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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 17:48
Dimanche 10 Août 2008
Sans-papiers : le point de l'été

Voilà un mois que nous n’avons pas fait le point sur le mouvement des sans-papiers. A la fois un petit relâchement lié aux congés de certains camarades, et aussi pour prendre du recul, voir comment les choses évoluaient.
Nos lecteurs ont entretenu l’information par leurs commentaires réguliers, c’est une excellente chose et le signe d’une mobilisation réelle. Nous ne pouvons que les encourager à continuer en ce sens !
En ce milieu de l’été, nous refaisons donc le point, à la fois sur le fond et sur les événements, en attendant une rentrée qui devrait de toutes les façons voir une évolution notable, d’une manière ou d’une autre.

Changement de politique au gouvernement

La chasse aux sans-papiers, la mise en place de Hortefeux et du Ministère de l’Immigration et les régularisations par le travail au compte goutte ne sont manifestement pas seulement une concession à la frange la plus réactionnaire de l’électorat de Sarkozy. Il s’agit d’un tournant organisé et cohérent dans la politique de l’immigration, où il s’agit désormais de trouver une main-d’œuvre adaptée au marché du travail et aux exigences du capitalisme, au fur et à mesure des évolutions de la guerre économique. Après la flexibilité externe entre entreprises (intérim, précarité…), la flexibilité interne aux entreprises (les horaires atypiques, la polyvalence…), voici la flexibilité de la main d’œuvre officiellement gérée par les flux migratoires !
Voilà un moment que tous les experts reconnaissent l’évolution du marché du travail et de la pyramide des âges qui vont mathématiquement mener à une carence de main d’œuvre dans les années à venir, avec les départs massifs à la retraite des générations de l’après-guerre et une natalité insuffisante. D’où la nécessité, reconnue explicitement ou pas, d’une certaine immigration pour continuer à faire tourner l’impérialisme français : sans main d’œuvre, pas d’exploitation, pas de profits, pas de capitalisme !
La création du ministère de l’immigration choisie, c’est cela, et cette politique se met en place, petit à petit.

On constate par exemple en ce moment que les demandes de régularisation pour vie privée/vie familiale (avant examinées en préfecture) sont pratiquement systématiquement transférées vers le Ministère du Travail pour examen du dossier, en fonction d’un hypothétique contrat de travail. C'est donc de cette manière qu’il faut interpréter la position de la CGT son attitude dans les grèves des sans-papiers et sa relation au gouvernement. Car au fond, la direction confédérale partage absolument la logique du gouvernement, elle ne s’en distingue que par les règles, les critères, l’ampleur des dossiers à traiter.
Derrière la reconnaissance (positive) des sans-papiers comme travailleurs surgit en permanence la soumission aux exigences de l’économie nationale. Derrières les arguments « Ils travaillent, ils paient des impôts », se cache « on a besoin d’eux pour la bonne santé du capitalisme ».
Pourquoi la CGT a-t-elle abandonné la revendication de la « régularisation de TOUS les sans-papiers » validée au 48ème Congrès ? Par réalisme économique et adaptation au capitalisme.
Et on ne peut que constater que cette logique de nécessité économique a fait régresser le contenu du mouvement. Lors des régularisations d’enfants autour de l’activité de RESF en 2006, l’idée de la « libre circulation » avait beaucoup progressé, sur la base d’un humanisme radical, de l’égalité des droits, dans la mesure où aucune nécessité, priorité économique ne pouvait être utilisée quand il s’agit d’enfants.
Aujourd’hui, ce mot d’ordre de « Libre Circulation » n’apparaît plus, comme « L’égalité complète de tous les Droits », ni d’ailleurs celui de « L’abrogation de toutes les lois anti-immigrés » passées, la loi CESEDA n’étant que la dernière en date. Car contester les lois, depuis les lois Fontanet-Marcellin en 1972 à aujourd’hui, en passant par Bonnet-Stoleru en 1980, Pasqua en 1986, Chevènement en 1998 etc., c’est porter la lutte sur le terrain  politique, contester l’ensemble des politiques gouvernementales de ces 40 dernières années.

