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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 19:32
Mercredi 26 avril 2006
Succès du meeting d'opposition syndicale
à la Bourse du Travail de Lille
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Environ 250 personnes se sont retrouvées à la bourse du travail pour affirmer leur opposition à la direction confédérale. Beaucoup de métallurgistes dont certains étaient déjà à la réunion du 8 février à Denain. Mais il y avait aussi des représentants de la construction, de la chimie, de l’agro-alimentaire ainsi que des enseignants. Des militants de plusieurs régions étaient là ; certains ayant même traversé la France. Le blog "Où va la cgt ?" était présent avec une table de presse et nous diffusions un tract.

Jean-Pierre DELANNOY, responsable régional de l'USTM Nord-Pas de Calais a commencé par une intervention où il dénonçait la façon dont se passait le 48e congrès, à quelques centaines de mètre de là, particulièrement la sélection des interventions.
Il a ironisé sur les cris de victoire des dirigeants confédéraux qui ont sablé le champagne le soir du retrait du CPE. La victoire est d’abord celle des étudiants et lycéen qui ont imposé aux confédérations l’unité dans l’opposition au CPE. Cette victoire est l’arbre qui cache la forêt des défaites de ces dernières années, due à la stratégie du syndicalisme rassemblé.
Le camarade a dénoncé la remise en cause de l’identité de la CGT. La sécurité sociale professionnelle, tombée d’on ne sait d’où, est une machine de guerre pour enterrer toutes les revendications de classe que portait la CGT : retraite à 55 ans, embauche des jeunes et des précaires, minima à 1590€, arrêt des licenciements. Des revendications qui ont, elles, été construites et sont partagées par les syndiqués de base. Au fil des prises de position se creuse l’écart entre les dirigeants et les syndicats CGT. Mais le vrai problème est l’attitude par rapport au capitalisme : « Le défi de la mondialisation, cher aux gouvernements des différents pays de la planète, n’est autre que le capitalisme qui exploite les salariés de la planète ».

Nasser, au nom des étudiants et lycéens, a remercié les camarades de l’USTM pour leur participation à toutes les initiatives appelées par eux et pas seulement lors des journées d’action. C’est cela qui a fait reculer le gouvernement Villepin et la lutte contre la précarité doit se poursuivre. Elle aurait pu continuer contre le CNE et la loi Egalité des chances grâce à la brèche qu’on avait ouverte. Ce n’est pas le choix qu’ont fait les organisations. Pourtant « …la seule façon de gagner, c’est Tous ensemble avec les armes de notre classe : les grèves les manifestations les blocages. Nous laissons aux autres les diagnostics partagés et les négociation à froid ».
Nasser a conclu en appelant à la solidarité avec les inculpés de la lutte anti-CPE.

Puis ce fut au tour de Serge Piéplat d’intervenir. Délégué au 48e congrès par l’USTM, il avait préparé une intervention, avait déposé sa demande lundi avant même le rapport d’ouverture de Thibault mais n’a pas été « choisi ». Il nous l’a livré telle qu’il aurait voulu la faire. Pour le camarade, il faut refuser de partager la misère. Face aux attaques des capitalistes ce que nous avons besoin, c’est de construire une unité de combat et pas de l’acceptation partielle des attaques. Les revendications de la CGT sont diluées par la direction. La stratégie d’unité au sommet avec des revendications construites au sommet conduit à l’échec comme en 2001, 2003, 2004. Aujourd’hui la NVO va même jusqu’à revendiquer un contrat individuel « pour promouvoir une mobilité choisie qui correspond aux besoins de l’économie notre pays ». L’USTM Nord-Pas-de-Calais est opposée à cette voie de collaboration de classe. Et il a conclu : « Le changement dans la CGT s’impose ! ».

