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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 06:46
Jeudi 5 juin 2008
Sans-papiers : tentative de faire le point
[Mise à jour importante au 8 juin 2008]
[deuxième mise à jour 15 juin 2008]

Presque deux semaines qu'un article n'a pas été publié sur le sujet sur ce blog. Un signe évident, celui d'un certain enlisement.
Tentons de regrouper les informations qui nous sont arrivées, et nous invitons surtout nos lecteurs à réagir, soit pour apporter de nouvelles informations, soit pour confirmer ou infirmer les éléments d'analyse ci-dessous, qui sont bien parcellaires.

Concernant les régularisations.
Le 29 mai : 54 salariés grévistes auraient leurs papiers à Paris :
  • 23 chez PAPA,
  • 8 chez Fabio Lucci
  • 9 salariés sur le chantier Xiantrailles dans le 13ème arrondissement
  • 2 de l'entreprise Bateg (78), 7 de l'entreprise Deremet (92).
  • 5 à la Pizza Marzano
  • 9 chez Market
  • 2 salariés de CDT (BTP), en grève dans le 17ème, un de chez Barrio Latino et un autre de Barlotti, en grève dans le 12ème, ainsi que 6 autres du restaurant Breteuil, dans le 7ème, sont convoqués aujourd’hui (le 29).
Dans l'Essonne, voici le bilan donné par le Collectif des sans-papiers de Massy :
Des récépissés de trois mois en vue de leur régularisation ont été délivrés par la Préfecture del'Essonne et d'autres Préfectures de la région parisienne.
  • Duca : 3/5 à Grigny
  • Véolia : 14/19 à Wissous
  • Millénium : 32/47 à Igny
  • Samsic : 5/7 à Massy
  • Stern : 2/12 à Verrières le Buisson
  • BBF : 18/20 à Ormoy
  • Europe service : 9/13 à Evry
A ces 83 régularisations (provisoires), il faut ajouter celles de 21 anciens employés de Buffalo Grill qui n'avaient pas été régularisés à la suite de leur grève de l'année dernière.

D'autres régularisations ont eu lieu en banlieue (92, 93, 94) mais on est très très loin du compte.

Concernant l'élargissement de la lutte
Tout d'abord, le constat est fait qu'il n'y a pas d'élargissement en province. La direction confédérale de la CGT a semble-t-il fait diffuser largement la note confédérale de F.Blanche et R.Chauveau du 2 mai, mais non pas pour élargir la lutte, comme cela pourrait le laisser penser, mais pour le freiner. Il y est en effet écrit que tant que la première vague n'est pas régularisée on ne fait rien. Par ailleurs, nous voyons que là où il y aurait un potentiel de départ, la CGT locale freine des quatre fers. Ainsi, nous avons eu connaissance d'un message du l'UD du Nord daté du 3 mai particulièrement significatif :
"Travailleurs sans papiers :
Trois cas individuels ont été recensés
Il va de soit que la régularisation des sans papiers avec la CGT et les syndiqués sans papiers de la région parisienne ont engendré des espoirs de régularisations individuelles. Mais parce que nous sommes une
organisation, parce que nous sommes responsables, il convient de ne pas faire n’importe quoi.
L’explosion médiatique, la sortie de l’ombre des salariés sans papier n’est pas du au hasard. Cela fait plus d’un an que ces salariés ont construit avec la CGT des sections syndicales et des revendications pour leur régularisation.
Ceux sont donc des syndiqués qui par leur nombre et leurs actions ont su rendre insupportable l’idée de ne pas être régulariser. Il en va autrement des isolés.
Une circulaire d’avril 2008 tend littéralement une souricière aux sans papiers qui souhaiteraient une régularisation puisqu’ils doivent se présenter physiquement et dès lors ils sont interpellés et mis en centre
de rétention avant expulsion.
Parce que la CGT est une organisation, son rôle est d’organiser les salariés pour se défendre et gagner des droits. Une note pratique et d'infos rédigée par la Confédération devrait nous parvenir ces jours ci"
Trois cas seulement dans le Nord, on croit rêver, il faudrait demander au CSP 59 ce qu'ils en pensent ! Et même trois cas, c'est encore trop, il est urgent d'attendre et d'être responsable...

