Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 12:00
Samedi 13 décembre 2008
Sans-papiers : la Confédération persiste, signe et clôt.

Dans leur intervention lors du meeting du 29 novembre, nos camarades de Fayat soulignaient que 1000 ou quelques régularisations sur des dizaines (voire des centaines de milliers) de sans-papiers, c'était une goutte d'eau dans l'océan. Et qu'en plus, la validation des critères Hortefeux par La CGT en tant que telle était un frein puissant à la régularisation de tous les sans-papiers qui en remplissent pas les critères.

Dans un communiqué daté du 12 décembre, la Confédération fait à nouveau le point, toujours dans le même sens. On notera avec intérêt qu'il n'y a plus aucune critique à l'égard du gouvernement et de sa  politique migratoire, mais seulement aux "hauts fonctionnaires des préfectures", qui mettent de la mauvaise volonté et "laissent dépérir" les dossiers. On a ici la preuve manifeste d'une collusion de la CGT, qui a réussi à se positionner en interlocuteur responsable et du gouvernement.
Enfin, tout le vocabulaire du communiqué, "résultats engrangés", "ce n''est que justice" etc. laisse entendre que l'affaire est désormais close, et qu'il ne s'agit plus que d'application définitivement "apaisée et harmonieuse" d'une victoire de la lutte.

On ne pourra jamais retirer le mérite des camarades de la CGT qui ont impulsé ces mouvements, de Paristore à Buffalo Grill, jusqu'au lancement du mouvement du 15 avril dernier, ces dizaines de militants qui se sont investis dans ce combat, en soutien à la lutte des travailleurs sans-papiers. Cette reconnaissance ne doit pas masquer que dès que la Confédération s'est emparée du dossier, évidemment pour circonscrire un conflit qui prenait une ampleur non maîtrisable, la grève des sans-papiers a été limitée à des conflits dont il fallait qu'ils restent symboliques, en empêchant tout élargissement à l'ensemble des sans-papiers dans tous les départements.

Aujourd'hui, la question posée est celle avancée  par nos camarades de Fayat, ainsi que  par certains soutiens : l'organisation autonome des sans-papiers, pour prendre eux-mêmes leur lutte en main et ne plus dépendre d'experts syndicaux ou administratifs, pour assumer eux-mêmes leur libération.

Partager cet article

Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
commenter cet article

commentaires

pj49 15/12/2008 17:01

Quand la montagne accouche d'une souris...

- Si nos camarades immigréEs acceptent ces critères de division de leurs rangs.
- Si les travailleurs et les syndicalistes français qui se sont battus à leurs côtés acceptent cette trahison des intérêts les plus élémentaires de la fraction la plus exploitée de notre classe;
- Si la situation se normalise sur cette "avancée" voulue tant par la confé CGT que par le gouvernement d'application "apaisée et harmonisée" de l'art. 40;
- Si le mouvement formidable entamé le 15 avril, marqué par les révoltes et l'incendie partiel ou total des prisons pour étrangers, jalonné par des élans de solidarité vite étouffés sous le silence médiatique et la discrétion syndicale et politique, devait s'arrêter là;
... notre classe aura connu une de ses plus graves défaites de ces dernières décennies!!!

Loin d'aller dans le sens de la régularisation de TOUS les sans papiers, ces négociations confé. CGT - Hortefeux concrétisent l'immigration choisie divisant entre "bons" sans papiers remplissant ces critères et les autres;
et les travailleurs isolés?
et les travailleurs non déclarés?
et tous les autres...?
Loin d'être une avancée légale ces critères ne sont que des points de repère, "une grille indicative" à l'attention des préfectures; contre la volonté affirmée de nos camarades sans papiers, la confé CGT et toutes les orgas et assocs qui la soutiennent acceptent ce "cas par cas" que rejettent les grévistes et les Collectifs de sans papiers; elle entérine ainsi la division entre sans papiers en totale opposition avec son but statutaire d'UNION de tous les travailleurs sans papiers; elle entérine également, par une régularisation d'un an, la précarité de la situation de nos camarades et les livrent à l'arbitraire patronal par le chantage à l'emploi.
Loin d'être un progrès vers l' EGALITE DES DROITS, elle admet, sans le dire ouvertement, la "préférence nationale" si chère à Le Pen en refusant d'exiger la suppression de la taxe ANAEM, discriminatoire à l'embauche. Elle entérine ainsi la division entre travailleurs français et immigrés en totale opposition avec son but statutaire d'UNION de TOUS les travailleurs.
Loin d'être un soulagement pour nos camarades immigréEs, elle se rend complice du TERRORISME D'ETAT en passant sous silence la revendication essentielle de la fermeture des Centres de Rétention Administrative (CRA) et la fin des rafles et arrestations au faciès.

