Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 18:09
Mercredi 7 mai 2008
Braderie générale dans l'éducation nationale

Un mail, accompagné d'un tract sur notre boîte aux lettres :
"Bonjour,
La CGT n'étant pas monolithique, je vous transmets aussi ce qui se fait de positif dans les structures de base, type UL. Rien sur le blog sur la manif du 15 et du 22 pour l'appel à l'interpro et la convergence des luttes décidés par certaines UD (notamment l'UD 13).
Les réformes sur l'école me semblent aussi être un enjeu important pour la classe ouvrière d'où le tract ci-joint diffusé dans une UL. Pour la grève générale et pas seulement des sans papiers.

Un camarade marseillais"


Le camarade a parfaitement raison sur le caractère non "monolithique" de la CGT, et qu'il s'y fait beaucoup de bonnes choses, dans les syndicats, les UL, les UD... Voir par exemple le compte rendu que nous avons fait de la conférence sur les UL, le tract des camarades de PCA Aulnay, l'auto-critique des camarades des Mines de Lorraine à propos de la corruption, pour ne citer que quelques exemples récents. Et nous répétons que c'est bien vocation du blog d'encourager, de valoriser toutes les expériences positives dans la CGT pour construire un syndicalisme de classe.
Nous ne pouvons que profiter du message de notre camarade pour encourager tous nos lecteurs (de plus en plus nombreux d'ailleurs, 240 par jour en moyenne depuis début mai) à nous faire connaître tout ce qui se fait dans la CGT et qu'il faut encourager contre l'orientation confédérale...
Concernant nos lacunes et absences, quelques extraits de notre réponse au camarade :
" Pour ce qui est du fond, tu as raison sur les absences du blog. Mais nous ne sommes pas une "confédération bis", nous avons des petits moyens et comptons beaucoup sur des correspondants comme toi. De plus en ce moment, notre énergie est pas mal occupée par la grève des sans-papiers, qui est quand même un évènement exceptionnel, et source de tensions très complexes. Donc il y a des choses qui zappent...
D'où l'intérêt de publier le tract que tu nous transmets, sur une question non encore abordée par le blog..."

Et donc, voici ce tract !
[Mise  à jour 12 mai] Ajout de la reproduction d'un fax du rectorat de Lyon appelant à une rencontre avec le MEDEF sur le thème du "sport, valeur commune à l'école et à l'entreprise" ...
80000 suppressions d'emplois à l'horizon 2012.
150000 emplois supprimés dans la fonction publique d'ici 2012... dont plus de la moitié dans l'éducation nationale ! Ca, c'est de la restructuration de grande ampleur ! Certains diront qu’il ne s'agit que de départs à la retraite non remplacés : heureusement qu’on ne peut pas licencier des fonctionnaires aussi simplement, mais les rapports Pochard et Attali prônent tous deux la fin de ce statut incompatible avec la bonne tenue de l'économie française !  Plus de 11000 postes de profs supprimés à la rentrée 2008 et une moyenne de 17500 emplois par an par la suite. Voilà de quoi remettre de l'argent public à la bonne place! Pour être moderne, la France a besoin de donner du fric pour aider les patrons à rentabiliser leurs entreprises... donner dans l'œuvre caritative d'éduquer les masses, c’est dépassé, surtout à l'ère internet.

Où partent les heures.
Bref, l'école perd donc ses profs à grands flots... Mais attention il s’agit que tout se passe en douce... comme le disait déjà un rapport de l'OCDE en 1996 :
"Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de services, quitte à ce que la qualité baisse.[...] Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement".

Voilà donc la première partie des mesures prévues pour supprimer plein de postes sans que ça ne se voit trop :

- Augmentation des heures supplémentaires : pour la rentrée prochaine, 3500 postes sont transformés en heures supplémentaires... 30000 postes à terme, 30000 personnes qui auraient pu avoir un emploi mais qui n'en auront pas.
Pour les profs, c'est
"Travailler plus pour supprimer plus!"

- Diminuer les horaires des élèves : remodeler les programmes, regrouper les options de différents niveaux, supprimer des options... fermer des classes et augmenter le nombre d'élèves dans celles qui restent... Une économie de 32000 emplois en contrepartie de toutes ces heures qui risqueraient de servir à quelque chose.
Pour les élèves, c'est "Travailler moins et dans de pires conditions !"

- Diminuer le temps de formation avec la réforme des filières professionnelles: Il s'agit de remplacer les BEP (2 ans) et le BAC Pro (2 ans de plus) par une unique formation en 3 ans. Cela permet non seulement de réduire de 25 % les heures de cours, et de supprimer plus de 10000 emplois, mais aussi, ça permet de baisser le niveau du diplôme et donc la base des salaires, tout en rejetant du cursus professionnel les élèves en difficulté scolaire qui se retrouveront sur le marché du travail sans aucun diplôme alors qu'ils avaient un bac + 2 avant.

Pour les futurs travailleurs,
c'est "Travailler si on peut, mais de toute façon gagner moins !"

ZEP : Zones d'éducation pas particulières. Evidemment, est-il besoin de le signaler, ce ne sont pas les établissements côté des centres villes qui perdent le plus d'heures (de toutes façons, les profs y prennent déjà souvent un nombre impressionnant d'heures sup, ils n'ont pas de filières professionnelles, et les effectifs ne sont pas pires qu'ailleurs). Les grands perdants, ce sont les anciennes ZEP (Zones d'Education Prioritaire des quartiers défavorisés) où l'on considérait qu'il fallait plus de moyens ... C'est donc à Diderot, Saint Exupéry, La Calade... que les postes ferment, pas à Thiers ou Neuilly !
c'est "travailler moins pour ceux qui ont moins".

Laisserons-nous fermer l'école ? Le gouvernement y est allé un peu fort et ça bouge dans les chaumières ! Ici et là, des équipes se mettent en grève, des lycéens bloquent les bahuts, des parents organisent des journées "collèges déserts". Le ton monte, le rectorat fait passer des consignes alarmistes aux chefs d'établissement, et envoie la police dégager des d'élèves bloquant un lycée comme à Aix-Vauvenargues. A Aubervilliers (93), après 10 jours de grève, un collège a déjà récupéré la majorité des heures perdues et des postes supprimés !
De toutes façons, on le sait bien, c'est "Lutter plus pour gagner plus !"

Pour des conditions d'apprentissage et de travail décentes:
- Pas plus de 20 élèves par classe
- Pas de suppression de postes ni de moyens
- Création de postes supplémentaires
- Titularisation sans condition de tous les précaires

Contre des formations au rabais:
- Retrait de la réforme du BAC pro
- Pour un libre accès aux filières et aux options

Pour l'abrogation de toutes les réformes antisociales, il nous faut renforcer la solidarité et construire une lutte unitaire par delà les clivages d’âge, de métier, de statut, de secteur et de nationalité pour défendre les plus défavorisés…


Enseignants, parents, élèves avec ou sans papiers
Tous dans la rue, les 15 et 22 MAI 2008
(Le 15/05 à 10h30 au vieux port)

Partager cet article

commentaires