Aussi, il convient plus que jamais de porter le fer sur l’ensemble de ces aspects, tout à fait indissociable. Nous ne critiquons notre direction confédérale pas seulement parce qu’elle est trop molle, parce qu’elle ne généralise pas le mouvement, mais pour les raisons qui expliquent cette attitude : l’intégration dans une logique du marché de la main d’œuvre capitaliste !
Il faut remettre en avant l’ensemble des revendications du mouvement des sans-papiers :
  • Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !
  • Libre circulation (et libre installation, bien sûr) des travailleurs, sans restriction !
  • Egalité absolue de tous les droits, c’est l’inégalité qui renforce la concurrence !
  • Abrogation de toutes les lois anti-immigré de tous les gouvernements passés !
  • Travailleurs français et immigrés, une seule classe ouvrière, liberté d’organisation et de lutter ensemble contre l’ennemi commun !
C’était le sens du tract réalisé par les militants qui animent ce blog, et diffusé à partir du mois de juin, tract qui reste parfaitement d’actualité…

Les grèves pilotées par la CGT

Au milieu du mois de juillet, Francine Blanche annonçait pour la CGT que les régularisations se multipliaient, 700 à l’époque, plus de 850 aujourd’hui. Des grèves importantes cessaient comme le chantier de Xantrailles à Paris, après la reprise des Fabio Lucci. On peut être sur que la Confédération va s’appuyer sur ce chiffre pour valider sa tactique (comme on peut le voir dans l'interview de Francine Blanche à l'Humanité le 1er Aout), alors que l’élargissement s’est fait contre son gré, qu’elle est sous pression constante de l’occupation de la Bourse du Travail de paris par la Coordination 75 et qu’elle fait tout pour éviter l’élargissement, la coordination et le regroupement des grévistes laissés au cas par cas dans leurs entreprises.

Dans le deuxième bulletin de soutien aux sans-papiers (en date du 22 juillet), la confédération continue de valoriser l’extension de la lutte, mais comme noté précédemment à propos de Lyon, ces quatre pages semblent largement propagandistes et en décalage avec la réalité. Dans ce bulletin, une longue brève valorise par exemple une action à Marseille dont on ne trouve pas la plus petite trace sur le site de l’UD13. Les difficultés, les limites (comme à Breteuil, expliquées par une lectrice) ne sont  pas développées quand elles ne sont pas escamotées. Ainsi en Seine Saint-Denis, une grève non programmée (Griallet à Montreuil) se poursuit face à un patron cow-boy, mais dans l'isolement et l’oubli de la confédération sur son bulletin, alors qu’il s’agit d’une grève importante, et que le TGI de Bobigny vient de prononcer l’expulsion des 21 grévistes de leur entreprise. Alors, quand on entend dans l’UD93 que la grève a été « mal préparée », alors qu’elle est massive et dure depuis mai ! En fait il semble que dans l’esprit des responsables départementaux, c’est une grève qui n’aurait pas du avoir lieu face à un patron sans foi ni loi, qui ne cède  pas un pouce et refuse tout compromis, à la différence de bon nombre de patrons dans la restauration, le commerce ou ailleurs…
Car on retrouve le même état d’esprit, même s’il n’est pas explicite : comme c’est la nécessité économique qui donne sa justification à la lutte (et non l'unité de classe), on devrait pouvoir arriver à un terrain d’entente avec les patrons compréhensifs. Et si la lutte des classes devient trop rude, si c’est la guerre de classe, alors il aurait mieux valu peut-être éviter le combat… Voilà l’état d’esprit du réformisme. Au lieu d’élargir, de mobiliser la population, de regrouper et coordonner les grévistes dans un esprit de classe, contre le capitalisme et  le gouvernement, on isole, on sépare et on essaye des petits arrangements compréhensifs, les négociations de couloirs et de préfecture. En attendant d’être rattrapé par la réalité de l’exploitation…

Autre volet de propagande et d’intoxication, la prétendue collecte de soutien annoncée dans le bulletin, dont aucun d’entre nous n’a vu la moindre trace. Première question : cet argent existe-t-il réellement ? Même pas sûr, si ça se trouve simple propagande, puisqu’aucune information véritable n’est passée dans les structures de la CGT à ce propos… Deuxième question : sous quel contrôle ? Rappelons que la collecte de soutien aux travailleurs de PSA (massive, plus de 100 000 euros !) était sous le contrôle direct du comité de grève. Troisième question : y a-t-il eu distribution, où, quand et à qui ? Questions auxquelles nos lecteurs peuvent apporter leurs réponses partielles, nous n’avons de notre côté aucun élément concret !

