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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 05:59
Mercredi 6 Mai 2009
Premier Mai de lutte et de solidarité à Compiègne

1er mai 2009 CompiègneDes camarades de ce blog sont allés manifester à Compiègne avec des camarades  qui  luttent  pour la régularisation de tous les sans papiers. La participation de ceux-ci est essentielle parce que  l'heure est à la construction de la solidarité ouvrière internationale : l'échange d'expériences et les rencontres directes comme dans cette manifestation,  nous aident à y voir plus clair et renforcent notre détermination.


En tête de manifestation, bien sûr, les CONTI en T Shirt « Continental, patrons voyous ! »

Mobilisés, et même très remontés car aucune solution pour l'emploi ne se profile à l'horizon malgré la rencontre à Paris du mercredi 28. Au contraire, la restructuration s'accélère. 5000 manifestants, moitié moins que le 19 mars, mais toujours la rage et la révolte !


Une mère de famille, ouvrière à Conti manifeste avec ses deux enfants, des ados, exprime son point de vue sur la lutte. Pour elle, le plan social est en marche : « on est à 19 jours de la fermeture, soi-disant 650 licenciements le 19 octobre prochain, la suite en 2010, mais on n'y croit pas ça va aller plus vite. D'ailleurs, la direction s'engage sur des dates, mais le jour même elle tient une nouvelle réunion sans concertation à Paris ».

De fait, depuis que le local de sécurité a été détruit, la direction traîne pour réparer . Des ouvriers pensent que la mise au chômage technique en attendant arrange la direction car l'Etat est mis à contribution. Pour cette ouvrière, ce qui est positif, c'est l'unité intersyndicale sur l'usine, du jamais vu avant.


Dans la manif, la solidarité est forte. Tous les travailleurs de la région sont touchés.  Une militante de la Cgt'éducaction dénonce : « c'est une catastrophe sociale pour toute l'Oise, déjà en déficit d'emploi. Cinq entreprises au moins sont en train de fermer, avec Continental, Lear, des sous-traitants, ce sera au delà des 1120 Conti, toute une chaîne d'emplois qui vont disparaître ». Aucun travailleur n'est épargné dans la région : le centre commercial a diminué son personnel de moitié en raison de la baisse des ventes : « Dans les écoles, on commence à ressentir les conséquences familiales, alors que les gens ont encore leur emploi, qu'est ce que ça sera ensuite ». « La population de la région comprend cela et elle est très solidaire, elle participe aux manifs régionales pour l'emploi ».


« Le gouvernement a préféré condamner la casse matérielle plutôt que la casse humaine » déclare le représentant de l'intersyndicale en fin de manif. Il s'agit de l'interpellation de 7 ouvriers convoqués au tribunal pour les violences à la préfecture de l'Oise ; mais la solidarité sur ce sujet est complète. Les illusions sur la neutralité de l'Etat en ont pris un coup.«  Ca a éclaté le jour où il est apparu que l'Etat ne soutiendrait pas l'emploi ouvrier : aucune justice, aucune perspective d'avenir pour nos enfants, c'est trop ! c'est le désespoir face à cette injustice , on les comprend. La colère face à tant de malhonnêteté, ça pourrait même aller plus loin »  Face aux poursuites des 7 salariés, les Conti proclament : « c'est le patron et l'Etat qui sont voyous », et les négociations sont actuellement suspendues par les syndicats en attendant la levée des sanctions.


Colère  aussi, contre le mépris des hommes politiques. Celui du député UMP Goneau, jamais sorti de son bureau pour rencontrer les ouvriers, conspué à la fin de la manif « Goneau, on t'emmerde ». Ce mépris allié au lâchage par l'Etat, fait vite mûrir les consciences, et à côté des revendications classiques du discours final, on entendra : « les Conti sont tous des révoltés, et même des révolutionnaires, à cause de tous ceux là ».