Ensuite, partout le conflit est localisé, circonscrit localement. C'est à dire que la grève se mène au cas par cas, entreprise par entreprise, et surtout sans généralisation, échange, rencontres autres que locales. Alors qu'il y a une multitude d'initiatives et d'expériences qui mériteraient au moins de se retrouver et de se confronter. "Tous ensemble" ne devrait pas être qu'un slogan ! Donc sans moyen de constituer une force politique globale face au gouvernement. La CGT veut conserver son rôle d'interlocuteur privilégié,  et ne veut pas d'élargissement. Comment imaginer gagner ainsi face à la bande Sarkozy - Fillon - Hortefeux ?
Dans un article précédent, nous avions critiqué la CGT d'être "à l'arrière-garde" du mouvement, c'était peut-être un peu excessif (on nous l'a reproché), mais en tous les cas elle tire de toutes ses forces en arrière. C'est d'ailleurs proprement stupéfiant quand on voit la popularité de ce conflit parmi les militants de la CGT à l'occasion des rencontres et congrès divers. Par contre en certains endroits, des tentatives sont faites pour dépasser la tactique verrouillée de la Confédération. Ainsi ce tract de l'UD CGT des Alpes Maritimes qui appelle à la manifestation du 17 janvier en mettant les sans-papiers au premier plan, pour les regrouper, pour les faire apparaître publiquement, en faire une question politique !

Concernant la région parisienne, l'élargissement semble de plus en plus confus et anarchique. Des entreprises sont rentrées en grève de manière impromptue (Griallet à Montreuil), des grèves s'ouvrent dans des restaurants ou des entreprises, au fil de la motivation des travailleurs et des collectifs de soutien, sans plus aucune planification et d'organisation véritable. La notion de "vague" parait complètement dépassée, et on ne voit plus de pilote dans l'avion. Encore ces jours-ci, deux nouvelles entreprises occupées à Roissy, en pleine enceinte de l'aéroport, comme le rapporte un article du Parisien :
"Aéroport de Roissy
Deux nouvelles usines occupées par des sans-papiers Marie Poussel
vendredi 06 juin 2008 | Le Parisien

«SI LES GENS savaient ce qu'ils triment pour que les autres voyagent ! » C'est le cri du cœur de Gilles Reboul, un délégué CGT d'Air France. Hier, il est venu donner un coup de main à ses « collègues pas encore syndiqués ». A 14 heures, une vingtaine de sans-papiers travaillant dans une usine de Roissy se sont mis en grève.

Ils ont décidé d'occuper leur entreprise pour se faire régulariser. Dans la matinée, ils étaient également une quinzaine dans une autre société, toute proche, Partenair. A quelques mètres de la gendarmerie aéroportuaire, ces dizaines de travailleurs de l'ombre risquent tous les jours, en allant travailler, de se faire expulser. Pour la plupart sénégalais, ils passent leurs journées à laver les serviettes des voyageurs ou à adoucir les couvertures polaires. « Nous travaillons pour Corsair, Emirate Airlines et toutes les plus grandes compagnies », témoigne un intérimaire de 27 ans. « Depuis dix-huit ans, c'est la première fois que nous nous mobilisons comme ça », enchaîne un représentant du personnel. « Ils craignaient de se mettre sur le devant de la scène par peur de représailles, précise Thierry Bigeon, de la CGT. Mais en entendant les différentes actions menées dans la région, ils se sont dits Pourquoi pas nous ? » Dans l'après-midi, ils ont été reçus par un représentant de la direction.

« Il s'est engagé sur une augmentation et sur un dépôt des dossiers en préfecture en vue de la régularisation et à embaucher les intérimaires de longue durée... » se réjouit Serge Nybelen, secrétaire général de la CGT.
Une direction qui semble aller dans le sens des travailleurs même si le « combat est loin d'être terminé ».

Un raisonnement partagé par Serge Simon, le directeur de Partenair, l'autre entreprise à se mobiliser hier. « Pris de court », ils sont treize à s'être mis en grève. Squattant la moquette du secrétariat et les couloirs, ces treize CDI ne veulent pas lâcher l'affaire.

