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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 16:56
Jeudi 14 août 2008
La Commune n'est pas morte !

Nous publions ci-dessous un tract des jeunes CGT de Limoges, diffusé lors du Forum social local en  mai 2008, à l'occasion de la présentation d'un petit film amateur réallisé sur la Commune et Eugène Varlin (saint-patron de ce blog comme chacun sait...). Un petit tract qui peut être réutilisé partout à l'occasion d'un anniversaire autour de la Commune !


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Publié par Où va la CGT ? - dans Histoire
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commentaires

dédé 22/08/2008 19:16

Et bien je pense qu'on a du faire le tour de la question, et qu'au final il n'y a pas de désaccords.

Ou va la CGT c'est presque un forum maintenant; et je me dis que de mettre en place un vrai forum serait certainement bien, quoique... on sait comment ça se passe, ceux qui vont y venir ne seront pas ceux qui militent le plus sur le terrain car en général on n'a pas le temps de s'amuser sur le net... enfin bref... bonnes fin d'été à tous

Eugène 30/08/2008 14:11


Salut dédé,
En fait, on a bien envisagé de  monter un forum autour du blog, mais trop difficilement gérable, et nécessite trop d'énergie. Y compris par rapport à tous les parasites, "militants du Net",
qui ne connaissent plus que le virtuel et plus du tout la lutte des classes (comme tu en parles !).
Donc, on a répondu par NON. Ce qui n'empêche pas, comme ici, de mener un débat constructif sur un sujet précis.
Allez, bonne continuation, on compte sur des lecteurs comme toi pour faire vivre le blog !


lili 22/08/2008 13:58

Je tenais effectivement à resituer le contexte de ce tract, c'était lors du Forum Social du Limousin, il n'a pas été distribué en masse, il a été lu suite à un film sur la Commune, et il a été fait par un collectif jeunes cgt interpro, qui regroupe plusieurs ouvriers et prolos. Des jeunes qui n’ont pas tous fait de longues études, loin de là, mais qui ont sincèrement envie d’avancer, de comprendre et de se politiser…Nous savons bien que l'idéologie bourgeoise nous abrutit et nous divise et qu’elle nous dépossède de nos capacités de réflexion. C’est pourquoi la lutte contre l'exploitation ne se passe pas que dans le domaine économique, mais aussi dans celui idéologique, et lutter contre les idées bourgeoises, c'est aussi modifier notre manière de travailler, d'écrire et de transmettre, changer notre manière d’apprendre. Nous savons bien qu’un prolo n'a pas la même éducation qu'un petit bourgeois, et qu’il n'a bien souvent pas le même rapport au travail intellectuel, tout est fait pour que son instruction soit limitée, de l'école à l'usine en passant par les émissions débiles à la télé...Et nous n'avons pas envie que les choses restent comme ça, au contraire des petits bourgeois! Alors quand on est militant, si on a conscience de tout ça, on doit partir de ce que savent les masses, de leurs contradictions, de leurs idées justes, et essayer à partir de là de susciter l'intérêt pour nos idées ( qui représentent il me semble leurs intérêts )en les expliquant simplement et aussi en les mettant en pratique! Mais attention, il s’agit bien de tirer les masses en avant, de partir d’où elles en sont pour éveiller leur conscience, et leur motivation ! Il ne faut pas se bercer d’illusion, la réflexion intellectuelle et théorique est toujours synonyme d’efforts, nous pouvons l’aborder collectivement mais il est évident que cela nécessite aussi du travail personnel car personne ne peut lire et réfléchir à la place de l’autre !
On peut essayer de simplifier le langage et de rendre plus accessibles les idées, c'est même notre rôle en tant que militant, mais effectivement il ne s’agit pas de caricaturer l’expression politique ! Ce qu’on veut, c’est que les prolos, notre classe, sorte de cette aliénation, et s’approprie le savoir que la bourgeoisie s’accapare aujourd’hui, que notre classe connaisse son histoire, avec ses avancées comme ses échecs, en bref, nous voulons devenir des hommes et des femmes conscients, intelligents, capables de penser et d’agir !

