Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 06:57
Vendredi 13 mars 2009
AZF : le syndicalisme à l'épreuve du drame

[Article republié le 18 novembre 2009, veille du rendu du jugement du procès AZF - nous reviendrons sur celui-ci dès qu'il sera connu, mais il faut se rafraîchir la mémoire...]
Le capitalisme, c'est la catastrophe, et AZF en est un exemple. C'est ce que nous disons depuis toujours, c'est ce que développe un autre article de ce blog, publié en 2001.
Dans cet article, nous n'aborderons que les conséquences particulières pour le syndicalisme de classe. Nous invitons les lecteurs intéressés à suivre le procès à se reporter au site que La Dépêche du Midi consacre à la question, ou au blog que la journaliste de La Dépêche alimente au jour le jour.

Car il y a une situation étrange à AZF.
L'intersyndicale, avec à sa tête la CGT - majoritaire -, a toujours défendu l'entreprise, que les règles de sécurité étaient respectées, que les causes de l'accident ne devaient pas être recherchées à l'intérieur de l'entreprise, mais à l'extérieur (attentat, séisme, SNPE etc.). Contre l'évidence accumulée au fil des ans, avant et après l'accident (et que nous rapportions déjà à l'époque - voir l'autre article de ce blog), ces syndicalistes refusent qu'on parle de "dépotoir chimique", et se sont battus pour la réouverture du site, rappelons-le au coeur de la ville...
Lors de l'annonce de la fermeture définitive, en avril 2002, ils ont protesté, pour revendiquer un projet industriel qui tienne compte de la sécurité, comme si, quelque part, le capitalisme ne portait pas en lui la catastrophe... On peut comprendre l'angoisse d'ouvriers qui risquent de perdre leur emploi, on ne peut accepter les discours productivistes, du progrès à tout prix comme le portait la CGT, et bien développé par le PCF ou la Riposte.
On a là l'évolution ultime de la collaboration de classe, qui ne voit l'avenir de l'ouvrier que lié à celui de son patron, qui en absorbe la logique, et devient sourd à toutes les questions fondamentales, évidentes pourtant pour tous les exploités...
  • Est-il logique d'avoir des usines dangereuses au coeur d'une ville ?
  • Et d'abord, la production de ces produits dangereux est-elle véritablement essentielle ? Car on sait aussi que les engrais azotés qui étaient fabriqués chez AZF sont utilisés dans l'agriculture intensive et source de pollution massive ?
  • Face au danger potentiel d'une production supposée indispensable, quelles mesures prendre, avant tout au plan de la prévention - rappelons que les bourgeois ne savent parler que protection, la différence des mots est essentielle.
  • Quel lien sommes-nous capables de faire entre la défense de l'emploi, et la nature des emplois qu'on nous propose ?
  • Comment faire le lien, concrètement, des salariés et des sinistrés, comme le proclamait une banderole à l'époque ?
La CGT de AZF a été embarquée depuis belle lurette dans l'esprit d'entreprise, marche-pied de la collaboration de classe, à tel point qu'aujourd'hui elle se trouve en opposition avec la Fédération de la Chimie (FNIC-CGT), qui, au moins, accuse ouvertement TOTAL et s'est portée partie civile au procès. Toutes ces questions lui sont donc étrangères...
Pourtant, les syndicalistes de classe doivent se les poser, pour construire un projet, une stratégie et une tactique et ne pas dire n'importe quoi, ne pas se retrouver aux côtés de leurs exploiteurs par exemple. Ce qui n'est pas toujours si simple, d'ailleurs : ainsi à SANOFI Aventis, après des dizaines d'années de présence à Vitry sur seine (94) la direction découvre que la production peut-être dangereuse (ce qui est vrai !) pour justifier une fermeture...
Nous ne pouvons pas faire l'impasse sur les risques industriels capitalistes, qu'il s'agisse des risques chimiques, de l'amiante, des accidents dans les mines, de l'explosion de la raffinerie de Feyzin. Si les travailleurs ne sont responsables en aucune manière des décisions et choix du capital, ils ne peuvent en aucune manière rester silencieux ou escamoter des choix dont ils mesurent les risques pour toute la société : c'est cela aussi le syndicalisme de classe !

En 2001, nous avancions :
Fermeture définitive et totale du site chimique de Toulouse
Zéro licenciement !

Resterait à réfléchir de manière plus avancée sur l'industrie chimique et la manière dont les syndicalistes doivent travailler avec les populations pour prévenir et combattre de nouveaux accidents !

En complément, on lira avec intérêt un article trouvé sur un site de la LCR, bien documenté et argumenté sur la question : ICI.

Partager cet article

commentaires

JH 24/11/2009 00:27


Et ça continue...