Pourtant, il y a eu des prémices. En décembre dernier, lors d'un contrôle, quatre salariés sont arrêtés par la police, faute de papiers en règle. Relâchés le lendemain, ils reprennent le travail normalement. « Il y a deux jours, j'ai été convoqué au commissariat, raconte Serge Simon, le chef d'entreprise. Les policiers m'ont expliqué que j'engageais ma responsabilité pénale en embauchant des sans-papiers. Je les ai donc mis à pied à titre conservatoire le temps de trouver une solution », se dédouane-t-il. Une décision qui a poussé les salariés à se mettre en grève. « Je suis de bonne foi, plaide le chef d'entreprise. J'ai besoin d'eux pour faire tourner mon entreprise. Ils sont formés. Je m'en remets complètement à la décision du préfet. »


En d'autres endroits, c'est l'inverse. Les grévistes de Paristore (94) expulsés par jugement de leur occupation n'ont pas été encouragés par la CGT à occuper un autre magasin, comme ils l'avaient envisagé, et ont dû se replier sur Métalcouleur à Bonneuil. A Vitry, un collectif local (sur deux foyers) de sans-papiers s'est fait accueillir de manière glaciale par l'Union Locale CGT et rembarrée au prétexte que la CGT ne s'intéresse qu'aux tranvailleurs en entreprise... Là, c'est le pied à fond sur le frein !
Enfin, chaque fois que cela a lieu, le soutien aux sans-papiers est porté par une poignée de militants déterminés, et pas du tout par la CGT dans son ensemble. Alors que la confédération sait mobiliser massivement quand elle veut (voir l'opération en cours pour le 17 juin, un million de manifestants annoncés, le rouleau compresseur  est lancé dans la CGT !) elle ne fait rien pour soutenir, élargir, aider les militants du soutien aux grévistes sans-papiers. C'est évidemment un choix politique, car le soutien à une grève nécessite une logistique et une popularisation extrêmement importante, sans parler des démarches administratives.
En conclusion, la direction de la CGT semble naviguer à vue, un peu dépassée par l'opération qu'elle a lancée, mais faisant tout pour en garder le contrôle par en haut.

Par ailleurs, les syndicalistes de classe ne semblent pour l'instant pas en capacité de développer le mouvement par eux mêmes, à la fois du fait de leurs forces et du poids de la CGT sur le mouvement face auquel il est impossible de faire l'impasse. Même les militants à l'initiative des grèves (UL Massy) semblent actuellement mis sur la touche par la Confédération. C'est aussi le problème auquel sont confrontés les militants de SUD et de la CNT qui tentent de leur côté d'élargir la lutte. Et comme  l'affrontement d'orientation à l'intérieur de la CGT reste feutré et interne, sans démarcation et conflit ouvert, et bien rien ne bouge... C'est un des constats majeurs de la situation actuelle.

Concernant l'occupation de la Bourse du Travail par la CSP 75
Contrairement à des rumeurs qui avaient circulé sur l'évacuation par  le service d'ordre de la CGT, la phase actuelle (mais pour combien de temps ?) est celle de la négociation. Une première réunion a eu lieu le 1er juin (dont voici
le compte rendu), une autre a lieu le 8 juin, et voicici-dessous le dernier communiqué des délégués. On notera une nouvelle fois que l'enjeu semble se cristalliser sur la question des dossiers, alors qu'à l'évidence le problème n'est pas là. Solidaires en a encore fait l'amère expérience, puisque le dépôt de ses dossiers en préfecture a été proprement refusé... Par ailleurs, le communiqué du 1er juin pose de manière intéressante la question de l'élargissement et de la coordination du conflit lui-même.
"Communiqué des délégués de la coordination   75

A l'issue de la réunion d'hier soir, où il y avait une délégation de l'intersyndicale, et 4 associations représentées chacune par une personne (Gisti, Cimade, Mrap, autremonde), et une dizaine de responsables de la Coordination 75.
Nous avons fait remarquer que la coordination n'avait pas été prévenue de la présence des ces membres des associations, qui, de plus, ne nous soutiennent pas depuis que nous sommes à la bourse du travail.