Si le mouvement accepte ne serait-ce que la logique de cette "importante étape" , cela ne sera pas une avancée comme annoncé par la confé. CGT mais un RECUL du mouvement sans papiers à ces balbutiements d'avant Saint-Bernard.
Dans l'immédiat, des mesures d'urgence s'imposent au mouvement gréviste:
Faire un état des lieux encore en grève et les coordonner efficacement malgré et s'il le faut contre les états majors syndicaux et associatifs.
Remettre à l'ordre du jour les revendications communes au mouvement vers la liberté de circulation et l'égalité des droits:
- Carte de résidentE pour tous les sans papiers!
- Suppression de la taxe ANAEM!!
- Fermeture de tous les CRA!!!
Poser la question de l'organisation autonome du mouvement autour de ces revendications.
       Nous sommes obligés de constater que les réunions entre Collectifs et grévistes, qui étaient pourtant une très bonne initiative vers l'unification du mouvement, ont été un échec; il convient d'analyser les causes internes et externes de cet échec mais on peut déjà avancer que la peur de certains "petits chefs" dans les Collectifs de perdre leur pouvoir n'y est pas étrangère.
       Nous ne pouvons pas en rester là sous peine de voir le mouvement s'effondrer et sombrer dans des divisions où le "chacun pour soi" sera la seule règle...
       Ces grèves qui auraient pu et dû devenir une grève générale des sans papiers ont permis au mouvement de franchir une nouvelle étape historique: les Collectifs issus du cycle des combats initiés par l'occupation de l'église St Bernard ont montré leurs capacités formidables de mobilisation et ont été un moment important d'organisation pour le développement des luttes; ils ont montré également leurs limites mais ils ont posé les jalons d'une véritable organisation des luttes dans un syndicat autonome des travailleurs et travailleuses immigréEs, avec ou sans emploi,  afin de fédérer et coordonner toutes les luttes immigrées pour l'Egalité des Droits; ce combat pour l' Egalité des Droits ne peut être séparé encore moins opposé au combat plus général des travailleurs pour leur Emancipation; il en est une partie intégrante et essentielle et ne peut que demander son adhésion au syndicat qui prétend le "représenter", en l'occurence la CGT avec le soutien solidaire dans ce syndicat de tous ceux et celles qui ont encore pour objectif cette émancipation de leur classe inscrite en lettres de sang par leurs ainéEs dans les statuts de la CGT.
Cette organisation formelle n'est évidemment pas une garantie pour l'avenir mais elle en est une condition pour que chaque camarade puisse reprendre en main sa destinée; elle est aussi une condition pour que l'Egalité des droits soit une réalité au moins dans le syndicat, loin du colonialisme de la direction actuelle.
Ce syndicat MOÏ-CGT (Main d'Oeuvre Immigrée) est une proposition et n'a pas valeur de passage obligatoire du mouvement pour son efficacité mais cette proposition a au moins le mérite d'exister; elle permet l'autonomie du mouvement en rompant son isolement.
Pour qu'il existe cela suppose que tous les soutiens dans et hors la CGT:
- le fassent connaître sans sectarisme parmi les sans papiers et les régularisés
- le fassent connaître et mieux, reconnaître parmi les travailleurs et travailleuses françaisEs.
- prennent toutes les initiatives pouvant favoriser sa naissance.
Cela suppose d'ABORD ET AVANT TOUT que nos camarades immigréEs, avec ou sans papiers, avec ou sans travail, aient la volonté politique de lui donner naissance et prennent les initiatives nécessaires à la convocation de son congrès constitutif sur un programme revendicatif et une stratégie claires.
Encore une fois ceci n'est qu'une proposition. Si quelqu'un a mieux, je suis preneur mais laisser la situation dans l'état reviendrait à un abandon du combat pour l'égalité des droits et, au final, à l'abandon du combat de notre classe pour son EMANCIPATION.

"Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique sociale"
A+ dans les luttes; -pj49-