dédé 21/08/2008 22:58

Et bien on ce comprend, tu as cru que je parlais du fond, alors que je ne parlais que de la forme. Si j'ai fait des études, je sais cependant d'où je viens, je sais les rapports difficiles qu'ont la plupart des collègues que j'ai pu croiser sur les chantiers où dans les ateliers, je sais les efforts que nécessite le fait de lire un livre, une brochure après le boulot tellement tu es cassé, c'est bien pour ça que j'ai renoncé à ce que certains ont pu appeler l'établissement et qui pour moi était juste un retour en famille.

pj49 21/08/2008 22:10

Pour mettre les points sur les I:
Je suis maçon depuis une trentaine d'années et intérimaire, de plus petit fils d'un manoeuvre sur les docks qui m'a élevé; mais avant j'ai été coquilleur pendant deux ans en fonderie où on a monté une section cgt; la moitié de la boîte syndiquée au bout de six mois, (cinq semaines de grève et viré en douce de la cgt c'était au moment du Programme Commun); les premiers du département à payer le timbre 1% du salaire et non plus une heure par mois; j'ai aussi travaillé sur presse en usine; j'ai passé mon bac en candidat libre cette année là en bossant 45h. par semaine non pour rattraper un ratage mais parce que je me faisais des illusions sur le mouvement étudiant et ses capacités révolutionnaires ; avant: deux ans dans la Royale; deux mois de secret et six mois de bateau disciplinaire avant d'être lourdé de l'armée. Encore avant, lycée technique, les CAL (comités d'Action Lycéen), viré (d'où la Royale). Encore avant, premier boulot au "black" chez un peintre en bâtiment à brosser les parquets d'une école à la paille de fer, 10h. par jour et six jours par semaine; j'avais 15 ans et c'était en 68; du boulot plein les bras mais des rêves plein la tête!
Bonjour la classe moyenne! on peut revenir maintenant à ce tract l'esprit un peu plus serein.
Si je me suis attardé à un rapide CV, ça n'est pas anodin; nous fonctionnons encore trop souvent par généralités; le racisme s'en nourrit (un arabe ou un noir a volé telle personne donc tous les arabes ou les noirs sont des voleurs, etc...): ça devient vite des pré-jugés; le stalinisme a fonctionné grâce à l'appauvrissement du discours révolutionnaire pour le mettre "à la portée des masses" mais quand on lit Marx, Lénine ou R. Luxembourg et les thèses de la IIIème Internationale il faut s'accrocher et pour s'accrocher, il faut être motivé. Amères leçons de l'histoire que les prolétaires ont payé le prix fort du sang versé en vain et de la perte de sa mémoire collective
Ce tract, il faut le re-situer dans son contexte: un film sur la Commune de Paris ça n'est pas "le gendarme de St Tropez". Celui qui va le voir n'y va pas pour rigoler mais pour apprendre et surtout comprendre; un tel film n'apporte pas de réponse mais ouvre la porte à une multitude de questions dont une des plus simples: qui étaient les Versaillais; on appelle ça l'éducation politique ( le mail précèdent était excellent à ce propos). Ceci pour répondre à ta question " est-ce accessible à tous les prolos"? Pourquoi tous les prolos, d'abord; ça vaut aussi ta question pour la majorité des intellectuels. Ce n'est accessible qu'à ceux et celles qui veulent apprendre pour comprendre comment se battre et ne pas renouveler les mêmes erreurs, pour s'armer théoriquement, trouver les mots qui traduisent clairement ce que l'on ressent d'instinct (de classe) comme les intérêts généraux de sa classe et son devenir.
Pour déjouer les pièges du réformisme et de l'opportunisme qui lui colle au cul et on le voit cruellement sur la question essentielle des sans papiers où la Sainte Alliance patriotique, du PC à Alternative Libertaire, de la CGT à la CNT a reformé ses rangs contre le prolétariat tentant d'isoler la CSP75 seule en mesure actuellement de réaliser l'unité des sans papiers et pour combattre cette Sainte Alliance les tripes et le coeur ne suffisent malheureusement pas, même s'ils font TOUTE LA DIFFERENCE.
Ce tract n'est pas un appel à l'action mais à la réflexion et la réflexion commence par l'éducation politique; c'est chiant, c'est sûr mais la lutte de classe en BD, j'ai de sérieux doutes, pas toi?
Maintenant si c'est question de vocabulaire; c'est sûr que la simplicité du langage est préférable mais ne doit JAMAIS caricaturer l'explication politique; on a trop souffert ed la démagogie ouvrièriste pour y sombrer à notre tour; encore désolé d'avoir été si long mais comme je l'ai déjà souligné ce genre de discussion, je l'ai déjà eue début des années 70 et... c'est moi qui tenait tes propos Dédé; comme tu peux le constater, j'ai évolué...

