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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 06:36
Dimanche 13 juillet 2008
Défendre les valeurs de l'économie sociale ?

Nous venons de recevoir un appel à la constitution d'un Comité de soutien au Collectif R.E.V.E.S., initiales qui renvoient à un "Rassemblement éthique et valeurs de l'économie sociale".

Le collectif R.E.V.E.S rassemble des acteurs de l’Economie Sociale (salariés, élus, ressortissants, ayants-droits, militants) impliqués dans diverses organisations syndicales. Attachés aux valeurs de l’Economie Sociale ils n’acceptent pas de voir ces principes bafoués par quelques responsables peu scrupuleux, uniquement intéressés par la « manne financière » que représente ces structures.
Le collectif R.E.V.E.S ne remet pas en cause la légitimité des Organisations Syndicales. Mais il souhaite dénoncer les pratiques de quelques uns qui sont en contradiction avec les valeurs affichées par leur propre organisation syndicale.
Aujourd’hui, les « rêveurs » paient un lourd tribut à la mise en oeuvre de leur démarche citoyenne : marginalisés, évincés de leur propre syndicat, attaqués en diffamation, harcelés et licenciés par leurs employeurs/syndicalistes…
Pour préserver l’indépendance et protéger l’action de ces « sonneurs d’alerte » nous mettons en place un comité de soutien pour leur permettre de se défendre personnellement et mettre en oeuvre les procédures judiciaires nécessaires au retour de pratiques transparentes dans les structures d’économie sociale (comités d’entreprises, tourisme social, etc.)
Dans l’attente de la finalisation de la création de l’association « Collectif R.E.V.E.S » vous pouvez adresser vos soutiens, uniquement par chèques libellés à l’ordre de Philippe Chabin et adressés à :
Anticor (chez JL Touly)
17, rue de l'abattoir
91320 Wissous


Derrière le titre un peu ronflant et langue de bois de ce collectif, il y a des militants confrontés à la corruption qui sévit dans la bureaucratie syndicale gestionnaire de tous les secteurs de l'économie sociale. Ce collectif est parti des salariés du CE SNCF de la Gare de Lyon, qui se battent depuis plusieurs années contre leur direction (CGT...) et ont été amenés à créer le collectif "Mille Euros" pour faire connaître leur mouvement.
Le blog "Où va la CGT ?" se fait un plaisir de reproduire cet appel et de le faire connaître. Nous avons déjà eu l'occasion dans divers articles (ici, , ou ) de faire connaître et combattre ce fléau qu'est la corruption syndicale, version mafieuse de la collaboration de classe.
Nous nous faisons un devoir de soutenir les camarades honnêtes qui dénoncent ces pratiques, subissent la répression, les restructurations, et qui s'attachent à défendre des "valeurs" de l'économie sociale. Nous l'avons fait pour les camarades du blog "Mille Euros", pour les camarades du CE SNCF de Lyon, et nous serons toujours présents pour les défendre partout où la corruption sera  mise à nu. C'est une question essentielle pour tous les syndicalistes de classe, et il faut choisir son camp. Nous l'avons fait, nous le faisons aujourd'hui en publiant cet appel.

Pourtant, nous ne défendons  pas "l'économie sociale", et d'ailleurs nous n'utilisons jamais cette formule.
Cela laisse entendre qu'il pourrait y avoir une deuxième forme d'économie à côté de l'économie capitaliste. Ou alors qu'il pourrait y avoir un capitalisme éthique, à visage humain, comme le défend d'ailleurs la Confédération.
Nous considérons que le capitalisme s'impose dans tous les secteurs de la société, et a investi depuis longtemps des secteurs qui étaient au départ marginaux : reproduction de la force de travail (restauration), loisirs, culture, vacances etc. Pour nous, ces secteurs sont des branches du capitalisme comme les autres, où on aurait bien du mal à distinguer sur le fond la différence entre la gestion d'une cantine par Sodhexo ou un CE, d'un centre de vacances par les VVF ou Pierre et Vacances, une colonie par un CE ou l'UCPA.
On y retrouve les mêmes règles de gestion, la même hiérarchie et division du travail entre salariés, les mêmes conceptions aliénées issues du capitalisme (les loisirs pour "oublier" l'exploitation, par exemple). Oh, bien sûr, on trouvera des différences sur l'ouverture à la culture, sur la limitation des excès les plus choquants de la société du spectacle ou de l'exploitation. Mais, nous sommes désolés de le rappeler, c'est la même chose.
C'est la raison fondamentale pour laquelle sur ce blog, nous sommes CONTRE la participation des syndicalistes à la gestion de telles structures. Comme nous sommes aussi CONTRE la gestion de la Sécurité Sociale, de l'UNEDIC, de la Formation Professionnelle, des Mutuelles, des Coopératives, par des syndicalistes. Il n'y a pas de gestion éthique possible du capitalisme.
Les camarades engagés dans le collectif REVES comme beaucoup d'autres doivent comprendre que ce qu'ils subissent n'est nullement une dérive, mais la conséquence logique de la gestion capitaliste. La même conséquence logique qui produit la caisse noire du MEDEF et la corruption des syndicalistes gestionnaires. A manipuler des sommes colossales, à utiliser les règles de gestion du capital (qui s'imposent d'ailleurs à eux), les idées évoluent peu à peu, d'autant plus facilement qu'elles sont portées par des syndicalistes réformistes. Mais même des militants honnêtes n'y échapperont pas, c'est la force de la base matérielle qui imposera ses règles, quoiqu'on veuille.
Les camarades de l'économie sociale se rendent compte des excès du système, de là où peut mener la corruption, c'est à dire à un système semi-mafieux. C'est une bonne chose de s'en rendre compte. Mais il faut maintenant pousser plus loin la critique, jusqu'à la remise en cause d'une société dont le fonctionnement même produit ces excréments...

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les sujets qui fâchent
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commentaires

cgt fennec 29/07/2008 07:40

pourriez vous prendre contact avec nous nous sommes un syndicat cgt de maubeuge ou beaucoup de camarade lutte pour un syndicalisme de classe et de masse

dédé 15/07/2008 13:18

C'est exactement cela, ou en d'autres termes, les lois internes du capitalisme font que celui-ci a toujours besoin d'avancer, de conquérir de nouveaux marchés, car la stagnation ou la régression est c'est la crise, c'est tout les sens d'une crise comme celle de 29.

De fait, il ne peut y avoir de bons patrons de gauche car ils sont pris dans cette machine infernale, cette guerre économique, ce système qui ne peut avancer sans être conquérant et donc destructeur pour nous autres, ou la planète d’ailleurs...