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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 05:29
20 juillet 2009
Bourse du Travail : ceux qui ont approuvé l'évacuation

Vendredi 17 Juillet a vu un tournant significatif dans la lutte des sans-papiers de la CSP75. Une majorité d'entre eux a quitté le trottoir du Boulevard du Temple pour occuper un immeuble dans le 18ème arrondissement, une  minorité est restée sur place. Nous ne rentrerons pas dans les divisions de cette lutte, car nous n'avons pas tous les éléments, et de plus ce n'est pas l'objet de ce blog.

Par contre, c'est l'occasion de revenir sur le soutien aux sans-papiers et son contenu.
Vendredi après-midi, en sortant avec les camarades de la CSP75 du métro pour arriver place du Châtelet, il y avait quelque chose d'indécent à être applaudis par tous les "soutiens" qui avaient soigneusement évité de venir sur place devant la Bourse, ce qui aurait marqué une prise de position explicite face à la CGT. D'une certaine manière, on pouvait entendre ces applaudissements et mots d'ordre comme "bravo, enfin vous abandonnez votre conflit avec la CGT, enfin on peut oublier l'occupation de la Bourse"... Oui, un côté indécent quelque part.
Car avec les sans-papiers, devant la Bourse, très rares étaient les soutiens. Quelques camarades de RESF, la présence remarquée de représentants de la CGT Saint-Gobain, mais bien seuls, et les soutiens issus du courant libertaire et autonome.

La vérité, c'est que les prétendus "soutiens" d'aujourd'hui à la CSP75, on ne les a pas vu pendant les 14 mois d'occupation. Pire même, ils se sont prononcés CONTRE l'occupation de la Bourse, et les divers communiqués embarrassés suite à l'expulsion ne peuvent  pas masquer ce qu'ils ont défendu. Et tout tourne autour de l'attitude à l'égard de la CGT.
Avec quels arguments ? On écoutera avec intérêt l'émission de France Culture du 17 juillet capturée ci-dessous, ainsi que les compléments sur le site de la station.
Les arguments sont de trois ordres :
- Quand même, c'est scandaleux de s'attaquer à la CGT qui fait justement revivre la solidarité des travailleurs. Il ne faut pas se tromper d'ennemi.
- C'est la Confédération qui lance la grève le 15 avril, l'occupation de la Bourse le 2 mai est incompréhensible.
- A qui profite le crime ? L'occupation de la Bourse est un complot contre la CGT et ne profite qu'au ministère et à la préfecture.



Il y a d'abord quelque chose de frappant : jamais ces soutiens ne s'interrogent pourquoi la Bourse a été occupée. Quand on insiste, la seule réponse qu'on a, c'est que c'est la Préfecture qui a renvoyé la CSP75 sur la CGT, et que les sans-papiers ont donc été manipulés.
La réalité, c'est que le mouvement n'a pas commencé le 15 avril comme le prétend la CGT. La vérité c'est qu'il a commencé dès 2007, et que à l'époque (et bien avant d'ailleurs), des collectifs de sans-papiers existaient et travaillaient de concert avec la CGT. Cela, Chauveau le sait très bien, puisqu'il a été un des instigateurs de ce mouvement à ce moment.
La réalité, c'est que fin 2007, la Confédération prend les affaires en mains, sur une base extrêmement restrictive : limitation des grèves à quelques actes symboliques pour faire pression, acceptation des bases de l'économie capitaliste et de l'immigration choisie. Provoquant au passage la démission de plusieurs responsables du Collectif Immigration.
La réalité, c'est que la CSP75 préparait depuis des mois ce mouvement, de concert avec la CGT. Et que les camarades se sont rendus compte, le 15 avril que l'objectif de la Confédération n'était pas d'élargir le mouvement, d'avancer en quelque sorte vers un mouvement d'ensemble des sans-papiers, mais de médiatiser quelques exemples symboliques pour arriver en position de force pour négocier au ministère. D'où le sentiment d'abandon, voire de trahison, et l'occupation de la Bourse. Nous renvoyons à l'article que nous écrivions le lendemain de l'occupation.
La réalité c'est que la Confédération s'est alignée sur Hortefeux, l'acceptation de l'immigration choisie sur critères, et qu'elle a d'ailleurs tenté de le faire valider par les associations.

