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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 08:14

Jeudi 23 juillet 2009

Corée du Sud : affrontements violents ouvriers/police contre les licenciements


Un article de Ouest-France qui nous fait connaître une lutte inconnue, alors que nos camarades coréens sont exactement dans la même situation que nous, face à la crise de l'automobile. Sauf que là-bas, les bouteilles de gaz elles ne sont pas là pour attirer l'attention des médias, elles explosent face aux CRS. Un reportage et des photos particulièrement impressionnants, et sans doute des réflexions à avoir pour l'avenir de la lutte des classes.
L'article précédent sur la séquestration des cadres a bien accroché nos lecteurs, parce qu'il démarque nettement l'intérêt ouvrier et l'intérêt du capital, qu'il est sans aucune illusion sur le système, la justice, l'économie. Cet article sur nos camarades coréens devrait faire poursuivre la réflexion sur les moyens que nous nous donnons pour la lutte.
Rappelons quand même qu'en France, il n'y a pas si longtemps il y a eu des conflits de cet ordre, par exemple dans la sidérurgie...



En Corée du Sud, la crise économique fait aussi rage. Depuis maintenant deux mois à Pyeongtaek, dans le sud du pays, des salariés de Ssangyong Motor, un constructeur automobile local, occupent leur usine depuis l’annonce de leur licenciement par la direction. La situation semble bloquée et un climat de violence s'est installé.

Lundi, plus de 3 000 policiers sont intervenus pour tenter de déloger les 800 salariés. Résultat : des affrontements particulièrement violents. Les forces de l’ordre ont utilisé des canons à eau avant de bombarder les salariés frondeurs de gaz lacrymogène. Pas en reste, les ouvriers ont répondu par des jets de cocktails molotov et de gros boulons.


Menaces de liquidation judiciaire


Une nouvelle étape dans un conflit qui dure depuis deux mois et ne cesse de s’envenimer. A l’origine : Ssangyong Moto, un constructeur automobile pris dans la tourmente de la crise économique et menacé de liquidation judiciaire. Pour tenter de rétablir la barre, la direction annonce en début d’année qu’elle prévoit de licencier 36% de sa masse salariale.

Pour protester, les salariés se mettent en grève, une première fois, début janvier, avant d’occuper leur entreprise quelques mois plus tard. Depuis la situation n’a fait que s’envenimer.

Dans un premier temps, « la direction de l’entreprise avait fait couper le gaz et l’eau aux salariés retranchés dans l’usine et supprimé les livraisons de nourriture et de médicaments », explique le quotidien de gauche Sud coréen, The Hankyoreh dans son édition en ligne de ce mardi.

En juin, la tension était montée d'un cran. De violents heurts avaient éclaté quand la direction de Ssangyong avait décidé de passer à l’offensive en embauchant des « gros bras » pour déloger les salariés. Les affrontements avaient fait entre 10 et 20 blessés.


« Il ne doit plus y avoir de victimes »


La direction n'entend pas se laisser émouvoir et s'estime dans son bon droit. Dans un communiqué de presse, les responsables de l’entreprise annonçaient, lundi, que l’occupation aurait déjà coûté plus de 180 millions de dollars de perte à l’entreprise. En ajoutant que si elle persistait, les pertes continueraient à augmenter.

Des déclarations qui ne semblent pas entamer la motivation des ouvriers. « Nous résisterons jusqu’à la mort », annonçait lundi, au téléphone à l'agence Reuters, un responsable syndical.

Pour The Hankyoreh, les torts sont partagés dans la dégradation de la situation. « Les salariés ne sont pas innocents dans la manière dont on est arrivé à cette situation, mais nous devons dire que la responsabilité du gouvernement et de la compagnie, qui évite le dialogue, est encore plus grande".


Aujourd’hui la situation semble bloquée. Le climat de violence monte crescendo. Pour sortir de l’impasse le journal The Hankyoreh ne voit qu’une seule solution : la négociation.
« Depuis que la grève a commencée, cinq ouvriers sont morts et hier, la femme d’un des meneurs s’est suicidée. Il ne doit plus y avoir de victimes. (…) Le gouvernement et la compagnie doivent arrêter de tenter de résoudre la crise en envoyant aux salariés la police, mais à l'inverse chercher à ouvrir le dialogue. »


Complément issu d'un article de WorldPress :


Après que nous ayons terminé l’équipe de nuit à 05h30 ce matin (mardi 21 juillet) nous nous sommes rendus à la porte de l’usine Ssangyong où la lutte continue comme hier. Entre 09 h 00 et 10 00h du matin, de nombreux cars bourrés de flics anti-émeute sont arrivés devant cette porte, en même temps qu’une vingtaine de camions de pompiers.