dédé 20/08/2008 21:44

C'est bien Pj49, prend moi de haut, je te parle de la forme, de comment est écrit le texte, et tu me parles du fond, de LO et de je ne sais pas quoi...

Combien de camarades émigrés comprennent le mot "légifère", (est-ce que c'est si dure de dire qu'ils font des lois...)
c'est quoi un "versaillais", qu'est-ce que veut dire "le but est d'oter toute prétention à l'usurpation de pouvoir".

Ce texte est très positif, son but politique est plus que nécessaire, mais il est parfois difficile d'accès, et si tu me dis qu'il est compréhensible dans sa globalité par tout les prolos, c'est que tu es encore un de ses gars des classes moyennes qui ne cotois que de loin, le temps d'un tract, les travailleurs, les immigrés, et les jeunes...

C'est bien, continus à penser que la culture de l'écrit est toujours présente... METS TES MAINS SUR LES YEUX ET CRIS VIVENT LA RÉVOLUTION EN COURANT VERS UN MUR...

lili 15/08/2008 23:54

Ce tract montre la nécessité de l'organisation collective des travailleurs, et la nécessité de fait du syndicat, mais d'un syndicat de lutte de classe, qui ne fait aucune concession au capital et qui lutte pour l'émancipation réelle, effective, des travailleurs. Car si le syndicat n'est pas le parti, il n'empêche que son but n'est pas de maintenir et d'adoucir notre exploitation, mais bien de contribuer à nous en libérer, son but est bien l'abolition du salariat, et non son aménagement!
Ce tract a été fait par des jeunes cgt qui savent que dans leur syndicat, il y a une ligne réformiste et de cogestion, mais que c'est un syndicat qui regroupe aussi beaucoup de travailleurs conscients de leur exploitation, des travailleurs honnêtes soumis à pleins de contradictions et qui veulent sincèrement que les choses changent. Et le rôle des militants révolutionnaires n'est pas de regarder le train passer comme ceux de LO mais au contraire, de donner concrètement les moyens aux travailleurs de s'organiser pour lutter contre leurs exploiteurs. Et cela passe par faire connaître l'histoire du mouvement ouvrier que la bourgeoisie déforme et falsifie, cela passe par la transmission des savoirs et des connaissances qui servent notre classe et par la collectivisation de nos expériences qui seule permet de penser et d'analyser plus justement le monde! Alors bien sûr que la bourgeoisie a tout intérêt à ce que les prolos se sentent bêtes et incultes, qu'elle a tout intérêt à nous abrutir par sa propagande continuelle, et tout intérêt à nous déposséder de nos capacités à réfléchir et à penser. Mais nous, notre intérêt, c'est de nous réapproprier notre histoire, et c'est aussi d'apprendre à analyser le système dans lequel nous vivons, car il ne s'agit pas seulement de vivre et de ressentir l'exploitation, encore faut-il comprendre comment le capitalisme fonctionne, comprendre sur quoi il repose, avoir une vision globale des choses si on veut une riposte globale!
Nous devons lutter contre cette division entre les intellectuels et les manuels, et ne pas avoir peur des mots, car tout savoir s'acquiert, et ce savoir ne s'apprend pas seulement dans les livres, mais aussi et surtout à travers nos luttes.
L'expérience de la Commune est très riche d'enseignements pour le monde ouvrier, et il ne tient qu'à nous de la populariser.