Nous affirmons que la CSP75 ne s'est jamais trompée d'ennemi. Toutes ses déclarations, toute son attitude a cherché à amener la Confédération à reprendre en main son combat. Beaucoup d'illusions au contraire, on l'a encore vu dans le communiqué après l'évacuation.
Nous affirmons, dans notre combat pour l'égalité des droits et la libre circulation depuis des décennies, pour avoir suivi de près tout ce combat que la responsabilité principale de l'occupation de la Bourse du Travail est du côté de la Confédération et de sa conception de la lutte, de sa tentative de manipulation des sans-papiers au profit de ses objectifs propres. D'ailleurs, rien de vraiment surprenant, c'est exactement ce qu'on nous a joué avec les journées d'action bidon, ou les mobilisations éparpillées mais surtout sans mouvement d'ensemble,  par exemple dans l'automobile...
Alors, bien sûr, la Confédération a développé la lutte, permettant de faire passer dans l'opinion publique que les sans-papiers étaient bien des travailleurs, ce que souligne Emmanuel Terray. Mais il est impossible en juillet 2009, d'en rester à la situation de début de 2008, en escamotant toutes les contradictions qui se sont développées avant et depuis. Car, comme le soulignent nos camarades sans-papiers, " au début la CGT a favorisé la lutte des sans-papiers, ensuite elle a été un frein, aujourd'hui elle est un obstacle".

Aussi, quand nous voyons tous ces arguments hypocrites qui tentent de ré-écrire l'histoire, qui veulent absolument "oublier" le passé, "sortir de la crise par le haut" mais sans surtout revenir sur le passé, nous comprenons bien. Nous avons là des camarades qui considèrent que la direction de la CGT, ce sont des amis qui se trompent, pas des ennemis qui se cachent.
Et nous, sur ce blog, nous disons l'inverse, et nous l'assumons. Nous avons en face de nous dans les directions diverses de la CGT de prétendus syndicalistes qui ne cherchent qu'à négocier le capitalisme, dans une relation de coopération conflictuelle avec Sarkozy. Et nous disons que tous ces "soutiens" de la dernière heure permettent à la direction de la CGT de redorer son blason, de faire passer son orientation pourrie de collaboration de classe et de négociation clandestine dans les ministères.


Enfin, un mot pour conclure sur une position qui a le mérite d'exister, tant la plupart des structures se sont contentées de rediffuser honteusement le communiqué de l'UD de Paris, sans plus de commentaire.
La CGT de PSA Aulnay (dont on sait qu'elle est dirigée par Lutte Ouvrière, ce n'est pas un secret, plusieurs délégués ont été candidats à diverses élections) a produit un tract approuvant l'évacuation (voir ci-joint, cliquer que l'image pour avoir le texte intégral).
Ce document a d'ailleurs fait pas mal de vagues dans le syndicat, car plusieurs militants n'étaient pas d'accord - les camarades immigrés en foyer sont nombreux dans l'usine..
Il faut dire que le contenu du tract est un peu nauséabond. La CSP75, "par démagogie ou autre, s'attaque aux syndicats au lieu de s'en prendre au patronat et à son gouvernement".
Un mépris certain envers la CSP75 - qui ne s'est jamais "attaquée aux syndicats", la défense inconditionnelle de la "famille" CGT sans chercher même à comprendre ce qui s'est passé, aucune réserve... Bref, bien dans la ligne,

On retrouve le mépris, teinté de paternaliste envers nos camarades sans-papiers, qui ont l'affront de s'organiser par eux-mêmes et de vouloir diriger eux-mêmes leur lutte, sans remettre leur sort dans les mains des experts syndicaux, fussent-ils CGT... Et nous, militants avec papiers, nous avons quelque part le même problème !