Alors que 2000 flics anti-émeute essayaient de s’approcher du Département peinture, les ouvriers ont riposté avec un énorme lance-pierres et parfois des cocktails Molotov. Ce lance-pierres tire des clous et des boulons. Sa portée est de 200-300 mètres et traumatise l’ennemi.

Des pneus enflammés ont été installés par les ouvriers pour empêcher les flics d’avancer, et le ciel au-dessus de l’usine était noir de fumée.

L’entreprise a coupé l’eau et le gaz et a imposé un blocus total de l’usine, empêchant les ouvriers de recevoir toute aide matérielle extérieure, y compris médicale. La direction semble tenter une stratégie d’épuisement, pour faire sortir les ouvriers de l’usine “spontanément”.

En rentrant du champ de bataille pour reprendre le boulot en équipe de nuit, j’ai appris qu’un hélicoptère des flics lançait des gaz lacrymogènes contre des ouvriers qui se battaient sur les toits des maisons. Aujourd’hui, mardi 21 juillet, la KCTU (Korean Federation of Trade Unions, la centrale syndicale la plus importante) a décrété une grève générale, principalement dans le but de soutenir la grève de Ssangyong du 22 au 24 juillet, et a décidé d’organiser des manifestations ouvrières dans tout le pays samedi 25 juillet.

Le KMWU (Korean Metal Workers Union – syndicat des métallos, qui organise les ouvriers de Ssangyong), syndicat le plus important affilié à la KCTU, lancera lui aussi une grève les 22 et 24 juillet pour soutenir Ssangyong et les négociations en cours. Donc demain plus de 5000 ouvriers seront à la porte principale de Ssangyong, et de nouveaux combats auront lieu.

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Publié par Où va la CGT ? - dans International
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7sur7.be 24/09/2009 06:43


Un patron tué par des ouvriers en colère.
mercredi 23 septembre 2009 (22h09)

Des ouvriers en colère ont tué le patron d’une entreprise automobile indienne située à Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde. Ils ont ainsi réagi au licenciement de plusieurs collègues, rapporte
mercredi une chaîne de télévision.

Roy George, vice-président de Pricol, l’un des plus importants producteurs indiens de pièces de voitures, est décédé mardi 22 septembre après avoir été attaqué par les ouvriers près d’une des
usines de l’entreprise située dans la périphérie de la ville industrielle Coimbatore, selon la chaîne NDTV. Neuf ouvriers ont été arrêtés.

Les problèmes ont débuté lundi après le licenciement de 42 ouvriers de l’usine pour manque de discipline. En réaction, un groupe d’ouvriers en colère ont commencé mardi à démolir du matériel de
l’entreprise, comme des ordinateurs et des meubles. M. George et 3 autres membres de l’équipe dirigeante ont alors tenté d’intervenir, mais ils ont été attaqués avec des bâtons et des barres de
fer.

Roy George, âgé de 46 ans, a été emmené, grièvement blessé, dans un hôpital local. Il a succombé mardi soir à ses blessures, selon la chaîne de télévision.


Jean 05/08/2009 20:54

Les commandos de police ont mis fin à l'occupation de l'usine de Ssangyong Motors à Pyeongtaek, dans le sud du pays. Des centaines d'ouvriers sud-coréens avaient pris possession de l'atelier de peinture de l'usine pour protester contre une réduction massive des effectifs.

Les policiers ont arrosé les ouvriers à coup de lance à eau et de gaz lacrymogène. Les ouvriers étaient armés de cocktails molotov, de boulons et de bâtons. Les ouvriers menaçaient d'incendier le matériel de peinture.

Le reste de l'usine avait été évacué mardi 4 août, après que les négociations sur le plan social ont échoué. L'usine de Ssangyong Motors est gérée par un administrateur judiciaire depuis février.