Bref, une manif tonique, qui montre à la fois la combativité ouvrière, la solidarité de toute une région qui se mobilise pour défendre l'emploi, et aussi , avec la rencontre des travailleurs allemands à Hanovre, une dimension de solidarité internationale.

Mais, comme le disait un postier dans la manif,  : « Les travailleurs sont déterminés, mais aucun parti ne les représente vraiment, c'est ça le problème ! »

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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commentaires

pj49 08/05/2009 11:44

T'as raison Eugène de siffler la fin de la récré; ça n'a que trop duré!
J'espère que le forum apportera un plus au blog; ce qui intéresserait je crois tout le monde serait le bilan de luttes pas obligatoirement médiatisées mais originales où se croisent des combats qui, au départ, semblaient des problèmatiques éloignées; comme celle que nous avons vécu sur Angers où le combat pour l'application de la convention de Genève a rencontré celui des SDF et des Rroms de Roumanie pour le logement; ainsi est née, peu à peu, une fraternité qui perdure et n'est-ce pas cela la conscience des intérêts communs?
Ce combat spécifique sur Angers s'était étendu à Rennes avec une stratégie différente; il semblait s'être arrêté sur un gros couac policier mais j'ai appris hier soir qu'il avait redémarré sur des bases plus élargies (pas seulement avec des demandeurs d'asile...). C'est, pour nous un encouragement supplémentaire de persévèrer dans la voie des réquisitions en espèrant que d'autres villes (comme Nantes...) vont bientôt nous rejoindre; ce n'est qu'un début... -pj49-

pcp 08/05/2009 10:02

mais tu fais quoi comme taf métallo ?

Eugène 08/05/2009 10:21


Bon, maintenant on arrête tous, OK ? Ce n'est pas le lieu, voir l'article qui vient d'être publié.