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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

armenak 05/08/2009 13:19

Au titre des infâmes soutien de l'expulsion, on peut rajouter le P"c""o"F de Chauveau, l'article de La Forge n°498, datée Juillet-Aout 2009 est édifiant dans son soutien total à la direction de la CGT.
une citation de l'article qui en dit long sur ces soi-disant "ML":
"L'évacuation de l'annexe de la Bourse du Travail, occupée depuis 14 mois par la CSP75 a déclenché une intense campagne d'attaques contre la Cgt, ses militants,et ses structures engagées dans le combat pour la régularisation des sans-papiers.Ce n'est pas étonnant de la part des irresponsables qui ont entrainé des centaines de compatriotes dans cette impasse en leur faisant croire que c'était la Cgt qui refusait de soutenir leur demande de régularisation.(...)Ils ont été encouragés par des "soutiens" qui pour certains, ont fait de cette occupation permanente et illimitée d'une bourse du travail,le symbole de "l'autonomie" du mouvement des sans-papiers vis-à-vis des syndicats qui ne défendraient que les travailleurs syndiqués et "français".(...) Cette évacuation ne pouvait pas se passer paisiblement."
Avec une telle position, Raymond ne risque pas de perdre son poste de permanent....à gerber.

pj49 23/07/2009 00:02

Mon commentaire a été coupé au copier-coller; j'ai encore des progrès à faire! je le remets en intégral car ayant vécu de l'intérieur le déroulement de cette scission dont le mouvement se serait passé.

On dirait que les orgas françaises ont réussi leur coup!
Ce qui semblait improbable il y a encore une semaine mais que laissaient présager les tensions entre délégués de la CSP75 et sans papiers devient une sinistre réalité; comme si le mouvement en avait besoin!
Au moment où les orientations politiques portées par les structures devenaient claires aux yeux des sans papiers, les orgas françaises par leur chantage au soutien ont remis le voile sur les véritables enjeux; la préfecture en jouant habilement de la carotte des convocations et du bâton de la menace répressive a évidemment mis de l'huile sur le feu diviseur.
Il ne s'agit pas de stigmatiser simplement les méthodes de chantage pour contraindre une grosse partie des récalcitrants au départ mais de voir la persistance des illusions sur les orgas françaises qui avaient déjà provoqué la rupture d'avec le 9e Collectif en 2007.

