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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 06:14
Vendredi 16 Mai 2008
Dreux : large mobilisation populaire contre les licenciements

Après l'annonce le 27 mars que 279 licenciements étaient prévus chez Philips EGP à Dreux, nouveau choc le lendemain avec 310 emplois menacés à l’entreprise Klarius Rosi située dans le bassin drouais, suite à une mise en redressement judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Nanterre.
Le 24 avril, à l'appel de la CGT et de FO, une assemblée réunissait près de 500 personnes dans la salle des fêtes de Vernouillait pour protester contre les licenciements et organiser la lutte pour l'emploi. Une réaction populaire, une réaction massive, comme il peut y en avoir dans une ville moyenne où la fermeture en cascade de plusieurs entreprises est une véritable catastrophe humaine. L'assemblée votait un appel (reproduit ICI), et décidait alors d'une journée "ville morte" pour le 15 mai, et d'une manifestation massive dans la ville.

Ce sont plus de 2000 personnes qui ont défilé ce 15 Mai dans la ville de Dreux, et nous reproduisons ci-dessous l'intervention du secrétaire de l'Union locale CGT faite à cette occasion. On notera d'une part que c'est bien la globalité d'un système capitaliste non réformable qui est ici décrit dans une situation particulière, et on notera aussi la référence appuyée aux sans-papiers, ce qui montre l'impact de cette lutte, et la réelle volonté d'élargissement qui peut exister partout. Nous invitons nos lecteurs drouais à nous transmettre commentaires et photos à propos de cet événement, car la lutte pour l'emploi est bien un enjeu crucial pour la classe ouvrière et les travailleurs !


A Dreux, la situation de l’emploi devient catastrophique. Des entreprises ont fermé, d’autres sont menacées de fermeture. Vous tous qui êtes confrontés, dans les entreprises à des restructurations, vous savez bien ce que valent les avis consultatifs que vous donnez avant la décision officielle de l’employeur.

• Vous êtes contre mon projet, très bien je vous ai entendu mais je le mets en œuvre quand même !
• Vous avez travaillé à des propositions alternatives ? Très bien, cela prouve que la concertation a été menée comme il se devait, mais nous n’en tiendrons pas compte.

Cela, nous l’entendons chaque jour dans nos entreprises, qu’elles soient du secteur privé ou du secteur public.

41% des emplois ont disparus depuis 10 ans ! C’est le patronat qui jette les salariés à la rue, c’est lui aussi qui se sert du chômage pour peser sur les salaires, aggraver les conditions de travail, imposer flexibilité, précarité, temps partiel. Qu’il s’agisse des bilans de l’Etat ou ceux des entreprises on nous répond le manque d’argent, les contingences dues à la mondialisation et à l’Europe, c'est-à-dire une sorte de fatalité de la situation actuelle. Mais l’intérêt d’un mouvement social puissant n’est-il pas dans sa capacité de modifier la donne ?

L’Union Locale et l’Union Départementale CGT ont alerté les pouvoir publics depuis plusieurs années sur les dérives très inquiétantes de la part des entreprises sur les délocalisations, plans dit sociaux, provoquant des licenciements et le désarroi des milliers de salariés de notre département.

Aucune réponse ne nous a été donnée, aucune de nos propositions étudiées ! Ce que l’on peut constater aujourd’hui, c’est que toutes les aides attribuées aux sociétés par l’Etat, la Région, l’Europe, la CADD ont démontré leur inefficacité sauf à utiliser de l’argent public sans aucun contrôle ni aucune contrepartie, il suffit de regarder la casse industrielle.

Il faut que les aides généreusement déversées par les élus aux entreprises soient consacrées au maintien et à la création d’emploi sur Dreux et le ré industrialisation des entreprises fermées. Il faut un engagement fort en ce sens des pouvoirs publics mais en ont-ils l’ambition ?

De nombreuses familles chez EGP, Klarius et des sous traitants vont vivre des situations terribles et rejoindre les 12% de chômeurs actuels sur la région drouaise. Les pouvoirs public ont également leur part de responsabilité : Ils ne doivent plus se contenter de fuir pour cause d’entreprise privé, il est de leur devoir d’agir en matière d’emploi. 
                                               
L’Union Locale et Union départementale CGT sont déterminées à ne pas laisser faire ces fermetures pour cause de profits avec la complicité du gouvernement et le Medef. C’est tous ensemble unitaire salariés du privé du public, lycéens, privés d’emplois et retraités qui sommes concerné.

