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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 16:45
Dimanche 31 Mai 2009
Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?

La Fondation Copernic (à ne pas confondre avec le Réseau Voltaire...) a lancé une campagne sur la santé au travail en faisant signer la pétition suivante, ainsi qu'en organisant des débats sur la question.
On peut sans doute s'interroger sur l'intérêt d'une pétition, cela dit la question est suffisamment importante pour mériter notre attention, nous avons régulièrement abordé sur ce blog toutes les questions liées à la pénibilité ou à l'amiante. Et les réunions organisées par ce collectif peuvent permettre des débats intéressants.
Resterait à ajouter au texte : aucune solution durable n'est possible tant que la société fonctionnera sous la règle du profit, du marché, de la concurrence et de la guerre économique, bref tant que le capitalisme imposera sa loi ! En attendant, c'est la dénonciation, la lutte permanente sur les conditions de travail, les nuisances et la pénibilité qui sont à l'ordre du jour.
Compte tenu du silence complice autour de la mort au travail, toutes les initiatives un minimum sérieuses méritent d'être popularisées...


Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue tous secteurs et toutes catégories professionnelles confondues. Le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé : 13 658 en 1996
, 52979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006, soit 13% de plus en un an. Ces chiffres officiels sont – on le sait – grandement sous-estimés en raison notamment d’une importante sous-déclaration. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an, pour la plupart non reconnus comme accidents du travail. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits connus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, contribuant ainsi grandement aux inégalités sociales face au cancer : un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir du cancer avant 65 ans qu’un cadre supérieur.

Cette situation ne tombe pas du ciel : elle est le résultat de politiques d’entreprises, tant privées que publiques, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés. Ces politiques ont privilégié et généralisé la sous-traitance, et intensifié le travail comme jamais depuis de nombreuses décennies. Et l’inspection du travail comme la médecine du travail n’ont toujours pas les moyens d’assurer leurs missions.

La lutte opiniâtre des victimes, de leurs associations et syndicats a permis des avancées, mais la course au profit sans entrave sème toujours la maladie et la mort.

Alors que le simple voleur de sac à main est condamné à 6 mois de prison ferme devant le moindre tribunal correctionnel en comparution immédiate, l’employeur coupable d’homicide dit involontaire à l’égard de son salarié, après des années d’instruction, est condamné - quand il est déclaré coupable - à quelques mois de prison avec sursis


La mise en danger délibéré d’autrui par des choix de politique économique bénéficie dans ce pays d’une incroyable mansuétude. Les employeurs ne sont pas considérés comme de véritables délinquants. Trop souvent les procédures relatives à des accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations – lorsqu’elles interviennent - ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance et sont symboliques. Les grands donneurs d’ordre y compris l’Etat, dont la responsabilité dans l’organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu’exceptionnellement concernés et les indemnisations largement insuffisantes


L’amiante est emblématique de ce que nous dénonçons : alors que le risque est connu depuis des décennies, que des milliers de personnes ont perdu leur vie et vont la perdre dans les prochaines années du fait de l’incurie manifeste des entreprises concernées, voire de leurs choix délibérés, Justice n’est toujours pas faite.

L’inégalité des armes entre le salarié et son employeur est patente et scandaleusement disproportionnée : l’égalité devant la loi est devenue une pure fiction.

Cette injustice se nourrit du silence collectif


Les soussigné-e-s entendent dénoncer ici et maintenant cette situation inadmissible et intolérable.

Ils et elles exigent que la délinquance patronale soit enfin sanctionnée : la loi pénale doit être pleinement appliquée aux employeurs.

Ils et elles exigent que des moyens humains et financiers soient dégagés pour que la justice puisse réellement faire son travail.

Aucune amélioration de la santé et de la sécurité au travail n’est possible tant que la justice fonctionne à deux vitesses.

Aucune avancée n’est possible tant que les donneurs d’ordre pourront s’abriter derrière les règles du droit commercial pour s’exonérer de leurs responsabilités.

Tous et toutes ensemble nous disons : ça suffit ! Et nous agirons pour que cela cesse.

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commentaires

SMG 04/06/2009 18:45

Communiqué de presse du 4 juin 2009 du syndicat de la médecine générale

Le travail rend malade et tue, ça suffit !

La négociation entre employeurs et syndicats de salariés sur l’organisation des services de santé au travail reprend le 9 juin.

En France : Le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé, le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé. Les chiffres officiels sont grandement sous-estimés en raison notamment d’une importante sous-déclaration.

En Europe, un rapport récent estime à 74 000 par an, les décès liés au travail qui sont associés à des substances dangereuses présentes sur le lieu de travail.

Médecins généralistes, nous constatons régulièrement des altérations de la santé de nos patients, liées au travail et à son organisation délétère.

Cette violence et cette insécurité sociales sont insupportables. Cette situation doit changer.

Le SMG répète que la santé au travail doit être une priorité de santé publique.

Concernant la médecine générale et les soins paramédicaux, des changements profonds doivent intervenir dans la formation initiale et continue sur les questions de santé au travail. Les modalités d'exercice des métiers doivent être modifiées pour permettre un échange des pratiques de soin et de santé entre professionnels : infirmiers, médecins inspecteurs et médecins du travail ; médecins généralistes ; avocats et juristes ; psychiatres et psychothérapeutes. Ce travail en réseau et cette coopération doivent être valorisés et reconnus. Les politiques publiques doivent les promouvoir et les soutenir financièrement.

L’administration actuelle des services de santé au travail par les employeurs et leurs associations constitue un véritable conflit d’intérêt, éludant trop souvent la question de l'organisation du travail à l'origine de l'altération de la santé des travailleurs. C'est pourquoi l'organisation du travail doit aussi être à l'ordre du jour non seulement dans cette négociation, mais aussi dans le dialogue social au sein des entreprises afin de garantir la santé des travailleurs.

Il y a urgence, cela nous concerne tous.

Le SMG appelle soignants et citoyens à signer l’appel des professionnels en santé au travail pour une nouvelle politique de gestion des services de santé au travail dans le cadre d’une organisation de service public.

Manifeste : Pour une nouvelle politique de gestion des Services de Santé au travail
http://www.sante-et-travail.fr/petition-gouvernance-SST

Contacts : Patrick Dubreil : 06 32 70 92 37
Marie Kayser : 06 86 55 80 02

fred+de+roux 31/05/2009 21:58

Un de mes collègues s'est suicidé sur son lieu de travail parce qu'il était harcelé par ses supérieurs qui exigeaient de lui d'être productif. il avait à charge trois sites distants de plusieurs kilomètres et n'avait que très peu de subordonnés pour effectuer et les déplacements et le suivi des travaux. Au bout de 15 jours et parès une réunion orageuse, il a choisi de se pendre sur son lieu de travail. Le collaborateur qui l'a trouvé a été secoué et ne s'en remettra jamais. Sa femme se retrouve seule et démunie. le travail ne devrait pas tuer, quelle qu'en soit la cause. Malheureusement, c'est plus souvent le cas que cela n'est admis. Le silence autour d'un suicide est révélateur de la malfaisance du système. Vous avez mon soutien moral pour la cause que vous défendez. En espérant que vous serez entendus...