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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 12:12
Samedi 28 mars 2009
Partout monte l'exigence de l'affrontement !

Les appels à la lutte se multiplient.
Dans tous les syndicats, dans toutes les assemblées, dans toutes les entreprises, les travailleurs, militants ou non, s'interrogent : "Mais que font les syndicats ?".
Partout, la même idée : c'est de plus en plus insupportable, c'est le moment, l'opinion publique est avec nous après les manifestations gigantesques du 19 mars (particulièrement spectaculaires en province, encore plus que dans les grandes villes), il faut y aller.
Nous avons écho d'appels sous des formes diverses de syndicats d'entreprise (CGT Wagon Douai, CGT Michelin, CGT Hôpital de Saint-Egrève, SNRT Radio France), d'UL comme Dax ou Châlons, de grosses structures comme la FERC CGT (Education) dès avant le 19 mars, ou de l'UD 93 (Seine Saint-Denis) le 24 mars, d'assemblées comme au Havre ou ailleurs. Nous avons écho de manifestations de soutien aux travailleurs en lutte partout comme à Madrange (Haute Vienne), nous avons l'écho de la multiplications d'initiatives locales, d'appels, de sites comme celui du "19 mars"...

Et pourtant, autant la situation paraît plus "mûre" que jamais pour les militants les plus combatifs, moins on sent les syndicats déterminés à y aller. Michel Donnedu excluait tout à fait clairement une généralisation de la lutte en renvoyant les militants entreprise par entreprise.
Comme si on peut s'affronter à Sarkozy/Fillon entreprise par entreprise. Comme si il n'y avait pas une cohérence dans la multiplicité des attaques, de la santé à l'éducation, en passant par l'emploi, la justice ou la loi du marché. Comme si l'enjeu n'est pas global, national, politique.
Sarkozy l'avait annoncé lors de sa rentrée en fonction : il était l'homme du changement et rares étaient ceux qui avaient compris de quel changement il s'agissait : celui de la modernisation par la force du capitalisme français pour le rendre plus compétitif dans la guerre économique mondiale, dans tous les secteurs...

Bref. La question n'est pas de savoir ce que vont (ne pas) faire les syndicats réformistes - on est clairs là-dessus, mais de savoir ce que nous sommes capables de faire. NOUS.
Nous sentons bien les frémissements d'un changement de situation, mais nous sentons aussi qu'il manque quelque chose : les travailleurs sont encore trop en attente d'une directive venue d'en haut, de la couverture d'un appel syndical officiel.
Aussi, la tâche des syndicalistes de classe est partout la même : dans tous les syndicats, dans toutes les entreprises, dans toutes les assemblées, montrer la cohérence de l'attaque gouvernementale. Montrer qu'il est impossible, illusoire d'y répondre au cas par cas. Qu'à une attaque globale, il faut une réponse globale, collective et pas individuelle. Que le capitalisme ne se réforme pas, contrairement aux illusions semées par tous les réformistes. Que les compromis ont fait la preuve de leur échec, à l'image de Continental. Que les scandales des bonus, stock-options, parachutes ne sont que l'illustration caricaturale d'une société fondamentalement injuste, barbare et exploiteuse, et qu'un licenciement est mille fois plus scandaleux qu'un bonus. Que notre avenir d'ouvrier, de travailleur n'est pas là mais dans la fin de l'exploitation, dans la remise en cause des fondements même du capitalisme, et que cela commence, aujourd'hui, par le combat sans concession face à ses représentants patronaux ou gouvernementaux, voire syndicalistes corrompus.
Si le mouvement commence à prendre un peu corps, ici ou là, il nous faut rappeler les fondements de la lutte que nous voulons mener, pour éviter sa récupération et sa direction par les réformistes officiels : assemblées générales souveraines (dont la représentativité doit être appréciée en toute lucidité, n'en déplaise aux forcenés style CNT ou autres), comités de grève en charge du mouvement, élus démocratiquement et représentatifs des grévistes, rôle des syndicalistes limité à celui de conseils avisés (ou pas !!!) sans bien sûr pour autant leur interdire la présence, organisation autonome du mouvement dans tous ses aspects, en s'inspirant des expériences les plus avancées comme la grève à PSA Aulnay, la lutte à Goodyear, ou ailleurs, coordination et centralisation de la lutte au plan local et régional. Y compris nous devons organiser le débat de fond parmi les grévistes sur toutes les questions soulevées par le mouvement : quelles revendications, quelles formes de lutte, qui sont nos amis et nos ennemis, quels sont nos alliés, quelles limites nous nous fixons, quel élargissement nous recherchons, quelle popularisation et quelles explications nous diffusons, quels moyens (financiers, sécurité...) nous nous donnons pour "tenir"...
Toutes méthodes et formes de lutte déjà abordées lors des Forum du syndicalisme de classe, en particulier en mai 2007, voir la résolution adoptée à cette occasion.
Si le mouvement démarre, s'il se trouve "une étincelle pour mettre le feu à toute la plaine", c'est sur ces bases qu'il faudra organiser le mouvement. En sachant qu'en face de nous, nous trouverons les réformistes plus bureaucrates, ceux qui veulent absolument contrôler le mouvement dans leur jeu face à Sarkozy et consorts... Mais la lutte des classes est plus forte que la volonté de tel ou tel collabo !