Breve de France Info :
Explosion dans une usine chimique de la Loire

Quatre blessés dont deux graves. C’est le bilan de deux explosions survenues en fin d’après-midi dans une usine chimique de la Loire. Ce site d’Andrézieux-Bouthéon, situé à une quinzaine de
kilomètres de Saint-Etienne, est classé Seveso.

Les employés de l’entreprise les plus grièvement touchés ont été projetés par les deux explosions survenues dans le même atelier, à dix minutes d’intervalle. Ils souffrent de brûlures et, pour l’un
d’entre-eux, de fractures.

Les blessés ont été traités sur place par les pompiers et le Samu, avant d’être évacués en hélicoptère vers des établissements hospitaliers. Sur place, les pompiers sont toujours à pied d’œuvre
pour tenter de déterminer les causes de l’explosion.

L’usine de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés, située à une quinzaine de kilomètres de Saint-Etienne, a été partiellement évacuée.

Elle produit des polymères servant pour le traitement de l’eau.


UD CGT 31 21/11/2009 11:41


COMMUNIQUE DE L'UD CGT 31

PROCES AZF, UN VERDICT INCOMPREHENSIBLE !

La deuxième catastrophe d’AZF


Pendant 1 H 45 le Tribunal dans ses attendus a requis tous les arguments que notamment la CGT avait exposé, comme celui, central de l’Organisation du travail, de cette sous- traitance qui conduit à
la perte de la maîtrise de l’outil.



Le Président a accusé TOTAL :

* De fautes organisationnelles
* De manquement à ses obligations en matière de sécurité dans le cadre du classement SEVESO 2 seuil haut
* De tromperie de la part des experts de TOTAL sur les essais en laboratoire (quantités de produits insuffisantes pour reproduire l’explosion)
* D’ impossibilité de l’Exploitant à justifier son incapacité de maîtrise des risques.



Dans ce contexte, TOTAL connaissant les causes de l’explosion dès le 22 septembre 2001 met en place une commission d’enquête interne (CEI), dans le seul but de cacher les éléments de preuve. C’est
d’ailleurs ce que confirme le Tribunal lorsqu’il note le refus de la CEI de collaborer avec le Procureur de la République et la police judiciaire.



Malgré tous ces éléments accablants, le Tribunal a conclu de façon surprenante. Il prononce la relaxe au bénéfice du doute.



Nous exigeons que le Parquet fasse appel de cette relaxe. La plus grande catastrophe industrielle ne peut rester sans conséquences. Plusieurs enseignements à chaud peuvent être tirés :



* L’absence de sanction pénale va conduire à la poursuite de la même politique et demain un autre AZF se produira
* En laissant TOTAL plusieurs jours agir à sa guise sur la scène du crime, incontestablement celui-ci n’a pas perdu son temps, TOTAL avait toujours un temps d’avance sur l’enquête judiciaire, les
juges eux même l’ont reconnu.
* Les moyens exorbitants de TOTAL avec ses experts, ses cabinets d’avocats rassemblant plus de 70 personnes à temps plein sur cette affaire n’ont pas conduit à une égalité de moyen vis-à-vis des
victimes.



C’est un encouragement pour le patronat à poursuivre dans la voie de la déréglementation et de la désorganisation du travail, la sous traitance et la précarité.



Les victimes sont choquées et indignées, la CGT les assurent de son soutien et ne baissera pas les bras.


Eugène 21/11/2009 12:48


C'est exactement la reprise du communiqué de la FNIC...
On ne se fatigue pas trop à l'UD31 !!!


En direct de Toulouse 20/11/2009 18:54


On n'a pas eu le temps de se retourner depuis l'annonce du scandale du jugement d'hier.

Quelques éléments : la colère est grande, très grande. Des gens ont craqué au verdict pendant que les ex-salariés autour de Mignard de la CGT applaudissaient... oui, tu as bien lu !! Ils ont
applaudi leur patron et le trust, ils ont applaudi à un jugement de classe particulièrement cynique et gratiné. Tu me diras, que c'est dans la droite ligne de ce qu'ils font depuis 2001, mais
là...

Plus collabos, tu meurs (d'ailleurs certains sont morts !).
On a toujours pas de réaction de l'UD ni de la fédé à l'heure qu'il est. On verra dans la journée. Il y aura peut-être manif aussi.
On voit si on peut faire un truc pour le blog dans le WE, mais c'est chaud.


Eugène 20/11/2009 18:57


La réaction de la FNIC a été mise en ligne il y a quelques minutes sur un autre article du blog...


Eugène 19/11/2009 18:50


18h00... j'entends à la radio : "relaxe générale dans l'affaire AZF". Pas de preuve formelle, donc pas de coupable ils ont dit. Ainsi est fait le droit pénal, ils ont dit.
Tout est normal, ils ont dit.