Quelques réflexions:
Toute la semaine dernière a été marquée par des bruits contradictoires entretenus par le secret dont se sont entourés les délégués tant pour la désignation des dossiers des 300 que dans les rapports entretenus avec les orgas françaises; ce secret a donné lieu aux rumeurs sur le copinage qui aurait présidé à ces désignations (ce n'est pas moi qui le dit mais des sans papiers); il aurait été plus simple pour les délégués d'avoir une position ferme à la préf et d'exiger l'examen de TOUS les dossiers; cela n'aurait pu que renforcer les liens internes des occupants mais aussi (comme ça a été le cas au début de rallier de nouveaux sans papiers).
La mairie quant à elle, avait tout intérêt à ce que les sans papiers aillent à l'abri du regard des touristes qui envahissent Paris à cette époque de l'année!
Pour ce qui en est des rapports avec les orgas françaises, les délégués n'ont pas compris qu'ils étaient en position de force et que celles-ci ont joué au "poker menteur" avec eux:
Les représentants de ces orgas voulaient absolument faire oublier les causes de la présence des sans papiers sur le trottoir du Bd du Temple mais aussi sur les causes de l'occupation de la BdT, un an plus tôt et leurs militants commençaient à se poser des questions gênantes sur l'orientation politique suivie (voir notamment la tendance "Claire" dans le NPA et les réactions de syndicats et fédés CGT ou Solidaire dont la plus claire est celle de l'OPH de Toulouse et du syndicat St Gobain d'Aubervilliers);
En réalité, toutes ces orgas voulaient faire oublier leur suivisme vis à vis
de la confé CGT pendant les grèves; faire oublier notamment que l'occupation de la BdT a été une conséquence de l'orientation de la CGT et que leur lâcheté politique tout au long des quatorze mois de l'occupation ne pouvait qu'aboutir à l'affrontement UD CGT75-CSP75.
Leur panique leur a fait trouver en peu de semaines cette fameuse "sortie par le haut" qu'ils n'avaient pu trouver en plusieurs mois de rapports tendus, où ils ont participé, passivement ou activement, à l'isolement de la CSP75!
Mais pas sans mal: pour avoir participé à l'une d'elles, je peux dire que ça n'a pas été sans mal; je passe sur l'arrogance de certains à l'encontre des délégués de la CSP75 tout juste tolérés dans ces réunions à leur propre soutien!
Mais que dire de ce soutien conditionnel qui ressemble plus à du marchandage doublé de chantage qu'à de la solidarité réelle?
Et que dire sur ce refus de rassemblement devant la BdT du Bd du Temple; pourtant la délégation de la CSP75 n'a cessé de la proposer et de la réclamer cette présence des orgas françaises!
Le tort encore une fois des délégués a été de ne pas faire confiance à leur force interne et à leur détermination; de n'avoir pas su "compter sur leur propre force" pour rallier les indécis sur leur propre mot d'ordre de "Régularisation de tous les sans papiers" et l'union potentielle dont il est porteur.
On ne réécrit pas l'histoire mais on doit en faire le bilan et celui-ci s'annonce sombre pour le mouvement sans papiers:
- Ce "ministère de la régularisation" de la rue Baudelique peut être une voie de garage et la CSP75 a perdu en autonomie ce qu'elle a gagnée en sécurité illusoire; il ne faut pas oublier que cette solution est inscrite tellement dans l'urgence que les orgas n'étaient même pas capables de dire si la convention du CE court toujours ou même si la mairie a préempté le lieu.
- Le CSP Solidaire du Bd du Temple, s'il a su préserver l'autonomie du mouvement et l'objectif fédérateur des sans papiers, est fragilisé car cette division en est le prix. Il ne peut attendre de soutien français, tout au moins dans l'immédiat, que celui des fidèles des premiers jours de l'occupation de la BdT. Il est grand temps que d'autres motivés les rejoignent (jamais trop tard).
- Les autres CSP dans l'IdF, 9e Collectif, ALIF, CSP92 restent prudents
quant à eux et pourraient relancer la dynamique du mouvement. Ce « ministère de la régularisation » semble si attirant (autant qu'une promesse de politicien...) qu'une dynamique.
C'est vite oublier le errements d'un passé récent et qu'une dynamique naissant sur l'abandon des camarades restés sur le trottoir du Bd du Temple ne pourraient déboucher que sur des impasses et des compromis boiteux avec des « soutiens » qui ont tout fait sauf soutenir; cela serait un recul du mouvement ou pire le détourner de ses vrais objectifs.
Encore faudrait-il que les collectifs ne lâchent pas la proie pour l'ombre; la CSP75 pouvait, Bd du Temple, forcer toutes ces orgas françaises à les suivre sur le vrai terrain de lutte en les mettant devant leur responsabilité historique vis à vis du mouvement et n'a réussi qu'à se mettre à leur remorque!
Encore faudrait-il que cette « unité » qui semble se dessiner ne repose pas sur le mensonge et les calculs politiques; car c'est au moment où cette dynamique « unitaire » semble rassembler autour de l'occupation les orgas françaises et les Collectifs que ceux-ci risquent de payer le prix fort et perdre leur indépendance en perdant leur orientation. La conséquence pratique étant de garder en paroles de « régularisation de tous » mais dans les FAITS s'aligner, purement et simplement sur le « cas par cas » qui domine les pratiques des orgas françaises au nom d'un réalisme et qui nie au final le sens du combat collectif. Car la liste des laissés pour compte s'allonge depuis les grèves et en continuant dans ce sens les camarades du Bd du Temple ne seront pas les derniers laissés à l'abandon.

Comme on peut le constater, la situation s'est singulièrement compliquée pour nos camarades immigrés et difficile de prévoir ce qui peut se passer car ils ont abandonné une position de force autonome pour une position de faiblesse et de dépendance « unitaire »; la proie pour l'ombre; le durable pour l'éphémère; le consistant pour l'illusoire mais une chose est sûre:
Le mouvement des sans papiers ne pourra connaître d'issue victorieuse sans son autonomie de fait, condition à une union français-immigrés sur des bases saines.
Ce mouvement a plus que jamais besoin d'une cohésion interne mais lutter contre toute les divisions (celle ci n'est que la dernière!) suppose de maintenir le cap en permanence sur les objectifs visés et les moyens d'y parvenir et ne jamais s'égarer dans les chemins de traverse prometteurs en apparence mais où l'on s'égare.
Autonomie et Union autour du mot d'ordre commun de "régularisation durable de tous les sans papiers" et vers la liberté de circulation et d'installation; telle doit être la priorité des acteurs tant immigré que français du mouvement.
C'est la condition pour que des avancées politiques puissent être envisagées; nos camarades immigrés sont porteurs d'une riche expérience de luttes que pourraient leur envier bon nombre de syndicalistes et militants politiques français; nul doute qu'ils sauront s'appuyer sur cette expérience pour se sortir de cette nouvelle situation et recréer cette dynamique qui avait fait leur force; à nous travailleurs français de les y aider dans la mesure de nos forces! -pj49-