Voici les propositions faites par les sans papiers à l'intersyndicale :
- dépôt de dossiers groupé et suivi
- parrainage par les syndicats
- appui par rapport aux employeurs (et aux syndicats patronaux)

Une commission a été mise en place avec un représentant de chaque  organisation syndicale, plus cinq délégués de la coordination 75. La première réunion de cette commission devrait avoir lieu demain mercredi.
Je suis d'accord pour que les associations soient associées à cette commission mais j'attends la confirmation de tous les délégués. Je propose aussi que nous choisissions nous mêmes des personnes que nous jugeons compétentes, qui sont en même temps nos soutiens  depuis le début.

A titre personnel, je pense que nous sommes capables de traiter les dossiers  des sans papiers qui travaillent, avec feuilles de paye, contrats de travail etc ... nous faisons ces dossiers depuis des années.
Par contre, les dossiers des sans papiers qui n'ont ni feuilles de paye, ni contrat de travail, sont plus difficiles à préparer et là, peut-être que les associations pourraient les appuyer.

Nous ne souhaitons pas nous dessaisir des dossiers.
Nous pensons que l'intersyndicale est très bien placée pour défendre nos dossiers auprès des employeurs et des syndicats patronaux, ainsi que des préfectures.
On ne quittera pas la bourse du travail sans avoir des réponses claires à nos revendications, ni des engagements très précis de la part de l'intersyndicale.

Une rencontre au Ministère nous semble nécessaire car de nombreux sans papiers qui occupent actuellement la bourse n'habitent pas Paris, et les rapports avec les Préfectures risquent de n'être pas simples, sans décision expresse du Ministère.

Rappel : REUNION DE TOUS LES COLLECTIFS SANS PAPIERS DE FRANCE LE DIMANCHE 8 JUIN A 11 H 00 À LA BOURSE
Sissoko

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

Christophe MIGAULT 12/06/2008 14:35

Déclaration du Rassemblement des Collectifs des Ouvriers sans Papiers des Foyers à propos des grèves CGT d'ouvriers syndiqués sans papiers :

FACE A LA LOI CESEDA, IL EST CRIMINEL DE SEPARER LA BATAILLE POUR LES PAPIERS DE LA BATAILLE POUR DES DROITS ECRITS DANS LA LOI
Après Kouchner et Besson, la CGT bascule dans le Sarkozysme.

La CGT a lancé des grèves d'ouvriers sans papiers syndiqués. Ces grèves ne sont pas des actions ouvrières pour l'abrogation de la loi CESEDA. Ce sont des actions pour négocier quelques papiers en laissant tomber la question des droits pour tous écrits dans la loi. La campagne de la CGT se fait dans le cadre de la loi CESEDA. La CGT colle sur ces grèves--pour couvrir qu'elle négocie au cas par cas et dans le cadre de la loi--le mot parfaitement creux de"régularisation de tous les sans papiers". Ce mot d'ordre ne veut rien dire tant que la loi CESEDA existe. Celui qui veut la régularisation de tous les sans papiers aujourd'hui doit dire qu'il veut l'abrogation de la loi CESEDA. Fillon l'a écrit à Thibault:le gouvernement est d'accord pour discuter des papiers avec la CGT "dans le cadre des lois en vigueur".
Au lieu de se battre pour une loi de droits, la CGT avalise, officialise et consolide la loi CESEDA.
Alors que sont ces grèves ? Où vont-elles ? Et, surtout à quoi mènent-elles ? L'appât, ce sont quelques papiers arbitrairement délivrés au cas par casc par les préfectures, commes elles le font déjà. Ces papiers sont des cartes "salariés" : autrement dit les gens sont dans les mains de leur patron, plus de travail, plus de papier. Ce sseront aussi des centaines de dossiers et de situations de travail fichés, et des gens facilement expulsables, avec la photocopie de leurs passeports, parmi tous ceux qui seront rejetés.
Mais à ce quoi travaillent réellement ces actions, c'est à rendre possible une légitimation de la loi CESEDA. Dés lors que la CGT accepte la place de négociateur à l'intérieur de la loi CESEDA, le gouvernement peut dire : clui qui n'est pas d'accord avec la CGT et avec moi est hors la loi.
La CGT chache délibérément la responsabilité de l'Etat et de la loi CESEDA en prenant pour cible les patrons. Elle permet à Hortefeux de faire chorus avec elle contre "les patrons qui exploitent les sans papiers et réclament leurs régularisations". Mais la vérité, c'est que, sans la loi CESEDA, ces ouvriers ne seraient pas sans papiers. Voilà ce que ne disent ni le gouvernement, ni la CGT.
Ne croyez pas que la CGT travaillerait "efficacement" à ce que les gens aient les papiers, --si tel était le cas, nous serions les premiers à nous en féliciter-- elle travaille à vérouiller politiquement un nouvel encerclement des ouvriers sans papiers , et cela à partir du travail lui-même. Ce qui est proprement criminel. C'est pourquoi nous disons qu'avec ces grèves, la CGT bascule dans le Sarkozysme. Kouchner, Besson, Hirsch, ont rallié Sarkozy dés les premiers instants de son élection. Thibault a déjà acheté la reconnaissance de la CGT par Sarkozy en mettant fin aux grèves de la RATP et de la SNCF dés décembre 2007, et en abandonnant en rase campagne toute bataille sur les retraites.
La politique de la CGT en regard de la loi CESEDA et des ouvriers sans papiers signe aujourd'hui la constitution de ce que nous proposons d'appeler un "sarko-cégétisme".
Un objectif majeur de la CGT est aussi d'essayer d'en finir avec les collectifs comme lieu d'organisation des batailles des ouvriers sans papiers. En présentant comme seul "efficace"le raliement au syndicat et à l'Etat. C'est la durée des collectifs qui lui fait peur, comme au gouvernement : que depuis 10 ans cela ne s'arrête pas.

