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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:51
Mardi 24 mars 2009
29 janvier -> 19 mars -> 1 mai... Mais que font les syndicats ?

On ne compte plus les réactions de dégoût, d'interrogation, de critique sur la cadence carrément ramollie des journées d'action menées par l'intersyndicale. Et nous prendrons même pas la peine de reproduire ici le communiqué appelant à l'urgence... de se revoir ! D'autant que la comparaison avec la Guadeloupe à côté fait désordre... Et que Sarko comme le Medef durcissent le ton, ne veulent absolument rien lâcher, tout en continuant à restructurer à tour de bras le monde, l'économie, nos vies quoi, à leur image, pour leurs intérêts
"Il faut la grève générale" - motion votée à tour de bras par des AG vengeresses, mais sans lendemain.
"Les syndicats ont la pétoche que çà pète".
"Il faut forcer les directions syndicales à lancer la grève"
"Il faut une nouvelle date de grève et de manifestations le plus vite possible" nous dit le NPA
"Il ne faudrait pas diriger la colère des travailleurs contre Sarkozy sur les directions syndicales mais plutôt s’appuyer sur cette colère pour être en mesure de déborder ces directions si c’est nécessaire."
Autour de nous (et sur ce blog, voir les commentaires à l'article précédent...) c'est le grand déballage. Mais sans réponse véritable pour comprendre où nous en sommes, pourquoi, justement, il n'y a pas de nouvelle grève...

Alors, c'est quoi ces syndicats ? Pourquoi vont-ils contre le bon sens de n'importe quel travailleur en colère, de n'importe quel syndicaliste un tout petit peu combatif ?
Alors, il faut remettre les pendules à l'heure et arrêter de rêver. Désolé pour la longueur de cet article, une fois n'est pas coutume, mais il faut prendre le temps de réfléchir...

Nous allons commencer par la CFDT et son "recentrage" de la fin des années 70. Pour cette confédération, la lutte des classes n'existe pas, il ne s'agit plus pour le syndicalisme que d'agir en groupe de pression pour limiter les dégâts d'un capitalisme qui ne dit plus son nom, plutôt d'une société qu'il faut rendre "harmonieuse", où patrons et salariés ont chacun une légitimité, le droit d'exister ensemble. En ce sens, la priorité est donnée à la discussion réciproque où l'on tente d'arriver à un consensus, à la négociation, à la confrontation d'arguments et d'expertises. La grève, la mobilisation ne sont que le moyen ultime d'avancer pour, en quelque sorte, "mettre un coup de pression" sur la partie adverse qui décidémment exagère trop.
Bon, c'est un résumé rapide, mais chaque lecteur de ce blog complètera. Si l'on pousse le raisonnement, c'est un syndicalisme évidemment de cogestion, évidemment de collaboration de classe, de partenariat privilégié, qui pourrait aller jusqu'à un syndicalisme de type corporatiste mussolinien dans une phase de crise aigüe : resserons les rangs tous ensemble pour sauver la société ( - le capital...).

La CGT, historiquement et traditionnellement, ce n'était pas cela. C'était la voie de la lutte des classes, de la grève, du rapport de forces. Et c'est cette idée qui reste bien incrustée dans les consciences des militants les plus combatifs (pas besoin de s'étaler sur Chérèque, c'est clair !).
Le problème, ce qu'on a tendance à oublier, c'est que cette attitude était appuyée fondamentalement sur un projet politique alternatif, celui du PCF et de la gauche au pouvoir. La radicalité de la lutte servait donc, au fond, à préparer la venue d'un gouvernement réformiste de gauche. D'où l'enterrement de Mai 68, les trahisons des luttes à répétition etc...
Depuis, la gauche a géré le capitalisme, le PCF s'est évaporé, et il n'y a plus de projet politique alternatif et crédible. Car même le NPA ne propose finalement qu'un programme de luttes radicales...
Les directions de la CGT ont fait le bilan de cette évolution, et ont donc modifié la stratégie syndicale de la confédération, sans que cela soit pour autant clairement affiché.
Ils ont constaté l'absence de projet alternatif (réformiste, bien sûr) et se sont donc glissé dans la logique du partenariat privilégié, de la coopération conflictuelle avec le gouvernement Sarkozy/Fillon. Il faut dire que ce gouvernement a joué beaucoup plus subtilement que les précédents en reconnaissant le caractère incontournable des syndicats. D'où les rencontres immédiatement après l'élection de Sarkozy, d'où les négociations à répétition, d'où les Grenelle sur tous les sujets. Et les directions CGT, déjà bien intégrées à la cogestion, ayant déjà bien éliminé la lutte des classes jusqu'à éliminer la formule des textes de congrès, ont joué le jeu, qui leur paraît le seul jouable en l'absence de perspective politique réformiste alternative.


