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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 01:05
Qu'est-ce que l'exploitation ?
(tiré du cours N° de l'école de formation de Voie Prolétarienne)


LA PLUS-VALUE ET L'EXPLOITATION

La propriété de la force de travail humaine, sa valeur d'usage, c'est de produire plus de richesses qu'elle n'en consomme pour se reproduire. La différence entre ce qu'elle produit et ce qu'elle consomme, c'est ce qu'on appelle le travail gratuit, ou sur-travail. Et la quantité de valeur que représente ce sur-travail, c'est la plus-value.

Qu'est-ce que la plus-value ?

La plus-value est la source de tout le profit capitaliste. Elle est, par définition, la source de toute "valeur"! Et elle est, en même temps, le fondement et le moteur du mode de production capitaliste. Le salariat est donc le rapport fondamental de ce mode de production.

Lorsqu'un patron achète la force de travail d'un ouvrier pour 8 heures, ce qui l'intéresse, c'est qu'il ne la paye que pour sa valeur de renouvellement; par exemple: 4 heures; et que la différence entre ces 4 heures payées et les 8 heures produites, il va se l'approprier. A proprement parler, il n'y a pas de vol sur le salaire, puisque les 4 heures de salaire représentent bien le prix de ce qui a été acheté: la force de travail de l'ouvrier. Ces 4 heures correspondent bien à la valeur des marchandises nécessaires à l'ouvrier pour reproduire ce qu'il a vendu: sa force de travail...

Exemple :
Si le temps travaillé est de : 8 heures
Et si la valeur de la force de travail est de : 4 heures
La plus-value sera de : 4 heures.

Alors; où est l'exploitation? Eh bien, justement, dans le fait que, par ce système du "salariat", le capitaliste s'approprie en toute "légalité" le sur-travail produit par l'ouvrier. Il n'est pas besoin pour cela qu'il nous "vole" sur les salaires. Le véritable vol, c'est celui qui consiste à s'approprier les moyens de production afin de faire travailler les autres et de s'accaparer les richesses qu'ils produisent. Mais ce vol là est tout à fait légal dans cette société capitaliste. La "déclaration des droits de l'homme et du citoyen" de 1791 n'affirme-t-elle pas que "la propriété est un droit inviolable et sacré".

C'est donc sur la vente de la force de travail que repose l'exploitation capitaliste.

Les ouvriers sont exploités, même quand leur force de travail est payée à sa valeur


Si il y a profit, ce n'est pas parce que les salaires sont bas. C'est parce que les salaires ne représentent, de toute façon, que le coût de reproduction de la force de travail.

Marx s'est opposé, sur ce point en particulier, aux théories de l'anarchiste français Proudhon. Celui-ci pensait que l'exploitation venait de ce que le salaire était inférieur à la valeur du travail de l'ouvrier; ou du fait que les marchandises étaient vendues plus cher que leur valeur.

Même si les ouvriers reçoivent un salaire qui correspond au coût de leur force de travail, ils sont exploités. Mais cela n'exclut pas les cas où les travailleurs sont effectivement payés au-dessous de ce coût. Il y a alors ce qu'on appelle: surexploitation.

Existe-t-il un "juste salaire" ? Peut-il y avoir un "bon contrat de travail" ?


Souvent, la revendication spontanée des ouvriers, et celle des syndicats réformistes, c'est: un "bon salaire"; un salaire "juste". Mais qu'est-ce que c'est qu'un salaire juste? N'est-ce pas précisément le salaire qui paye toute la force de travail de l'ouvrier; et rien que sa force de travail.

Bien sûr qu'il faut se battre, sous le capitalisme, pour un salaire qui nous permettre de vivre et non pas de survivre. Mais ça ne suffit pas. En rester là: c'est tout simplement admettre notre exploitation. Revendiquer "un juste salaire" ce n'est pas lutter contre l'exploitation. C'est, au mieux, exiger qu'elle se fasse dans des conditions sociales normales, puisque l'exploitation se réalise quand la force de travail est payée à sa valeur.

Notre but à nous, communistes, c'est de ne plus subir l'exploitation. Si nous voulons changer la société, nous ne pouvons pas en rester à exiger ce qui permet tout juste de reproduire une "bonne" exploitation. Si nous voulons transformer le monde, nous ne devons pas limiter nos exigences à ce qui est acceptable par ceux qui nous exploitent. Les intérêts ouvriers sont contradictoires à la bonne santé du capital.

Face au "réalisme" des patrons et des réformistes, nous devons fonder nos revendications sur le potentiel de richesses et de temps libre que recèle le niveau de développement de la société actuelle. Nous devons formuler nos revendications en fonction de nos besoins, et non pas en fonction des possibilités du capital.

Qu'est-ce que le taux de plus-value, ou taux d'exploitation ?


Le taux de plus-value mesure le degré d'exploitation des ouvriers. Il est le rapport entre la plus-value créée et le salaire versé.
Par exemple: Si le salaire représente 4 heures de travail pour une journée de 8 heures, le taux de plus-value est :
8 - 4 = 4
4 sur 4 = 100%

Mais si le salaire est équivalent à 2 heures de travail, le taux d'exploitation est de:
8 - 2 = 6
6 sur 2 = 300%

La plus-value se réduit-elle aux bénéfices des entreprises ?

La plus-value dégagée par l'exploitation des ouvriers, ce n'est pas seulement les bénéfices des entreprises ou des banques; loin de là! Ces bénéfices ne sont que la partie apparente de la plus-value. En réalité, la plus-value totale sert :

  • A payer les salaires (la force de travail) des travailleurs non productifs de plus-value. Parmi ces travailleurs, certains sont utiles à toute la société: enseignants, personnel de santé... D'autres le sont seulement pour le capital: employés de banque, publicistes, flics...
  • A payer les salaires élevés des serviteurs du capital: cadres supérieurs, hauts fonctionnaires, évêques...
  • A financer les investissements de renouvellement ou d'extension du capital des entreprises.
  • A financer les investissements de l'Etat: les écoles, les hôpitaux... mais aussi l'armement.
  • Enfin, ce qui reste, ce sont les bénéfices; qui sont versés aux propriétaires des entreprises sous forme de dividendes, de rentes, etc... Or, en 1987, cela représentait, en France, 6% "seulement" de la valeur créée par les ouvriers. Vous direz que c'est encore beaucoup trop pour ces parasites!...
Mais nous voyons bien que le but de la révolution ne peut pas être simplement de répartir différemment ces 6% de bénéfices. Si on veut que la situation des exploités change, il faut bouleverser de fond en comble toute la société: changer l'usage qui est fait de toutes les ressources; et du travail des hommes en particulier.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Théorie
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