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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 08:30
Samedi 24 mai 2008
Le service d'ordre de la CGT agresse les sans-papiers de la Bourse du Travail

Lors de la manifestation du 22 mai à Paris, le cortège est passé devant la Bourse du Travail, où comme les dernières fois (le 15 mai), les sans-papiers qui occupent la Bourse du Travail organisaient un rassemblement pour appeler au soutien. Soutien d'ailleurs largement  partagé dans le cortège, puisque de nombreux syndicats et structures reprenaient en passant les mots d'ordre de soutien, en particulier "Le cas par cas, on n'en veut pas", ou "Régularisez tous les sans-papiers".
En tête de manifestation, le Service d'Ordre de la CGT a violemment agressé ce rassemblement qui n'avait rien de  provocateur, charge musclée et petite rixe à l'appui. Sans grosse conséquence heureusement, mais c'est le principe qui compte. D'autant, que comble de l'ironie, quelques mètres plus  loin une banderole CGT appelait à soutenir la lutte des sans-papiers en grève, et diffusait son communiqué à propos de la deuxième vague.

Nous ne sommes pas de ces libertaires ou autonomes, dont l'anti-cégétisme est imprégné jusqu'au fond de la moëlle, ce site a pour objectif au contraire de reconstruire la CGT sur une base de masse et de classe. Mais les faits sont là. Les photos qui tournent en boucle sur le net sont claires et sans ambiguités.
Ce n'est pas acceptable. Nous le disons clairement, ces prétendus "militants" de la CGT qui font le coup de poing contre les sans-papiers n'ont rien à faire dans notre syndicat. Ces miliciens (oui, le mot est fort) qui n'ont rien dans la tronche et pas beaucoup plus dans les biceps doivent être exclus, rejetés, car le syndicalisme de classe est avant tout un syndicalisme d'unité. Il fut une époque où le SO de la CGT a été largement discrédité pour sa chasse aux gauchistes (sidérurgistes), il semble que cela revienne de temps en temps (manif lycéennes) et ici. Il n'est pas question que cela revienne le style de débat qui existait il y a quelques décennies, y compris au sein même de notre Confédération contre les militants les plus radicaux.

Il y a un problème avec la Bourse du Travail et l'occupation organisée par la Coordination 75 des sans-papiers, c'est sûr.
Au lieu de criser sur les anars et la CNT, on ferait mieux de s'intéresser à la classe ouvrière. Au lieu de faire le coup de poing, la direction de la CGT ferait mieux de s'interroger sur les raisons de ce problème, et de se donner les moyens de le résoudre. On ne comprend d'ailleurs pas pourquoi ce n'est pas déjà le cas, dans la mesure où  la position de la CSP 75 n'est nullement anti-cégétiste et plutôt modérée, voire réformiste (ce que notait un commentaire). Rappelons que le début du problème, c'est
la mise à l'écart délibérée de ces camarades dans la préparation de la grève, et la conception même de la CGT qui est celle d'une grève d'avertissement de quelques uns en laissant la majorité sur le côté pour tenter de pousser le gouvernement à négocier. Conception qui a fait la preuve de son échec.
C'est à dire que la responsabilité première et totale de la situation est du côté de la Confédération, sa conception de la lutte, et la manière dont elle l'a mise en oeuvre. Après, que les anars viennent mettre de l'huile sur le feu n'a rien d'étonnant. Mais c'est une question marginale.
Le fond de l'affaire, c'est la régularisation des sans-papiers et la stratégie de la Confédération. D'ailleurs, il y a des interrogations à ce propos jusqu'au sein du Bureau Confédéral...

Une nouvelle fois, camarades syndicalistes de classe, l'urgence est à développer le soutien, à organiser la lutte des sans-papiers, une nouvelle fois c'est l'affrontement entre syndicalisme de classe et syndicalisme de collaboration qui s'illustre !
Ne laissons pas la Confédération et les gros bras parler en notre nom !
Ne laissons pas salir la CGT !
Dénonçons ces agressions, organisons l'élargissement de la lutte et le soutien à nos camarades !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

oppong 27/05/2008 01:56

C'est bien de votre part de le dénoncer, mais ne soyons pas naïfs:
- si le SO de la CGT dans les manifs est blindé de fafs, cela relève d'une certaine logique de la part des dirigeants
- le SO tabasse les manifestants, dès qu'il y a un risque de débordements, autrement dit à chaque fois qu'une manif est susceptible... d'avoir un minimum d'utilité.

Ce n'est donc pas l'attitude particulière du SO dans telle ou telle manif qu'il faut dénoncer, mais la logique du syndicat qui prévaut dans ces manifestations, qu'il souhaiterait être de simples promenades, qui ne sauraient contribuer à un quelconque rapport de force vis-à-vis du pouvoir.

Tourtaux Jacques 26/05/2008 18:25

N'étant pas de la région parisienne, je ne suis donc pas un témoin direct de ce qui se passe à la Bourse du travail, à Paris mais, je trouve inadmissible que des gens se réclamant de la CGT soient venus délibérément taper sur des travailleurs en lutte pour leur Dignité.

Peut m'importe les raisons motivant l'occupation d'une bourse du travail par les sans-papiers et si des personnes tirent les ficelles. Je suis outré de savoir que des clampins ont agi au nom de la CGT et ont pu de sans froid lever la main sur des travailleurs, qu'ils soient ou non syndiqués à la CGT. Ces nervis n'ont pas leur place à la CGT.

L'an dernier,lors d'une manif à Reims, j'ai moi-même failli être tabassé par le numéro 1 régional CGT interpro qu'un camarade a stoppé à deux reprises dans son élan. Je connais donc bien ce genre de situation où des "syndicalistes" musclés se croient tout permis et ont un comportement qui discrédite la CGT et ses militants.

Je voudrais dire ce que je pense de cette longue, difficile et courageuse lutte qui n'en finit pas de chercher son extention au niveau national parce que les dirigeants confédéraux de la CGT n'en veulent pas et ne veulent pas d'une globale légalisation des travailleurs sans-papiers et de leurs familles.

Il est évident qu'en cherchant le pourrissement de ce mouvement exemplaire, les dirigeants confédéraux font une nouvelle fois la démonstration de leur soumission à l'Etat-patron.
Jacques Tourtaux,retraité cheminot CGT.