Un document de réflexion que des camarades de SUD-Education de Haute Normandie nous ont transmis, et qui va bien dans le même sens que cet article...

Depuis les années 80, prenant acte des transformations majeures intervenues dans la société (mondialisation et globalisation du capital, désindustrialisation partielle et tertiarisation des économies du centre, délocalisation de certaines activités vers la périphérie, destruction des collectifs de travail par la flexibilité...) les syndicats majoritaires ont fait le choix de se couler progressivement dans les institutions de la cogestion sociale. En France, le mouvement a été initié dès la fin des années 70 par une CFDT choisissant la politique de recentrage. Peu à peu, en essayant de surmonter leurs contradictions internes, FO et la CGT (cette dernière un peu plus laborieusement à cause de son histoire) sont en train de la rejoindre. Le projet se veut "moderne" et "réaliste". Il s'agit de transformer les organisations syndicales en groupes de pression combinant, dans un même mouvement dialectique, lobbying et partenariat afin d'obtenir ainsi reconnaissance et participation à des négociations institutionnalisées. Dans un contexte général de désyndicalisation, cette nouvelle forme de syndicalisme n'a plus besoin d'adhérents, elle a tout juste à mesurer sa légitimité à l'aune des élections professionnelles. Dans cette configuration, les mobilisations ne se construisent jamais dans une perspective d'affrontement, mais comme un petit capital que l'on gère avec prudence et parcimonie pour servir d'atout et maintenir la pression au moment des négociations. Celles-ci devant rester inscrites dans un cadre étroit, strictement délimité, où les discussions ne portent que sur les modalités d'application de "réformes" décidées par les gouvernements mais dont le principe ne sera jamais mis en débat. Dans cette partie où les rôles sont convenus, où la bienséance exige de ne jamais transgresser les bornes qui ont été fixées, gouvernements et patronat savent que quelle que soit l'ampleur d'une mobilisation, ces syndicats respectables ne choisiront jamais un affrontement direct qui risquerait de remettre en cause leurs quelques avantages (symboliques ou matériels) acquis.

Dans ces conditions, la situation de crise que nous vivons peut-elle provoquer une révision stratégique de ce syndicalisme là ? Non. À bien des égards, il est trop tard. Pour les plus avancés sur la voie du "partenariat social" un aggiornamento aussi brutal signifierait la perte brutale des "dividendes" que promet une participation loyale à la cogestion sociale. Pour les autres, la crainte de l'isolement et de la marginalisation, la volonté de maintenir l'unité quel qu'en soit le prix à payer, les inciteront à poursuivre leur dérive vers une intégration de plus en plus poussée, celle que, justement, réclament patronat et gouvernements. Est-ce là le signe d'une trahison des directions syndicales ? Même pas. Il s'agit plutôt d'un choix stratégique cohérent et pleinement assumé. Celui d'organisations qui considèrent que la lutte des classes s'est éteinte parce que, aujourd'hui, il n'y aurait plus de classes sociales à proprement parler et qui se résignent à ce que le capitalisme soit une sorte de "fin de l'histoire" dont il faudra s'accommoder. Pour ceux-là, l'avenir ne s'inscrit plus dans la perspective d'une transformation de la société mais il se dessine comme une sorte de partenariat permanent, "gagnant-gagnant" comme ils disent, dont l'objectif se limite à gommer les aspérités les plus rugueuses de l'organisation sociale.


C'est ce qui explique toutes les ambiguités des divers discours de Bernard Thibault envers Sarkozy, jusque dans les structures sur la nécessité "d'accompagner" la situation nouvelle.
Et alors, bien entendu, on redevient bien pote avec la CFDT (c'est le vrai sens du "syndicalisme rassemblé"), avec qui désormais on partage tout le fond de la stratégie : recherche d'un partenariat privilégié, coopération conflictuelle, la seule différence résidant dans la combattivité des militants de base. Mais là encore, les directions CGT savent parfaitement s'appuyer sur cette combattivité pour renforcer leur place dans la négociation. Il n'est pas question de grève générale, parce que ce n'est pas l'objet, tout simplement hors du champ de réflexion ! C'est exactement de que Michel Donnedu a développé dans une discussion au journal Le Monde récemment...