L'expansion 28/07/2009 11:47

En Chine, des salariés menacés de licenciement tuent leur patron
L'Expansion.com - 27/07/2009 10:48:00

Le rachat de l'usine sidérurgique publique Tonghua Iron and Steel, a été annulé après que son directeur-général a été battu à mort par des employés à qui il venait d'annoncer une vague de licenciements dans le cadre de sa prochaine fusion.
Pour la première fois apparemment en Chine, des salariés rendus furieux par l'annonce de leur licenciement pour cause de fusion de leur entreprise ont battu à mort l'un de ses dirigeants et fait annuler le rachat de celle-ci.

Le rachat de l'usine sidérurgique publique Tonghua Iron and Steel, premier producteur de la province de Jilin (nord-est), a été annulé après que son directeur-général a été battu à mort par des employés à qui il venait d'annoncer une vague de licenciements dans le cadre de sa prochaine fusion, a indiqué lundi un responsable gouvernemental.

Si les conflits sociaux sont de plus en plus fréquents en Chine et prennent parfois une tournure violente, il semble que c'est la première fois que des milliers de salariés en colère en viennent à tuer un patron.

"J'ai entendu des cas de patrons sequestrés récemment, mais pas de patrons battus à mort de cette façon (...) à ma connaissance c'est la première fois, en tout cas la première fois que c'est annoncé", a déclaré Jean-Philippe Béja, du Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC) à Hong Kong.

Vendredi dernier, des employés de Tonghua ont battu à mort leur nouveau directeur-général, Chen Guojun, qui venait de menacer de licencier jusqu'à 30.000 salariés, a rapporté lundi le China Daily.

Quelque 3.000 ouvriers ont bloqué la production et s'en sont pris à M. Chen après l'annonce d'un rachat de leur unité par le groupe privé Jianlong.

"Chen a déçu et provoqué les ouvriers en annonçant que la plupart d'entre eux seraient mis au chômage dans les trois jours", a indiqué le China Daily. "La foule a été saisie de fureur lorsque Chen a fait savoir que le nombre total de travailleurs serait réduit à 5.000".

Après avoir violemment battu le directeur-général, les employés de Tonghua ont affronté la police et empêché l'ambulance d'accéder à M. Chen. Grièvement blessé, celui-ci a succombé après avoir finalement pu être transporté à l'hôpital dans la soirée.

Contacté lundi par l'AFP, un porte-parole du gouvernement provincial de Jilin a confirmé le décès du patron, tout en refusant de fournir des précisions.

"Le gouvernement provincial de Jilin a décidé d'arrêter la fusion", a indiqué ce responsable, nommé Li. "La police a lancé une enquête sur le meurtre".

L'agence officielle Chine Nouvelle a expliqué que le rachat avait été annulé "pour empêcher la situation de s'aggraver".

Dans un communiqué publié lors du week-end, le Centre d'information pour les droits de l'Homme basé à Hong Kong a affirmé que 30.000 ouvriers avaient pris part au mouvement de protestation et que les violences avaient fait une centaine de blessés.

"Je n'ai jamais rien vu de comparable," a déclaré à l'AFP Geoff Crothall, chercheur au China Labour Bulletin basé à Hong Kong.

"Dans la plupart des cas de privatisations, les employés redoutent d'être licenciés avec des indemnités dérisoires qui ne leur permettront de vivre que quelques années", dit-il.

Le 15 juin, dans la ville méridionale de Dongguan, un ouvrier d'une compagnie métallurgique avait poignardé à mort deux patrons taiwanais et grièvement blessé un troisième cadre, en raison d'un conflit du travail, devant 200 collègues qui n'étaient pas intervenus.

La Chine recense chaque année des dizaines de milliers "d'incidents de masse", la dénomination officielle pour les conflits sociaux, émeutes, manifestations souvent déclenchés par des affaires présumées de corruption, ou d'abus de la part de responsables locaux.

Zina 27/07/2009 11:22

En Chine également, les émeutes liées aux licenciements se multiplient.
Voici deux articles de RFI qui en témoignent :
http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_75297.asp
http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_83067.asp
Mais précise l'un des articles "Ces explosions de rage sociale restent encore une multitude d’incendies isolés. Car, pour l’instant, Pékin empêche toute coordination nationale du mouvement ouvrier chinois."