répétition [bidon...] ont laissé des marques dans les esprits, mais rien n'a changé dans l'optique de nos dirigeants. D'ailleurs, ils se félicitent tellement ouvertement de leur tactique, qu'ils nous demandent même de la valider au futur congrès. C'est plus que noir sur blanc, c'est en gras, encadré, souligné, dans le rapport d'orientation. Pour ceux qui n'auraient pas encore bien compris...
Donc on remet ça à la rentrée, le petit jeu de saute-moutons d'une journée à l'autre. Mais comme on sait que le ras le bol est grand, on revient au jeu des journées thématiques, ou catégorielles. En tous les cas, en cette fin du mois d'août, les dates commencent déjà à s'empiler les une dernières les autres... La couleur de l'action, le bruit de l'action, le goût de l'action... mais certainement pas la lutte des classes !


8 septembre : meeting de rentrée de la CGT à la Mutualité, avec Bernard Thibault, absent des luttes depuis janvier (sauf un écart à la SBFM), mais bien incrusté à l'Elysée (au moins six fois - preuves à l'appui - entre janvier et juillet...). Tellement absent qu'il y a à l'évidence un déplacement à Molex qui est sur le feu, histoire de rattraper le coup quand ça devient trop voyant ! Pour le 8 donc, un tract d'appel simplement consternant (voir ci contre), ça promet ! On va également retrouver des meetings régionaux, plus ou moins rituels, plus ou moins combatifs selon les régions, comme le 10 septembre à Marseille, le 1er octobre à Bordeaux, des journées professionnelles comme le 22 septembre à La Poste...


17 septembre : meeting de coordination des luttes, "Tous ensemble", à 11h devant la Bourse des valeurs de Paris (Palais Brogniart - et pas la Bourse du Travail comme l'a écrit le journaliste du Canard Enchaîné qui n'a vraiment rien compris...), avec la branche caoutchouc de la chimie, la branche automobile de la métallurgie et tous les secteurs combatifs, relayés
en particulier par l'appel des ex New Fabris. Après la soirée du 5 septembre à Ford Blanquefort, ce sera la vraie rentrée de lutte de classe.
La Confédération en parle du bout des lèvres, mais on peut imaginer qu'on ne va pas en faire la pub plus que cela... De son côté la Fédé de la Chimie tente de la réintégrer dans le giron confédéral en en faisant un marche-pied pour la nouvelle journée pour "l'emploi industriel" prévue pour le 22 octobre et annoncée le 11 juin dernier.
L'appel commun des deux fédés - chimie et métallurgie - (ci-contre) est quand même nettement plus dans le sujet, et l'on y voit bien la pression des luttes en cours dans toutes les usines (enfin les Goodyear sont cités !), même si l'on y retrouve toutes les illusions sur un capitalisme à visage humain, "une politique industrielle ambitieuse, créatrice d’emplois et de progrès social"... l'exploitation sociale, quoi !
Ce 17 septembre, c'est la véritable rentrée sociale, mais là encore, comme toujours, il va y avoir deux tendances dans cette journée : ceux qui veulent en faire un rassemblement de lutte de classe, tous ensemble contre les restructurations capitalistes, et ceux qui veulent la récupérer dans le cadre des orientations du 49ème Congrès... L'impression que ça donne, c'est que maintenant que cette journée prend de l'ampleur, est relayée un peu partout, on ne va pas s'y opposer frontalement mais comme d'habitude tenter de détourner la colère ouvrière vers des objectifs purement réformistes !
Partout les syndicalistes de classe doivent mobiliser pour participer massivement à ce rassemblement, organiser des délégations, être là, au coeur de la lutte des classes. Et c'est dès à présent qu'il faut en parler dans les syndicats, mobiliser, organiser les déplacements. Camarades, tous devant la Bourse le 17 septembre !

7 octobre : Journée du travail "décent". On notera que c'est la seule date, la seule perspective concrète donnée à "la rentrée qui bouge" de la CGT (sans rire).
Tout a été dit l'an dernier sur cette journée, avec force polémiques. Nous ne participerons pas à cette pantalonnade indécente, un point c'est tout. Pour les nouveaux lecteurs, nous renvoyons à l'article de l'an passé, ICI. Il n'est pas possible pour les syndicalistes de classe de contourner la question, tant sur le fond (le travail "décent", c'est quoi ???) que sur les journées d'action bidon. Il faut se positionner clairement, et comme pour le 13 juin, refuser d'appeler à cette mascarade réformiste, en la mettant clairement en opposition avec le rassemblement du 17 septembre.