D'autant que chez ces militants combatifs, nous l'avons déjà dit, il n'y a pas encore de rupture avec les directions réformistes, il y a toujours l'attente quelque part d'une "vraie" initiative. Par encore compris que ce ne sont pas des amis qui se trompent, des militants trop mous qu'on pourrait radicaliser, mais de vrais ennemis qui se cachent sous le couvert du syndicalisme et de la défense usurpée des travailleurs. Il n'y a pas de trahison, pour la bonne et simple raison qu'ils défendent le projet qu'ils annoncent, et qui va être de plus en plus explicite au prochain congrès confédéral : la cogestion d'un capitalisme qui n'a pourtant plus aucun avenir.

Pour terminer par rapport aux commentaires de Yves et Lili, la question du syndicalisme n'est pas que celle abordée ici, du réformisme et des directions syndicales, de la construction d'une opposition syndicale. La question du syndicalisme c'est pour beaucoup celle de la première résistance collective aux exploiteurs, aux empiètements du capital. La nécessité obligatoire de se retrouver ensemble pour résister, et dans nombre d'entreprises, c'est incontournable. Cela dit, on peut aussi comprendre le point de vue des camarades, car le fond, ce n'est pas en tant que tel la question du syndicalisme, mais celle de la lutte des classes. Et là, c'est bien sûr à voir selon les contextes locaux...

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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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commentaires

Xuan 03/04/2009 22:37

"Il me semble aussi que le désert politique et l'affaiblissement des "vrais" partis de gauche révolutionnaires et non réformistes(le PCF notemment)qui pourraient proposer des alternatives concrètes est une des causes pour laquelle nous sommes dans cette situation aujourd'hui." Dit Jaco.

Entièrement d'accord aussi : au lieu de battre le rappel pour la lutte de classe à l'échelle nationale, le P"C"F brasse le thème des conflits sociaux pour gagner des sièges aux élections européennes.
Et cependant plusieurs sections syndicales CGT ont déjà appelé à une grève nationale. Ce serait un formidable coup de main pour tous ceux qui subissent des plans "sociaux" en ce moment, pour tous ceux à qui le patronat essaie d'imposer des "requis de sécurité" dans les nouveaux règlements intérieurs, par exemple.

jaco 02/04/2009 22:22

Comme un grand nombre de personnes je ne peux qu'exprimmer un sentiment d'incompréhension et de colère face à cette décision d'action le 1er mai. En tant que d.s. CGT dans la fonction publique j'ai l'impression qu'on nous sabote purement notre travail; quels vont être nos arguments maintenant pour convaincre les agents de prendre leur situation en main par les actions de grêve et de manifs si celles-ci n'aboutissent à rien ? Que vais-je répondre aux gens qui tiennent un discours fataliste et disent ne plus croire au syndicalisme ?
Je ne peux résolument pas cautionner le passifisme dont fait preuve nos syndicats.
Je pense que le but de la manoeuvre vise vraiment à décourager les militants qui pourtant étaient de plus en plus motivés et cristalisés par le mécontentement dû à la politique du gouvernement Sarkozy. Pour moi il est absolument certain que si il y avait eu d'autres journées d'action suite au 19 mars elles auraient été massivement suivies et dans une constante augmentation. Par contre, que dire du premier mai... si ce n'est qu'une supercherie, un coup de pied dans l'eau. Qui sais encore à l'heure actuelle ce que symbolise le 1er Mai ? la fête du muguet...? On pourrais manifester les dimanche aussi! (attention, je ne dénigre pas le 1er mai en tant que fête du travail, bien au contraire, je dis simplement que ce n'est pas une date appropriée pour une mobilisation dans la continuité des mouvements précédents.)
L'attitude qu'adoptent les directions de certains syndicats comme cfdt, cftc ou fo ne m'étonne pas ; on sait depuis longtemps qu'ils ont pour vocation de casser les mouvements de protestation mais même la cgt qui nous avait historiquement habitués à d'autres positions ne sort cette fois ci pas du lot.
Le fait que tout ces syndicats s'alignent en toute conivence implicite avec nos gouvernants me dégoute profondément mais on peut immaginer que la peur de nos dirigeants face à la colère généralisée des citoyens les ait amenés à mettre d'énormes moyens de pression en tout genres pour casser le mouvement.
Il me semble aussi que le désert politique et l'affaiblissement des "vrais" partis de gauche révolutionnaires et non réformistes(le PCF notemment)qui pourraient proposer des alternatives concrètes est une des causes pour laquelle nous sommes dans cette situation aujourd'hui.