L’occupation de la Bourse du Travail

Dans l'article précédent, nous avions noté une baisse de la tension, mais ce n’est pas pour cela que la situation s’est réglée, comme l'a expliqué Françoise Riou. Pour Sissoko, porte parole des occupants, c’est la question des travailleurs isolés qui est posée et pour l’instant non abordée, sinon dans le dépôt de dossiers (un article paru dans Libération) :
"Aujourd'hui, sur 1300 personnes inscrites à bourse, 600 dossiers ont été déposés et sont en attente dans les bureaux de la préfecture, expose Sissoko, représentant du collectif des sans papiers du 75. On a décidé d'intensifier la contestation avec des actions deux fois par semaines. Les soutiens officiels, les associations tels que la Cimade, le GISTI, RESF, devraient avoir un rôle de médiateur entre la CGT et nous. Mais ils ne préfèrent pas intervenir. Ils nous disent que cette occupation ne mènera à rien.
Les syndicats n'ont pas la volonté de nous aider parce qu'on est des travailleurs isolés. Ils ne sont présents que dans les entreprises où il y a des sections syndicales. Mais dans une entreprise, s’il n'y a qu'un seul sans-papier, il ne peut rien obtenir. Le 17 avril on a demandé une régularisation par branche d'activité mais la proposition n'a pas été entendue. Le gouvernement demande aux patrons de signer un engagement de régularisation. La France est gouvernée par les patrons. La seule solution aujourd'hui c'est l'appel à une grève générale des syndicats. Dans tous les pays, ils régularisent des sans-papiers. Pourquoi pas en France ?
En attendant environ 800 personnes dorment ici chaque soir. Il n'y a plus assez de places. Certains dorment dans la cour. La situation est difficilement gérable. On a proposé aux gens de rentrer dormir chez eux et de revenir le lendemain matin mais ils refusent. Notre but c'est d'être sur le terrain. Si on ne nous voit pas, on n’est pas crédible."

La mobilisation se poursuit, les manifestations se succèdent, mais pour l’instant, tout se pose en question de dossiers, alors qu’à l’évidence, le rapport de force global, essentiel pour les isolés, n’est pas construit. Force est de constater que ce n’est en tous les cas pas la préoccupation de la confédération et de nombre de dirigeants départementaux, qui renvoient les isolés aux calendes grecques, sans plus de souci et de préoccupations…

Enfin, il faut noter la volonté de poursuivre les rencontres et les contacts entre collectifs de sans-papiers, rencontres entamées au printemps. Une rencontre a eu lieu  le 26 juillet, dont on peut lire le compte rendu sur le site du « Quotidien des sans-papiers », trois autres les 2, 9 août et 16 août avec en perspective
la grande manifestation d’anniversaire de la lutte des Saint-Bernard (1996), qui se tiendra samedi 23 Août, départ 14h de la Bourse du Travail à Paris vers l'Eglise Saint-Bernard, et dont nous ne pouvons imaginer que la CGT se désintéressera. C’est au contraire l’occasion inespérée de regrouper tous les grévistes, tous les sans-papiers, tous les soutiens  pour faire une manifestation déterminée pour l’unité de classe de tous les travailleurs.
Nous invitons tous les camarades présents, tous les grévistes, tous les syndicats à mobiliser dès à présent pour faire de cette manifestation un succès et le point de relance de la lutte à la rentrée !

Tous à la manifestation-anniversaire de la lutte des Saint-Bernard !
Vive la lutte des sans-papiers !
Organisons, regroupons et élargissons la grève !

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Publié par Où va la CGT - dans Sans-papiers
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commentaires

Griallet 28/08/2008 11:33

Tous avec les 21 grévistes de Griallet (Montreuil), autre entreprise de construction-désamiantage, en grève depuis trois mois, face à un exploiteur de choc.
Pot de rentrée et de solidarité, Lundi 1er Septembre, 19h00, avec les grévistes devant l'entreprise : 3bis rue des Batteries !

soutien 26/08/2008 12:46

Le comité de soutien aux travailleurs sans papiers de BMS (démolition-désamiantage) vous invite :
- à une veillée conviviale jeudi 28 août à partir de 20h sur le site de BMS : 1 rue Noël Pons à Nanterre
- à un rassemblement vendredi 29 août de 12h à 14h devant la préfecture de Nanterre
- et en perspective une grande soirée de solidarité et de rentrée dimanche 31 !!!