Pour avancer dans cette situation, nous proposons :
1) De discuter très sérieusement ce que nous disons ici sur la CGT et du piège que représentent des grèves conduites dans ce cadre politique.
2) D'engager rapidement le travail d'écriture ensemble une nouvelle loi et de la mettre en discussion, par tous moyens à trouver, dans les lieux de travail, les foyers, les quartiers...
3) De créer des collectifs de volontaires qui portent la question de cette nouvelle loi de droits, de resopect et d'amitié pour les étrangers, ainsi que celle, urgente, de la défense des foyers ouvriers.
Un pays c'est tous ceux qui y vivent !
Ouvriers ça compte ! Le travail ça compte !
La France, ce n'est pas Sarkozy, c'est nous tous !

Nous vous invitons à venir discuter de ces propositions LORS DE LA RENCONTRE FILM DEBAT
2008/1968
SAMEDI 14 JUIN DE 14H à 19H
18, rue du Sergent Bauchat. 75012 Paris.
Métro : Montgallet (Ligne N° 8)
Le Rassemblement des Collectifs des Ouvriers sans Papiers des Foyers.
e-mail : journal.politique@laposte.net
Tel/Fax : 01 43 64 76 40

pj49 11/06/2008 11:49

Voici le mail que j'ai envoyé à la csp75, au 9ème Collectif, au CSP59, au CSP92 et à divers soutiens dans et hors du Syndicat; pour moi, il est de plus en plus clair que le combat pour la régularisation passe par la destitution de cette direction cgt qui trahit les aspirations de nos amiEs sans papiers pourtant massivement syndiquéEs; supporter plus longtemps l'orientation collaborationniste de cette direction engage notre responsabilité collective à leur encontre. Nous ne devons pas oublier que pour eux, cette orientation se paie "cash" par les expulsions; l'Etat expulse et cette direction tient grande ouverte la porte. Nous ne devons plus nous satisfaire de demi-mesures! il y a à l'heure présente deux CGT qui s'affrontent dans une lutte de classe; celle des couloirs ministériels et celle du combat quotidien. Vouloir les compromis est suicidaire; après la défaite annoncée sur les retraites, la question des sans papiers doit pousser tous les vrais combattantEs syndiquéEs comme non-syndiquées à l'union autour des sans papiers . L'heure est à l'offensive contre l'Etat et cette direction, véritable cheval de Troie dans le mouvement; nous le leur devons sinon notre solidarité restera une opposition de principe qui n'influera en rien sur le cours catastrophique des événements et la continuation des expulsions