françoise 22/07/2009 20:57

suite au communiqué de l'UD CGT 75, apparemment amnésique, nous avons fait un courrier rappelant un peu différentes discussions et propositions dont nous avions débattu avec le secrétaire général de l'UD en mais ... 2008 ... précurseurs ??

Françoise


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message envoyé sur les listes UCIJ et Pajol et RASCAS, de Jacques Gurfinkiel et Françoise Riou


Ils ont la mémoire courte !

Surprenant d’oser écrire ce qui figure sur le communiqué de l’UD CGT de paris, daté du 22 juillet 2009.

L’arme qu’est la communication devient dangereuse pour ses utilisateurs lorsqu’elle ne sert plus qu’à la réécriture de l’histoire. Le “Communiquer, communiquer, il en restera toujours quelque chose !” est une vieille et misérable antienne qui fait le bonheur des inquisiteurs et des tyrans mais que les historiens et les gens de bonne volonté démasquent et combattent rapidement.

Comble d’humour, les rédacteurs de ce communiqué indiquent que le combat des travailleurs sans-papiers se poursuit, “conformément à nos décisions de congrès”, pour la régularisation des sans-papiers et de leurs familles. (!)
Raisonnablement, nous sommes de ceux qui pensent que les sans papiers ont un cerveau et qu’ils n’ont pas attendu la décision tardive de notre congrès pour se battre en vue d’obtenir le droit de vivre ici.

Ci-après et pour mémoire, le mail que nous adressions, le 23 mai 2008 au secrétaire de l’union départementale CGT de Paris, aux membres de la Commission Exécutive de l’UD ainsi qu’aux syndicats parisiens.


Jacques Gurfinkiel, secrétaire Général du syndicat CGT de l’OPAC de PARIS
Françoise Riou, ex-conseillère confédérale CGT chargée des questions des sans papiers.. Et démissionnaire

________________________________________________________________________________________________________
De : jacques Gurfinkiel
Date : Fri, 23 May 2008 09:49:41 +0200
À : PICARD Patrick , Patrick Picard , CGT-UD UD Paris
Objet : URGENT : LA CGT ET L'EXPULSION DE LA BOURSE




à Patrick Picard,
Secrétaire Général de l’UD CGT de Paris
Copie aux membres de la CE De l’ud
Copie aux syndicats parisiens

Cher Camarade,

Des bruits d'évacuation musclée et imminente se répandent ces derniers
jours, autour de la Bourse du travail... C'est pourquoi nous souhaitons à
nouveau t’entretenir de la situation actuelle des sans papiers, notamment de
l’occupation par la CSP 75 de la Bourse du travail, et du rôle important de
la CGT, aux côtés des sans papiers..

Depuis que tu es secrétaire général de l’ud, et de fait, même avant ton
élection à cette fonction, nous t’avons proposé notre aide totale dans la
gestion du dossier “sans papiers”, du fait de l’expérience qui était la
nôtre, tant au niveau national, qu’au niveau parisien, où nous sommes
investis dans le soutien aux sans papiers depuis plus de dix ans (notamment
Françoise, qui a traité plus de 4000 dossiers de sans papiers et a eu la
responsabilité du collectif immigration sur Paris, avant de devenir
conseillère confédérale, en charge de ce dossier).

Nous avons eu à plusieurs reprises des discussions avec toi. Mais, dans la
mesure où nos démissions de nos mandats confédéraux respectifs, Jacques du
collectif confédéral immigration et Françoise de son poste de conseillère
confédérale à Montreuil, ont soulevé pas mal de remous, de réactions
diverses, tu as préféré que nos rencontres restent discrètes et
“informelles”, ce que nous avons accepté bien sûr, dans l’intérêt de la CGT
tout comme dans l’intérêt des sans papiers.