Xuan 28/03/2009 22:35

d'accord avec bébert : pour faire la révolution il faut un parti révolutionnaire.
Le syndicat défend tous les travailleurs, indépendamment de leurs opinions.
Mais il faut un parti révolutionnaire pour orienter la lutte.
Aujourd'hui l'orientation c'est visez la fente avec la bonne enveloppe...
Quant au syndicat, pour revenir au sujet, il est orphelin de sa conscience de classe, c'est clair.
Ca va revenir mais en attendant on trinque partout!

icilabase 28/03/2009 12:43

Dans ce mouvement social doit sortir un leader/porte-parole. Un leader/porte-parole similaire à celui du LKP, capable de tenir un rapport de force indéniable. Un leader/porte-parole qui ne joue pas ses intérêts persos. Je suis déçu, très déçu, de ces syndicats...

Lili 28/03/2009 09:56

Tout à fait d'accord avec PJ 49. Le problème, c'est que ça fait déjà quelque temps que tu as proposé d'ouvrir le débat, j'attends toujours, comme à moi, qu'on te réponde....Encore faudrait-il considérer que ceux qui ont une analyse et une vision différente du syndicalisme (ou du parti d'ailleurs) ne sont pas forcément dans l'erreur....
Je croyais que la confrontation d'idées et d'expériences était justement ce qui permettait d'avancer, et que c'était une des bases du matérialisme dialectique, si chère aux MLM!!!!
Lili

pj49100 28/03/2009 07:43

Et c'est reparti comme dans les années 70...
Entre les ersatz de Parti et le Parti comme ersatz!
A croire que la mystique du Parti ( ou de l'anti-Parti) est la question essentielle de la maturation du mouvement social...
A croire que la naissance d'une nouvelle Eglise ou la spontanéité du mouvement allaient engendrer EN SOI une nouvelle société...
STOP!!!
Le mouvement du prolétariat pour sa constitution de classe EN SOI vers sa constitution en classe POUR SOI a été pratiquement anéanti et nous en sommes encore à des débats de l'époque du congrès d'Amiens; la lucidité pratique en moins mais la mystique en plus...
Si nous commencions par prendre la réalité par le bon bout en cessant de marcher sur la tête?
Nostalgiques de la prise du palais d'hiver ou nostalgiques de la guerre d'Espagne, le mouvement n'a que faire de votre nostalgie.
Des prolétaires sous la poussée des mouvements sporadiques de leur classe élargissent leur compréhension du monde et tentent de s'organiser pour le transformer, alors cessons de les décevoir; nous n'avons déjà que perdu trop de temps! -pj49-

bébert 27/03/2009 16:26

merci trinity, mais des bouffes galettes j'en connais plein dans les syndicats! la question c'est de savoir quel projet politique on a pour ne pas lutter uniquement le dos au mur mais pour élaborer aussi le projet d'une autre société... Sinon merci niala, je ne suis orphelin de rien du tout... Par contre il faudra m'expliquer en quoi les grosses confédés sont "porteuses de transformation sociale", à moins que tu veuilles dire "accompagnatrice de destruction sociale". En un sens tu as raison ceci dit, depuis que je sais que je vais bosser jusqu'à 70 ans avec un salaire de merde, je me sens socialement tout transformé!

niala 26/03/2009 16:12

je vois que l'auteur de l'article est orphelin du parti guide

pour moi le mouvement d'aujourd'hui avec les confédérations syndicales est porteur de transformation sociale
a condition de ne pas renvoyer uniquement au politique et en s'appuyant sur la volonté des salariés d'être unis

TriNiTy 25/03/2009 19:47

de tout coeur avec vous.
Je réponds à Bébert : pourquoi encore un Parti ? nous avons donné sous toutes les formes - plus de Parti, on va retomber dans la course aux voix et engendrer de nouveaux bouffe-galettes - plus d'échéances électorales - mais des coordinations, des fédérations éphémères, des mandats temporaires et le pouvoir aux gens.