Robert Pelletier, un ancien responsable de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie (voir ici sur notre blog) a repris plusieurs points du rapport d’activité et rappelé les dernières casseroles que traine la direction confédérale. Le rejet par les salariés EDF-GDF de la réforme de leur régime de retraite défendu par Dennis Cohen, le secrétaire de la fédération de l’énergie CGT. L’échec cuisant du syndicalisme rassemblé en 2003 lors de la lutte contre la loi Fillon. Pas un mot d’ailleurs, dans le rapport d’activité sur la grève de plusieurs mois de l’Education Nationale. Quant aux accusations d’absence de démocratie dans la CGT sur le référendum de l’an dernier, jamais, au contraire, il y a eu un débat d’une telle ampleur.
Bien que le congrès soit verrouillé dans sa composition, le niveau d’opposition monte. Il a conclut en soulignant le caractère historique de la réunion que nous étions en train de faire et en appelant à la construction d’un syndicalisme de lutte de classe, bref une démarche qui tourne le dos à celle de Thibault qui se rend chez le ministre le jour même où le GIGN intervient contre les travailleurs corses sur le ferry.
Enfin, dans notre lutte contre la précarité, il a rappelé que celle contre le CESEDA, contre l’immigration kleenex, est essentielle.

Isabelle Banny, la secrétaire de l’Union Locale de Longwy a ensuite donné des informations sur la lutte autour de Kamel Belkadi, condamné comme responsable de l’incendie de l’usine Daewoo alors qu’il est notoire que c’est la direction elle-même qui a fait mettre le feu à son usine. L’UL, dans son combat contre la fermeture et contre les attaques judiciaires a reçu le soutien de beaucoup de structures mais jamais de toute la CGT, ce qui aurait changé la donne.

Enfin Jean-Pierre Delanoy a conclut le meeting en appelant à signer et faire signer une motion qui appelle à la convergence des luttes pour construire les bases d’une véritable grève générale. Il a salué le combat des anciens et que les acquis dont on bénéficie se méritent par la lutte et qu’à notre tour nous devrons transmettre cet héritage aux jeunes
Nous avons fini en chantant l’internationale, tous, à 250 dans la cour de la Bourse du Travail, le poing levé. Et ce n’était pas un rituel mais un chant d’espoir. Avec la réunion du 25 mars à Paris, ce meeting à Lille constitue un deuxième point d’ancrage pour construire des forces s’opposant à la collaboration de classe de la direction confédérale.
Nous avons fini autour du barbecue. Les groupes de discussions sur les sujets qu’on venait d’aborder se faisant et se défaisant. Bref, personne n’avait envie de se quitter. Rendez-vous est pris pour se voir avant l’été pour faire le bilan du congrès et voir ce qu’il est possible de construire.
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commentaires