pj49 19/08/2008 00:19

J'en ai oublié l'appel:
SAINT-BERNARD 1996 – BOURSE DU TRAVAIL 2008
la lutte continue
MANIFESTATION
SAMEDI 23 AOÛT, à 13 h
départ de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, Paris 3e (métro Filles du Calvaire)
pour rejoindre les autres manifestants, à 14 h, place de la République
pour marcher tous ensemble jusqu'à Saint-Bernard
__________________
Il y a douze ans, le mouvement des Sans-papiers commençait avec l'occupation de l'église Saint-Bernard par des grévistes de la faim.
Depuis, leur mot d'ordre est devenu le mot d'ordre de tout le mouvement :
Des papiers pour tous !
Douze ans plus tard, la lutte continue avec l'occupation de la Bourse du travail par des travailleurs sans-papiers isolés.
Avec les piquets de grève des travailleurs sans-papiers dans de nombreuses entreprises.
Avec un même mot d'ordre :
Régularisation de toutes et de tous !
À qui profite le travail sous-payé des Sans-papiers ?
À qui la condition d'illégalité sociale dans laquelle ils sont maintenus ?
Aux patrons qui s'engraissent du travail clandestin !
Assez d'esclaves pour les patrons voyous!
Le gouvernement veut-il vraiment en finir avec le travail au noir ?
Avec les centaines de milliers de situations illégales ?
Veut-il vraiment régulariser ceux qui travaillent ?
Qu'il cesse de favoriser les patrons contre d'honnêtes travailleurs surexploités !
Assez de lois discriminatoires !
Assez de la loi Hortefeux !
__________________
ABROGATION DE L'ENGAGEMENT PATRONAL!
SUPPRESSION DE LA TAXE ANAEM !
POUR LA GRÈVE GÉNÉRALE DES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS !
REJOIGNEZ L'OCCUPATION DE LA BOURSE DU TRAVAIL!


Coordination 75 des collectifs de sans-papiers parisiens

pj49 19/08/2008 00:16

Voici l'appel de la CSP75 pour la manifestation du 23 août; il nous incombe d'apparaître comme une force solidaire avec la coord. parisienne ne serait-ce que pour que les bonzes syndicaux ne tentent pas un remake de l'année dernière quand le 9ème Collectif occupait Chateau d'Eau et trouvent enfin une opposition organisée contre la Sainte Alliance franchouillarde.
Aux dernières nouvelles, à "Man BTP", l'inter-syndicale et Droits Devant ont fait cesser l'occupation des locaux pour le plus grand profit de leur marchand d'esclaves qui va pouvoir continuer son fructueux négoce. Non seulement l'union des grèves d'intérimaires n'a pas été faite (avec notamment "Perfect Interim"), non seulement l'activité des grévistes n'a pas été orientée vers l'extension de la grève pour la généraliser mais l'intersyndicale et DD n'attendent plus qu'un "geste" de la préfecture pour enterrer une grève historique.
Si ce cas de figure devait se réaliser, la défaite serait énorme non seulement pour les sans papiers (certainEs sont lucides sur les trahisons répétées dont ils sont victimes) mais également pour le mouvement tout entier. Nous ne pourrions pas nier notre responsabilité englués que nous sommes dans les jeux de rôle que nous a imposé l'ennemi dans notre classe sous couvert "d'unité". Cela fait trop longtemps que ce prétexte est utilisé pour la trahison; nous ne saurions être dupes sans être complices; cessons ces jeux stupides avant qu'ils ne soient trop tard. Nous le devons à nos camarades sans papiers qui nous ont donné de formidables exemples sur ce que nous devrions faire.
Je conseille à ceux et celles qui n'ont pas encore compris la leçon qu'ils nous donnent d'aller à Roissy voir décoller les avions... -pj49-

QSP 15/08/2008 23:59

Bonjour,
Sissoko, coordinateur de la CSP75, revient sur un "rendez-vous manqué" avec M. Picard, de l'UD CGT Paris :
http://bourse.occupee.free.fr/index.php?page=sissoko-je-reste-optimiste
Il y a également une interview d'une militante CGT juste avant.
Bien entendu vous pouvez reprendre ces textes.

