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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 08:50

Mercredi 9 juillet 2008

[Mise à jour 10 juillet]

Sans-papiers : changement de ton à la CGT ?

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas à la CGT. D’abord, annulation de la troisième vague lors de la fameuse réunion du 20 juin. Depuis, plus rien, des communiqués confidentiels comme ceux de l’UD 75, cité sur ce blog en commentaire, mais disponible quasiment nulle part ailleurs.
Et puis depuis le week-end, les infos recommencent à apparaître, avec au moins deux bonnes nouvelles.

D’abord, la publication
, presque trois mois après le début du conflit,
d’un bulletin de la CGT destiné à centraliser l’activité envers les sans-papiers. C’est la première fois que la CGT diffuse une information généralisée, qui vise à porter la question de la régularisation des sans-papiers (au moins des travailleurs), en tant que telle, en tant que question globale et pas au cas par cas. On notera aussi que c’est la première fois que la Confédération fait état de mouvement dans d’autres départements que la région parisienne.
Quelles que soient les réserves que l’on peut avoir à l’égard de l’orientation de la Confédération envers les sans-papiers, c’est une bonne nouvelle.
On peut imaginer trois raisons.
  • d’une part la poursuite des grèves, du fait de la détermination des grévistes. Certains en sont à plusieurs semaines de grèves, et pas prêts de lâcher, quelle que soit la dureté de l’affrontement, quelle que soit l’attitude patronale. A Griallet  (Montreuil), ils sont en grève depuis six semaines, le patron ne veut rien savoir, et la CGT a épuisé toutes les initiatives confidentielles et de négociations en sous-mains qui n’ont absolument rien donné.
  • d’autre part, l’apparition de nouveaux conflits massifs, comme celui de MAN BTP dans l’intérim, où 80 sans-papiers viennent de se mettre en grève avec Solidaire, à peine après ceux de « Perfect Intérim ». Au total sur ces deux entreprises, ce sont près de 150 sans-papiers en grève, et ce n’est que le début, car d’autres entreprises n’attendent que le feu vert pour démarrer. La CGT ne peut pas perdre la face et risquer de se faire doubler par d’autres syndicats ou par les sans-papiers eux-mêmes. A la suite d'un commentaire sur cet article, insistant sur cet aspect de la mobilisation, nous mettons en lien le tract dont parle notre lecteur, et qui circule actuellement parmi les sans-papiers, appelant à la grève générale et à l'extension du conflit.
  • enfin, bien sûr, l’échec lamentable de la stratégie confédérale (rappelons que c’était initialement d’organiser des grèves d’avertissement pour imposer une modification de la législation) qui impose d’avancer au risque d’être ridiculisée et de perdre toute crédibilité dans le contexte précédent.

La deuxième bonne nouvelle est l’avancée du conflit de la Bourse du Travail, où l’on semble pas à pas arriver vers une sortie de crise. Depuis quelques semaines les discussions se poursuivaient entre les occupants de la Bourse de la CSP75 et l’Intersyndicale.
On avance, des mobilisations ont eu lieu en commun,
une procédure commune a été  mise en place pour déposer les dossiers de la CSP 75, menant à la fois à la « libération » de deux étages de la Bourse du Travail par les occupants, et à des appels communs, dont un dernier communiqué de l’UD CGT 75 appelant au front uni des collectifs de sans-papiers.
Une bonne nouvelle donc, car ce conflit pesait lourdement sur la mobilisation et l’ambiance, menaçait de dégénérer (comme on a failli le voir lors de l’agression du service d’ordre de la CGT). Nous ne pouvons que nous féliciter donc de cette issue, si elle se confirme.
Cela dit, et cela renvoie à ce que nous disions plus haut, cette issue positive du point de vue de la division se fait sur un contenu plus que réduit, à savoir les dépôts de dossier. C’était la demande de la CSP 75, et
nous avions déjà dit que ce n’était pas comme cela que les choses pouvaient avancer. Le fait est que probablement la CGT a mis de l’eau dans son vin, car sur le fond elle évolue vers cette position : multiplication des dépôts de dossier, mais plus d’organisation de grèves.
Cela dit, ce sont les sans-papiers qui tracent leur route, et ce sont eux qui mettent la pression, qui partent en grève désormais sans forcément attendre une consigne syndicale, dans la mesure où l’exemple est donné.

Quelques éléments de bilan actuel de cette nouvelle situation :
La Confédération navigue à vue (mais cela on le savait), après l’échec de sa stratégie, entre mobilisation et repli stratégique.
Dans la phase actuelle (jusqu’à quand ?), c’est la voie de la popularisation (4 pages, d’autres sont annoncés), de la résolution du conflit de la Bourse du Travail qui est choisie. C’est une bonne nouvelle.
C’est la mobilisation des sans-papiers eux-mêmes qui va de l’avant et empêche l’enterrement du conflit que nous pouvions imaginer. Nous ne pouvons que nous en féliciter et donc encourager tous les camarades à poursuivre le travail, l’élargissement et l’organisation des grèves en particulier en province.
- La CGT prétendait regrouper et canaliser de manière hégémonique l’ensemble du mouvement, ce n’est désormais apparemment plus tout à fait le cas, cela rend plus facile la généralisation de la lutte.

Travailleurs avec ou sans papiers, nous sommes tous des exploités !
Libre circulation de tous les travailleurs !
Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

dédé 08/08/2008 20:32

Est-ce que l'on pourrait avoir des infos des modérateurs de Où va la CGT, sur ces questions d'argent, car on ne sait pas trop qui envoie des messages (désolé Françoise, mais tu sais que la parano, avec le collectif, est la première des qualités pour ne pas se faire virer d'une boite quant on est un syndicaliste, donc...)

francoise Riou 07/08/2008 23:38

Voici un point sur l’occupation des sans papiers de Breteuil.
Depuis notre compte rendu, un autre sans papiers a reçu un récépissé pour la délivrance de ses papiers..

Ci-dessous un communiqué faisant état de 66 000 euros collectés pour les sans papiers par la CGT et qui seraient donnés à raison de “100 à 300 euros par semaine aux grèvistes selon leurs besoins” (dixit F. Blanche)

On peut certifier qu’il n’a pas été donné un seul euro aux sans papiers de Breteuil (mais peut-être me dira-t-on que ces sans papiers-là n’avaient pas de besoins, bien qu’étant en grève ??? )

Quels ont été les critères définis par madame Blanche pour distribuer ces sommes ? On a constaté que les critères, elle savait y faire ...

Plus curieux, quand on discute avec d’ autres camarades de la CGT ou les copines de “droits devant” qui vont sur d’autres sites, ils et elles font le même constat : pas un euro pour les grèvistes ....

Question : où sont les heureux grèvistes qui ont bénéficié de la manne bienfaisante de la CGT ??? Parce que, on se doute bien qu’il y a certainement des endroits où on en a distribué ... Sinon ??????????

Et au fait, il en reste, de l’argent, dans cette caisse noire ?

Françoise

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-LUTTE DES SANS PAPIERS DE BRETEUIL :

POINT d’INFORMATION du 6 août 2008



Les 27 sans papiers grévistes du restaurant de Breteuil (auxquels se sont joints ceux des restaurants de la Muette, Champêtre, les Deux théâtres, Saint Ferdinand, bistro 17ème, Melrose) sont en grève depuis plus de deux mois.
A ce jour, ils ont obtenu des régularisations pour 22 d’entre eux : carte de séjour d’un an, APS et convocations.
5 attendent encore leur régularisation.
Le plus grand souci de tous ces travailleurs est de préserver leur unité et leur solidarité. C’est pourquoi ils ont décidé de reprendre le travail (pour les 22 régularisés) tout en continuant d’occuper le restaurant de Breteuil : les 5 non régularisés resteront, comme par le passé, toute la journée à Breteuil, avec les soutiens (CGT et Droits Devant !!) et les autres viendront les rejoindre en dehors de leurs heures de service et passeront la nuit avec eux, par roulement (de façon à être un peu moins nombreux la nuit).

La reprise a eu lieu le 1er août …

Les sans papiers nous ont fait part de différentes revendications liées à leurs conditions de travail. Il est prévu de les syndiquer incessamment (à l’UL du 7ème) pour qu’ils créent une section syndicale et qu’ils soient à même de défendre plus avant leurs revendications.
Mais, dès à présent, nous avons eu deux réunions avec le directeur (Brusson) pour faire le point sur ces revendications « salariales » :

Déroulement des journées : il a des journées « coupure » (c’est à dire qu’ils travaillent de 9 à 14 heures et de 19 à 23 heures… Horaires souvent dépassés : tant le midi où ils finissent plutôt à 15 H 30 voire 16 heures, que le soir, où ils commencent à 19 heures mais finissent plus souvent à minuit, et même 1 heure du matin) et des journées « continues » (début 9 heures et fin à 16 heures) Ces journées sont moins fatigantes mais en général, sur les plannings, on leur demande souvent 4 journées coupure et 3 continues. Ils souhaitent qu’il y ait moins de journées « coupure » d’affilée et plus de « continues » (soient 2 coupures et 3 continues.)

réponse : il n’est pas toujours possible de faire différemment, la règle étant avant tout de faire tourner les restaurants en fonction des nécessités. Ce qu’il faut retenir, c’est que les semaines ne dépasseront pas 39 heures et que les plannings seront revus, pour tenter d’améliorer le rythme des journées.

Les horaires : chaque jour, dans chacun des restaurants, le nombre d’heures dépassent les 39 légales. A ce jour, il n’y a jamais eu de paiement d’HS et on répondait systématiquement aux salariés qu’ils ne seraient pas payés et que s’ils n’étaient pas contents, ils pouvaient partir. On avait même, sur Breteuil, pris l’habitude de ne pas leur donner leur paye s’ils présentaient un état de présence mentionnant les vraies heures de départ…

Réponse : on ne dépassera plus les 39 heures, désormais. Si toutefois, il y avait un dépassement d’heures, dû à une surcharge de travail, la règle sera de payer les heures supplémentaires.

Problèmes de racisme : le chef cuisinier, sur Breteuil, est particulièrement raciste : il y a les phrases, genre « sale négro, rentre chez toi », il y a les gestes (jeter les chaussures de sécurité dans la poubelle), il y des actes inqualifiables : dissimuler dans la nourriture, par exemple des crêpes, des morceaux de porc, pour tous ces salariés musulmans, ou bien jeter leur nourriture prévue pour la rupture de jeûne, pendant le ramadan.
Nous avons fait observer très solennellement au patron que le racisme est un délit, et qu’il a, lui, à veiller à ce que ces actes et propos disparaissent, parce qu’il est tenu de faire respecter la loi contre le racisme dans son entreprise.