G
Salutation fraternelle à tous les camarades ouvriers (es) intervenant sur ce blog.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Bonjour à tous<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Petite présentation, 55 ans ouvrier d’usine  dés l’age de 14 ans, militant syndicaliste de la métallurgie dés le plus jeune âge, plusieurs fois licenciés pour activités syndicales aujourd’hui chômeur et marquer du sceau de l’infamie par le patronat local  est plus.<br /> <br />  <br /> <br /> Petite intervention à propos de la mise au point des responsables du blog, sujet : <br /> <br />  <br /> <br /> Aller à SUD, la solution ?? Ca se saurait<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Je viens de visiter ce blog, ou s’alternent les expressions d’espoir et de désespoir, chacun ayant des difficultés à trouver sa place, dans un concert de sollicitation sur le mode actuel mais pas nouveau : « ici plus, ici moins de lutte de classe »<br /> Mon expérience personnelle, m’a conduit à attaquer cette question d’un point de vue totalement différent. Déjà, je voudrais avancer le constat qu’il y a trop de paramètres à observer, pour aborder cette question sur cette simple formule devant conditionner un choix d’adhésion à une organisation en raison de « son attachement  ou non » à la lutte des classes et de masse (par ailleurs formule fort hasardeuse dés que l’on sort du champ des luttes économiques, mais ici nous entrons dans une toute autre discussion) ex : sections déjà existantes ou non sur son lieu de travail, sections de sans emplois présentes ou pas sur sa ville, influences idéologiques, statut social, puis quant on est ouvrier cette désagréable impression à force que cela nous soit répété a dessein d’appartenir à une espèce en voie de disparition ou en mutation  etc. Ainsi nous pouvons observer que rien n’est aussi simple pour permettre de nous en tirer dans ce souci avec la simple observation du vaut mieux être ici sans illusions que la bas avec illusion, trouver dans cette mise au point.<br /> <br />  <br /> <br /> Aussi vais-je répondre à son auteur, que l’illusion, de mon point de vue n’est pas là où il là situe, je parle ici du secteur privé, la question du plus où moins de « lutte de classe », suivant que l’on se syndique ici où bien là, échappe totalement à la simple volonté du militant. L’histoire à prouver que les camarades (es) les plus à cheval sur les principes, les plus rétifs à la compromission, (et il en fut observée à la base de toutes les centrales syndicales, dans la compromission aussi d’ailleurs !) sont amenés (es) un jour ou l’autre dans le cadre  d’un conflit, à entrer en discussion avec la direction de leur entreprise et en fin de course finissent toujours par : soi siffler la mi-temps, soit faire adopter la reprise, signant ou bien refusant de signer des accords favorables ou défavorables aux travailleurs. Je précise qu’ici l’analyse mériterait un plus long développement, tant il est clair que dans ce domaine il est bien connu que les militants de bases, les travailleurs, ne détiennent pas toutes les clefs du succès d’une action. Conséquemment j’oserai ajouter, pour les camarades de<br /> la CNT<br /> adepte de l’autogestion, même si cette décision devient le fait d’une assemblée souveraine de travailleurs placés sur un pied «d’égalité» dans débat avec leur représentants). Tout juste cela leur permettra-t-il de s’en tirer avec un : « malgré notre échec le conflit fut mené dans la rigueur du respect du droit à la parole de chacun » la belle affaire ! dirons nous, car qui est rompu à la pratique des réunions d’informations, fini toujours par s’apercevoir qu’il n’est pas une intervention dans une assemblée générale dont la qualité ne soit fonction du niveau de prise de conscience de l’intervenant etc. <br /> <br />  <br /> <br /> Ainsi qu’il le veuille ou non, le meilleur des militants lutte de classe ayant présidé à la conduite d’un mouvement dans les règles de l’art d’une confrontation de classe sans compromission, ne pourra échapper à cette logique. Il n’y a là aucunes raison de désespérer, cela nous éclaire de ce que « tout simplement », les limites de la lutte de classe économique viennent d’être atteintes, et qu’il va falloir remettre l’ouvrage sur l’établi. C’est la logique du syndicalisme  qui fait, que lutte de classe et de masse ou pas, celui-ci (le syndicalisme) reste toujours d’accompagnement, le recours à la grève générale ni changeant rien à l’affaire, même s il parvient, je dirais même surtout si il parvient à l’obtention de réformes politiques « favorables » aux travailleurs tant que l’on reste dans le cadre du système. Chacun se rappellera le trop célèbre de «Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n'ont pas encore été acceptées, mais si l'on a obtenu la victoire sur la plus essentielles des revendications, tout n'est pas possible de Maurice Thorez » en juin 1936, qui suivait le : « il ont cédé sur tout » de Benoît Frachon alors secrétaire de<br /> la CGT.