La haine dans les tripes. Justice de classe, trente morts, trente travailleurs (je ne sais plus trop combien), des dizaines de milliers de sinistrés, de traumatisés.
Voilà la réalité du "droit", de la "justice" : écrite par les bourgeois au service des patrons pour escamoter leurs responsabilités,leur culpabilité.

AZF, l'usine poubelle, tout le monde le savait.
Alors on a multiplié les écrans de fumée : la piste terroriste, la piste du tremblement de terre, la piste de l'orage électromagnétique, la piste venue de la SNPE, la piste de l'OVNI (mais si, mais
si...) pour embrouiller, semer le doute.
Et tous les crétins d'illuminés d'Internet qui sont rentrés dans ce jeu sordide.

Aujourd'hui, pas de coupable. Comme pour le sang contaminé, "responsable, mais pas coupable". Comme pour l'amiante, pas de procès pénal.
Total, Desmarets et les autres peuvent dormir tranquille...

La haine de classe contre la barbarie capitaliste...
Et dire qu'il y en a qui nous disent qu'on pourrait l'humaniser...
Putain, c'est trash. Je pense aux familles des victimes, comment ils vont dormir ce soir ? On va dire quoi aux enfants dont le père est mort ?
"Pas de coupable"... c'est la faute à pas de chance !

Mais combien de temps on va rester à regarder ça nous écraser, minutieusement, jour après jour ? "Don't mourn, organize"... Arrête de râler, organise-toi !


jean 20/03/2009 21:03

Lors de sa déposition devant le Tribunal Correctionnel de Toulouse (procés AZF), le 19 Mars 2009, le journaliste Marc Ménessier du Figaro a déclaré:
"J'affirme que tout a été fait pour que certaines pistes soient écartées et je le dis même aujourd'hui, sous serment après avoir juré, qu'à l'époque, le procureur de la République de Toulouse, m'avait menacé de figurer sur la liste des prochaines victimes de ce drame, cela prouve au moins que mon travail gênait."
C'est un aspect de l'histoire, mais il y en a eu d'autres aussi graves , je ne sais pas par contre si les témoins victimes pourront se présenter à la barre.
Indicutablement Ménessier et d'autres gênaient. Je précise que je ne partage pas pour autant le point de vue de Ménessier sur Jandoubi. Pour moi l' autopsie du corps de Jandoubi démontre que ce malheureux était mort au moment de l'explosion du hangar.

Eugène 21/03/2009 10:31


Bon, maintenant ça suffit.
On t'a laissé t'exprimer assez et tu viens maintenant défendre les positions les plus malsaines de ce procès. Marc Menesssier, du figaro que tu prétends ne pas défendre mais que tu cites a été
condamné en justice pour diffamation.
Maintenant, tu quittes ce blog, tes messages seront désormais virés.
Nous t'invitons a aller polluer les deux sites suivants :
Celui de l'association des victimes décédées : ICI
Celui de l'association des sinistrés : ICI


jean 18/03/2009 20:41

C'est certain, si vous n'avez lu que Valeurs Actuelles,La Dépêche ou le Figaro, vous devez avoir une vision un peu faussée de cette affaire. Moi , je suis allé parler avec les ouvriers et particulièrement avec le dernier ouvrier inculpé ...
A propos,l'histoire de la manipulation par les RG parisiens, non ça ne s'est pas passé du tout comme cela, la réalité a été bien pire malheureusement ...

jean 18/03/2009 18:55

Oups ! lapsus, je voulais dire Coupat et non Cantat

Eugène 18/03/2009 19:09


??? Rien à voir.
Et qui parle de soutien à l'institution judiciaire ??? De notre côté, de notre point de vue, nous ne rentrons pas dans le débat judiciaire, dont on sait qu'il sera de toutes les façons pourris et
biaisé, ne serait-ce que parce que la loi, les normes, les règles de sécurité etc. sont toujours conçues par nos exploiteurs. Et ce n'est pas
de l'idéologie, c'est la vie quotidienne que nous subissons.

Non simplement, nous disons que la responsabilité de TOTAL est pleine et entière, et nous dénonçons toutes les thèses qui visent à la dégager en touche. Si l'on suit le procès jour après jour, par
exemple sur le blog de la journaliste de la Dépêche, on voit les déclarations pitoyables des uns et des autres en ce sens... Et nous ne pouvons manquer de relever que toutes ces thèses, plus ou
moins fantaisistes, ont été développées et relayées au départ par Valeurs Actuelles ou Le Figaro... cherchez l'erreur. Sans même parler des manipulations grossières par les RG comme récemment
relaté par le site Backchich infos.
Cela dit, nous en restons à une réalité (pas une idéologie) qui est celle du capital, de l'exploitation, du profit et de ses conséquences,
le terrorisme industriel officiel... A la suite de Feyzin, Bhopal, Tchernobyl, les accidents miniers en Chine ou ailleurs, l'amiante, bientôt
les nanoparticules ?


jean 18/03/2009 18:52

Le problème dans votre réponse Eugène , c'est que si l'on remplace le mot AZF , par Cantat , et bien ça marche encore.
Moi de mon côté, je préfère oublier l'idéologie quand il s'agit de procés. Et je ne vois aucune raison de soutenir l'institution judiciaire ni dans l'une , ni dans l'autre affaire .