pj49 15/08/2008 10:46

T'as ben raison, le gars Dédé; tous des incultes ces prolos! désolé d'ironiser mais c'est avec ce style d'affirmation (et que j'entends de la bouche de "militants" depuis 68) ne fait qu'entériner comme critère de la conscience de classe l'éducation dispensée dans les écoles... de la bourgeoisie! et borner la propagande aux feuilles à choux de LO dans les boîtes (qui ressemblent plus aux "Voici" des usines qu'à des pages d'éducation politique!).
"Militants" ou "limitants";
Derrière le "c'est pas accessible", Dédé se cache tout l'éventail démagogique de "l'élite politique", "l'avant-garde révolutionnaire" qui se met à la portée du pauvre prolo moyen qui est vraiment trop bête mais faut faire avec; désolé, mon cher Dédé, de ma réaction brutale mais ce genre de discours hérisse le poil du prolo plus que moyen que je suis.
Il est non seulement débile mais totalement faux. Débile car il confond allègrement accumulation des connaissances avec capacité d'analyse, intellectualisme et intelligence. C'est avec ce genre d'affirmations gratuites qu'on mesure les prolétaires à l'aune de ce qu'ils sont pour la classe dominante: une force de travail (tant manuelle qu'intellectuelle) qu'il faut adapter au besoin du but poursuivi, la destruction du Capital. L'élite façonne ainsi la classe révolutionnaire... à la Révolution pour prendre le pouvoir et réaliser la transition du capitalisme au... capitalisme (les enseignements de la révolution d'octobre sont entre autres que l'abaissement du niveau théorique facilite la naissance d'une nouvelle classe dominante et ne peut que renforcer l'aliénation).
Faux car j'ai imprimé "le droit à la paresse" de P. LAFARGUE que je n'ai pas lu depuis plus d'une trentaine d'années. Ce qui fonde la capacité de cultiver l'intelligence n'est-il pas en premier lieu outre la curiosité humaine, le temps libéré pour le faire; d'où en passant la revendication essentielle du mouvement prolétaire de "réduction draconnienne du temps de travail".
Or que constate t'on dans la réalité?
-Que les études sont de plus en plus longues et que les étudiantEs ont de moins en moins de temps libre pour autre chose que leur formatation au marché du travail.
-Que la division du travail en adaptation des technologies de plus en plus complexes, spécialise de plus en plus laissant de moins en moins de place à une appréhension globale de la réalité et encore moins à sa transformation révolutionnaire.
-Que même la "reine des sciences", la philosophie est victime de cette spécialisation: philosophie de l'histoire, des sciences, sociologie, anthropologie,, etc...
-Que dans cette optique, les prolos manuels ont un avantage plus que certain puisque leurs capacités professionnelles s'exercent directement sur la matière; et que le verdict de la machine en cas d'erreur se paie "cash" par un doigt coupé ou un pied en vrac avec passage à l'hopital.
Ce tract est qu'il met pas l'accent, en ces temps de grève des sans papiers, sur son internationalisme de FAIT; mais aurait dû souligner l'inadéquation de son discours chauvin d'avec cette réalité internationaliste; comme le souligne Marx; "la Commune a été grande non par ce qu'elle a dit mais par ce qu'elle a fait"; tout le contraire de ce qu'on constate à l'heure actuelle chez les
"révolutionnaires".
Derrière le discours universaliste couramment répandu et le "citoyen du monde" qui court nos rues se profile l'ombre sinistre du collabo et son bérêt basque. Voilà ce que révèle le mouvement sans papiers et que nous devons mettre en lumière.
Une autre leçon de ce mouvement est que l'internationalisme c'est ICI ET MAINTENANT.
Le rappel du passé doit être pour nous un rappel des erreurs (trahisons?) que nous ne devons plus commettre. L'UNION grandissante des travailleurs reste la condition fondamentale pour réaliser le dépassement du stade capitaliste: l'émancipation économique par l'ABOLITION DU SALARIAT et de la société marchande. Ce tract en est un élément et doit être considéré comme tel;
En bref, je ne rougirai pas de le distribuer! -pj49-

dédé 14/08/2008 21:29

C'est pas mal, mais le vocabulaire est parfois un peu compliqué tout comme les références historiques, c'est pas accessible pour tous les polos, c'est dommage. les derniers paragraphes sont par contre excellant. Bravo.