"J'ai pris cet extrait sur le blog de l'opposition interne à la cgt; il est très clair sur la volonté de cette direction est de limiter la lutte à la région parisienne (et encore!) et de continuer le "cas par cas" même collectif dans les préfectures et non au ministère) sans mettre en avant la régularisation de tous les sans papiers; les sans papiers hormis les "éluEs" soutenuEs par cette direction cgt n'ont rien à en attendre et ne peuvent s'appuyer que sur le soutien faible peut-être mais qui a le mérite d'exister de ceux qu'ils voient à la BdT régulièrement et sur cette opposition interne qui se développe notamment en Province. Compter sur une éventuelle évolution de cette direction cgt serait suicidaire mais cela suppose aussi de la part des Collectifs sans papiers d'être clair et de la part de leurs déléguéEs le coeur de l'opposition CGT interne (les déléguéEs ne sont-ils pas syndiquéEs en majorité); en Province des syndicats attendent le feu vert pour se lancer dans le mouvement; tant que la direction actuelle sera en place ce feu restera rouge et empêchera l'élargissement à la Province. Quant aux assocs , en dehors de la FASTI il semblerait que les sans papiers n'ont rien à en attendre hormis des militantEs qui les soutiennent à titre individuel ;
Plus que jamais, les sans papiers doivent compter sur leur union et sur leur clarté politique pour rassembler leurs véritables soutiens autour de leurs revendications; leur isolement n'est qu'apparent et leurs soutiens potentiels sont beaucoup plus nombreux qu'ils ne le pensent pourvu que cette nécessaire clarification se fasse.
Quelle que soit votre décision, sachez que je suis et que je serai toujours à vos côtés, du côté de l'UNION de tous les prolétaires qui se battent jusqu'à la victoire.
NOUS (touTEs ensemble) sommes l'avenir de ce monde; cette notre responsabilité envers l'humanité; à nous d'assumer!"

"Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique sociale"
A+ dans les luttes; -pj49-

Bagneux 10/06/2008 21:01

Une bouffée d'air pour les salariés sans-papiers grévistes de Bagneux
Nouvelle du 4 juin 2008

Soutenus par Madame la députée-maire de Bagneux Marie-Hélène Amiable, la municipalité, l'union locale de la CGT et le Collectif de soutien aux sans-papiers de Bagneux; les salariés sans-papiers d'ARENE en grève depuis le 27 mai pour leur régularisation collective par le travail ont déposé lundi 2 juin 35 dossiers à la sous-préfecture d'Antony afin d'obtenir dans un premier temps un titre de séjour temporaire de deux mois.
Quatre d'entre eux ont vu leur demande refusée parce qu'ils n'étaient pas en période d'embauche au départ de la grève.
Les 31 autres se présenteront à nouveau à la sous-préfecture d'Antony lundi 9 juin pour retirer leur titre de séjour temporaire. Ils passeront alors à la deuxième étape pour obtenir leur régularisation officielle et un titre de séjour.
La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si la sous-préfecture acceptera qu'ils continuent leur procédure collective de régularisation par le travail en restant domiciliés sur le lieu de l'entreprise à Bagneux ou s'ils devront faire individuellement leur demande sur leur lieu de résidence. Dans cette option les dossiers seraient alors traités au cas par cas par différentes préfectures de la région parisienne. A ce jour rien n'est gagné, la réponse devrait être rendue par la sous-préfecture d'Antony le 9 juin.

Les grévistes peuvent désormais circuler librement et reprendre leur travail y compris les quatre CDI dont ARENE vient de régulariser le CDI grâce à ces nouveaux papiers.
Heureux de cette bouffée d'air et de cette première reconnaissance, les grévistes occuperont le local de l'Union locale de la CGT de Bagneux jusqu'au 9 juin. Ils devraient organiser un repas de soutien sur le stand du Collectif de soutien aux sans-papiers de Bagneux à l'occasion de la Fête du sport et des associations le week-end des 7 et 8 juin à Bagneux.