pj49 08/05/2009 02:07

Je répondrai bien vu le niveau, c'est çuilà qui dit qui niais mais je vais répondre brièvement et passer à autre chose.
Je croyais qu 'ils avaient disparu mais non, il y en a encore!
Un authentique mao stal; des lunettes c'est bien utile et j'en mets malheureusement maintenant pour lire; et pour lire même ce genre de réquisitoire sorti des procès de Moscou.
Mais comme ces fameux procès, enlevé la litanie de ce qui est sans doute le nec plus ultra de la condamnation aux flammes de l'enfer prolétarien, que reste t'il?
Pas grand chose ou un vrai foutoir, c'est selon car il ne suffit pas à un prolo de lire, encore faut-il qu'il comprenne ce qu'il lit et là rideau!
Juste pour te signaler que ce qui te fais tant rire du rapprochement Lénine-Kautsky est dans le « que faire » du même Lénine; où Lénine reprend la formule de Kautsky selon laquelle « la conscience de classe du prolétariat lui est apportée de l'extérieur par une petite partie de l'intelligensia bourgeoise qui a trahi sa classe »... et moi ça ne me fait vraiment pas rigoler car c'était mettre les prolétaires révolutionnaires à la botte de ces intellectuels que tu as pourtant l'air de détester; d'ailleurs Staline s'en servira pour décapiter le parti bolchevik en l'ouvrant à cette fameuse « promotion Lénine » de 1924 où ont pu entrer en masse tous les apparatchik, directeurs d'usine et hauts fonctionnaires à sa botte; dans l'Internationale ça s'appellera « bolchevisation » où les cellules ne seront plus territoriales mais d'usine avec bien sûr un cadre du Parti pour les encadrer; et, devine; les ouvriers parlent de leur usine et de moins en moins politique et évidemment le cadre du Parti est celui qui a le temps, un boulot qui le lui permet: un prof par exemple et les meilleurs des Partis statistiquement ouvriers en Italie comme en Allemagne se retrouveront désarmés comme leurs milices face à Mussolini et Hitler.
Toujours en passant, dans les années 90, le FN se vantait d'être le premier parti ouvrier en France alors arrête de fantasmer sur une classe ouvrière fantasmée;
Et cette « construction du socialisme », pure absurdité stalinienne; le socialisme est d'ABORD la destruction de rapports sociaux qui mènent l'humanité à sa perte; c'est aussi la disparition de pans entiers de l'économie actuelle tels les usines d'armements, les chaines de fabrication d'automobiles...
Le socialisme se résume à une revendication qui était encore dans les statuts de la CGT jusqu'en 1971 (je crois?), c'est l'ABOLITION DU SALARIAT.
Le socialisme c'est l'abolition de l'État, corps parasitaire devenu avec les grandes concentrations le gardien du capitalisme national, pour une association mondiale des producteurs libres.
Le socialisme enfin c'est la fin du Capital et aussi de son antagonique le Travail qui ne sera plus qu'une activité humaine parmi bien d'autres; tu devrais lire un petit opuscule du XIXe siècle de Paul Lafargue « le droit à la paresse » qui tord le cou aux délires productivistes des stakanov passés et modernes; ça te remettra peut-être les idées en place.
Dernier point; que fais-je?
Si tu lisais ce blog tu apprendrais que je suis maçon depuis 30 ans même pas chef d'équipe et même plus intérimaire (30 ans d'interim) mais que j'ai aussi travaillé en fonderie, sur presse (là où celui qui rêve, rêve de ses doigts disparus), au fond aux ardoisières de Trélazé (pas gueule noire, gueule grise); que j'ai commencé à bosser à 15 ans en 68 . Je vais sur ce blog pour trouver des camarades qui sont dans les combats quotidiens comme moi et cherchent plus loin les signes de reprise d'un bouleversement radical et tentent de l'organiser.
Si je dis tout çà, ce n'est pas sans raison; j'essaie d'apporter ma pierre à une (re)construction du mouvement révolutionnaire (qui aura lieu avec ou sans nous... sauf qu'on aura pas droit à l'erreur comme ceux de la Commune); ceux qui me lisent savent que je ne suis pas pipeau, mais toi par contre... tes interventions sur le blog sont des banalités générales qui n'apportent rien à personne et sont même dangereuses; ta dernière sortie sur les petits-bourgeois puent non la haine de classe mais la haine tout court mais de luttes précises et, mieux les leçons à en tirer que dalle, alors pour ce qui est du révolutionnaire de salon; tu t'sens pas un peu morveux
Alors... C'est çuilà qui dit qui niais???
Tu fais quoi, au fait??? -pj49-

pj49 07/05/2009 00:15

Merci Métallo pour cette passionnante profession de foi et ce raccourci de sociologie mais tu m'excuseras de ne pas te suivre dans ce délire;
j'ai encore en mémoire ces kmhers rouges qui tuaient des gens qui portaient des lunettes et que c'était obligatoirement des intellectuels petits-bourgeois.
D'autre part, la classe ouvrière n'a jamais été le prolétariat même si à une époque elle en était le fer de lance; reste à démontrer qu'elle l'est encore.
La sociologie, tu l'oublies est une catégorie des facs bourgeoises et découpent la société en tranches; du Kant pur jus, pas du Marx!
S'il suffisait d'être ouvrier pour être révolutionnaire, ça se saurait, et surtout ça se verrait...
Les gars qui ont mis à sac la sous-préfecture ont plus fait pour la conscience de classe que toutes les proclamations des donneurs de leçon car comme la commune "ils ont été grands non par ce qu'ils ont dit mais par ce qu'ils ont fait".
Les mots contre les maux, sans façon
alors suivons leur exemple et faisons; -pj49-

metallo 06/05/2009 18:50

Ont a toujours raison de se révolter! et ici j’exprime toute ma solidarité de classe aux camarades que l’on voudrait faire taire par des mesures d’intimidations judiciaires… par ailleurs, quel bel exemple à suivre, que leur attitude de classe de ne pas céder à cette intimidation.

