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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 19:10
Jeudi 13 Mars 2008
Appel pour une conférence internationale fin mai en Turquie

Nous avons reçu l'appel ci-dessous, signé désormais par de nombreux syndicats et syndicalistes de  pays européens, et il nous semble intéressant de le diffuser.
Quelques remarques rapides à son propos :
  • Ce document a l'intérêt de pointer justement la contradiction existant au niveau mondial entre syndicalisme de classe et syndicalisme de collaboration. C'est un point de départ qui n'est pas si fréquent et qui mérite d'être souligné.
  • Néanmoins, la caractérisation des directions syndicales réformistes n'est pas très poussée : "une bureaucratie qui s'est accaparée la direction des syndicats" pour "déserter le terrain de la lutte" ? Nous ne partageons pas ce point de vue. Il s'agit d'une couche de bourgeois à l'intérieur même du mouvement ouvrier, liés de multiples manières aux intérêts et au fonctionnement même du capital, et qui en sont donc de fidèles défenseurs. En résumé, comme nous avons l'habitude de le souligner, "des ennemis qui se cachent", et pas des "amis qui se trompent" ou qui sont trop mous.
  • Ensuite, ce document inverse la logique du capital, selon une démarche que nous connaissons également bien en France : "Les institutions internationales sont utilisées pour dresser les peuples les uns contre les autres et comme des outils légitimant les démarches entamées de façon coordonnées visant à faire abdiquer et restreindre les droits et les liberté économiques et politiques des travailleurs". Non. La logique du capital mondial n'est pas une volonté politique "d'utiliser" quoi que ce soit, mais une impérieuse nécessité économique lié à la guerre économique, au marché, à l'exploitation et au profit. Et que cette logique se traduit à la fois dans les politiques nationales, comme dans les échelons internationaux. L'enjeu, c'est qu'il ne faut pas se tromper d'ennemi : il n'est pas dans "les institutions internationales", ou l'Europe, ou on ne sait quoi, mais dans l'exploitation capitaliste. Et notre réponse est dans la solidarité internationale des travailleurs contre cette même exploitation.
  • D'ailleurs, et c'est sans doute lié, ce document reste très "européen", alors que la question du syndicalisme de classe est une question mondiale. Ce n'est pas anodin : il n'y a par exemple aucune référence à l'immigration, ses causes (la domination impérialiste) et ses luttes actuelles (la régularisation des sans-papiers), question centrale de l'unité de la classe pour le mouvement ouvrier dans tous les pays impérialistes, et en particulier européens.
Voilà quelques remarques rapides, mais avant tout, l'heure est à la solidarité  internationale de classe. undefinedNous ne pourrons hélas participer à cette rencontre, mais nous ferons part (éventuellement avec nos commentaires) des travaux et résultats de cette  conférence.

Site internet : www.i-tuc.net
e-mail :
info@i-tuc.net

undefined Il est temps de se rassembler

Il y a 20 ans, le capital international et ses gouvernements ont entamé une nouvelle attaque en s’appuyant sur la «mondialisation » comme mot d’ordre démagogique. En réalité, cette attaque visait à renforcer le système d’exploitation capitaliste dans le monde. L’amère réalité du monde de travail d’aujourd’hui est que, toutes ces attaques, allant de privatisations aux flexibilisations, de l’allongement des heures et de la durée de travail à l’augmentation des sous-traitances, et récemment des attaques accrues contre les droits démocratiques et les libertés ; n’ont pas pu être repoussées. Bien qu’il existe des différences selon les pays, les secteurs de travail et des syndicats, il est nécessaire de reconnaître que le mouvement syndical et ouvrier international n’est pas encore en mesure de repousser les attaques généralisées du capital.

Les dégâts provoqués par les attaques du capital et ses gouvernements sur les conditions de vie des travailleurs sont un aspect. L’autre aspect est l’ébranlement de la confiance des travailleurs en leur classe, en leurs organisations syndicales et en leur propre force. Ces deux aspects du dégât provoqués par les attaques générales du capital, ont entraîné dans une impasse les relations des travailleurs entre eux et avec les organisations syndicales. Les pratiques de ces dernières années prouvent qu’avec la conception dominante du syndicalisme collaborationniste conciliateur, il n’est pas possible de sortir de cette impasse. Pourtant nos syndicats, ont vu le jour par la nécessité d’arrêter la concurrence entre les travailleurs, d’assurer l’unité organisationnelle des ouvriers face à la classe du capital et de développer la lutte de classe.  Si, une grande majorité des syndicats d’aujourd’hui perdent de force, alors que les causes et les besoins de leurs existences se sont renforcés plus que jamais ; c’est essentiellement parce qu’ils se sont éloigné de la conception du syndicalisme de classe.

