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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 09:24
Dimanche 6 avril 2008
Finalement, la CGT a appelé aux manifestations du 5 avril... (sic!)

Dans notre article précédent, nous disions que la CGT était silencieuse sur les manifestations du 5 avril.
Nous avions tort (!!!) et nous en donnons acte à la Confédération (mais si, mais si). Un communiqué est en effet tombé jeudi soir, mis en ligne vendredi pour les manifestations du samedi.
Ce communiqué du dernier moment (c'est le moins qu'on puisse dire...) a provoqué la réaction suivante de camarades CGT investis depuis longtemps dans le soutien aux sans-papiers... Nous en partageons tout à fait la teneur, car elle correspond assez précisément à la manière dont nous voyons les diverses directions confédérales fonctionner.



Enfin, la confédération CGT a fini par faire un appel pour la manif de demain... (communiqué d’hier soir)

Encore faut-il tout lire pour voir que la confédé appelle.. C’est un communiqué de dernière minute, visiblement pas fait pour mobiliser, même à minima.
Pour mémoire, pour la manif du 29 mars sur les retraites, on a commencé à en parler dans les structures au mois de janvier.. Et on en a fait des appels ..
Pour le premier mai, le bureau confédéral demande déjà des chiffres .. Des états etc ..

Bon, là, ce ne sont que les sans-papiers .. Faut quand même pas mélanger les torchons et les serviettes.....

Mais en même temps, ça vaut le coup de lire à fond ce texte émanant de la direction de la cgt : on ne parle plus de “sans-papiers” (nous rappelons pour mémoire que ce sont les sans-papiers de St bernard qui se sont donné cette appellation et qu’elle est complètement intégrée dans l’histoire du mouvement social d’aujourd’hui).

Visiblement, ça dérange la CGT (au niveau confédéral au moins). Donc, on parle de “migrants salariés”.

Cherchez bien : il y a une fois le mot de “papiers” et une fois le mot de “régularisation” : on nous explique même qu’à la grande armée, ils se sont battus pour leurs conditions de travail et que, du coup, ils ont gagné leur régularisation (mais on semble nous dire qu’ils ne se battaient pas pour ça : vous qui connaissez les sans-papiers, je vous laisse apprécier...)
Notons d’ailleurs qu’on ne parle plus des deux non régularisés de la Grande Armée : on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs...

Ce qui nous dérange, ce n’est pas que l’on dise que la CGT est à côté de ces sans-papiers qui travaillent. Bien sûr que nous sommes d’accord.

Mais les autres ? Les femmes qui s’occupent des enfants ? Les jeunes arrivés hors regroupement familial et qui deviennent majeurs ? Ceux qui n’ont pas de travail ? Ceux qui sont malades et ne peuvent travailler ? Les demandeurs d’asile à qui l’on interdit de travailler (bien que ce soit prévu par la convention de Genève que la France a signée), les personnes âgées ? Nous en connaissons tous, dans nos amis sans papiers...

Quand on ajoute qu’on appelle les sans papiers à se syndiquer mais que dans certaine UL, pourtant bien branchée, on ne les syndiquerait, selon plusieurs sans-papiers fort dépités qui nous l’ont raconté, que s’ils
présentent 6 feuilles de paye et un contrat de travail, on se demande si on va vers la volonté de voir régulariser tous les sans-papiers comme le prévoit le 48ème congrès de la CGT, ou bien si on s’achemine vers une certaine forme d’immigration choisie... à la CGT ??

Réseau Alerte Solidarité des Cégétistes Aux SansPapiers - le 4 avril

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commentaires

Maurice 08/04/2008 19:05

Voilà où ça mène : Déclaration de l'UD CGT de l'Oise. On ne parle plus que des "salariés sans papiers"... Et les autres ?

La marche des Sans Papiers qui partira de LILLE pour rejoindre Paris fera étape dans l'Oise à Clermont le 30 avril, à Beauvais le 1er mai et à Chambly le 2 mai.

L'immense majorité des étrangers sans papiers vivant en France sont des salariés.

De trop nombreux patrons utilisent les salariés immigrés, en particulier « sans papiers », pour peser sur les salaires et les conditions de travail de tous. C'est une délocalisation sur place : ou bien ils font fabriquer dans des pays « à bas coût », ou bien ils le font dans des ateliers clandestins, des sous-sols de nos villes.
Quand sera appliqué le droit français et européen pour les milliers de travailleurs de l'Est et du Sud qui peinent sur les chantiers ou dans les champs ?
Quand sera menée une répression effective contre les marchands de sommeil et les responsables d'ateliers clandestins ?

Les délinquants ne sont pas les salariés immigrés qui triment dans des métiers dangereux, sales, et mal payés et qui sont aujourd'hui menacés de licenciement.
Au contraire, ce sont ceux qui les emploient ou les laissent employer dans de telles conditions. Pourquoi le Medef reste-t-il étrangement muet sur le sujet ?

La politique gouvernementale cherche à stigmatiser les étrangers pour faire passer sa politique d' «immigration choisie » qui se traduit par des expulsions massives. C'est inacceptable et nous le condamnons.

L'Union Départementale CGT de l'Oise appellent l'ensemble des salariés à apporter toute leur solidarité avec les « marcheurs », de leur réserver un accueil chaleureux et d'exiger avec eux la régularisation de tous les salariés sans papiers.

Creil le 31 mars 08.

AGISSONS POUR LE RESPECT, LES DROITS ET LA REGULARISATION DES SALARIES SANS PAPIERS.

Patrice Bardet 08/04/2008 13:05

merci d'avoir publié cette critique de la position actuelle de notre confédération.

J'ai publié le communiqué le 4 avril, assez dépité qu'il vienne si tard, et inquiet des "non dit"

fraternellement

Patrice

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à Lille, Samedi, nous étions environ 200, dont bon nombre de militants CGT (les habituels), mais... rien venant de l'UD, de l'UL (sauf erreur). Pas de drapeau CGT...