Aussi pour le débat, et bien que j’ai compris que le slogan des Tee-shirt des travailleurs de continental reste dans la symbolique de vouloir marquer ou sont réellement les casseurs, il serait erroné de le comprendre au premier degrés surtout en ces temps de recherche de criminalisation des luttes sociales et révoltes légitimes de la jeunesse des quartier. Non ! les patrons ne sont pas des « voyous », si cela veut exprimer qu’ils sont incapables de tenir des engagements de développements d’ordre industriel. Les patrons, terme générique, pris dans le sens du petit propriétaire et du gros détenteur des moyens de productions, indépendants des trusts et des monopoles ça « n’existes plus »… Ce que L’on appel encore abusivement « les patrons » qu’ils soient de la plus petite unité de production, (artisans avec salariés le plus souvent sous-traitants d’entreprises plus importantes liées aux grands groupes) ou responsables d’unités de ces mêmes grands groupes, ne sont plus que des gestionnaires d’entreprises liés indissolublement aux banques, par lesquelles se font toutes les prises d’intérêts aux profits de petits et grands actionnaires sangsues.

Ces directeurs d’entreprises ne sont que des gestionnaires, dans, la pratique, des intérêts de la bourgeoisie spoliatrice de la production des richesses que seule la classe ouvrière crée. Ils ne sont pas placer à la tête des entreprises pour faire dans le sentiment, leur fluctuantes rémunérations ne sont que la conséquence de leur plus ou moins de capacité à faire passer les pilules les plus amères, visant à la réduction des coûts salariaux, et d’agir le plus efficacement à la mise en concurrence des ouvriers entre eux, alors quant parfois ils se font « séquestrés » c’est encore à eux même qu’ils le doivent… QUI SEME LA MISERE RECOLTE LA COLERE… point barre !

Aussi, ouvriers, nous nous devons d’aller jusqu’au bout de nos réflexions, et admettrent, sans être retenus par de faux principes, que tout ouvrier (e) qui se fait prendre au piège de tout faire pour agir, (et cela se faisant toujours au détriment de ses conditions de vie) à rendre son entreprise plus performante fasse à la concurrence se doit d’être averti qu’il le fait au détriment de son frère, ou sa sœur de classe, trimant lui elle chez le concurrent placé sur les mêmes marchés et qui immanquablement, eux aussi, se font bercer à leur tour de ces mêmes ritournelles d’appel aux sacrifices. Toutes ces manipulations sont affaires de logiques capitalistes les écoles de management en forme leurs élèves. L’Etat ses lois et ses services de répression en sont les garants Il n’y à pas d’Etat au dessus des classes.

Hors du socialisme point de salut.

A ce propos petite réflexion suplementaire !

Extrait du texte initiale : « Mais, comme le disait un postier dans la manif, « Les travailleurs sont déterminés, mais aucun parti ne les représente vraiment, c'est ça le problème ! »

D’accord… sauf que l’histoire nous enseigne que la question n’est pas tant le parti des travailleurs manquant, que l’appartenance sociale de ceux qui prétendent à leur représentation et s’activant à cette prétendue destinée, genre, pour ne citer que ceux là : NPA, POI, PCF, etc. ma liste, n’est pas exhaustive…

Oui la classe ouvrière n’a plus de parti,(en a telle jamais eu un?) mais je rajouterai que si cela manque ce n’est que dans les dimensions politiques organisationnelles d’être véritablement ouvrier, armé d’un programme véritablement ouvrier, et encore faut-il, que ce parti soit guider d'une analyse sans faille des classes sociales en présence dans la société, et sache véritablement de quoi il retourne lorsque l’ont parle de la CLASSE OUVRIERE… PARCE TOUS LES TRAVAILLEURS (MOT GENIRIQUE POUR QUALIFIER LE SALARIAT) N’APPARTIENNENT PAS FORCEMENT A LA CLASSE OUVRIERE ; c’est ce que tentent, depuis des lustres, de faire croire certaines fractions de la petite bourgeoisie, et il faut bien le reconnaître avec une certaine réussite puisque que cette absence regretté d’un véritable parti ouvrier et en grande partie la conséquence de cette usurpation sociale identitaire.

Metallo