D’autre part, nous savons qu’à chaque fois que les travailleurs manifestent leur manque de confiance aux « syndicats », la bureaucratie syndicale, qui s’est accaparée la direction des syndicats et des confédérations, utilise cette situation pour déserter encore plus les terrains de lutte. Or, la raison de l’impasse actuelle, n’est nullement le manque de désir de lutte de la part des ouvriers. Bien au contraire les travailleurs savent s’engager dans des luttes à chaque fois que celle-ci s’organise avec une conception et une ligne syndicale combative et responsable. Les syndicats qui organisent la lutte avec cet état d’esprit, sachant conquérir ainsi la confiance des travailleurs, se renforcent chaque jour leurs rangs. Indépendamment de son aboutissement, les innombrables luttes et résistances des travailleurs à travers le monde contre les attaques et les exigences du capital, démontrent que, ce n’est pas l’inertie qui règne pas parmi les travailleurs.

Dans ces conditions où les attaques du capital sont menées tout azimut, où les dégâts provoqués sont lourds et les problèmes du mouvement syndical sont graves ; nous, les syndicats, les syndicalistes de lutte et les travailleurs syndiqués signataires de cet appel, nous ne pensons pas que, ce qui se passe dans le monde du travail restera inchangé, que l’impasse dans laquelle est menée le mouvement syndical international n’a pas d’issue et que l’on ne peux résister contre les attaques du capital. Bien au contraire, aussi bien nos propres expériences de luttes que l’histoire et les traditions si riches et si exemplaires du mouvement ouvrier et syndical international, montrent qu’il existe bien des voies concrètes pour sortir de la situation d’impasse dans laquelle est entraînée le mouvement syndical international par des pratiques et de la ligne des centrales syndicales qui prônent une collaboration et qui partagent le même destin que le capital. Les résistances entamées partout dans le monde par les travailleurs et les syndicalistes combatifs montrent qu’il est tout à fait possible de refouler les attaques du capital.

Sans aller plus loin, les 20 dernières années montrent qu’en se résignant, qu’en faisant sans cesse des concessions face aux attaques, aux chantages et aux menaces du capital, ce n’est ni l’appétit des classes de capital qui s’apaise, ni la détérioration des conditions de vie des travailleurs qui s’arrête. D’autre part, la pratique de ces 20 dernières années montre également que, aussi bien des conservateurs que les sociaux-démocrates, tous les gouvernements bourgeois ne montrent aucunes hésitations à appliquer les programmes du même contenu d’attaques du capital.

La situation pour les ouvriers, les travailleurs et les syndicats est plus nette qu’auparavant : Nous n’avons pas d’autres choix que de renforcer nos luttes dans nos pays et consolider encore plus nos organisations syndicales afin d’inverser la situation en faveur des travailleurs, de refouler les attaques économiques et sociales du capital et des gouvernements, de protéger les droits démocratiques et les libertés, arrêter les guerres menées et incitées par les états impérialistes, en premier lieu l’USA, à travers des structures comme l’OTAN et faire face aux politiques de l’Union Européenne.

Notre appel s’appui sur des besoins très concrets :

- Si le capital international a les possibilités de profiter au maximum des différences économiques, sociales, politiques, juridiques et culturelles existant entre les pays et les utiliser sans scrupules contre les travailleurs.

- Si les institutions internationales telles que l’UE, le FMI, la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale du Commerce, le G8 sont utilisées pour inciter les peuples les uns contres les autres et comme des outils légitimant les démarches entamées de façon coordonnées visant à faire abdiquer et restreindre les droits et les liberté économiques et politiques des travailleurs

- Si les ouvriers et les travailleurs dans chacun des pays ne peuvent empêcher l’utilisation de ces possibilités par le capital international en partie à cause de leur impuissance et d’inorganisation, et si les centrales syndicales pro capital et collaborationnistes ont accepté « la concurrence internationale » comme une loi de la nature à laquelle on ne peux qu’obéir, que si la solidarité internationale n’a été réduit qu’aux déclarations et aux visites symboliques, et vidé ainsi de contenu de l’unité et la solidarité des travailleurs de tous les pays

