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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 05:36

Jeudi 6 Août 2009

Secafi Alpha : suite du feuilleton...


Il y a quelques temps dans un article de ce blog, nous avions rapporté comment un expert très proche de la CGT, Pierre Ferracci, PDG du groupe Alpha, avait été nommé pour une mission spéciale par Sarkozy...
Le Journal du Dimanche du 2 août enfonce le clou. Non seulement on fait les expertises contre les licenciements (et les affaires marchent très fort en ce moment !!), mais en plus on "gère" les reclassements, et là, le marché est carrément juteux... D'où les "conflits d'intérêts", qui ne sont tout simplement que des conflits de concurrence capitaliste entre "entreprises syndicales" de casquettes différentes... Car la crise est finalement une bonne affaire pour les gestionnaires syndicaux !
Et on découvre en passant que la Sodie, autre société du groupe Alpha vient de récupérer 22% de la privatisation de Pôle Emploi dans le cadre du marché de cet été... "La crise fait des heureux", ah, tiens, c'est pas nous qui le disons, c'est... la Confédération !!! Qui ne précise pas de quels heureux il s'agit et est étonnement modérée dans ce communiqué, on comprend mieux...



Dimanche 02 Août 2009

La "double casquette" du Groupe Alpha

Par Nolwenn Le BLEVENNEC - Le Journal du Dimanche

Cet été, deux entreprises affichent une mine rayonnante. D'un côté Sodie Emploi, cabinet spécialisé dans le reclassement des salariés, qui conseille les dirigeants d'entreprise. Son chiffre d'affaires a progressé de 40% au premier trimestre, selon Les Echos, et il recrute massivement depuis le 1er janvier. Sodie Emploi s'occupe, entre autres, du reclassement des papeteries PSM (Oise) et Lédar (Ariège) ou des 3 Suisses, à Roubaix (Nord).
De l'autre côté, Secafi, spécialisé dans l'audit des plans sociaux, qui travaille pour le compte des comités d'entreprise (CE). L'activité de ce cabinet est également florissante : en ce moment, plus de 200 plans sociaux ont lieu tous les mois en France, un record. "Très proche de la CGT, Secafi est présente dans plus de la moitié des dossiers", estime un expert du secteur. Or ces entités, Sodie Emploi et Secafi, appartiennent en fait au même groupe : Alpha.

Sur le terrain social, très mouvant aujourd'hui, ce positionnement unique agace de plus en plus. Alors que ses concurrents sont spécialisés dans le conseil aux comités d'entreprise - notamment Syndex ou Legrand Fiduciaire - ou l'accompagnement des directions - comme BPI ou Altedia -, le groupe Alpha est accusé de jouer double jeu, certains pointant le conflit d'intérêt. Dans les faits, lorsque la CGT est puissante au sein des CE, Secafi est très souvent choisie comme cabinet d'audit. Les dirigeants d'entreprise seraient alors tentés de faire appel à sa soeur jumelle, la Sodie, pour acheter la paix sociale : "La CGT a un rôle de consultation. Pour les reclassements, elle soutient la Sodie et les dirigeants cèdent pour éviter les problèmes", explique un expert dans un cabinet concurrent. Lesquels ? Sur le blog des salariés de Gandrange [en fait le blog de la CFDT de Gandrange, donc pas vraiment neutre NdlR], on trouve ce témoignage d'un salarié d'une entreprise en région parisienne: "La Sodie, non contente d'avoir perdu le contrat, a utilisé l'antenne locale de la CGT d'Evry pour inciter les gens à ne pas se rendre aux rendez-vous de reclassement."

Certains pointent un conflit d'intérêt

Aux 3 Suisses, un plan de sauvegarde pour l'emploi (PSE) visant à supprimer 674 postes est en cours. Comme cela arrive souvent, Secafi et Sodie travaillent main dans la main. Mais une responsable cégétiste, Fatiha Bouzaoui, dément toute complaisance: "La CGT n'a jamais poussé pour que l'on choisisse la Sodie. Sa présentation était juste la meilleure, c'était la plus spontanée. A ma connaissance, il n'y a pas de manipulations." Pierre Ferracci, le PDG de Groupe Alpha et actionnaire majoritaire, réfute également ces accusations. Selon lui, il est parfaitement complémentaire de préserver des emplois menacés lorsque c'est possible et de faciliter la reconversion des salariés lorsqu'il n'y a pas d'autre solution.