1) conflit avec l’UCIJ et problèmes avec didier Niel
Notre première rencontre en 2008 a eu lieu peu après l’occupation par des
sans papiers d’un restaurant avenue de la Grande Armée, en présence d’un
camarade de la CE de l’ud.
Ce fut l’occasion de faire le point sur la lutte actuelle des SP, mais aussi
sur des accusations proférées par l’ex-secrétaire général de l’Ud, Didier
Niel, qui estimait avoir été calomnié par Jacques en réunion publique, ainsi
que par Sakina Ait ahmed, qui elle aussi s’estimait calomniée, mais on ne
sait pas exactement à propos de quoi.

Un petit rappel sur cette affaire s’impose. En effet, dans le cadre du
travail réalisé avec le collectif “unis contre une immigration jetable”
(UCIJ) nous avons fait part de notre désaccord, dans la préparation d’un
document de 4 pages destiné aux sans papiers pour les inciter à se syndiquer
et ainsi, revendiquer collectivement, avec les syndicats, la régularisation
de leur situation administrative, au regard de la régularité de leur séjour.

Nous précisons que notre désaccord n’avait pas pour cause la syndicalisation
des sans papiers, loin de là : nous n’avons pas, en effet, attendu
l’élaboration du 4 pages pour syndiquer de nombreux sans papiers au fil des
années, et, notamment, une bonne partie de ceux qui actuellement constituent
la coordination des sans papiers de Paris (CSP 75), dont Sissoko, Djibril,
Diallo, qui sont les délégués actuels de cette coordination, installée à la
bourse du travail depuis le 2 mai.

Ce qui nous opposait à l’Ucij, collectif composé de syndicats (sud,
solidaires, fsu, cnt, cgt..) de partis politiques (PCF, AL, LO, les Verts,
Lcr, ) et de nombreuses associations (Mrap, Ldh, Gisti, pour les plus
importantes) était que ce travail visant à la syndicalisation des sans
papiers était animé, géré, dirigé, ordonnancé, par des militants
associatifs qui n’avaient pas jugé utile de se syndiquer, eux mêmes, dans
leurs entreprises.
Nous pensions que nous n’avions pas besoin que des “non syndiqués” viennent
nous expliquer comment syndiquer les sans papiers, d’autant que c’est un
choix militant que la CGT a fait depuis 1996 et que ne nous ne les avons
pas attendus pour avancer dans ce sens.
Notre position, publiquement exprimée, ainsi que notre démission, ont
suscité pas mal d’inimitiés et nous sommes arrivés à un moment où les
relations avec certains militants de l’Ucij sont devenues tendues.
D’autant que nous avons également exprimé des désaccord sur la conduite de
la lutte à la Grande Armée et, notamment, de son arrêt, si rapide, laissant
sur le carreau deux sans papiers sur neuf.
Ainsi, mandaté par son syndicat CGT OPAC DE LA VILLE DE PARIS, lequel a
depuis des années prononcé régulièrement son engagement auprès des sans
papiers, Jacques, secrétaire général du syndicat s'est rendu à une réunion
qui se tenait A LA BOURSE DU TRAVAIL, le 7 mars et s'est vu chassé de ladite
réunion par des militants associatifs auxquels Didier Niel, s'exprimant au
nom de l'ud de Paris, a apporté son concours, précisant notamment qu'un
secrétaire général de syndicat parisien n'avait rien à faire dans cette
réunion et que c'était à l'Ud de débattre et de décider, et aux syndicats,
après coup, d'appliquer les décisions qui auraient été prises par ce petit
groupe de travail. Des mots vifs ont suivi, de part et d'autre, et Jacques a
fini par énoncer quelques vérités que nous ne reprendrons pas ici, puisque
tu les connais.

didier Niel, vexé, est venu faire son rapport (à l'école maternelle, on dit
"rapporter") et tu as décidé, avec le bureau de l'Ud, sans rencontrer
préalablement Jacques, de rédiger un communiqué public condamnant les
pratiques de ... Jacques Gurfinkiel, qui aurait calomnié D. NIEL et même
Sakiana Ait Ahmed.. Nous t'avons d'ailleurs renvoyé à la définition du mot
"calomnie" ... nous ne commenterons donc pas plus..