Réponse : une lettre recommandée sera envoyée au chef (ce qui a été fait) après qu’un entretien lui aura rappelé que c’est inadmissible et que c’est un délit….

Nourriture du midi : la plupart d’entre eux souhaite de la nourriture ‘hallal, puisque le repas est pris dans l’entreprise et préparé par les cuisines… Certains d’entre eux ne mangent pas ce qui est préparé, tout en ayant une prime de repas calculée comme « avantage en nature » sur la feuille de paye.

Réponse : on va rechercher d’où il est possible de se faire livrer de la nourriture hallal, pour tous ceux qui en feront la demande… Mais il faut qu’ils fassent la demande.

Prime de transport : elle n’est pas payée à tous

Réponse : elle sera payée à tous ceux qui fourniront les documents nécessaires, c’est à dire : copie de la carte orange ou navigo, preuve du paiement du mois en cours et adresse en correspondance (on ne peut pas écrire qu’on habite à Paris et demander le remboursement d’un 5 zones.)

Les salaires sont trop bas : il n’y a jamais d’augmentation ni de prime ou de 13ème mois : une non prise en compte de cette demande pourrait redéclencher une grève

Réponse : cette grève a coûté très cher et certains sont augmentés, suivant la qualité de leur travail ; on n’est pas obligé d’augmenter quand la vie augmente. On fait remarquer que la grève a peut-être coûté cher mais que par le passé, en ne payant pas par exemple les heures supplémentaires, ils ont fait de gros bénéfices. Vont faire des calculs et voir comment ils peuvent augmenter un peu, et notamment les petits salaires…
Les tenues et leur nettoyage : ils paient eux mêmes leurs tenues et le nettoyage, ce qui coûte très cher… et les chaussures de sécurité, très chères, sont également à leur charge…

Réponse (après discussion) : deux tenues seront données à chacun, chaque année. ; le nettoyage restera à leur charge. Les chaussures seront achetées par le patron. Nous demanonsé que soit réexaminé l’entretien des tenues de travail.

Pharmacie d’urgence : il n’y en a pas et les salariés sont obligés de cavaler à la pharmacie du coin quand ils se blessent..

Réponse : il y a en principe, le nécessaire mais certains ont tendance à partir avec tel ou tel produit qu’ils emmènent chez eux, ou bien, pour un sparadrap pris, on ouvre toute la boîte et on en met partout …
Mais un effort sera fait pour qu’il y ait le nécessaire (et les salariés feront eux aussi plus attention)

Cas particulier : un sans papiers a été arrêté et mis en rétention plus de quinze jours en avril. Il a prévenu son responsable au moment de l’arrestation et à sa libération, demandant s’il pouvait reprendre son travail. On lui a dit que c’était délicat mais qu’il devait rester à disposition.
Nous faisons remarquer au patron qu’il ne peut pas dire qu’il n’était pas au courant du fait que les salariés étaient sans papiers, puisqu’il était même prévenu en cas d’arrestation et de rétention..
Nous demandons une indemnisation

Réponse : une prime d’un demi-mois de salaire lui sera remise à la fin du mois.

Second cas particulier : le chef cuisinier a jeté volontairement les chaussures de sécurité de l’un des sans papiers …

Réponse : elles seront remboursées…



UNE PROCHAINE RÉUNION EST PRÉVUE AVEC LE DIRECTEUR, A SON RETOUR DE CONGÉS.

LES SANS PAPIERS ET EX … SONT FERMEMENT DÉTERMINÉS À POURSUIVRE L’OCCUPATION TANT QU’ILS N’AURONT PAS TOUS ÉTÉ RÉGULARISÉS ET NOUS LES SOUTENONS…


- Françoise Riou et Jacques Gurfinkiel pour la CGT -




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Le Monde/Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT : Sans-papiers : plus de 700 régularisations en deux mois
http://www.educationsansfrontieres.org/?article14771
LEMONDE.FR | 16.07.08 | 20h30  Mis à jour le 16.07.08 | 20h48





i-juin, la CGT avait fait état de quatre cents régularisations de travailleurs sans papiers en Ile-de-France, sur les quatorze cents dossiers parrainés. Où en est-on aujourd‚hui, trois mois après le début du mouvement de grève ?

 

Aujourd‚hui, le bilan est de sept cent quarante-trois régularisations sur un total d‚environ quinze cents dossiers déposés. C‚est un chiffre important, et le rythme s‚est très fortement accéléré ces deux derniers mois, puisqu‚il n‚y avait eu qu‚une soixantaine de régularisations avant le 20 mai.

Le mouvement de grève s‚est-il essouflé ?


La grève a cessé sur vingt sites, parce que les demandes de régularisations avaient été satisfaites. Mais le mouvement se poursuit sur quarante et un sites. L‚issue est parfois proche : au restaurant "Chez Papa" , dans le 10e arrondissement de Paris, qui fut l‚un des premiers établissements en grève mi-avril, il reste deux demandes en attente sur trente-neuf. Dans plusieurs autres entreprises aussi, la plupart ont obtenu des papiers, mais restent en grève pour que les demandes de leurs collègues aboutissent. C‚est extraordinaire en France, un mouvement qui dure trois mois ! Au niveau de la seule confédération CGT, 66 000 euros ont été collectés depuis le début du mouvement. Cet argent nous permet de donner 100 à 300 euros par semaine aux grévistes, selon leurs besoins.


Vous avez déploré des disparités dans le traitement des demandes selon les départements, et souhaité que le gouvernement clarifie la situation. Où en est-on ?


Nous avons des réunions au ministère de l‚immigration tous les dix jours environ. Le cabinet de Brice Hortefeux dit souhaiter une harmonisation des critères de régularisation, mais on n‚y est pas encore. Ainsi, certaines préfectures demandent depuis combien de temps le travailleur vit en France, son ancienneté dans l‚entreprise, s‚il a de la famille... comme si elles procédaient à une régularisation sur des critères liés à la vie privée et familiale. Alors que les régularisations par le travail sont fixées par l‚article 40 du projet de loi relatif à l‚immigration et la circulaire du 7 janvier, qui stipule qu‚il suffit d‚un contrat de travail et que l‚employeur verse une taxe à l‚Office des migrations internationales.

Le ministère demande aussi aux préfectures de répondre plus vite, alors que certains dossiers n‚ont toujours pas abouti en trois mois. Plus 300 demandes ont été trimbalées entre préfectures, parce que le demandeur vit dans un département et travaille dans un autre. Les préfectures donnent la priorité au lieu de résidence, alors qu‚il s‚agit de régularisations par le travail, et que de nombreuses demandes sont déposées par l‚employeur pour l‚ensemble des salariés concernés.

Quelles sont désormais vos priorités ?


L‚urgence, c‚est d‚obtenir dans les jours qui viennent la régularisation des trente derniers dossiers de la première vague de grévistes, ralentis par les transferts entre préfectures.

Notre autre priorité, c‚est d‚obtenir cet été des solutions pour la régularisation des femmes qui travaillent dans le domaine des services à la personne. Elles ont souvent pour employeurs plusieurs particuliers, plutôt qu‚une entreprise. Une des pistes serait qu‚elles s‚inscrivent dans une association, ou de permettre que leurs employeurs se partagent le montant de la taxe à l‚Office des migrations internationales.

Enfin, nous tentons d‚avancer sur la question des intérimaires sans papiers, qui se sont finalement révélés nombreux. Certains travaillaient depuis si longtemps en intérim pour une même entreprise qu‚on a obtenu que celle-ci requalifie leur contrat en CDI. Mais on veut désormais régulariser ceux qui travaillent depuis longtemps pour une entreprise d‚intérim spécialisée dans des métiers en tension. On a déjà obtenu, mi-juin, la création de formulaires pour les "travailleurs temporaires". Il y a des discussions avec les représentants du secteur de l‚intérim. Reste à savoir qui versera la taxe à l‚Office des migrations internationales.




Pas de troisième vague de grèves en vue, après celles du 15 avril et du 20 mai ? Mi-juin, Raymond Chauveau, secrétaire général de l‚union CGT de Massy, disait que vous étiez "en mesure" d‚en lancer une bien plus importante que les précédentes...
 

Nous sommes des gens responsables, nous ne voulons pas la grève pour la grève. Le ministère se dit prêt à regarder positivement les dossiers. Nous souhaitons que la régularisation par le travail devienne banale. Mais de nombreux salariés sans papiers se disent prêts à se mobiliser. Ce qui est clair, c‚est que si les employeurs commencent à licencier des sans-papiers, on sera derrière.

Pour nous, la régularisation est un moyen de faire valoir des droits. On a ainsi obtenu, outre les requalification des contrats des intérimaires, des conversions de CDD en CDI et des revalorisations de salaire.


Propos recueillis par Claire Ané


Le mouvement s‚étend en province

En province, 227 dossiers ont également été déposés en préfecture des Alpes-Maritimes. D‚autres sont en préparation dans une "dizaine de départements", dont l‚Isère, les Bouches-du-Rhône ou la Haute-Corse, ont indiqué la CGT et l‚association Droits devant !!.





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dédé 01/08/2008 17:56

PARIS (AFP) - Entre 753 et 850 salariés sans papiers selon les sources, ont été régularisés en Ile-de-France depuis le 15 avril, date du début de grèves coordonnées lancées dans des entreprises franciliennes par la CGT et l'association "Droits Devant!" pour obtenir des régularisations.
(Publicité)

Selon le ministère de l'Immigration, "à ce stade, sur les 1.500 demandes reçues, il y a eu 753 régularisations".

Selon la secrétaire confédérale de la CGT, Francine Blanche, 850 dossiers ont été régularisés.

"En Ile-de-France, 58 entreprises ont été touchées (au total), sans compter une dizaine d'entreprises où la grève n'a duré que quelques heures pour que le patron s'asseoit à une table et décide de faire les dossiers", a indiqué Mme Blanche lors d'un point presse vendredi à Paris.

Et "sur les 200 premiers grévistes, il n'en reste qu'une petite dizaine qui ne sont pas encore régularisés. Au total, j'ai compté 850 régularisés", a-t-elle ajouté.

Le mouvement a démarré le 15 avril par 13 piquets de grève, dont le dernier a été symboliquement levé vendredi à Paris dans le XIIIe arrondissement.

Il s'agit d'un chantier de démolition faisant intervenir plusieurs entreprises sous-traitantes, dont 23 salariés sans-papiers sur 29 ont obtenu un titre de séjour, après être restés sur place, nuit et jour.

Le mouvement a fait tâche d'huile, avec une deuxième vague de grèves à partir du 20 mai, et aujourd'hui, la CGT tient encore encore 26 piquets de grève avec l'association Droits devant!.