Roissy 09/06/2008 14:14

Aéroport de Roissy
Les sans-papiers stoppent la grève
LE CIEL s'éclaircit pour les grévistes sans papiers de l'aéroport de Roissy.
La trentaine de grévistes, répartis dans deux entreprises, a cessé son mouvement hier, 24 heures seulement après le début de celui-ci.

Dans l'entreprise Home Service, spécialisée dans le lavage des couvertures et des serviettes des compagnies aériennes, les salariés ont gagné pratiquement sur toutes leurs revendications. « La direction s'est engagée à embaucher dix-sept intérimaires de longue durée, à déposer les dossiers des personnes sans papiers à la préfecture, à leur donner un treizième mois ainsi qu'une augmentation de salaire globale de 6 % par mois, assure Serge Nybelen, le secrétaire général de la CGT-Roissy. L'annonce a été faite dans les larmes et la joie des salariés. Des femmes se prenaient dans les bras les unes des autres, c'était très émouvant. »

Du côté de l'entreprise Partenair, ce n'est plus quinze mais seize salariés qui se sont déclaré sans-papiers. Pour autant, le sous-préfet en charge de l'aéroport s'est engagé à ne pas inquiéter le directeur s'il continuait de les faire travailler, le temps du dépôt des dossiers de régularisation à la préfecture.

Une garantie pour le patron qui avait été convoqué au commissariat de Savigny-sur-Orge (Essonne). Rassurés, les grévistes ont repris le travail.

luke 08/06/2008 16:42

Pour la première fois depuis le début du mouvement, les sans-paps nantais sortent dans la rue!

mardi 17 juin 12h rassemblement mairie, rue de Strasbourg

Cette manifestation se déroulera dans la continuité de la journée d'action sur les retraites et le temps de travail à 10h30 Place du Commerce

Joe 06/06/2008 22:02

Communiqué de l'UD CGT 31:

A l'attention
- des organisations syndicales,
- associations et
- partis démocratiques
Union Départementale de la Haute-Garonne

Ce jour, 28 travailleurs sans papiers détenus au centre de Rétention Administratif de Cornebarrieu ont engagé un mouvement collectif de grève de la faim.

Ils ont réagi spontanément à des propos méprisant tenus à l’encontre d’une personne âgée. Mais ce mouvement s’inscrit dans un contexte bien plus grave.

Notre organisation syndicale vient de s’adresser publiquement à Monsieur le Préfet. Nous invitons les organisations démocratiques du département à réagir de façon unitaire.

Nous proposons donc ce texte à signature. Faites nous connaître au plus tôt votre accord.

« Depuis l’ouverture du Centre de Rétention Administratif à Cornebarrieu, les conditions de vie imposées aux prisonniers ne cessent de se dégrader. Elles n’ont d’autre but que d’humilier et de rabaisser ces femmes, ces hommes et leurs enfants. C’est un sentiment général de mépris qui se dégage du vécu de ces personnes. Nous ne comprenons pas les raisons qui expliqueraient la suppression de l’alimentation halal. De la même façon des repas à base de porc sont imposées sans autres alternatives. Il n’est pas possible d’obtenir de l’alimentation ou des colis alimentaires provenant de l’extérieur. Ces choix de l’administration ont pour conséquence de provoquer un phénomène de sous-nutrition chez les prisonniers, parmi lesquels se trouvent des enfants en bas âge.

De la même façon, les cartes téléphoniques vendues aux détenus, le sont à un prix excessif. Chose plus étonnante, les durées de communications sont totalement irrégulières par rapport à des cartes présentées comme standard. Cette réalité s’apparente à une forme de racket.

Il faut également rappeler que le centre n’est pas chauffé, même en hiver. En outre les couvertures, d’une piteuse qualité, ne permettent pas de se protéger du froid.

Ces conditions générales de détention laissent à penser qu’elles sont utilisées afin d’amener les détenus à craquer, à accepter de quitter « volontairement » le territoire. Nous ne saurions accepter plus longtemps de telles pratiques qui violent les principes les plus élémentaires des droits de l’homme et de ceux des enfants. Nous exigeons donc de l’administration qu’elle agisse immédiatement afin de faire respecter les droits des détenus. »

Secrétaire Générale de l’UD CGT 31 Gisèle VIDALLET