2)les grèves des sans papiers du 15 avril : nous avons salué, comme tous, le
déclenchement des grèves dans les entreprises par des sans papiers, malgré
des désaccords avec la responsable confédérale chargée de ce dossier,
F.Blanche, et Raymond Chauveau, secrétaire général de l'Ul de Massy (91).
Nous avons par contre exprimé notre désaccord lorsque ces deux camarades se
sont rendus subrepticement, en cassant tout le travail unitaire réalisé
depuis des années avec les organisations de soutien, au cabinet d'Hortefeux,
et lorsque nous avons appris qu'au bout d'une semaine de lutte victorieuse,
ils signaient une "sortie de conflit" (f. Blanche) au ministère, qui
prévoyait l'arrêt du mouvement et le dépôt en tout et pour tout de mille
dossiers.

Cela nous a semblé et nous semble encore une faute très grave, car cette
lutte particulièrement intense a soulevé une vague d'espoir chez tous les
sans papiers de France et il nous semblait qu'il fallait continuer,
amplifier le mouvement, réaliser en quelque sorte le "mai 68" des sans
papiers : il est évident que si la CGT avait prolongé la lutte au lieu
d'accepter au bout d'une semaine ce petit compromis, la lutte aurait gagné
tout le pays et ce ne sont pas mille mais des milliers de sans papiers ,
prêts à se mettre en grève, avec l'aide notamme

françoise 22/07/2009 20:26

Peu de choses à ajouter à cette excellente analyse des camarades du blog.. que nous faisons circuler partout...
simplement dire que, depuis ces derniers jours, ça me chiffonne : d'une part, dans tout un ensemble de textes, de communiqués et de comptes rendus on parle de "Richard Moyon - RESF" : ça me semble intéressant de rappeler, ou de signaler que Richard Moyon est militant de la CGT (adhérent à la FERC : Fédération de l'éducation, de la recherche et de la culture/cgt..): on comprend mieux , hein ???
et puis, dans les nuisibles qu'on voit apparaître rue Baudelique, ces nuisibles qui ont tant critiqué la CSP 75 et les militants qui les soutenaient, notamment ceux de la CGT (démissionnaires de leurs mandats, suite aux reculs de ladite CGT).. on ne peut que souligner la présence de l'éternel Gilles Lemaire, qui a su en son temps y compris demander notre censure de la liste UCIJ (unis contre une immigration jetable).. Pourquoi censure ? parce qu'on critiquait la CGT et qu'on soutenait les sans papiers de la bourse ...

bon, on peut peut-être faire mieux en analyse, mais ça fait du bien de rappeler quelques réalités..

Nous ne sommes pas dupes des Lemaire et compagnie qui se précipitent maintenant vers la CSP 75..

c'est qui "et compagnie" ????? eh ben, chacun pourra se reconnaître : qui n'est pas venu à la bourse du travail, apporter un peu de chaleur, d'amitié, de musique, de gâteaux pour les gosses, de couvertures... qui n'est venu que pour dire "vous avez tort ?" "vous divisez le mouvement " ... " vous vous trompez de cible" ...

on peut continuer longtemps .. n'est ce pas, Memed, n'est pas, Pierre jean, n'est ce pas, Jacques ou Santiag ??? eux étaient là et ils savent ...
solidarité avec les sans papiers