pj49 13/08/2008 11:35

RECTIFICATIF... Je prenais malheureusement mes désirs pour des réalités!
Même si "Perfect Interim" et "Man BTP" se rencontrent, il n'y a pas, pour l'instant, d'intention de dépôt commun en préfecture; Sud-Solidaire semble avoir abandonné le terrain à "Man BTP" et c'est "Droit Devant" qui l'occupe; avec toujours cette négociation entreprise par entreprise qui a mené "Perfect" dans le mur et non le dépôt groupé de tous les interims à la préf. ce qui serait pourtant un minimum dans la situation actuelle. Perfect et la CGT d'un côté, Man BTP et DD de l'autre, les orgas françaises continuent de mener la danse.
Seule la CSP75 qui revendique la supression de l'autorisation patronale semble capable de rassembler et d'unifier le mouvement gréviste et les différentes catégories de sans papiers; surtout que les mensonges syndicaux sur la nécessité des syndicats et le minimum de grévistes pour se mettre en grève a fait long feu; un avis de déclaration de grève signée de la CSP75 commence à circuler parmi les intérimaires (voir plus bas) pour remettre les pendules à l'heure.
Plus que jamais l'union du mouvement autonome des sans papiers apparaît comme une nécessité! plus que jamais la CSP75 apparaît comme le moteur de cette union! plus que jamais l'annexe de la rue Charlot apparaît comme le lieu stratégique de cette union!

Le samedi 23 août, à l'initiative de la CSP75 et à l'appel de plusieurs collectifs d'IdF, aura lieu la commémoration de St Bernard; départ à 14h de la BdT de la rue Charlot; quelle meilleure occasion pour les syndicalistes solidaires des sans papiers de se manifester avec leurs badges et banderoles syndicales en appelant à cette manifestation et montrer ouvertement leur opposition à l'orientation collaborationniste de leurs directions. Il ne faut pas oublier que la direction CGT est illicite au regard des résolutions du 48ème congrès!
Cela aura le mérite de clarifier les choses et de prouver aux camarades sans papiers que l'internationalisme n'est pas mort en France malgré le Front Uni des syndicats, assocs et partis chauvins. -pj49-

Déclaration de grève (après avis d'avocats):
Déclaration de grève (après avis d'avocats):
A MESSIEURS LES DIRIGEANTS D'ENTREPRISES
Depuis le 15 avril 2008, une vague de grève a touché des entreprises employant des sans papiers et ne cessent de s'étendre. Le but clairement exprimé est la régularisation des travailleurs sans papiers de ces entreprises. Votre entreprise est touchée à son tour par cette grève qui ne cessera qu'à la satisfaction de cette juste revendication. Je vous rappelle que le ou les grévistes de votre entreprise ne sauraient être considérés comme démissionnaires ou sanctionnés pour absentéisme car ils s'intègrent à un vaste mouvement ayant pour objectif de faire plier le gouvernement. Ce mouvement est protégé par la'article 7 du préambule de la Constitution de 1946 repris par la Constitution de 1958.
Cet avis vaut déclaration de grève.
Le coordinateur de la CSP75, Anzoumane Sissoko.

FSE 12/08/2008 13:18

Communiqué de la FSE sur la criminalisation des soutiens aux sans papiers


Après la criminalisation des militants qui remettent en cause l’ordre établi, à travers le fichier Edivige, le gouvernement tente de semer la division et de criminaliser le soutien aux sans papiers. Face à la politique utilitariste et raciste de l’Etat, la résistance des sans papiers et de leurs soutiens ne faiblit pas mais Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale, ne l’entend pas de cette oreille !
En effet, il tente d’accuser différentes associations de soutien d’envenimer la situation suite aux incendies qui ont eu lieu récemment dans les centres de rétention (CRA). Mais ces révoltes légitimes ne sont que la conséquence logique d’une politique anti-immigrés orchestrée depuis plus de 30 ans par les gouvernements successifs.
Le but de cette véritable chasse aux sans papiers ne doit pas nous échapper. Face au matraquage de la bourgeoisie qui essaye de semer le chauvinisme et le racisme dans notre camps, nous devons répondre que le problème ce n’est pas l’immigration mais le capitalisme !
La Fédération Syndicale Etudiante dénonce cette attitude d’intimidation de la part du ministre Brice Hortefeux et continuera son combat pour l’égalité des droits entre tous les travailleurs.
La Fédération Syndicale Etudiante réaffirme son soutien aux organisations incriminées et appel à amplifier la solidarité et la mobilisation contre la politique anti-immigrés de l’Etat et pour l’égalité des droits entre tous.