<br /> <br /> Ici nous sommes à la conclusion d’une logique qui voudrait frauduleusement que le syndicalisme se suffise à lui-même pour les transformations sociales en profondeur, ou en rupture, c’est selon que… ce qui me permet de m’interroger sur le simple constat  de l’argument qui voudrait que l’heure soit à la politique selon l’expression du responsable de cette mise au point. <br /> Cette conclusion n’est pas nouvelle elle non plus, ici aussi les bilans se doivent d’être tirés, les responsables de ce blog ne peuvent pas ignorer que nous n’avons pas à faire la à une recette nouvelle, toutes les organisations politiques d’extrême-gauche nous ont resservies régulièrement la formule, et là encore les choses sont loin d’êtres aussi simples. Bien des leçons restent à tirer aussi sur cette question, sous peine de reconduire la classe ouvrière à voir l’histoire se répéter, celle de sa dépossession de ses organisations de luttes économiques et politiques, et nous conduire par l’exemple à la forfaiture que l’on nous sert actuellement y compris dans les milieux d’extrême gauches de la prétendue victoire qu’aurais été le retrait par le gouvernement de l’article huit de la loi Borloo, sur « l’égalité des chances » c’est ici que se niche la compromission, pour toutes et tous restés en rade dans la précarité toutes et tous ses jeunes entre les mains de la justice bourgeoise malheureux oublier du retrait en bonne ordre des organisations de travailleurs et d’étudiants. <br /> <br />  <br /> <br /> Salutation militante<br /> <br />  <br /> <br /> Un ouvrier diffuseur du mensuel Marxiste-léniniste (L’ouvrier communiste) <br /> Pour en savoir plus boite mail : garde.ouvriere@gmail.com<br />
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R
franchement à SUD ? camarades quitte a quiiter la CGT autant aller à la CNT (au moins c'est l'equivalent de l'ancienne CGT) où la lutte de classe a un sens, SUD encore qcq années et le reformisme y grandit encore plus vite qu'à la CGT, à la CNT au moins de part ses chartes et son fonctionnement autogestionnaire est et sera ce que les militants de base en feront, moi sur les terrains je les trouve corrects
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M
Mes camarades,  après 17 ans de CGT à EDF, nous avons fait le même constat que vous, nous avons aussi essayé de faire changer les choses.<br />  <br /> <br /> Les appareils sont bloqués par des réformistes et la CGT n'a plus à mon sens sa raison d'être, elle ne fait pas mieux que la CFDT d'y a 20 ans, et on voit ou cela l'a mené !<br />  <br /> <br /> C'est pourquoi, avec les militants les plus engagés, nous avons décidés de rejoindre SOLIDAIRES / et de créer SUD Energie !<br />  <br /> <br /> Je le sais que trop, il est très difficile de faire son deuil de la CGT dont nous avons été les acteurs, une CGT bien différente que celle d'aujourd'hui.<br />  <br /> <br /> Mais c'est la seule solution que nous avons trouvée, car ne croyons pas à un retour en arrière de l'appareil CGT actuel...<br />  <br /> <br /> Pour l'heure, les positions de Solidaires nous conviennent totalement, les vieux de la CGT, chez nous croient nous contrarier en nous disant : Vous les Sud, vous n'avez pas évolué, vous êtes la CGT d'il y a 20 ans !<br />  <br /> <br /> Et bien, rien ne pouvait nous faire plus plaisirs !<br />  <br /> <br /> A+ dans les luttes René-Michel - SUD Energie Paris (EDF-GDF enfin pour ce qui l'en reste)<br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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O
Cher camarade,Aller à SUD, la solution ?? Ca se saurait.Comme nous le disons par ailleurs (ici), le syndicalisme est partout partagé en deux voies, la voie de la collaboration de classe et la voie de la lutte des classes. Nous le vivons à la CGT, mais il ne faut pas croire que l'herbe est plus verte ailleurs. Au delà des discours apparemment plus radicaux, à SUD, c'est la même chose ! Comme l'a dit de manière assez claire un camarade de SUD dans notre journal Partisan : "mieux vaut être à la CGT sans illusions qu'à SUD avec des illusions !".Pour ce qui est de SUD-Energie (qui existe depuis quelque temps) il ne faut pas croire que c'est différent. Déjà une partie des militants l'ont quitté pour rejoindre la CNT, pour cause de position trop réformistes et trop proches de celles de la CGT...Et oui, il y a aussi le problème de fond ! Et au fait, on pense quoi du service public et de la place de EdF là-dedans ? Il faut avancer là dessus aussi !! Et au fait, vous pensez quoi de notre article ?Plus que jamais nous le répétons. L'heure est à la politique, pas à la recherche de potions magiques pour trouver la recette du syndicalisme de classe, comme par miracle. Nous en ferons pas l'économie de ce chemin, que cela plaise ou non, et franchement, plus vite nous nous y mettrons, plus vite nous avancerons !<br /> "Où va la CGT ?"
A
Chers camarades, Le 48e congrès a validé à plus de 80% le réformisme de Thibault et de son équipe. Il a montré les limites et l'isolement des opposants dans un congrès entièrement ficelé et largement acquis à la direction confédérale qui a été reconduite, à quelques noms près. Ainsi, la CGT tourne définitivement le dos au syndicalisme de lutte de classes. le 48e congrès a également validé la volonté de la direction confédérale d'adhérer à la future nouvelle confédération syndicale mondiale (réactionnaire). Il est important que les collectifs, syndicats, militants... qui se sont manifestés ces derniers temps pour dénoncer cette orientation de la CGT en réaffirmant leur volonté de faire rennaître le syndcalisme de lutte de classes, puissent se rencontrer afin de tirer les enseignements de ce congrès et évaluer ses conséquences sur le syndicalisme en France (à l'intérieur et à l'extérieur de la CGT)et sur les luttes futures du mouvement social. J'adresse cet appel au nom du CGT-E. Alain
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