Françoise

Robert 21/07/2009 12:40

Salut,L'article du blog est honnête. Les raisons de l'occupation de la Bourse, le rôle de la CSP75, etc. Surtout, il dénonce les charognards (ATTAC, UL CGT 18ème, CGT Nettoiement, Solidaires, RESF, les Verts, le NPA) qui débarquent maintenant après un an de silence radio, RESF comprise. En prenant le train en marche, ceux-là ont une idée bien arrêtée derrière la tête et les montrer du doigt est à mettre à l'actif de "Où va la CGT ?".L'article reste pourtant partiellement exact sur un point, qui n'est pas seulement un point de détail. Il faut rétablir (un peu) la vérité est relatifs aux prétendus "soutiens".S'il est bien vrai que "avec les sans-papiers, devant la Bourse, très rares étaient les soutiens", on ne peut pas considérer la présence de "quelques camarades de RESF", ni "les soutiens issus du courant libertaire et autonome" comme significative, pas même visible sauf peut être un ou deux jours par semaine.La plupart n'étaient tout simplement pas présents de l'occupation à l'expulsion, ni même ensuite. Seuls dans le lot, quelques jeunes militants de la CNT se sont pointés après l'expulsion et c'est tout à leur honneur. Mais à l'écart, ils n'ont pas su offrir leur soutien direct aux travailleurs en lutte, à la CSP75.Au contraire, presque depuis le début (juillet-septembre 2008), une demi poignée de soutiens a aidé la CSP75, pour le Journal, les démarches multiples, l'organisation au jour le jour. Certains sont des militants étrangers, ce qui ajoute un caractère internationaliste à cette lutte de sans-papiers.Ont débarqués ensuite, vers février-avril 2009, une petite dizaine de camarades des comités NPA Paris centre, Belleville et 12e (absolument personne d'autre du NPA !). Certains ont la double casquette RESF c'est vrai, mais ils n'étaient pas là en tant que RESF, au contraire, ils sont résolument opposés à la "régularisation au cas par cas" ou aux "parrainages républicains" que pratique l'association. Ces soutiens militants du NPA ont été traités comme des chiens par le Comité exécutif du NPA et donc par sa Commission immigration, ce qui était prévisible. Car cette commission est verrouillée par la direction, qui a toujours été alignée sur la ligne de la Confédération et ne rêve que d'un large rassemblement fraternel avec l'appareil de la CGT et un maximum d'assocs "pour le bien des sans-papiers eux-mêmes". On ne sent pas là un fort relent de colonialisme ? Ce que la CSP75 (composée en majorité de Maliens) appelle le "colonialisme syndical", "les institutions"... Merci cararades ! C'est un honneur pour nous travailleurs d'apprendre de vous ce que vous avez compris.Un exemple de ces réformistes bureaucrates à la manoeuvre (comme ceux qu'on connaît bien dans l'appareil confédéral) ? Alain Pojolat, petit Le Duiguou du NPA, qui parade maintenant comme grand manitou du "ministère de la régularisation de tous les sans-papiers" (sur le site du NPA), alors qu'il s'est opposé farouchement à l'occupation de la Bourse, à dénoncé la CSP75 comme "irresponsable" et incendié les quelques militants honnêtes du NPA venus en renfort.Il semble sain et juste de rétablir (dans la mesure du possible) la vérité sur cette affaire de prétendus "soutiens". Désormais, on assiste vraiment à la curée : ATTAC, UL CGT 18ème, CGT Nettoiement, Solidaires, RESF, Verts, NPA et Cie., tous avec le même esprit de boutique et le même intérêt politique : faire des travailleurs sans-papiers leur petite affaire à eux, bien juteuse, leur pré carré. C'est important pour nous tous, car dès que des travailleurs, sans-papiers ou non, décident de prendre en main eux-même leur destin et leurs luttes, dès qu'ils s'auto-organisent, ils peuvent savoir ce qui les attend, ce qu'ils trouvent face à eux : tous leurs ennemis de classe.Le blog "Ou va la CGT ?" demeure seul en mesure de faire cette petite rectification à une échelle un peu large. Il ne doit pas perdre pas cette occasion, peut-être seul et à contre-courant, mais "du bon côté". Ca servira à tout le mouvement ouvrier. (Pour ceux qui le souhaitent, tous les détails sont à portée de main, par exemple dans le journal de la CSP75 : http://quotidiensanspapiers.free.fr/.)

oppong 20/07/2009 19:57

Je crois que de plus en plus de "travailleurs/travailleuses" commencent à se rendre compte des dérives droitières (et notamment racistes) de LO au niveau national. Il est temps pour tous les communistes conscients de rompre définitivement avec cette orga qui finira dans les poubelles de l'Histoire (pour ma part elle y a toujours figuré, Laguiller ne justifiant la création de cette secte que par la lutte contre le "stalinisme")