Liberté d’étudier et de circuler !
Abrogation des lois et circulaires racistes !
Régularisation sans condition de tous les sans papiers !

pj49 11/08/2008 02:34

Excellent article qui prend tout au moins à ses débuts le contrepied (même si ce n'est pas formellement exprimé) du rôle positif de la "première vague". La CGT n'a organisé cette grève que comme un moyen de pression vis à vis et apparaître comme seul "partenaire" valable du gouvernement mais comme vous le dénoncez clairement dans une logique de préservation du capital national contre la concurrence étrangère;les seuls en fait à pouvoir contrôler le mouvement sans papiers et le mener sur une voie de garage; cela aurait pu réussir avec l'applatissement complet de quasiment TOUTES les orgas françaises. J'en discutais encore avec un camarade du "quotidien des sans papiers" qui s'étonnait de l'unanimité des orgas à condamner l'occupation de la BdT par la CSP75; pour moi il me semble évident que l'Union Sacrée chauvine du réformisme et de l'opportunisme vole (des anarchistes au Ps en passant par la LCR; des assocs. Gisti, LDH, Resf...) au secours de la bureaucratie CGT pour faire appliquer en "soft" ce que Hortefeux joue en "hard": les lois xénophobes de l'Etat français, la défense de la patrie des Droits de l'Homme, etc... et tous les mensonges éculées de la bourgeoisie; ils nous refont le coup de la défense des valeurs républicaines.
Par contre, là où je trouve votre discours (excellent) mais insuffisant et par trop limitatif, c'est votre appréhension de ses implications stratégiques même strictement syndicales. Vous admettez avec juste raison que le problème des sans papiers dépasse largement le cadre du travail même s'il est un élément en posant la revendication de la "libre circulation"; stratégiquement, vous ne posez pas la véritable question qui lui est implicite: la question de l'autonomie du mouvement sans papiers lui-même et de son expression unitaire et organisée; il y a toujours non explicitée mais suggérée implicitement que l'on peut soutenir les sans papiers... sans les sans papiers eux-mêmes! la solidarité des travailleurs français, immigrés, sans papiers ne peut se réaliser que sur la base de l'autonomie; cela suppose le soutien à l'expression organisée la plus apte à rassembler tous les sans papiers sur leurs revendications spécifiques; hors à l'heure actuelle, il n'y a que la CSP75 qui tente inlassablement d'unifier le mouvement; par ses appels incessants à l'extension de la grève, par ses tentatives de rassembler les CSP d'IdF et d'ailleurs en une vaste coordination, par l'occupation de la BdT, rue Charlot; elle travaille inlassablement à cette union et votre blog me semble (tout en considérant cette occupation avec sympathie) ne pas être suffisamment clair là dessus. Ne pensez vous pas qu'en appelant clairement touTEs les militantEs (certainEs n'ont d'ailleurs pas attendu pour le faire) à soutenir les occupantEs, vous aideriez le mouvement et votre propre syndicat à travailler à cette unité réelle de tous les prolétaires?
C'est des intérimaires de la BdT qui ont été à l'origine de la grève de "Man BTP" et nous les avions emmené voir le samedi (une camarade CGT, soutien des occupantEs) à la BdT, Chateau d'eau le responsable "bâtiment" qui avait renvoyé sur Montreuil; c'est seulement après son "je ne peux rien faire pour vous" que contact avait été pris avec Solidaire. Maintenant ceux de "Perfect Interim" qui se sont fait bouler par la préf. les ont rejoints et les dépôts des Interims vont être groupé avec l'appui de la CSP75; il y a de fortes possibilités pour que d'autres Interims se joignent au mouvement dès la semaine prochaine et cette unité des grèves que n'avaient pas voulu faire les syndicats va se réaliser pour les intérimaires avec l'appui de la CSP75. C'est une énorme occasion pour tous les syndicalistes de classe d'EMPECHER les directions syndicales de détruire cette unité et de travailler au coude à coude avec les collectifs de sans papiers pour une victoire réelle et non illusoire du mouvement non seulement gréviste mais sans papiers dans son ensemble; cela sera un premier jalon vers la libre circulation proportionné au rapport de force que nous aurons instauré contre les préfs et le gouvernement. Les intérimaires sans papiers et la CSP75 nous ouvrent une voie royale vers l'UNION par la solidarité; à nous de nous y engouffrer sans avoir peur d'aller à contre courant! -pj49-