Martin 25/03/2009 19:43

Je sais bien que j'ai l'air de ne pas parler de cet article en commençant par dire que c'est une bonne idée d'avoir reproduit le passage de Losovsky sur l'anarcho-syndicalisme. Il est pourtant d'actualité, surtout si on le lit à la lumière des appels à la grève générale qui se multiplient, bien au delà des petits groupes plus ou moins anarchistes chez qui c'est une habitude. C'est un signe encourageant de la montée de la combativité, mais le mot d'ordre me paraît dangereux, dans la situation actuelle bien sûr.

Il faudrait savoir de quoi on parle. S'il s'agit d'une grève d'une journée, il est fort possible que les directions syndicales, ou du moins certaines d'entre elles, y appellent unde ces jours, à titre de coupe-feu. Et après?

S'il s'agit de journées de grève générale à répétition, il est possible que ça permette d'arracher des résultats sur le plan purement économique, vu que ça coûte cher aux capitalistes.

J'ai l'impresssion que les auteurs de ces appels ont plutôt dans la tête une grève générale prolongée. Ce n'est qu'une impression parce qu'ils ne le précisent jamais, ce qui est déjà inquiétant à cause du manque de réflexion que ça prouve. C'est de ce cas que je parlerai maintenant.

La question est alors de savoir si les conditions d'une grève générale victorieuse sont réunies. L'exemple de la Guadeloupe ne sert à rien ou plutôt à nous rappeler qu'une condition du succès est l'existence d'une organisation capable de mobiliser et d'unifier une majorité de la population. Où est-elle en France?

Un autre signe du caractère irréfléchi de ce mot d'ordre, c'est que personne, du moins à ma connaissance, ne précise des objectifs.

Dans ces conditions, les directions syndicales et politiques auraient beau jeu à la fois de se présenter comme porte-parole du mouvement, de le diviser et d'encourager, au moins tacitement, la répression contre les éléments les plus combatifs.

Ces quelques notes sont sommaires, j'espère qu'elles contribueront quand même à éclaircir la discussion.

bébert 24/03/2009 18:17

Très bon article comme d'habitude. Ici, en Haute-Vienne, ça pète de partout : Legrand ferme ses sites et laisse mourir ses production, Madrange cherche un repreneur et lourde ses intérimaires, Valéo a déjà annoncé 18 suppressions d'emplois et d'autres sont à prévoir le chômage partiel est de mise depuis trois mois, chez Meillor la modulation ne couvrira pas la baisse de la production, Sonas est pris à la gorge par la situation des sous-traitants de l'automobile, Schneider, après des bénéfices records et après avoir racheté tout un tas de boites, va rationaliser sa production... La plupart de ces politiques étaient prévues bien avant la crise. Et nous : rien, peau d'balle et "revenez dans deux mois". La plupart des camarades et des collègues n'acceptent pas cette situation. Le syndicalisme de cogestion c'est toujours cogérer notre propre suicide, la destruction de notre travail et de notre vie. Mais il y a aussi quelque chose que l'on a tendance à oublier en raisonnant uniquement "syndicat-syndicat" c'est que ces mobilisations, ces "soupapes" comme dit Chérèque cela sert aussi à nous mener tranquillement comme les moutons que nous ne sommes pas vers les isoloirs... C'est cela qu'attend la gauche parce qu'elle s'en fout bien que les travailleurs votent pour elle avec ou sans illusion. Ce qu'elle veut s'est revenir "aux affaires", ceux qui freinent aujourd'hui roulent pour elle... En un sens, s'il n'y a plus de projet de d'alternative réformiste, à part le NPA qui écrit sur ses affiches ceux que les syndicats devraient écrire sur les leurs, il y a bien un projet d'alternance. Les syndicats nous promènent, la gauche se refait une santé électorale, et le système, leur système, peut continuer à nous exploiter. C'est pour ça que le syndicalisme, même de classe, même radical, que nous construisons pourtant avec détermination, est insuffisant et qu'aux "alternatives" et aux "alternances" il faut opposer un autre projet de société et construire un instrument, un parti, pour l'imposer aux bourgeois gros ou petits, cachés ou connus, de gauche ou de droite...