22 octobre : donc, nouvelle journée de défense de l'emploi industriel, sujet largement abordé sur ce blog, bien dans l'optique d'un capitalisme réformé, sage et à visage humain, débarrassé de ses excès financiers et pour le développement durable, mais toujours l'exploitation... (elle est pas belle l'affiche de la Conf' ??? - elle date pas des années 50, mais du mois de mai de cette année, si si !!). Manifestement, c'est vers cela qu'on va entraîner le rassemblement du 17...

28 octobre : à La Plaine Saint-Denis, nouvelle journée de mobilisation sur la pénibilité, à l'appel de la nouvelle fédération fusionnée Construction-Bois-Ameublement. Alors pourquoi seulement une journée fédérale, mystère et boule de gomme, on est en pleine régression par rapport à Dunkerque. Déjà que la journée nationale du 4 mars a été carrément escamotée cette année, alors qu'il s'agit vraiment d'une question d'importance vitale pour les ouvriers !

Quant à nous, nous rajouterons le Conseil International des Travailleurs de l'automobile, qui se tiendra du 15 au 18 octobre à Hannovre en Allemagne. Une occasion de faire vivre pour le coup concrètement, la solidarité internationale des travailleurs !

On le voit, on est bien reparti pour le saute-moutons traditionnel !
Il va falloir donner du sens à tout cela, arrêter de répondre au cas par cas à la tactique de la confédération ! Il va falloir construire, ensemble, une  opposition solide à la dérive CFDTiste de notre direction confédérale.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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commentaires

Tophe 04/09/2009

C'était à prévoir: le bureau confédéral propose sur la décision prise lors du dernier CCN d'organiser une journée d'action "de rentrée" le 7 octobre, dans les talons de la journée pour le travail décent de CSI.

on recommence les actions sporadiques et saute-mouton.

isabeau 04/09/2009

Je suis une militante syndicale, associative et politique. Mon combat est celui de bien d’autres. Pour moi, pendant longtemps, la CGT a représenté un collectif d’hommes et de femmes pour la défense des salariés face à un patronat toujours avide de profits. Sa force de mobilisation et sa capacité à être en phase avec les salariés en lutte lui permettaient d’aller à la conquête de nouveaux droits.

J’ai adhéré à la CGT parce qu’elle défendait des valeurs humanistes et internationalistes, considérant la pleine validité des principes de démocratie, de justice sociale, de respect mutuel et de cohésion. Son rôle consistait à défendre les intérêts de tous les salariés sans exclusive en tous temps et en tous lieux. C’est ainsi qu’elle apparaissait au regard des militants de base, synonyme de luttes syndicales et garante des intérêts collectifs. et individuels des salariés.

J’ai acquis au fil du temps une connaissance approfondie du fonctionnement de l’organisation et des phénomènes humains que toute appareil génère. J’ai ainsi constaté que les intérêts personnels, les luttes intestines pour conquérir le pouvoir engendré par la professionnalisation des mandats a opéré un changement radical dans la stratégie de notre organisation. Certains y ont vu la possibilité d’un déroulement de carrière à l’instar des cadres dirigeants de grandes entreprises. Les théories managériales, souvent mal digérées, contraire aux orientations de la CGT provoquent la confusion, l’incompréhension et la colère chez les militants de la base. Les méthodes de management préconisées par le « quick win » des entreprises du CAC 40 ont été adoptées par certains dirigeants syndicalistes

Les positions de certains responsables sur la compréhension de la crise actuelle et les retombées qu’elle a sur la vie de millions de nos concitoyens préjugent du pire.

Les responsables syndicaux ont pour mission, tel est leur mandat, de défendre partout et toujours les plus vulnérables et ceux qui sont victimes de cette crise économique, sociale et idéologique.