Jean 15/03/2009 14:39

Voila qui a eu au moins le mérite de vous faire passer de 'l'évidence' à 'l'interrogation'.Ce qui n'est déjà pas si mal. Alors quels toulousains ? Et bien ceux dont les témoignages sont dans le dossier d'instruction, ceux aussi qui ne sont pas dans le dossier d'instruction et que l'on a peu de chance de voir au procés tant on a 'incité'les témoins à se faire discrets. Vous mentionnez Hassan Jandoubi, le supposé terroriste qui portait quatre caleçons superposés. Mais savez-vous qu'à la lecture de l'autopsie du corps de ce malheureux, on ne peut conclure qu'une chose: c'est qu'il était déjà mort quand l'explosion du hangar 221 a eu lieu. Savez vous qu'il n'est pas la seule victime dans ce cas ? Vous doutez n'est-ce-pas et bien ouvrez votre esprit, et oubliez un instant les ' évidences 'et les schémas tout faits comme 'l'attentat islamiste' ou le ' mélange accidentel de produits chlorés'.

Eugène 15/03/2009 16:06


Et c'est quoi le point de vue de jean ??? On ne le sait toujours pas !!!

Quant à nous, nous récusons toutes les théories du complot très à la mode par les temps qui courrent (voir le 11 septembre) et nous affirmons
(oui, nous affirmons), même si tous les détails ne sont pas encore éclaircis, qu'il s'agit d'un
"attentat (bien sûr involontaire !) terroriste industriel" suite à une catastrophe explosive dans un dépotoir chimique.
Qu'en ce sens, c'est le capitalisme dans tous ses volets qui est responsable : gestion et prévention des risques basées sur des "normes" établis par les bourgeois eux-mêmes, aménagement du
territoire, agriculture intensive,  précarité et sous-traitance, et  bien sûr industrie basée sur le profit et pas la satisfaction des besoins et respect tant de la société que de
l'humanité de l'homme.

Et vois-tu Jean, cela nous suffit. Les "questions" qui se posent aujourd'hui au procès (voir sur le blog de La Dépêche, en lien dans cet
article) ne visent qu'à escamoter ces responsabilités-là, à dégager en touche, à absoudre le monopole Total (et tous ses comparses) de leurs responsabilités.
Nous pouvons comprendre que certains anciens de AZF ne supportent pas le souvenir de cette catastrophe et ce qu'ils imaginent (à tort) être de leur responsabilité. Mais quand on bosse pour un
patron, on n'est responsable de rien, on n'a aucune prise, aucun choix à faire. Car on vit dans un monde de bourgeois, écrit par des bourgeois, construit par et pour des bourgeois, où l'ouvrier, la
vie humaine n'est que marchandise, "ressource à profit". 30 morts ? Ils s'en contrefichent, ce ne sont que dégâts collatéraux.
Et c'est contre ce monde-là que nous nous battons sur ce blog.


jean 15/03/2009 13:19

De quelle évidence parlez-vous dans cet article ? La seule évidence que nous connaissons, c'est celle des témoins, salariés ou non de l'entreprise, qui ont vécu cet évènement. Et là, accident ou pas, la version officielle que vous soutenez, celle du pouvoir politique en place, est démentie par les faits. Contestez-vous les témoignages des toulousains ? Prétendez-vous qu'ils sont tous des menteurs ?

Eugène 15/03/2009 14:05


Etrange commentaire...
Aucun élément, aucune position... Comme partout, des notions comme "les salariés", ou "les Toulousains", cela n'existe tout simplement pas en
général. Toute population est partagée par des points de vue différents, des positions politiques, ouvertes ou cachées.
Il n'existe point de point de vue neutre, indifférent. Nous avons un point de vue. Et nous l'affichons. Point de vue construit à partir de camarades "toulousains", de syndicalistes,
d'intérimaires ayant travaillé dans l'usine, d'une analyse de ce qu'est l'esprit d'entreprise et la collaboration de classe. Notre avis est affiché, connu.
Et quel est l'avis de notre lecteur ? Une explosion provoquée par un missile tiré depuis le Mirail par un terroriste qui portait quatre caleçons superposés ?