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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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commentaires

rousseau 04/04/2009 17:49

nous devons réfléchir partout ou nous sommes présents dans les boites sur des lignes claires de classes et de masses ,pourquoi les salariés qui sont de plus en plus en colère sont encore sur le shéma d'écouter les chefs syndicaux ,comme des petits moutons les salariés sont à mon sens trop disciplinés et ne pensent pas par eux même , ils ne se rendent pas compte finalement que leur destin ,la solution est en eux dans leur capacité d'élaborer leurs propres revendications et de les porter en élaborant les moyens collectifs pour y parvenir et que ce moyen face à un état et aux patrons qui pratiquent eux la luttes des classes ,le seul moyen est le rapport de force interprofessionnelle tous ensemble et qu'il faudra la grêve générale pour y parvenir, tant que les salariés ne débordent pas les chefs syndicaux nous sommes commdannés à uniquement la répétition de temps forts , je désespére parfois de la classe ouvrière, nous avons tous les éléemnts d'une veritable explosion sociale et le ne se produit pas, pourquoi ce manque évident de conscience de classe de la part du monde du travail.
Didier militant Sud rail lyon

lili 29/03/2009 13:46

"Qu'une entreprise fasse des bénéfices n'est nullement condamnable. Reste la manière de les générer et l'usage qui en est fait.(....)Il est donc indispensable de rééquilibrer les pouvoirs, en faveur des travailleurs, dans l'entreprise comme dans la société: la décision de supprimer des emplois doit être discutée, les représentants des salariés doivent accéder aux informations stratégiques, les salariés doivent avoir un vrai pouvoir sur l'organisation des filières de production..."Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire de la CGT, (dans Ensemble, mensuel de la CGT).

Programme de la CGT aujourd'hui:
des profits, oui, mais à condition que les travailleurs puissent participer à l'organisation de leur propre exploitation et qu'ils puissent choisir lesquels d'entre eux il faut virer.....

Je ne sais pas si on peut encore taxer des bureaucrates comme ceux là de réformistes, pour moi, ils ne sont rien d'autres que des bourgeois capitalistes, exactement comme nos patrons ou nos ministres!

Lili

intactsaphir 29/03/2009 10:31

Les observateurs objectifs qui ont approché Sarkozy disent qu'il émane de lui de la violence. Anecdote révélatrice, lorsque Nicolas Sarkozy a été mis en cause par une manipulation dans l'affaire Clearstream, il a dit "je trouverai le responsable et je le pendrai à un croc de boucher".

Comme il l'a souvent montré à l'Assemblée Nationale ou à Argenteuil, Nicolas Sarkozy est un violent, et il gouvernera avec brutalité, "à la cravache", il dressera les uns contre les autres, et le résultat sera une guerre civile. Les 5 semaines d'émeutes qu'il a déjà provoqué en 2005 ne sont qu'un avant-goût de sa possession du pouvoir.

Il est alors probable qu'il utilisera le soulèvement populaire comme prétexte pour prendre les pleins pouvoirs, comme l'article 16 de la constitution le permet lorsque "l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu".