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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 06:23
Jeudi 4 Juin 2008
Représentativité : le débat continue dans la CGT

Dans un article un peu élaboré daté du 20 avril, nous avions porté "un point de vue de classe" sur la position commune en matière de représentativité syndicale, ensuite validée à la hussarde par les organisations du CCN en une semaine après la mise en demeure de la CEC.Depuis, le débat continue de faire rage dans la confédération, comme nous l'avons noté lors des congrès de la CGT 93, et du Commerce. Des motions circulent, des syndicats prennent position, des structures mettent en demeurent la Confédération de retirer sa signature... d'autant plus qu'il apparaît clairement que cet accord va servir de support à la remise en cause des 35 heures ! Qui pouvait imaginer (sinon nos crétins réformistes de la direction confédérale) que Sarkozy et le Medef pouvait se féliciter d'un accord, sans se douter qu'il était pourri ?

Sans revenir sur l'analyse de fond présentée dans l'article initial, nous renvoyons nos lecteurs à deux analyses complémentaires actuellement largement diffusées :
- la position de Charles Hoareau, militant des Bouches du Rhône et figure historique des Chômeurs Rebelles
- la position de la fédération CGT des sociétés d'étude
Ces deux documents apportent des éléments complémentaires et des arguments à tous ceux qui mènent la bataille sur la question. Nous proposerons d'ailleurs très prochainement d'autres contributions sur le sujet dans ce même article.
Nous ajoutons (le 9 juin - suite à un message d'un camarade de la FNIC qui nous les as transmises) des positions complémentaires de cette fédération, dont nous avions déjà parlé dans le premier article.
- Une analyse critique point par point de l'accord, en date du 9 avril, (avant donc à la prise de position de la fédération)
- Une motion de la CE fédérale votée à l'unanimité le 27 mai.

Reste une question qui pour nous est une énigme : cette question est importante, certes. Mais pas plus que le Nouveau Statut du Travail Salarié, les contre-plans industriels ou le soutien aux sans-papiers. Alors, pourquoi cette crispation sur ce point et pas sur les autres ?

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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commentaires

dédé 19/07/2008 13:17

"Qu’est-ce qu’on nous dit : "cela va empêcher de créer des sections CGT en nommant un DS dans les boîtes où on est pas implantés", cela va "faire disparaitre un grand nombre de sections CGT dans les boîtes", oui et alors ?
C’est ça le syndicalisme de classe et de masse ? Se faire nommer DS dans une boîte par un bureaucrate fédéral et avoir (même avec 0 syndiqués et 0% aux élections professionnelles) le pouvoir de signer les accords avec la direction ?"

Non mais faut pas déconner, c'est exactement comme le syndicalisme, ce n'est pas parce qu'il y en a qui signent des accords pourris qu'il faut supprimer cet outil essentiel dans l'apprentissage de la lutte de classe.

Tu la vis la répression syndicale avant de dire ça. Si t'es un moine guerrier, tant mieux pour toi, mais c'est pas le cas de tout le monde.

C'est exactement une réflexion de type ultra gauche, la théorie c'est bien, la confronter à la pratique c'est mieux.

Joe 15/07/2008 19:14

Dans une lettre adressée aux :Syndicats, ULs,UD31 et la Confédération, l'UL CGT Mirail exprime son désaccord sur le forme et sur le fond avec la position commune sur la représentativité.


Réunie le 18 juin 2008, la CE de l’UL du Mirail a débattu de : " la position commune du 9 avril sur la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme ". Ce texte a été impulsé par le gouvernement Sarkozy et signé par la CGT, la CFDT, le MEDEF . Il doit servir d’appui à un décret de loi.


Le bureau de l’UL du Mirail prend acte qu’il est ressorti de ce débat que la CE est en désaccord avec la position prise par la direction Nationale de la CGT.


Désaccord sur la forme : signature précipitée, les syndicats lorsqu’ils ont été consultés l’ont été quelques jours seulement avant l’annonce de la signature.


Désaccord sur le fond : Il a fallu une grève générale comme celle de Mai 1968 pour que soit reconnue l’existence de la section syndicale dans l’entreprise. Que peut espérer la CGT d’un projet de loi du gouvernement Sarkozy dans le contexte de démolition de l’ensemble des acquis des salariés ?


Le MEDEF se félicite et se réjouit de cette "position commune ". Serions nous, à la CGT, assez naïfs pour croire au fameux " donnant-donnant ", alors qu’ils nous prennent tout ?


Quel est le sens de cette " position commune " CGT, CFDT MEDEF qui définirait la légitimité de la CGT. La CGT doit être complètement indépendante du patronat.


Ce texte ramène tout au niveau de l’entreprise. Il ouvre la porte à des décrets de loi qui limiteront le droit syndical (on parle ici de vrai syndicat, de syndicat de lutte) déjà si difficile à faire vivre et à faire respecter face à l’arbitraire et à l’abus de pouvoir patronal.


Notre UL est confrontées tous les jours à ces difficultés, tous les jours elle rencontre des délégués syndicaux en bute à la pression et au harcèlement des patrons alors que les DS sont protégés par la loi dès leur nomination. Cela empirera avec la désignation des DS telle qu’elle est prévue dans le texte et rendra plus difficile le déploiement de la CGT dans les entreprises où elle n’est pas représentée.


L’Union Locale CGT du Mirail demande le retrait de la signature de la CGT et l’ouverture d’un débat contradictoire.

Ernesto 12/06/2008 21:07

Bien, ou plus tôt non, pas bien.
Il semble de plus en plus que la fronde se fasse à mesure que les copains lise le contenu du projet.
l'UD 93 organise le 2 juillet, une journée "d'explication" afin "d'éclaircir les malentendus et les points mal compris par les syndiqués".
"Ce texte ne peut'être mauvais!" voyons!!
Je ne crois pas au complot de bureaucrates ayant décidé, par simple méchanceté, de transformer la CGT en CFDT de seconde classe.
Nous pensons que nos Camarades, car ce sont nos Camarades, se trompent.
Qui mieux que les voix des syndiqués peuvent leurs prouver que ce chemin n'est pas le bon pour l'intérêt de TOUS les travailleurs.
Et puis, voir Bernard main dans la main avec la présidente du MEDEF, tenter de convaincre Copé-qui-doit-se-racheter, qu'il faut respecter le projet des organisations salariales et patronales, c'est triste, franchement.

Eugène 12/06/2008 21:20


C'est un débat compliqué. Bien sûr, ce n'est pas un complot des magouilleurs contre la majorité. C'est évident. D'u autre côté, c'est un peu rapide de dire "ce sont les camarades qui se trompent".
Car, tu le sais bien, il y a une certaine attitude d'"autruche" dans la Conf', qui escamote toutes les contradictions. Et une sorte de réformisme spontané, non réfléchi, sur lequel sait
parfaitement surfer la Conf'. Voir dans l'UD comment la "journée d'explication" a permis de dégager en touche le débat de fond.
Pour revenir sur l'exemple que tu cites, l'UD93, si la fronde a eu lieu sur ce sujet au Congrès, en même temps le rapport d'activité était voté sans
débat, et avec seulement 9 abstentions ! Voir le compte rendu du Congrès...
Donc, quelque part, il y a la volonté de ne pas assumer une situation d'opposition ouverte, d'en rester au débat d'idées, sans construire une opposition structurée à la direction confédérale. C'est
quelque chose de particulièrement net en ce moment, et qui va nous donner encore beaucoup de travail !


Matthieu 11/06/2008 19:04

C’est vrai que cet accord est un accord signé entre "partenaires sociaux responsables" par une CGT qui s’accommoderait bien d’un syndicat sans syndiqués, service public subventionné exclusivement par le patronat pour cogérer les entreprises en œuvrant à l’adaptation du travail aux besoins du capital, mais je ne suis pas d’accord avec la position de ceux qui le critiquent en interne.

Qu’est-ce qu’on nous dit : "cela va empêcher de créer des sections CGT en nommant un DS dans les boîtes où on est pas implantés", cela va "faire disparaitre un grand nombre de sections CGT dans les boîtes", oui et alors ?
C’est ça le syndicalisme de classe et de masse ? Se faire nommer DS dans une boîte par un bureaucrate fédéral et avoir (même avec 0 syndiqués et 0% aux élections professionnelles) le pouvoir de signer les accords avec la direction ?
Défendre le maintient de l’existence de section "fantômes" sous la perfusion de l’arrêté scélérat de 1966 et sa prétendue "présomption irréfragable de représentativité" pour le club des 5, alors que des listes sud ou des militants de classe du CGTE-Dalkia doivent carrément appeler les salariés à s’abstenir au 1° tour pour pouvoir se présenter au 2° ?
On va quand même pas défendre l’arrêté de 1966 alors que ça fait des années que nombre d’accords pourris entrent en vigueur dans nos boîtes parce qu’ils sont signés par des purs collabos ne représentant pas les salariés mais qui ont la présomption irréfragable de représentativité !

L’idéal serai bien sûr la libre présentation des listes dès le premier tour et des délégués syndicaux élus par leur sections, ce n’est évidement pas ce que dit la position commune mais je me refuse de la condamner au nom de la défense du statut quo pourri de 66...

Sachant que la vrai question de la "représentativité" syndicale n’est pas celle des heures de délégations ni du statut de l’élu mais bien du nombre de syndiqués et de la capacité à mettre en place un vrai rapport de force dans l’entreprise pour la défense des intérêts du travail contre ceux du capital.
Un syndiqué de lyon

Eugène 11/06/2008 22:17


Absolument d'accord.
C'était d'ailleurs tout le sens de l'article initial de ce blog sur la représentativité...