La plupart des salariés régularisés sont originaires d'Afrique noire, et travaillent comme cuisiniers, plongeurs, terrassiers, hommes de ménage, désamianteurs, ouvriers de démolition, manutentionnaires, selon Mme Blanche.

Aucun n'a été expulsé, et "on veille à ce qu'il ne le soit pas", a indiqué Raymond Chauveau, secrétaire général de l'Union locale CGT de Massy (Essonne), fer de lance du mouvement. "Quelques uns ont été mis en centre de rétention, mais on a pu tous les faire sortir".

Neuf salariés d'une déchetterie industrielle, BMS à Nanterre (Hauts-de-Seine), ont été priés de quitter le territoire alors que leurs 37 collègues "même profil, même situation" ont été régularisés, a indiqué la CGT.

Françoise riou 30/07/2008 14:57

Voici les derniers échos de la bourse du travail : les conditions de vie des sans papiers sont de plus en plus déplorables, dans une indifférence quasi générale des locataires en titre de la bourse... au contraire, on peut sans grand risque de se tromper supposer que pour les-dits locataires, plus ce sera dur pour les sans papiers, plus ils décideront vite de dégager, ce qui est leur unique souhait, de fait.
Les sans papiers ont accepté de libérer deux étages de la bourse, les 3ème et 4ème, puisque l'intersyndicale leur avait indiqué qu'il n'était plus possible d'y travailler... Force est de constater que les syndicalistes ne se sont pas précipités aux étages mentionnés, qui demeurent résolument vides ... No comment !!

Ils vivent donc, (les sans papiers) dans une exigüité et une promiscuité très grandes, rendues plus difficiles encore par le soleil de ces derniers jours (mais ce n'est pas mieux quand il pleut puisque une grande partie d'entre eux dort à nouveau dehors...

Peu de soutien financier et donc, la nourriture se fait rare : qu'est donc devenu l'humaniste qui ne peut qu'être la base d'organisations syndicales proches des salariés ??? Il y a là des femmes y compris enceintes, des enfants, des bébés...

Peu de nourriture, une grande chaleur, une grande détresse : et pourtant, ils restent déterminés...

Nous avons dit à plusieurs reprises qu'il était curieux que, quand les sans papiers étaient à l'église St Bernard, ils ont reçu le soutien de tous ceux qui aujourd'hui les condamnent sans restriction.. Or, l'Eglise n'était pas non plus responsable de la situation dramatique des sans papiers ... Rappelons aussi que le curé de l'église a accueilli de façon exemplaire les sans papiers de ST Bernard...

Faut-il rappeler que le début de ce triste conflit est à mettre au passif de certains responsables de l'Ud de Paris, tels l'ancien secrétaire général et théoriquement retraité.., le sercrétaire de l'UL CGT de Massy dans le 91 ...) qui n'ont pas accepté de permettre à tous ces sans papiers, (en lien depuis des années avec la CGT parisienne, adhérents pour partie de la CGT depuis des années) de se joindre à la lutte qui pouvait devenir le mai 68 des sans papiers, une grande lutte, avec à la clef des milliers et des milliers de régularisations...

Le nouveau secrétaire général de l'Ud tente de règler le problème et de "sortir par le haut" et c'est tout à son honneur...

la dernière réunion "intersyndicale/associations" organisée par l'Ud de Paris s'est déroulée le 25 juillet .. La CSP 75 nous a invités en tant que soutiens (Jacques Gurfinkie, Mireile Galano et moi même ) et, enfin, Patrick Picard a accepté...

Je joins ci-dessous trois comptes rendus de la même réunion : celui de Cissoko, délégué de la CSP 75, celui de Sakina Aït Ahmed, qui se distingue toujours par la même façon mensongère de faire des comptes rendus glorieux (et tronqués...) comme à chaque conférence de presse de F. Blanche .. ou n'importe quel évènement de la vie de l'Ud de Paris qui, sous sa plume, devient la 8ème merveille du monde ...

Vous constaterez en tous cas que la situation est bien plus bloquée que ne le laissaient entendre nos camarades sur ce même blog, qui se réjouissaient d'une embellie à la bourse..

Comment sortir de cette "crise", si douloureuse pour les sans papiers ? un vrai dialogue, une vraie prise en compte des revendications des sans papiers ... une façon de les recevoir "à égalité" aussi, et non pas comme cela se passe actuellement, où ils sont l'objet de critiques violentes, agressives et tout à fait inacceptables, notamment de la part d'associations qui - curieusement, ont pour vocation de soutenir les sans papiers (Ldh RESF Gisti...).. il est en effet curieux de constater que, à part cette dernière réunion où la CSP a obtenu que nous soyons présents en tant que soutiens, chaque rencontre s'est faite avec la CSP d'un côté et TOUS CEUX QUI SONT CONTRE SON OCCUPATION A LA BOURSE, DE L'AUTRE ... OU EST LA MEDIATION ????

Et puis je précise que nous nous sommes étonnés , effectivement, de la présence (mandatée ou non ??) d'un représentant du parti communiste, alors que ce groupe de réflexion se disait "syndicats/associations " .... Pourquoi pas les autres partis poliitiques soutiens des sans papiers ??? qui d'ailleurs, pour leur plus grande majorité (y compris le Pcf) ne se sont pas du tout investis dans le soutien au sans papiers de la bourse du travail....

Nous saluons aussi l'intervention de Saddok Guitoune, délégué des collectifs d'Ile de France (Alif) et de la CSP 92, toujours en lutte ...

Françoise







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1) ---- : Réunion à la bourse du travail : un compte rendu différent ....
Objet : [Immigration.jetable] R é union à la bourse du travail : un compte rendu diff é rent ....




Nous étions donc trois militants soutiens de la CSP 75 à être présents à la
réunion du 25 juillet à la bourse, à la demande des sans papiers.
Nous apportons nous aussi des précisions sur ce qui a été dit à cette
réunion, et que, curieusement, la représentante de la CGT ne semble pas
avoir bien entendu ...

Mireille Galano – Jacques Gurfinkiel – Françoise Riou

ps : je précise mais est-ce nécessaire ? Qu’il est évident que la priorité
pour les sans papiers ne peut pas être de “faire pression sur les syndicats”
.. Ça ne veut rien dire et ça leur coûte bien trop cher...........
Non, leur priorité est d’obtenir la régularisation de leur situation
administrative .... Bien sûr !!!
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REUNION DU 25 JUILLET 2008

COLLECTIFS DE SANS-PAPIERS, SYNDICATS, ASSOCIATIONS



C’est à la demande de la CSP 75 que nous avons assisté, participé à cette
réunion. Le compte-rendu fait par Sakina AIT AHMED appelle les remarques
suivantes :


- En premier lieu, nous devons dire notre totale désapprobation face à
l’agressivité de représentants d’association, (RESF notamment) qui confine à
un déchaînement haineux absolument inattendu de la part d’association. Nous
avons été choqués par les propos tenus envers les délégués et approuvons
totalement le communiqué signé par Sissoko.

- Violaine Carrère (GISTI) a souligné 2 choses importantes :
1/ Selon l’analyse du Gisti, la CGT ne serait pas aussi impliquée
aujourd’hui sans l’occupation. Sur ce dernier point, nous constatons que le
Gisti partage donc entièrement l’analyse de la CSP75 et par conséquent
justifie l’occupation.
On voit par contre une réelle contradiction dans le compte-rendu auquel nous
nous référons : d’une part, la Cgt s’attribue tous les mérites mais ne veut
pas admettre que son implication ainsi mise en valeur a été provoquée par
l’occupation de la Bourse. Or, cette implication actuelle n’a rien eu de
spontané !
« - Que c'est la CGT qui a demandé et obtenu l'entrevue auprès du chef du
cabinet du Préfet. Que c'est aussi la CGT qui, en oeuvrant toujours pour
l'unité d'action a proposé la délégation incluant des syndicalistes, des
militants associatifs et des militants de la CSP75. L'ensemble des
participants (syndicats et associations) ont redit une fois encore que
l'occupation de la Bourse n'est pas efficace »


2/ A l’origine, selon la représentante du Gisti, les associations devaient
intervenir comme médiateur entre les syndicats et les occupants de la
Bourse. Or, en fait de médiation les quelques associations présentes
s’alignent entièrement sur les positions de la CGT.

La configuration de la table de réunion rectangulaire met en scène un
véritable face-à-face : associations et syndicats face aux migrants. Ainsi,
les associations s’alignent-elles entièrement sur des positions syndicales.
Or, syndicats et associations n’occupent pas la même place dans le champ des
luttes. C’est détruire, nier la spécificité des associations qui devraient
représenter un espace de liberté, de libre arbitre. On sait de longue date
que les syndicats mènent leurs luttes mais ne tolèrent pas l’autonomie des
luttes en général et des immigrés en particulier. Et les associations, elles
aussi veulent-elles désormais « diriger » les luttes à la place des
immigrés?



* « Ils ont annoncé le dépôt de 12 nouveaux dossiers ce matin, dont la
moitié a été rejetée par la préfecture » nous informe le compte-rendu. Il
faut préciser que ces 6 dossiers rejetés concernent des travailleurs
tunisiens. La représentante du Gisti dit alors « Si vous nous aviez laissé
voir les dossiers on vous aurait dit que ces dossiers n’étaient pas
présentables… ».
Cette remarque fait encore apparaître un gros malentendu : dans cette
procédure exceptionnelle TOUS les dossiers sont à présenter, Guitoun du
CSP92 précise bien que dans le 92, ils obtiennent des résultats quelle que
soit la nationalité. Il n’est pas question de se référer aux accords
bilatéraux ; et puis pourquoi revenir sur cette demande irrecevable de
contrôles des dossiers ? Enfin, quiconque a passé quelques moments dans la
cour de la Bourse pu voir que si les Africains sont majoritaires, ils ne
sont pas seuls à occuper…


Par ailleurs le compte-rendu fait apparaître la présence d'un représentant
du PCF qui ne s'est pas présenté et dont nous ignorions la présence . Nous
nous interrogeons :pourquoi y avait-il dans cette réunion
“syndicats/associations” un représentant du Parti Communiste : était-il
mandaté par le PCF ? Par qui a-t-il été invité? Par la CGT ? Et pourquoi ?

Mireille Galano , Jacques Gurfinkiel, Françoise Riou

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2)

----- Message transféré ----
De : ait sak
À : zpajol@rezo.net
Envoyé le : Mardi, 29 Juillet 2008, 9h31mn 55s
Objet : COMPTE RENDU REUNION CSP75-INTERSYNDICALE-ASSOCIATIONS

Compte rendu de la réunion du 25 juillet 2008: syndicats-associations-
collectifs de sans papiers.

Compte rendu fait par Sakina AIT AHMED

Membres présents.

Unions Départementales parisiennes: CFDT (Sonia Buscarini) – Solidaires
(Isabelle Acouses ) - CGT (Patrick Picard, Christian Khalifa, Sakina Ait
Ahmed)
Associations : - LDH (Marie Marin) - AUTREMONDE (Marilyne Poulain) – GISTI
(Violaine Carrère), RESF (Michel Motu , Brigitte Wieser)
Collectifs : Collectif Coordination 75 : ( Evelyne Tchako, Mamadou Drame ,
Bamba Yaya, Sissoko Anzioumane, Dabo Mankana, Oubadi Djelloul, Diallo
Kourdenecam)
CSP 92 (Guitoun),CSP 18 (Agnès Saliou),PCF (Gueye Moustapha),Union D.F.S.(Ly
Seydou).
Soutiens « Coordination 75 » /sans papiers (Galano Mireille, Riou
Françoise, Jacques Gurfinkiel)


Dans un premier temps, il a été convenu de faire le point entre les
syndicats et les associations sur la situation de l'occupation de la bourse
du travail et sur l'évolution de la situation sur les piquets de grève.

Sur la situation à la Bourse du travail:

L'idée de soutenir un dépôt de 1500 dossiers de la CSP 75 a été, dans un
premier temps, refusée par la préfecture. Puis, il a été mis en place une
méthode de travail considérée comme étant acceptable par tous. Donc, suite
àux réunions du 04 et 08 juillet 2008, la CSP75 a déposé 597 dossiers.

Pour le moment, la préfecture n'a pas pris d'engagement précis sur le
traitement des dossiers déposés par la CSP 75. Toutefois, le front uni
(syndicats, associations, collectifs) a fait bouger les lignes, même si pour
l'instant il n'y a pas de régularisations,

La CSP75 a pris la première décision de libérer le 3ème et 4ème étage de la
bourse du travail permettant ainsi l'accès aux locaux des syndicats. En
contrepartie, à la demande des collectifs sans papiers du 11ème et du 18ème,
il a été mis à leur disposition une salle des commissions . En réalité,
force est de constater que cette salle est occupée par les personnes qui
étaient dans les escaliers.

Il a été aussi souligné que la déclaration sous la forme d'un tract de la
CSP 75, ne correspond pas à la réalité des faits, d'où la déclaration de la
CGT. Par exemple, dans le bilan que tire la CSP 75 de l'occupation de la
bourse, elle oublie de préciser :

- Que c'est la CGT qui a demandé et obtenu l'entrevue auprès du chef du
cabinet du Préfet

- Que c'est aussi la CGT qui, en oeuvrant toujours pour l'unité d'action a
proposé la délégation
incluant des syndicalistes, des militants associatifs et des militants de la
CSP75.

L'ensemble des participants (syndicats et associations) ont redit une fois
encore que l'occupation de la Bourse n'est pas efficace, comme ne l'est pas
non plus l'argument de la protection contre les raffles dans la mesure où
l'on a constaté un turn over important des occupants de la Bourse du
travail.
Il a été proposé de réfléchir à la mise en place « d'un espace dédié pour
les collectifs » et ce en discussion avec les municipalités.

Lors de la 2ème réunion incluant les collectifs et leurs soutiens, les
responsables de la CSP75 ont confirmé le dépôt de 597 dossiers au titre de
la « Vie privée et familiale ». Ils ont annoncé le dépôt de 12 nouveaux
dossiers ce matin , dont la moitié a été rejetée par la préfecture. Ils ont
déposé globalement entre 602 et 605 dossiers.

Les autres dossiers sont à l'étude, la priorité étant donnée aux militants
occupant la bourse depuis le 02 mai 2008. Il reste 700 dossiers à déposer.
Concernant la régularisation sur l'article 40, ils ne peuvent pas fournir
d'engagements des patrons: contrats de travail et engagement à payer la
taxe anaem.
Les représentants de la CSP75 reprochent aux syndicats et aux associations
l'absence d'un deuxième dépôt
Ils regrettent la libération des 3èmes et 4èmes étages, car ils
considèrent que peu de militants syndicaux occupent les locaux,alors qu'eux
ils ont besoin de plus d'espace

Sur les propositions d'actions :

La SCP 75 propose l'organisation de manifestations unitaires au départ de la
Bourse du travail de la rue Charlot. Les syndicats et les associations,
s'opposent aux manifestations partant de la bourse du travail qui est le
lieu des travailleurs.

La proposition de la mise en place « d'un espace dédié aux sans papiers » a
été fermement refusée par les responsables de la CSP75. Suite à une
concertation entre les collectifs de sans papiers et leurs soutiens, ils
accepteraient éventuellement cette proposition mais à condition qu'une bonne
partie de leur effectif continue d'occuper la Bourse du travail.
Pour rappel, les collectifs ont toujours pu disposer de salles à la bourse
du travail pour se réunir à chaque fois qu'ils en font la demande .

Les syndicats et les associations considèrent qu'on entre de plus en plus
dans des marchandages qui n'ont pas lieu d'être.

En appelant les autres collectifs et les travailleurs sans papiers isolés à
venir occuper la bourse en attendant les régularisations, il se confirme
bien que la priorité de la CSP75 est de faire pression sur les syndicats.
Par ailleurs, ils ont défié les syndicats en leur demandant de procéder à
leur évacuation.

Tout en étant dans le mouvement, la Coordination 75 ne respecte pas les
règles communes. L'intersyndicale et les associations se demandent s'il
reste encore un espace de discussion !


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3)




- Message transféré
De : Cissoko Csp
Date : Sun, 27 Jul 2008 19:12:54 +0000 (GMT)
À : "immigration.jetable@rezo.net"
Objet : réunion intersyndicale du vendredi 25 juillet

A la demande de la CGT, l'intersyndicale et associative de la bourse du travail s'est réunie avec la CSP 75 vendredi passé (25 juillet).
La CSP avait demandé la présence de militants, de "sages" qui sont ses soutiens depuis le début. Cela a enfin été accepté par la CGT.
Visiblement, le but de cette réunion demandée par l'intersyndicale était de voir comment activer la libération de la bourse du travail par la CSP 75.
La coordination 75 a rejeté cette proposition, estimant qu'il était trop tôt. Nous n'avons en effet déposé que la moitié des dossiers que nous souhaitions présenter.
Tant qu'il n'y aura pas eu un début de régularisation des dossiers présentés, il sera trop tôt pour la CSP 75 pour débattre sur l'évacuation de la bourse du travail.

Pendant cette réunion, nous tenons à préciser que les associations (leurs représentantEs) étaient particulièrement agressifs, notamment les 3 représentantes du Gisti , de la LDH et de RESF, allant même au-delà de ce que pouvait dire ou exiger la CGT.

Nous tenons à demander solennellement à ces personnes qu'elles arrêtent d'avoir ce comportement agressif : il ne permet pas du tout la discussion ni le débat. Nous leur demandons d'arrêter ou de ne plus participer à ces réunions où normalement, d'après Violaine CARRERE du Gisti, elles sont présentes pour assurer la "médiation"

Nous avons indiqué à l'intersyndicale que nous avons décidé de faire une manifestation chaque mercredi, qui partira de la bourse jusqu'à la préfecture, ainsi qu'un rassemblement tous les vendredis devant la bourse .. Le secrétaire de l'UD CGT nous a dit que tant que nous occupions la bourse, il ne fallait pas compter sur la CGT pour avoir des actions communes qui partiraient de la bourse du travail.

Nous appelons tous les soutiens et les sans papiers à nous rejoindre à la bourse du travail mercredi prochain à 10 heures..

Cissoko



------ Fin du message transféré

Patrice Bardet 23/07/2008 22:21

quand la direction confédérale accepte Hortefeux, et abandonne en rase campagne

Patrice

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Sans-papiers : plus de 700 régularisations en deux mois
LEMONDE.FR | 16.07.08 |

Mi-juin, la CGT avait fait état de quatre cents régularisations de travailleurs sans papiers en Ile-de-France, sur les quatorze cents dossiers parrainés. Où en est-on aujourd'hui, trois mois après le début du mouvement de grève ?


Aujourd'hui, le bilan est de sept cent quarante-trois régularisations sur un total d'environ quinze cents dossiers déposés. C'est un chiffre important, et le rythme s'est très fortement accéléré ces deux derniers mois, puisqu'il n'y avait eu qu'une soixantaine de régularisations avant le 20 mai.

Le mouvement de grève s'est-il essouflé ?


La grève a cessé sur vingt sites, parce que les demandes de régularisations avaient été satisfaites. Mais le mouvement se poursuit sur quarante et un sites. L'issue est parfois proche : au restaurant "Chez Papa" , dans le 10e arrondissement de Paris, qui fut l'un des premiers établissements en grève mi-avril, il reste deux demandes en attente sur trente-neuf. Dans plusieurs autres entreprises aussi, la plupart ont obtenu des papiers, mais restent en grève pour que les demandes de leurs collègues aboutissent. C'est extraordinaire en France, un mouvement qui dure trois mois ! Au niveau de la seule confédération CGT, 66 000 euros ont été collectés depuis le début du mouvement. Cet argent nous permet de donner 100 à 300 euros par semaine aux grévistes, selon leurs besoins.


Vous avez déploré des disparités dans le traitement des demandes selon les départements, et souhaité que le gouvernement clarifie la situation. Où en est-on ?


Nous avons des réunions au ministère de l'immigration tous les dix jours environ. Le cabinet de Brice Hortefeux dit souhaiter une harmonisation des critères de régularisation, mais on n'y est pas encore. Ainsi, certaines préfectures demandent depuis combien de temps le travailleur vit en France, son ancienneté dans l'entreprise, s'il a de la famille... comme si elles procédaient à une régularisation sur des critères liés à la vie privée et familiale. Alors que les régularisations par le travail sont fixées par l'article 40 du projet de loi relatif à l'immigration et la circulaire du 7 janvier, qui stipule qu'il suffit d'un contrat de travail et que l'employeur verse une taxe à l'Office des migrations internationales.


Le ministère demande aussi aux préfectures de répondre plus vite, alors que certains dossiers n'ont toujours pas abouti en trois mois. Plus 300 demandes ont été trimbalées entre préfectures, parce que le demandeur vit dans un département et travaille dans un autre. Les préfectures donnent la priorité au lieu de résidence, alors qu'il s'agit de régularisations par le travail, et que de nombreuses demandes sont déposées par l'employeur pour l'ensemble des salariés concernés.


Quelles sont désormais vos priorités ?


L'urgence, c'est d'obtenir dans les jours qui viennent la régularisation des trente derniers dossiers de la première vague de grévistes, ralentis par les transferts entre préfectures.


Notre autre priorité, c'est d'obtenir cet été des solutions pour la régularisation des femmes qui travaillent dans le domaine des services à la personne. Elles ont souvent pour employeurs plusieurs particuliers, plutôt qu'une entreprise. Une des pistes serait qu'elles s'inscrivent dans une association, ou de permettre que leurs employeurs se partagent le montant de la taxe à l'Office des migrations internationales.


Enfin, nous tentons d'avancer sur la question des intérimaires sans papiers, qui se sont finalement révélés nombreux. Certains travaillaient depuis si longtemps en intérim pour une même entreprise qu'on a obtenu que celle-ci requalifie leur contrat en CDI. Mais on veut désormais régulariser ceux qui travaillent depuis longtemps pour une entreprise d'intérim spécialisée dans des métiers en tension. On a déjà obtenu, mi-juin, la création de formulaires pour les "travailleurs temporaires". Il y a des discussions avec les représentants du secteur de l'intérim. Reste à savoir qui versera la taxe à l'Office des migrations internationales.


Pas de troisième vague de grèves en vue, après celles du 15 avril et du 20 mai ? Mi-juin, Raymond Chauveau, secrétaire général de l'union CGT de Massy, disait que vous étiez "en mesure" d'en lancer une bien plus importante que les précédentes...


Nous sommes des gens responsables, nous ne voulons pas la grève pour la grève. Le ministère se dit prêt à regarder positivement les dossiers. Nous souhaitons que la régularisation par le travail devienne banale. Mais de nombreux salariés sans papiers se disent prêts à se mobiliser. Ce qui est clair, c'est que si les employeurs commencent à licencier des sans-papiers, on sera derrière.


Pour nous, la régularisation est un moyen de faire valoir des droits. On a ainsi obtenu, outre les requalification des contrats des intérimaires, des conversions de CDD en CDI et des revalorisations de salaire.


Propos recueillis par Claire Ané

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/16/sans-papiers-plus-de-700-regularisations-en-deux-mois_1074122_3224.html#ens_id=1074190

joe 22/07/2008 19:37

interview de françoise riou et jacques gurfinkiel sur la lutte des sans papiers et la CGT : http://quotidiensanspapiers.free.fr/w/spip.php?article1411

dédé 15/07/2008 13:31

Merci pout ta réponse, PJ49. je vais y réfléchir...

pj49 14/07/2008 16:55

Très bien Françoise; mais pourquoi ne pas le faire réellement. Le lieu de rassemblement existe et pas seulement pour les "isoléEs". Ce lieu est occupé par la CSP75 et attends que les grévistes et leurs soutiens y viennent et se coordonnent; le poids de la tradition est t'il si lourd que la peur de l'affrontement avec la bureaucratie pèse plus que les intérêts élémentaires des travailleurs. On peut légitimement se poser la question après plusieurs relances sans effet. Les interims en grève prennent conscience de cette réalité et de ce besoin malgré SUD qui perpétue ce cloisonnement des luttes; allez vous faire de même ou comprendre que l'union de touTEs est nécessaire pour une victoire éclatante du mouvement. Je suis obligé d'interrompre mais je reprendrais plus longuement car l'enjeu n'est pas seulement la France mais toute la politique européenne de contrôle de l'immigration que l'on peut ébranler. -pj49-

francoise Riou 14/07/2008 14:57

Les différentes luttes, les différents évènements dont nous avons connaissance ces derniers jours montrent que se poursuit courageusement la lutte des sans papiers, en grève pour la régularisation de leur situation administrative (comme on dit officiellement).
De nouveaux sites s'ouvrent eux aussi sur de nouvelles grèves.
Nous saluons la lutte courageuse de ces hommes et de ces femmes qui veulent continuer à vivre et travailler en France, la tête haute, sans la peur incessante des contrôles, des arrestations.
Cette lutte est difficile et, si les sans papiers gardent courage malgré la longueur du conflit, grâce notamment à la solidarité qui les unit, on sent bien qu'on n'est plus dans l'effervescence, la joie glorieuse des premiers jours, car les régularisations tardent...
Les titres de séjours sont donnés au compte goutte : ainsi, sur Paris, sur 498 dossiers déposés et pris en compte par cette même préfecture, au 9 juillet, il n'y a que 163 régularisations...
Ce résultat reste bien maigre, compte tenu de l'ampleur du phénomène, de la médiatisation réalisée, notamment au début, par la CGT... compte tenu aussi des moyens utilisés.
Mais les moyens sont-ils les mêmes aujourd'hui ? La même volonté unit-elle toujours tous les acteurs de cette lutte ?

La confédération (CGT) a sorti un quatre pages : une bonne nouvelle ou une simple opération de communication ?
Car, dans le même temps, un communiqué de l'Ud CGT 75 du 9 juillet est sorti, très peu diffusé, quasiment confidentiel. On peut chercher : il est à peu près introuvable et il n'a pas du tout circulé.. Alors que nous sommes abreuvés de communiqués, établis par cette même UD, répétés, concernant l'évolution "favorable" du conflit à la bourse du travail..

Et si nous lisons le 4 pages de la confédé et le communiqué de l'UD DE PARIS, nous constatons qu'il ne s'y dit pas les mêmes choses... d'où notre inquiétude.
On nous dit, concernant le bulletin confédéral : "ce bulletin a pour ambition de faire connaître en temps réel les luttes et les succès" ....
Et, dès le début du texte, on peut lire "518 régularisations par le travail acquises à fin juin en région parisienne" .. Où sont elles, ces régularisations ?
pas à Paris, puisqu'il n'y en a que 163 au 1er juillet (d'après le communiqué de l'UD).
Les éléments chiffrés sont souvent invérifiables, puisque la CGT centralise les informations au niveau confédéral et qu'elle est seule à les faire circuler.
Ce phénomène ne va pas se clarifier puisque nous pouvons lire aussi, dans le compte rendu confidentiel de l'UD :
"La Confédération a récupéré la totalité des contacts qui correspondent aux dossiers déposés par la CGT. Elle a entrepris d’appeler les salariés un par un afin de faire le point sur l’état de chaque dossier (convocation, documents reçus ou pas, etc.)"

Depuis le mois d'avril, on a pu constater que la CGT récupérait tout le mouvement, sans beaucoup d'égard pour tous ses partenaires : que ce soient ceux qui avaient travaillé sur le 4 pages paru fin janvier 2008 : "SANS PAPIERS, SYNDIQUEZ VOUS" , tels Sud, Solidaires, CNT, Mrap, Gisti, Ldh ...ou que ce soient ceux qu'elle a choisis après, notamment "Droits Devant !!" qui, au fil des semaines, est mis devant le fait accompli (les rencontres chez Hortefeux ou des rendez-vous dans certaines préfectures) et bien souvent laissé de côté, malgré le travail extraordinaire accompli par tous ses militants. Il semblerait même que Raymond Chauveau, qui a pourtant "bien servi" soit mis à l'écart de toute activité confédérale, désormais...

Nous sommes en mesure, malgré cette volonté de "verrouillage" de constater qu'il y a volonté de ne pas tout dire. Ainsi, les malheureux sans papiers de chez CASTRO, rue Mademoiselle dans le 15ème arrondissement : quelques camarades de la CGT s'y sont rendus les premiers temps et ont constaté de nombreuses exactions commises par le patron, avec l'aide de ses fils, d'autres commerçants du quartier, et des nervis arrivés d'on ne sait où .. La direction de la CGT parisienne a été alertée à plusieurs reprises au sujet de ces voies de fait, sans pour autant prendre les mesures qui s'imposaient : il est quasiment impossible d'avoir un membre du bureau de l'UD au téléphone, dans la journée et encore plus dès 8 heures du soir. Il y a quelques jours, les sans papiers de chez Castro ont été sauvagement agressés par des nervis, en pleine nuit, avec un seul militant présent. Il a fallu en conduire trois à l'hôpital. l'Ud CGT a décidé de faire un rassemblement (mais là aussi, l'appel est resté très confidentiel) ... De très belles déclarations ont été faites par les militants présents, les dirigeants présents... Les sans papiers ont demandé "ne nous laissez pas seuls la nuit car nous sommes très inquiets" .
On a demandé à la police de faire des rondes et chacun est reparti chez soi...
Nous sommes allés les voir le lendemain, avec des copines de Droit Devant et des Sans papiers de Breteuil : deux militants étaient à leurs côtés... dont une femme qui nous a dit qu'elle ne se sentait pas de se retrouver face à des nervis entraînés, habitués à se battre...

Dans le restaurant de la place Breteuil, la lutte se poursuit comme ailleurs, mais comme nous y sommes en soutien, nous pouvons dire que les chiffres donnés par la CGT sont faux : il y a 27 dossiers déposés (et pas 8), dont 9 en Seine Saint denis, 5 cartes de séjour ont été délivrées sur Paris. D'autres convocations sont en cours. A l'heure actuelle, compte tenu du nombre de plus en plus important de documents exigés par la Préfecture de Paris, on sait déjà qu'il y aura 4 ou 5 refus.
Quant aux dossiers envoyés en Seine Saint Denis, il y a actuellement deux convocations sur les 9 dossiers.

Nous constatons que dans de nombreux sites parisiens, les militants de la CGT sont encore présents, malgré les vacances qui allègent forcément le potentiel des soutiens.
La volonté de la confédération de ne pas lancer de nouvelle vague n'est pas du goût de tous dans la CGT, et cela nous le constatons sur Paris où existe une grande tradition de soutien aux sans papiers.

La lutte peut encore s'amplifier, se développer, et provoquer une généralisation du conflit des sans papiers, qui pourrait conduire à une circulaire de régularisation. Cela semble possible, au-delà de la direction de la CGT qui veut garder la main sur le mouvement, et, on a envie de dire, la main sur le couvercle qui lui permettrait d'étouffer la lutte dès qu'elle le voudra. Par exemple, à la rentrée, où l'ordre du jour sera de mobiliser pour les Prud'hommes ...

Une lutte élargie, toujours possible si on le décide, permettrait également de prendre en compte le dossier des "isolés" : ces sans papiers qui travaillent seuls dans une petite boîte, ou qui sont seuls sans papiers dans une entreprise avec d'autres salariés, pas prêts à se mettre en grève pour eux ... Les "isolés" qui sont prêts à se battre ne peuvent pas le faire dans leur entreprise : d'où la question posée par ceux qui occupent la bourse du travail : comment trouver un lieu de lutte pour permettre à tous ces sans papiers de revendiquer eux aussi, de dire qu'ils contribuent eux aussi à la richesse du pays et qu'ils sont indispensables, y compris quand ils sont payés au noir ...

Ce mouvement de lutte des sans papiers ne doit pas s'arrêter : il doit se développer encore, gagner les différentes villes de France, afin d'arriver au moment où le gouvernement sera contraint de régulariser. Tous ensemble, tout est encore possible..

Françoise Riou
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mercredi 9 juillet 2008 (23h50) :
Sans papiers-Etat des luttes-Communiqué CGT 75

LA GARE (16ème)

Le 2 juillet, un protocole d’accord de fin de conflit était signé entre les 19 salariés du restaurant « La Gare », en grève depuis le 20 mai, l’Union locale CGT du 16ème et l’employeur.

L’employeur s’engage à ne procéder à aucun licenciement, à payer les deux salariés qui n’ont pas encore reçu de récépissé de la préfecture, à ne procéder à aucune sanction ni à exercer aucune pression à l’encontre des salariés qui ont fait grève.

Il s’engage également à mettre en œuvre tous les moyens possibles pour la régularisation des deux salariés non encore convoqués en préfecture et à suivre les dossiers de ceux qui n’ont reçu qu’un récépissé d’un mois.

Il s’engage par ailleurs à payer 10 jours de grève ainsi que les taxes de chancellerie.

Unis par la lutte, les salariés, tous syndiqués à la CGT, restent très vigilants au regard de l’application de cet accord et des conditions futures de vie et de travail dans l’entreprise.

LES MARECHAUX (Etoile, 16ème)

Le 2 juillet, 7 salariés sans- papiers d’un restaurant situé à l’Etoile débutaient une grève pour obtenir leur régularisation.

Le 3 juillet, un protocole d’accord était signé entre l’Union locale CGT du 16ème, les salariés et l’employeur. Le jour même, nos camarades reprenaient le travail en ayant obtenu l’engagement d’ « un processus permettant d’obtenir les régularisations : la signature du nouveau contrat de travail et l’engagement du paiement de la redevance ANAEM ».

Par ailleurs, l’employeur s’engage à ne procéder à aucun licenciement et à laisser les salariés travailler en attendant leur régularisation. Deux fois par semaine, un point sera effectué entre les parties signataires. Aucune sanction ne sera prise à l’encontre des grévistes et la journée de grève leur sera payée. DE NOUVEAUX SALARIES DANS L’ACTION GAPI INTERIM (construction, 12ème) Depuis le 2 juillet, 16 salariés de GAPI INTERIM sont en grève. Evacués par la police, ils n’occupent plus les locaux, mais sont présents dans la journée devant la porte de l’entreprise. Le 4 juillet, un semblant de négociations a eu lieu avec l’employeur qui fait mine de découvrir l’existence de salariés sans-papiers dans ses effectifs. Il réserve sa réponse quant à la constitution d’éventuels dossiers de régularisation ! Réponse au plus tard le 13 juillet ! HIPPOPOTAMUS AQUABOULEVARD (15ème) Depuis le 28 juin, 11 salariés sans-papiers occupent l’Hippopotamus Aquaboulevard. Appuyées par le délégué syndical de l’entreprise, des négociations sont en cours avec l’employeur en vue de la négociation d’un protocole d’accord.


BILAN DES REGULARISATIONS

Point des régularisations au 1er juillet réalisé après le rendez-vous hebdomadaire de la CGT avec des représentants de la Préfecture de Paris :

532 dossiers ont été déposés à Paris par la CGT, Droits devant et Femmes égalité.

498 dossiers sont traités par la Préfecture de Paris (ce chiffre correspond aux dossiers déposés à Paris, déduction faite de ceux qui ont été transférés dans les autres départements d’Ile de France, mais auxquels s’ajoutent ceux qui, venant de ces autres départements, ont été transférés dans la capitale.)

163 régularisations ont été délivrées par la Préfecture de Paris (il s’agit de dossiers déposés par l’UD de Paris ou par d’autres UD, mais transférés à Paris par d’autres préfectures). SITE PAR SITE PAPA

39 dossiers, 35 régularisations MARZANO

10 dossiers, 7 régularisations XAINTRAILLES

29 dossiers, 17 régularisations CASTRO

5 dossiers ont été déposés. L’employeur, ne voulant rien entendre, ne les a pas complétés. LA GARE

19 dossiers, 17 régularisations (voir ci-dessus, paragraphe : « Des protocoles signés… ») LA VILLA CAFE

5 dossiers, 1 régularisation DMMS

51 dossiers, 13 régularisations AURA

16 dossiers, 6 régularisations

Un protocole de fin de conflit a été signé. BARLOTTI

12 dossiers, 2 régularisations BARIO LATINO

15 dossiers, 2 régularisations EIGEN

14 dossiers déposés, mais pas de régularisation

Une attention particulière sera portée sur ces dossiers par l’UD. La plupart de ces salariés sont à temps partiel. BISTRO ROMAIN

27 dossiers, 7 régularisations.

Une négociation est toujours en cours pour les 36 autres dossiers dont 22 devraient être prochainement déposés.

CDT (bâtiment)

11 dossiers, 3 régularisations BISTRO MARIUS

17 dossiers, 4 régularisations MANET

A la suite du dépôt par l’employeur d’un référé pour expulsion, le tribunal a ordonné une médiation. A la suite de celle-ci, le patron a déposé les 2 derniers dossiers et a re qualifié en temps plein les 8 contrats de travail.

Pour l’instant, sur 8 dossiers déposés, 2 APS ont été reçues. BISTRO BRETEUIL

27 dossiers, 9 régularisations AFTAM

18 dossiers, 2 régularisations LE CONGRES D’AUTEUIL

7 dossiers, 3 régularisations dont 2 salariés licenciés pour absence de papiers depuis janvier 2007. PERFECT INTERIM

42 dossiers ont été déposés

3 vont être examinés

39 sont mis en attente. Des discussions avec le gouvernement sont en cours sur la situation particulière des travailleurs de l’intérim. UES HOLDER

Boulangeries Paul

6 dossiers vont être déposés

Restaurants Ladurée

6 dossiers vont être déposés RASSEMBLEMENT DU 3 JUILLET DEVANT LA PREFECTURE DE PARIS

Le 3 juillet, plus de 500 militants syndicaux et associatifs, ainsi que de nombreux sans-papiers en grève sur 17 sites parisiens ou adhérents à la coordination 75, se sont rassemblés devant la Préfecture de police de Paris pour demander aux représentants de l’Etat d’accélérer la régularisation des travailleurs en grève pour certains depuis le 15 avril, et de prendre en charge les 1300 dossiers de la coordination.

A 12 heures 30, une délégation composée de représentants de la CGT, de SUD, des associations LDH, RESF, CIMADE, Autre monde, Gisti, Femmes solidaires et Femmes égalité ainsi que de la Coordination 75, était reçue par le chef de Cabinet du Préfet et du directeur de la Police.

Concernant les dossiers des salariés en grève, la délégation a demandé une nouvelle fois à la Préfecture de mettre en conformité ses exigences avec les règles de la régularisation par le travail, c’est à dire d’abandonner en particulier le critère de présence de cinq ans sur le territoire, critère qui n’est pas retenu dans les autres préfectures d’Ile de France.

Elle a également demandé que lors des convocations à la Préfecture pour régularisation, les salariés et leurs soutiens ne se voient pas réclamer, pour la constitution des dossiers, des pièces supplémentaires qui n’ont pas à y figurer (quittances de loyer, quittances EDF, attestations d’hébergement, etc.)

A nouveau, la délégation a fait part de son indignation devant le maintien dans la clandestinité de ces centaines de milliers d’hommes et de femmes exposés à une traque indigne d’un pays civilisé se réclamant de la patrie des droits de l’homme.

Elle a renouvelé sa demande d’un moratoire sur les interpellations et arrestations. Ce que les représentants de la Préfecture ont refusé !

Concernant la régularisation des quelques 1300 dossiers des personnes sans-papiers adhérents à la coordination 75 que la délégation était également venue soutenir, la Préfecture n’a pas accepté de les prendre en dépôt.

Toutefois, au cours d’un autre rendez-vous fixé au 4 juillet, elle a reçu une nouvelle délégation (deux représentants de la coordination 75, un du GISTI, Jacques Gaillot et Patrick Picard, secrétaire général de l’Union départementale CGT) à qui elle a proposé l’examen des dossiers, à la condition que ceux-ci soient bien préparés. Le 8 juillet, une troisième rencontre a eu lieu et huit dossiers « test » ont été présentés. La préfecture a fait des propositions pour que ces dossiers soient les plus complets possible avant dépôt. Prochaine réunion le 7 août.

Il s’agit d’une avancée importante pour la régularisation des sans-papiers isolés, avancée qui nous encourage à persévérer dans la voie d’un front uni. ET TOUJOURS DES INITIATIVES DE LUTTE… CASTRO (nettoyage 15ème)

7 semaines de grève et 6 semaines d’occupation pour ces 5 salariés de l’entreprise de nettoyage CASTRO. Ici, l’employeur ne veut toujours pas entendre parler de Cerfa ou autre taxe ANAEM. Les dossiers ont été constitués avec les seuls éléments relevant de la responsabilité des salariés. A la suite de la perte de ces dossiers par les différentes préfectures concernées ( ? !), ils ont été une nouvelle fois déposés auprès de la Préfecture de Paris. Celle-ci, saisie par l’Union départementale, s’est engagée à explorer des solutions pour la régularisation. Elle devait également convoquer l’employeur.

Le 7 juillet, nos camarades sans-papiers et leurs soutiens ont rencontré les copropriétaires des immeubles pour lesquels ils travaillent, afin de leur expliquer une nouvelle fois leur situation, le comportement de l’employeur et leur demander d’intervenir auprès de celui-ci pour mettre fin au conflit. XAINTRAILLES

Dimanche 6 juillet, alors que 83 jours de grève étaient à l’appel, les salariés du chantier Xaintrailles et leurs nombreux soutiens organisaient leur énième barbecue de solidarité. MANET

Le 7 juillet à 18 heures 30, une conférence de presse était organisée. Devant l’entreprise, Francine Blanche, pour la CGT, et la porte-parole de l’association Femmes égalité, ont évoqué la situation de ces femmes à temps partiel dont la régularisation leur est refusée parce que leur rémunération est inférieure au SMIC. Si, chez Manet, l’employeur a été contraint de re qualifier les contrats de travail, nous constatons que beaucoup de femmes salariées sans-papiers, notamment celles qui travaillent dans le secteur de l’aide à la personne, sont doublement pénalisées : très basses rémunérations et régularisations refusées.

Lire à ce sujet compte rendu de la rencontre du 30 juin 2008 entre la DDTEFP et la CGT. DMMS

Samedi 5 juillet, le deuxième repas de solidarité a réuni sur la placette, devant l’Union locale, environ 150 personnes.

CDT (17ème bâtiment)

Tous les samedis, un pique-nique de lutte est organisée face à la mairie du 17ème avec la participation de la CGT et de différentes associations (RESF notamment)

Une affiche a été réalisée par l’Union locale pour une grande campagne d’affichage dans l’arrondissement.

COORDINATION CONFEDERALE

Une coordination confédérale se met en place dans le cadre de la lutte des salariés sans-papiers. Elle est composée, notamment, de responsables de l’Union régionale et des Unions départementales d’Ile de France ainsi que de plusieurs fédérations directement impliquées dans le mouvement. Comme son nom l’indique, elle a pour but de coordonner l’action en échangeant l’information, notamment sur le point des discussion avec les différents interlocuteurs (ministère, DDTEFP, branches patronales, etc.), sur l’état des négociations et le suivi des dossiers, notamment, pendant la période estivale. Une première réunion de ce collectif coordination aura lieu mercredi 9 juillet.

La Confédération a récupéré la totalité des contacts qui correspondent aux dossiers déposés par la CGT. Elle a entrepris d’appeler les salariés un par un afin de faire le point sur l’état de chaque dossier (convocation, documents reçus ou pas, etc.)

LA LISTE DES SITES EN GREVE A PARIS

Restaurants : BARRIO LATINO et BARLOTTI, 46/48 rue du faubourg Saint-Antoine – Paris 12ème Métro : Bastille

Restaurants : BRETEUIL, MELROSE et LA MUETTE, 3 place de Breteuil – Paris 7ème .

Métro : Duroc

Restaurant « CONGRES D’AUTEUIL », 144 boulevard Exelmans –Paris 16ème.

Métro Porte d’Auteuil

Nettoyage : DMMS, 17 rue Pelleport –Paris 20ème .Métro : Porte de Bagnolet

BTP : CDT Chantier Mairie du XVIIème – Paris 17ème Métro : Rome

Restaurant : BISTRO ROMAIN, 122 avenue des Champs Elysées – Paris 8ème .Métro : George V

Restauration : QUICK, 120 avenue des Champs Elysées – Paris 8ème .Métro : George V

Restaurant : GSS, 34 boulevard Bonne Nouvelle – Paris 10ème Métro : Bonne Nouvelle

Nettoyage : CASTRO, 10 rue Mademoiselle – Paris 15ème Métro : Commerce

La chaîne de restaurant « Chez Papa » : 206 rue Lafayette – Paris 10ème .Métro : Louis Blanc

Restaurant : PIZZA MARZANO SARL Mountain Pizza Company, 30 boulevard des Italiens – Paris 9ème Métro Opéra

Gardiennage : FABIO LUCCI : grève depuis le 27 mars (Ces salariés régularisés n’occupent plus le site, mais sont toujours en grève pour le paiement de leur salaire).

Entreprises de construction, désamiantage, démolition : TDBM (Blanc Mesnil) – ARCADEM (Les Pavillons sous Bois) – DEMERET (Rueil Malmaison) – BATEG : grève et occupation – 6/8 rue Xiantrailles – Paris 13ème .Métro : Olympiades

Restaurant : MARIUS et JEANNETTE (Gpe Richard), avenue Georges V Métro Alma Marceau.

Nettoyage : Sté MANET (nettoyage), 131 rue du Chemin Vert – Paris 11ème Métro : Père Lachaise

Commerce/restaurant : BOULANGERIE PAUL, Restaurant LADUREE, rue Lescot, Paris 1er Métro : Les Halles.

Intérim : PERFECT INTERIM, boulevard Magenta. -Métro République.

Intérim : GAPI INTERIM – Paris 12ème

Restaurant HIPPOPOTAMUS Aquaboulevard – Paris 15ème



De : Union départementale CGT de Paris
mercredi 9 juillet 2008

------ Fin du message transféré

pj49 12/07/2008 14:23

Rien a ajouté si ce n'est sur la centralisation l'image de Lénine sur le dirigeant communiste dont le rôle est celui de chef d'orchestre qui COORDONNE l'activité des musiciens pour éviter la cacophonie et exécuter la partition sans fausse note. Pour lui aussi le centre dirigeant n'est que l'organe qui coordonne les actions militantes dans une stratégie d'ensemble et pour un objectif revendiqué.
Si la stratégie va à l'encontre de l'objectif visé (ce qui a été le cas pour les sans papiers), ça le fait pas.
D'autre part, Thibaut a été mandaté par le congrès de Lille sur un programme bien précis; il n'est que l'exécutif des résolutions du congrès et dans la mesure où il viole ses résolutions (cf ses dernières déclarations qui ont le mérite de la clarté), il se place hors de la CGT ainsi que tous ceux et celles qui le suivent. Il ne représente plus que lui-même et sa bande et n'a donc plus AUCUNE légitimité pour prétendre parler au nom de la CGT; les diviseurs c'est eux et elles et la mise au placard de Chauveau ne règle absolument rien; pour compléter ce qui a été dit par Jeanne:
Qui sera le prochain fusible?
Il y a des bureaucrates qui ont du mouron à se faire! -pj49-

pj49 12/07/2008 02:15

Je ne peux m'empêcher de répondre à Dédé;
derrière cette réflexion sur la centralisation on voit que même certains oppositionnels continuent à ériger en vertu une des tares de la CGT qui avait permis (voir LIP, le Larzac, etc...) à la CFDT de faire son beurre dans les années 70 en masquant son réformisme congénital derrière un fonctionnement APPAREMMENT horizontal qui permettait au syndicaliste lambda de s'impliquer dans ses propres luttes.
Confondre à ce point centralisation et esprit de fonctionnaire aux ordres montre le degré de dégénérescence que le syndicalisme révolutionnaire a pu atteindre après quatre-vingt ans de stalinisme. On voit poindre à l'horizon le syndicat courroie de transmission du Parti (cf les discussions au sein du parti bolchevik sur le rôle des syndicats après la prise du pouvoir; c'était la thèse que Trotsky défendait; Trotsky l'a dit, Staline l'a fait). J'ai été viré de la CGT à cause de çà en 78: organiser et mener une grève de plusieurs semaines alors que la CGT adhérait au "Programme Commun" signé par le PCF était un manque flagrant de discipline "syndicale.
Comment! on amène sur un plateau une vingtaine de gars bien décidés à renforcer la lutte (ils étaient plus d'une centaine une semaine après et un syndicaliste, un vrai ne saute pas de joie et n'alerte pas la structure pour l'organiser mais au contraire se réfugie comme n'importe quel fonctionnaire de seconde zone derrière sa hiérarchie? Et c'est ce déballonnage de bureaucrate frileux que tu nommes centralisme.
Ce blog constate par ailleurs avec justesse le manque total de coordination entre les grèves et l'isolement complet des grévistes enfermés dans leur entreprise; bref, certainEs y verront la faillite du syndicat sur les questions politiques et qu'il n'est fait que pour répondre aux questions de défense immédiate (une des contradictions du "que faire?" de Lénine reprenant Kautsky sur la conscience de classe). Cela explique surtout l'impuissance des oppositionnels au sein de la CGT qui continuent à fonctionner sur les mêmes critères que cette direction qu'ils savent les mener droit dans le mur. Au nom de cette centralisation des décisions et de la discipline syndicale on continue à appliquer des décisions contraires aux intérêts de sa classe; faut pas s'étonner si ça veut pas l'faire.
Je persiste à penser qu'il y a une lutte de classe au sein de cette CGT et donc deux classes au moins qui s'affrontent; ce n'est pas simplement idéologique mais bien matériel cet affrontement. Thibaut est le "patron" d une CGT qui n'a rien à voir avec le prolétaire Gaby qui pointe fièrement son badge CGT pour organiser et élargir les grèves;
L'un tire sa légitimité de son introduction gouvernementale quand l'autre la tient de ses camarades de lutte.
Y'a pas photo!
L'un est un "partenaire social" pour la classe dominante.
L'autre est un ennemi pour cette classe dominante.
Le sujet de la polémique est beaucoup plus vaste et complexe mais mérite un approfondissement que quelques lignes sur votre blog ne permettent pas.
Nous avons tous beaucoup trop de travail pour mener ce combat à la victoire pour poursuivre plus avant mais les occasions ne manqueront pas d'y revenir; je serai de retour rue Charlot ce matin, Dédé et si tu veux discuter y'a pas de lézard; une bonne prise de tête entre camarades de combat fait plus avancer que n'importe quelle entente de surface! -pj49-

Eugène 12/07/2008 08:41


Débat intéressant, mais effectivement un peu trop vaste pour le mener ici.
Pour nous, sur ce blog, il y a deux courants dans la CGT, reposant sur des bases matérielles différentes, des couches sociales différentes. Il y a des secteurs dont nous disons qu'ils sont "la
bourgeoisie dans le movuement ouvrier", relais de la bourgeoisie et du capital, et il y a les syndicalistes honnêtes. En ce sens, on peut parler effectivement de lutte des classes DANS la
CGT. Nous rejoignons donc pj49, et avons par exemple toujours dit que les directions syndicales réformistes ne sont pas "des amis qui se trompent", mais "des ennemis qui se cachent", pour autant
que les formules aient du sens...
Sans développer, nous invitons à lire le document sur la nature du syndicalisme de classe récemment publié sur ce blog.


Jeanne 11/07/2008 18:12

J'ai appris hier que Raymond Chauveau n'avait plus le droit de parler du mouvement des Sans-Papiers au nom de la CGT. Un fusible aurait-il sauté ?

Eugène 11/07/2008 18:57


En tous les cas, il n'était déjà pas présent à la réunion du 20 juin, et c'était surprenant.
Cela semble en tous les cas le signe de la reprise en main par la Conf', et donc l'échec de la tactique de ceux qui croyaient pouvoir faire changer les choses de l'intérieur en douceur et sans
affrontement...


dédé 11/07/2008 13:55

"Une camarade leur avait donné RV devant la BdT de Chateau d'eau et ensemble ils ont été voir un responsable du batiment CGT qui leur a déclaré "je ne peux rien faire pour vous; il faut aller voir à Montreuil" (sic!). Vachement "responsable" le mec."

Et bien oui, c'est la centralisation, quand ça marche personne trouve à y redire, mais quand ça marche pas on crache dans la soupe. Fait pas abuser !

Michèle François 10/07/2008 23:09

Super d'avoir toutes ces informations. Mais quel décalage entre la situation parisienne et celle des régions! Et gare, ce n'est pas le bulletin d'informations de la CGT qui va vous permettre de comprendre ce qui se passe dans les régions. A Lyon par exemple,l'article sur David Dabo vise à montrer l'implication positive de l'UD CGT sur un cas, mais passe totalement sous silence l'essentiel. L'essentiel, c'est que depuis l'automne plusieurs dizaines de travailleurs sans papiers attendent que la CGT leur propose des initiatives de LUTTE. Et qu'en guise de réponses il y a eu : le dépôt en préfecture sans aucune publicité ni action de 14 dossiers autour du 15 avril, puis une longue mise en attente : on attend la réponse de la préfecture de semaine en semaine, et en attendant soit on trouve les moyens de faire comme à Paris (5 sans-papiers au moins dans la même entreprise pour l'occuper), soit rien... De fait ça a été rien pendant des semaines , jusqu'à l'annonce enfin d'une action. Quelle action ? Une conférence de presse dont l'heure et le lieu sont restées cachées jusqu'au dernier moment (surtout au collectif 69 de soutien aux sans-papiers qui a été tenu à l'écart par la CGT alors que beaucoup de sans-papiers le fréquentent autant que la CGT...). Enfin, le bulletin aurait pu s'attarder sur une autre histoire individuelle : celle de Karamba Dramé, aide-cuisinier chez Bocuse, qui demandait de l'action avant le 15 avril déjà, et qui proposait vers mars de faire venir de la presse chez Bocuse alors qu'il y travaillait... Karamba figurait sur la liste déposée en préfecture par la Cgt et il a été licencié par Bocuse dans la foulée suite à (comme par hasard!) une visite de la police chez son employeur. C'est autour ce cette affaire que se tenait la dernière conférence de presse de la CGT. Pourquoi n'en est-il pas fait état dans un bulletin qui doit permettre l'échange d'expériences? Il faut dire aussi que le collectif 69 a plusieurs fois proposé à la CGT d'organiser rassemblements ou manifestations devant chez Bocuse ou d'autres restaurants ou d'autres lieux symboliques, mais que ces propositions n'ont reçu aucune réponse. Jusqu'à la proposition de RESF faite à l'UD- CGT de participer à un rassemblement fin juin qui s'est soldée par l'absence de l'UD-CGT, mais la présence d'une dizaine de travailleurs sans-papiers qui ont pris la parole pour réclamer l'égalité des droits et la régularisation de tous le sans-papiers, travailleurs, familles, jeunes. Conclusion : poour l'échange d'expériences, complétez le bulletin d'infos CGT par la lecture du blog ou-va-la-cgt, et pour la suite de la lutte comptons effectivement sur les capacités d'initiative des travailleurs sans-papiers et sur nous-mêmes avec eux...

pj49 10/07/2008 11:43

Il y a effectivement une évolution de la direction confé., je vous l'accorde mais la raison principale en est l'occupation par la CSP75 de la BdT rue Charlot. Celle-ci a manoeuvré de façon magistrale pour obliger la confé à peser sur la préf. de Paris et l'obliger à négocier directement avec ses délégués (cf. à ce propos le dernier quotidien des sans papiers qui décortique magistralement leur tactique; compte tenu du rapport de force, on ne peut qu'applaudir; en lançant parallèlement le mot d'ordre de "gréve générale des sans papiers", ils ont su éviter le piège de l'isolement dans lequel voulait les enfermer la confé.
La solidarité avec les sans papiers passe à mon sens par le soutien à leur lutte et la prise en compte de TOUS les sans papiers. Les soutiens de la BdT sont trop peu nombreux; il y a un besoin urgent de les renforcer:
Que les déléguéEs des grévistes et leurs soutiens y viennent et se rassemblent pour se coordonner et dépasser tous les clivages; que le mouvement "sans papiers" trouve enfin son unité et agisse de concert; ainsi pourront être dépassé les divergences tant syndicales qu'entre Collectif "sans papiers"; ainsi sera dépassé ce "cas par cas" tant individuel que collectif dans lequel s'enlise lamentablement le mouvement syndical (voir l'attitude de SUD à Man BTP!); ainsi pourra se poser le vrai problème: carte de résident (10 ans) et le remise en cause de toutes les lois anti-immigrées.
Il est évident que les oppositionnels à la confé. ont toute leur place dans ce combat mais il est évident également que ce combat continuera avec ou sans eux. Des sans papiers syndiqués portent haut le drapeau de la CGT et le défendent contre les agressions car c'est LEUR drapeau; c'est à vous de ne pas les décevoir. -pj49-

pj49 10/07/2008 03:38

C'est quoi cette langue de bois? Votre blog m'avait habitué à mieux!
Il faut rétablir la vérité sur la gréve de Man BTP.
Une camarade leur avait donné RV devant la BdT de Chateau d'eau et ensemble ils ont été voir un responsable du batiment CGT qui leur a déclaré "je ne peux rien faire pour vous; il faut aller voir à Montreuil" (sic!). Vachement "responsable" le mec.
Résultat des courses; RV pris avec SUD pour le mardi soir et grève d'une soixantaine au départ. Je rectifie en passant; dimanche (car ils occupent les lieux) ils étaient 80, mais mardi 8, quand j'ai demandé au gréviste pointeur à combien on en était, il m'a dit "précisément, je ne sais pas mais, plus d'une centaine." Une chose est sure, c'est que SUD, malgré son réformisme hérité de la CFDT (on a pu le constater au cours du rassemblement de la place St Michel) de laisser les sans papiers gérer leur grève et ils font bien car si leçon il y a c'est à eux de nous la donner et à nous de la recevoir.
Ils ne cessent d'écrire l'histoire; cette histoire sera vraiment "NOTRE" histoire si nous sommes encore capable d'apprendre!
Alors déclarer comme vous le faites que la confédé a mis de l'eau dans son vin me semble tout à fait hors de propos voire mensonger.
La confédé fait tout en sous main pour couler la grève; si la grève s'est étendue c'est grâce à des électrons libres solidaires de la CSP75 et des militants CGT sans papiers qu'on le doit et ce, envers et contre le travail de sape de la confédé.
Quant à la BdT, rue Charlot, c'est contrainte et forcée que la clique dirigeante a accompagné et soutenu les délégués de la CSP75; ne pas le dire c'est cautionner toutes leurs saloperies passées, présentes mais aussi futures.
Etre clairs auprès des sans papiers là-dessus est une nécessité pour touTEs les militantEs révolutionnaires s'ils veulent conserver la moindre crédibilité aux yeux des sans papiers.
En trente ans d'Interim, la seule grève d'intérimaires que j'ai connu était en 80 et concernait la prime d'outillage. Elle a duré une matinée et a été réglé l'après-midi même sans aucune négociation; après accord de l'EI (donneuse d'ordre), l'Interim l'a accordé.
Alors 2 Interim en grève (et ça n'est que le début) sur les mêmes revendications, si ça n'est pas historique!
Pour n'importe quel syndicaliste qui se respecte, le choix est clair entre une direction qui a déjà trahi les cheminots, qui a déjà trahi la lutte des sans papiers et la solidarité avec d'autres travailleurs qui montrent leur détermination et leur capacité à s'organiser (il suffit d'aller rue Charlot rebaptisée "Bourse des sans papiers en lutte"), il ne peut pas y avoir photo:
C'est l'union avec ceux et celles qui luttent qui s'impose; ce n'est même pas un choix c'est une nécessité! avec les sans papiers en grève exigeons non devant les préfectures mais devant le gouvernement:
La carte de résidentE (10 ans) pour tous les sans papiers.
Cela nécessite un rapport de force que nous pouvons et devons aider à construire au côté des Collectifs de sans papiers!
Voici le tract qui circule dans les foyers et parmi les sans papiers; les sections, syndicats, UL, UD ou UR peuvent le reprendre et l'adapter, il n'y a aucun copyrigt!
VERS LA GRÈVE GÉNÉRALE DE TOUS LES SANS-PAPIERS
sans papiers :
C’est la peur quotidienne du contrôle dans la rue comme au travail
C’est être licencié comme certains l’ont été dernièrement.
C’est la police qui vient vous chercher au petit matin et qui emmène toute la famille. C’est le CRA et l’expulsion. Seul, le sans papier est sans défense face à l’Etat, sa police et ses tribunaux !

Nos camarades de « Perfect Interim » l’ont bien compris et se sont mis en grève pour les papiers;
Ceux de « MANBTP » viennent de se joindre à eux et suivent ainsi l’exemple de nombreux sans papiers d’entreprises du BTP, de la restauration, du nettoyage et de la sécurité en grève.
Ils revendiquent des papiers pour tous. En effet, à quoi bon des papiers pour le travailleur si sa femme et ses enfants sont expulsables ?

NOTRE FORCE
C’EST NOTRE SOLIDARITÉ DANS LA GRÈVE
C’EST NOTRE POIDS ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

Sans les travailleurs sans papiers, combien de chantiers tourneraient, de restaurants, d’entreprises de nettoyage, etc… Sans les travailleuses sans papiers, qui garderait les enfants, s’occuperait à domicile des anciens, des malades, des handicapés, etc…
Avec les Collectifs de Sans Papiers, nous revendiquons :
-La carte de résident (10 ans) renouvelable pour toutes et tous ;
-La fermeture de tous les Centres de Rétention Administrative (CRA), véritables camps d’internement pour étrangers ;
-La suppression de la taxe ANAEM, discriminatoire à l’embauche.

Pour te joindre au mouvement :
Discute avec les diffuseurs de ce tract !
Va à l'annexe de la Bourse du Travail devenue la Bourse des sans papiers en lutte, rue Charlot et parle avec les délégués de la Coordination des Sans Papiers (CSP75).

Pour ne plus vivre dans la peur, rejoins la grève

Eugène 10/07/2008 06:47


Merci de ces précisions. En particiulier sur la grève des intérimaires, nous n'avions pas tous les éléments indiqués dans ta correspondance.
Soyons clairs, il ne s'agit pas de notre part de langue de bois, mais de tenter d'informer des évolutions ("méandres") de la confédération sur le sujet. Comme tu l'as remarqué nous sommes sans
aucune illusion sur notre direction, et d'ailleurs la conclusion de cet article est sans aucune ambiguité.
Néanmoins, nous avons noté (à tort ?) une évolution de la position de la Conf ces derniers jours, évidemment sous la pression du mouvement gréviste lui-même (c'est ce qui est dit dans l'article) et
nous le restranscrivons tel quel. C'est bien entendu sans illusion sur l'avenir...


Alex 09/07/2008 11:39

Au départ, je ne me sentais pas concerné par les travailleurs sans-papiers et je l'avoue. C'est par la suite et grâce à VP que j'ai compris que les travailleurs, même les sans-papiers, étaient dans la même merde !
Nous sommes surexploités par des patrons sans scrupules qui ne pensent qu'à se faire du fric, pendant que nous on se crèvent pour gagner des clopinettes ! Alors oui, je veux continuer auprès de VP même si parfois j'ai douté !!!