En 2008, Pierre Ferracci a également participé à un groupe de travail pour le compte de l'Elysée, sur le thème de la formation professionnelle, et à la commission Attali sur la libéralisation de la croissance. Vendredi, Sodie Emploi a encore réussi un gros coup. Le cabinet devrait être le principal bénéficiaire de l'opération de sous-traitance privée de la gestion des chômeurs opérée par Pôle Emploi. Il se voit attribuer le suivi de 22% des 320 000 demandeurs d'emploi concernés.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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commentaires

Robert 21/05/2011 09:47


Bonjour,

J’ai travaillé pendant plusieurs années chez SECAFI avant d’avoir la chance de rejoindre une structure plus en accord avec mes convictions.

Je suis un peu choqué par le terme « collabo » que vous utilisez à propos des salariés de SECAFI. Il faut bien distinguer d’un côté les grands et petits chefs et de l’autre les consultants.

Du côté de la Direction, et du « management », les choses sont claires. La seule conviction, c’est la facturation, l’argent, le profit. Pour cela, on n’hésite pas à s’arranger avec les patrons,
comme à l’occasion de la prise de contrôle de la SNC par Veolia ou de GDF par Suez.

Et plus il y a SODIE, la filiale de reclassement, dont les consultants de SECAFI sont « invités » à vendre les services. On se montrera nettement plus conciliant dans un PSE lorsque la Direction ne
mégote pas sur les honoraires ou accepte de confier le « reclassement » (en précaire bien souvent) des salariés licenciés à SODIE. Je n’ose pas dire que plus il y en a mieux c’est.

Du côté des consultants, c’est plus compliqué. Pour ceux qui auraient des velléités de se rebeller, « la porte est grande ouverte » et nous sommes plusieurs à avoir choisi cette voie. Mais la
grande masse des salariés de SECAFI subit, essaie souvent de faire au mieux son travail en évitant de se déshonorer.

Les plus jeunes partent, les autres grognent. Pour eux comme pour tout le monde, le temps est venu de s’indigner autrement qu’en paroles. Mais je veux croire que, parmi eux, les collabos ne sont
qu’une minorité.


Véro Bleuse 23/08/2009 08:48

Salut
Je suis une camarade de l'ex ANPE sacrifiée à Pole Emploi grosse machine à broyer les demandeurs.
D'abord nos "amis de Montreuil" n'ont pas défendu franchement le service public de l'emploi, même s'ils s'effarouchent aujourd'hui de l'appel aux opérateurs privés (voir site cgt)... Mais quand en plus on apprend leur proximité avec la SODIE... Là vraiment c'est le comble ! (SODIE qui n'avait pas besoin de soutien, étant la cellule de reclassement quasi obligée du secteur de la métallurgie.). Je pense aussi à nos copains de Conti (délibéré du jugement le 1er septembre à Compiègne) et là aussi ça m'énerve. Ils n'ont jamais rien lâché, ils ont tenu bon, soudés comme c'est même pas possible ! Et là aussi, que dalle ... Pas un des pontes de Montreuil n'a fait le voyage en Picardie ... Trop bouseux peut être ... Pendant ce temps là on a vu beaucoup Besancenot, LO, ... Allez faut continuer quand même ....On s'en fout de ce que dit Rahbi !

Tophe 06/08/2009 22:22

Alpha, c'est la boîte aux expertises de la CGT et tout le monde le sait. Le membre du CE, le membre du CHSCT, le patronat, tout le monde. J'affirme que la facture pour une restructuration peut atteindre entre 15 000 et 35 000 euros selon la taille de l'entreprise. On imagine que certains ne verrait pas d'un bon oeil que l'on remette cela en cause. Alors qui peut dire après qu'il y a indépendance des syndicats et du patronat dans ce jeu de dupes pour les travailleurs. Ces expertises maintiennent des postes de permanents dans des fédérations et à la Confédération. Alors, celui qui voudrait mettre un coup de pied dans la fourmilière, devra s'attendre à une résistance qui ira du patronat à la bureaucratie syndicale, en passant par le pouvoir politique en place qui a tout intérêt de maintenir "la paix sociale".

Colérique cégétiste 06/08/2009 19:02

Quel joli cadeau fait par Sarko et sa clique à Nanard et ses amis !

Pour quelle contrepartie ? Qu'en disent les camarades de l'ANPE qui se battent pour leurs emplois ?

Ah ça ira, ça ira... Tous à la Lanterne ?