Partout, les salariés en lutte se battent pour leur emploi. Certains ont une peur légitime de ne plus jamais retravailler. Nous sommes tous conscients que notre société supprime plus d’emplois qu’elle n’en crée. La peur de devenir non plus un salarié pauvre mais un citoyen sans revenu provoque la colère et beaucoup ne comprennent pas le mutisme, le silence assourdissant de nos Dirigeants Syndicalistes.

Je crains la multiplicité de coordinations au sein de futures luttes qui obérerait la pérennité de notre organisation. et créerait la division au sein du mouvement social.

Depuis quelques années et à juste titre beaucoup d’entre nous se posent des questions sur la stratégie de nos dirigeants. Certains y voient même probable fusion avec la CFDT, une fusion non pas officielle mais dans ses pratiques de luttes et de négociation avec le pouvoir. D’aucuns peuvent admettre que notre centrale syndicale puisse se mettre à table sur de grands enjeux tels le financement de la retraite, la protection sociale mais ne comprennent toujours pas quand les résultats de ces négociation vont à l’encontre de l’intérêt général. D’autres perçoivent que nos dirigeants syndicaux, majoritairement issus de la fonction publique, utilise l’appareil comme un outil mis au service de catégories socio professionnelles toujours issues de la fonction publique.

Il semblerait par jeu électoraliste, que la centrale ait opté pour la défense quasi exclusive des salariés du public au dépend des salariés du privé. Il est vrai que la sécurité de l’emploi permet aux salariés du public de mener des luttes capables de mobiliser un très grand nombre de fonctionnaires et d’engager un véritable rapport de force avec les pouvoirs publics.

N’empêche ce calcul n’a fait que diviser le monde du travail au profit du patronat ravi de défaire les acquis sociaux du privé et de remettre à plus tard le démembrement du service public.

Certains pensent que notre organisation syndicale a opéré un 360 degré

Cette transformation radicale et ce détournement du mouvement syndical au profit d’une minorité de dirigeants syndicaux, d’une nouvelle caste de notables se sont opérés par la perte d’influence du mouvement ouvrier au sein de la gauche plurielle et l’ascendant corrélatif d’une bourgeoisie rouge n’a rien arrangé.

Le basculement à droite d’une partie des élites de la classe ouvrière n’aurait pas été concevable sans l’appui des médias et d’une partie de la gauche caviar acquise aux idées libérales.

La question sociale se redéfinit de manière à ce que la ligne de partage n’oppose plus les riches et les pauvres, capital et travail, mais deux fractions du prolétariat entre elles, celle qui n’en peut plus de faire des effort et ceux qui seraient des assistés de la République.

Pour la gauche, la peur de faire peur, celle d’être vraiment à gauche, devient paralysante à un moment où de son côté la droite ne montre aucun complexe au point de rallier certains leaders politiques de cette gauche caviar.

Le succès de la droite en terrain populaire ne s’explique pas uniquement par la pugnacité ou le talent de ses portes parole. La droite profite du désarroi de nos compatriotes face à la veulerie de certains dirigeants politiques et syndicaux de la « gôche ». C’est ainsi que la droite profite des transformations sociologiques, en particulier de l’affaiblissement des collectifs ouvriers et militants qui a conduit nombre d’électeurs aux revenus modestes, souvent au seuil de pauvreté à vivre leur rapport à la politique et à la société sur un mode plus individualiste, opportuniste et versatile.

La gauche, soucieuse de mieux se fondre dans l’économie post industrielle, qu’affectionnent les lecteurs de libération et de Charlie hebdo, de rassurer les petits bourgeois qui constituent le socle de son électorat, a choisi de purger de son vocabulaire des mots comme « prolétariat » sous prolétariat et classe ouvrière. Résultat la droite les récupère.

Le discours décharné et rabougri de la gauche des notables, son empressement à se fondre dans l’ordre libéral, son assimilation du marché à l’air qu’on respire, sa réticence à évoquer la question de classe sous quelque forme que ce soit, sa peur du volontarisme politique et sa fameuse haine du conflit engendrent la confusion, le désespoir et l’absence d’alternative pour une grande majorité de nos citoyens.

La présence du Front national en 2002 au second tour des élections présidentielles n’est pas due au hasard !

Dans le contexte actuel, je préjuge du pire face à une gauche imbue et incapable d’offrir une alternative à une droite arrogante qui démembre le tissu social et économique de notre pays avec l’aide de cette gauche de renégats.