L’emploi sur la région Drouaise ne doit pas être seulement l’histoire de quelques salariés ou syndicalistes, l’emploi c’est l’affaire de tous parce que nous sommes tous concernés : parents, grands-parents, étudiants, privés d’emploi…

Il est un vieille adage qui dit : diviser pour mieux régner. Le Medef l’a mis en œuvre en vous isolants les uns des autres, en cassant les solidarités dans les entreprises comme dans la vie de tous les jours.
Toujours avec plus de soif de profits, il met maintenant en concurrence les salariés de notre pays les uns contre les autres, départements contre départements à l’image de l’entreprise Peugeot Poissy, qui exige des engagements de la part du bassin drouais de mettre à leur disposition des salariés de Dreux formés et de mettre en place des transports collectifs sans que cela ne coûte à cette entreprise un seul euro.
Dans un autre registre, mais qui utilise toujours le principe des aides publiques, les entreprises pour récupérer de l’argent se font construire leurs bâtiments par les collectivités locales. Dans ces temps difficiles pour l’emploi quelle aubaine ! 
Le Medef et le gouvernement ont mis en marche la machine à broyer les acquis sociaux et toute résistance. Ils continueront à la faire fonctionner tant que nous n’aurons pas perdu tous nos droits comme celui à la retraite pour tous à 60 ans. A ce propos, nous vous invitons à participer à la manifestation unitaire le 22 Mai à 17h30 place des Halles à Chartres.

La question posé est : allons nous les laisser faire et retourner au temps de Zola ? Ou allons nous nous battre ?

Je ne peux finir mon propos sans parler de la lutte des Sans- Papiers. Dès sa création, la CGT  a porté les revendications des salariés venant d’autres pays. Dans les années 80, des actions de salariés immigrés avec la CGT ont permis des succès revendicatifs. De tout temps la CGT a été auprès des salariés sans papiers ce n’est ni une nouveauté, ni une récupération. La CGT continuera de soutenir la lutte des salariés sans papiers. Ces travailleurs ont aussi des revendications en matière de salaires, de retraites et de conditions de travail. 

Remercier au nom de la CGT M FILLON Maire de Luray (et les autres Maires Présents)

Jacky LANGELLIER
Secrétaire Général de l’Union Locale CGT DREUX

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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Dreux 17/05/2008 18:47

Barbecue dans la Grande Rue Maurice-Violette

L’union syndicale CGT-FO de Dreux ne veut pas baisser les bras. Pour poursuivre leur action en faveur des emplois dans le bassin déjà très sinistré de Dreux, les syndicalistes annoncent un barbecue géant, le lundi 26 mai, dès 11 heures dans la Grande Rue Maurice-Violette à Dreux. Ils tiendront une assemble générale le mardi 27 mai.

FO 16/05/2008 18:11

Quelque 2.500 personnes selon les syndicats, et un millier selon la préfecture d'Eure-et-Loir, ont manifesté jeudi à Dreux dans le cadre de la journée de grève dans l'Education et la Fonction publique mais aussi pour défendre des entreprises locales menacées de fermeture.
Pendant deux heures, le cortège a perturbé la circulation sur la RN 12 en organisant des barrages plus ou moins filtrants, selon la préfecture. Cette manifestation a réuni à la fois des salariés du privé et du public ainsi que des lycéens.

"Nous avons pour objectif de bloquer la ville et d'en faire une ville morte", a déclaré à l'AFP, Dominique Maillot, secrétaire de l'union locale Force Ouvrière.
Si les lycéens ont scandé des slogans hostiles au ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, et à la suppression de postes d'enseignants à la rentrée scolaire, la majorité des manifestants ont défilé pour sauver leurs entreprises.

"Les 300 emplois de l'entreprise Klarius ex-Rosi sont menacés par un dépôt de bilan", indiquent les syndicats. "L'usine (Ndlr, où sont produits entre autres des systèmes d'échappement pour les voitures et les poids lourds) est actuellement en dépôt de bilan, alors que l'entreprise a gagné de l'argent".
"La production est actuellement au point mort. Les ouvriers sont toujours en grève", a indiqué à l'AFP, Joël Deguignes, délégué syndical FO chez Klarius.
Le cortège de manifestants était également composé de salariés de l'entreprise Philips EGP. Leur direction leur a annoncé officiellement le 26 mars la suppression de 279 des 540 emplois dans l'usine de Dreux. Les salariés craignent la fermeture "pure et simple de l'usine de Dreux", selon FO.
Dans l'après-midi, une assemblée générale intersyndicale et interprofessionnelle avec la présence des lycéens était organisée à Dreux pour décider des actions à venir.
"Il y a trois semaines, nous avons envoyé une pétition de 3.000 signatures au premier ministre, François Fillon, et à son ministre Xavier Bertrand pour réclamer la nationalisation de l'entreprise Klarius et de Philips EGP. Puisque nous sommes toujours sans réponse, nous avons déjà décidé d'organiser une montée en convoi à Paris pour manifester devant Matignon. Le principe est arrêté. Nous discutons actuellement de la date et des modalités", a précisé M. Maillot.

Eugène 16/05/2008 18:14


"Réclamer la nationalisation" comme solution aux licenciements, à la guerre économique et à la concurrence capitaliste ? Ouffff...
Voir l'article sur Airbus sur ce blog !