La suffisance de ceux qui savent et laissent faire est aussi insupportable que l’impudence des possédants .Les rivalités internes de ces dirigeants politiques et syndicaux ont fait place à la lutte des places au détriment de la lutte des classes.

Je suis une citoyenne lambda. Je n’ai jamais eu de mandat pour la simple raison que l’appareil syndical et ou politique dans son fonctionnement impose la désignation du candidat via les dirigeants eux même désignés par l’instance hiérarchique de l’appareil syndical ou politique.

Ce procédé explique la reproduction de cette caste de notables.

Ainsi, ne peut être élu que celui qui est adoubé par sa hiérarchie syndicale .et ou politique Combien de militants sincères et courageux ont été écartés car ils ont refusé de faire allégeance ou ont dénoncé les dérives de nos dirigeants syndicaux et politiques.

L’abstention aux différentes élections syndicales et ou politiques montre les limites de système devenu caduque et anti démocratique. Le peuple ne se retrouve plus dans ces élites. Elles ont perdu leur légitimité.

Les prolétaires perçoivent que ceux qui sont privés d’emploi n’en trouveront plus, que le réseau est inaccessible pour eux et que ce fameux réseau est surtout une toile de relations de copains coquins au profit du népotisme et de la cooptation. Cette société ils la ressentent comme une société de type féodal.

Beaucoup de mes concitoyens, privés d’emploi ou en passe de le devenir, issus des classes populaires et moyennes, sont si pétrifiés par la peur au point qu’ils mettent un certain temps à digérer cette nouvelle situation.

Je propose qu’ils mettent leurs compétences au service de la remise en cause de ce système qui broient les individus.

Nous devons demander la révocation de ces dirigeants le plus souvent au service de leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt collectif.

Ainsi il se pourrait que bientôt ce désarroi se transforme en révolte et qu’ils se mettent à s’organiser en dehors de ces instances syndicales et politiques.

Nous sommes plus nombreux que cette cohorte de renégats.

Demain est un autre jour.

Solidairement votre.

greg 04/09/2009

arretez d'écrire des "conneries" et lisez le rapport de Michel Donnedu au CCN ainsi que la la conférencece de presse d'hier de bernard Thibault. si après ça vous doutez toujours de la volonté et des moyens mis en débat pour les luttes, alors là je ne peut que vous inviter à vous remettre en question !!

Lili 04/09/2009

et greg, on n'a pas envie de se remettre en question, en tout cas pas par rapport à notre combat contre l'opportunisme, le réformisme et la collaboration de classe. Alors maintenant, si ce blog ne te plait pas, pourquoi n'irais-tu pas faire un tour sur le site de la conf et participer au forum pour le prochain congrès? Je suis sûre que tes contributions seraient davantage appréciées, en tout cas, elles y trouveraient leur place!
Lili, elle aussi virée dernièrement et victime de répression syndicale

pj49 14/09/2009

Pas d'accord avec toi Lili, désolé; les gens comme Greg sont utiles en ce qu'ils nous permettent d'affiner nos analyses critiques sur ceux, à la CGT ou ailleurs, qui ont transformé des outils de lutte collective en serviteurs indéfectibles de l'économie de marché.
N'ayons pas comme eux "la foi du charbonnier" de Brassens "qu'est con comme un panier"; je n'ai pas le temps en ce moment entre les chantiers, les dossiers du TA de Nantes et les visites aux "49", le "4" rue de la Röe et le "5" Jean Moulin (en tout une centaine de demandeurs d'asile). Je ne pourrai pas être avec vous le 17 mais le coeur y sera.
J'aurais aimé avoir une réponse du blog sur "l'emploi ou les sous" car l'union n'est jamais acquise même l'objectif à atteindre tracé! et je partage l'avis de Marx qui estimait que la capacité de douter de tout et d'abord de soi était une qualité essentielle pour un communiste; nous avons à apprendre constamment de la réalité, de nos ennemis (pour mieux les combattre) et, bien sûr, de nos amis.
Si Greg intervient si souvent sur le blog, peut-être est-ce qu'il n'est pas aussi convaincu qu'il l'affirme; j'étais pareil quand j'ai cessé d'être Mao-stal (ma crise d'adolescence politique!). -pj49-