Alors, il est une nécessité vitale que les syndicalistes combatifs menant une lutte tenace dans leur propre pays, les vrais syndicalistes et des travailleurs avancés se retrouvent ensemble, qu’ils se connaissent, qu’ils discutent des problèmes de la lutte menée contre les attaques concrètes du capital et des gouvernements dans chacun des pays, qu’ils unissent leurs expériences autour d’une ligne et conception de luttes communes et les possibilités concrètes de la réalisation de cette unité.
Une conférence syndicale internationale qui unie nos luttes menées dans chacun des pays autour des expériences et d’une relation internationale ; qui entame les bases d’une conception et d’un axe de lutte communs contre les attaques concrètes ; qui endigue l’un des problèmes fondamentaux du mouvement syndical qu’est la perte de force des syndicats et qui discute des différents aspects de réélaboration des syndicats en tant qu’organisation redonnant confiance aux travailleurs est une nécessité concrète et urgente de l’heure.
C’est pour ces raisons là que, nous, en tant que syndicats et des syndicalistes combatifs représentants plusieurs centaines de milliers de travailleurs, nous disons qu’il faut « se rassembler » pour discuter des questions suivantes :
 
* En tant que syndicat, comment et sur quelle base nous pouvons élaborer nos luttes contre les attaques du capital et de leurs gouvernements autour d’un axe et d’une conception commune.
* Comment et à partir de quelle stratégie et tactique nous pouvons dépasser les difficultés concrètes du mouvement syndical et renforcer les attitudes permettant d’obtenir des résultats ?
*Que pouvons nous faire pour développer les relations syndicales internationales et améliorer les échanges des expériences accumulées par le mouvement ouvrier ?

Aujourd’hui les forces dynamiques et actives du mouvement syndical international sont plus répandues et plus fortes qu’hier, la détermination de lutte des travailleurs est plus forte qu’auparavant.
C’est pourquoi nous disons qu’ « il est temps de se rassembler ».


Les premiers signataires : (syndicats et responsables syndicaux)

Grèce :
PAME (Union des travailleurs en lutte) signe l'appel ci-dessus pour réunir une conférence internationale de syndicat. PAME représentent 415.345 ouvriers. Les syndicats qui sont affiliés à PAME et qui soutiennent  la Conférence Internationale sont les suivants :
* Fédération des ouvriers de théâtre et de cinéma
* Fédération des ouvriers de textile
* Fédération des ouvriers d'hôpitaux privés
* Fédération des ouvriers de bâtiment
* Fédération des ouvriers d'impression et de communication
* Fédération des ouvriers pharmaceutique
* Fédération des comptables
* Fédération des retraités de sécurité sociale
* Fédération des ouvriers du secteur agro-alimentaire

Grande Bretagne :
Bob Crow  : Secretaire général de RMT (cheminot)

Allemagne :
Bernt Kamin-Seggewies – Vice président national, département des transports ver.di (Syndicat des services publics), Hambourg, Allemagne, et président du bureau représentatif des ports de Hambourg.
Rolf Becker – Acteur et dirigeant de la branche de Hambourg des ver.di
Detlef Baade (Hambourg EUROGATE représentant des ports, Ver.di,)
Olaf Harms – Ver.di Assurances, dirigeant de la branche de Hambourg
Dirk Wilke – Ver.di Telecommunication, représentant de Hambourg 

France :
CGT-E Dalkia France (Energie)
Bruno Sinagoga (CGT-E Secrétaire Général)
Ali Bendris (CGT-E Vice Secrétaire Général)

Espagne :
Juan Olaso Bilbao – Membre du bureau de l’Education des Commissions Ouvrières et du Conseil de l’USMR (Syndicat de la région madrilène))
Valentin Ruiz de Pablo – Membre de la commission exécutive de la région madrilène des Commissions Ouvrières.
Dolores Val – Vice présidente des Commissions Ouvrières Madrid
Richard Juan Escrich – Membre du bureau de Seat [VW] et du Comité Exécutif de la région de Barcelone
Juan Lacamba membre du secrétariat régional de Valence de la CGT
Angeles Cabanillas – Représentant de l’atelier digital de l’université d’Alicante, CGT Valence
Juan Rodriguez Gomez - Petroalmig SL Ind. Workers Representative, Valencia
 
Russie :
Anatolii Pizhov, Zaschita Truba (Défense du Travail) Secrétaire aux affaires internationales
 
Tunisie :
Jilani Hammami – Ex secrétaire général de la Fédération des PTT

Italie :
R.d.B. - C.U.B. (http://www.rdbcub.it  )
S.d.L. Intercategoriale (http://www.sdlintercategoriale.it )
S.L.A.I. Cobas (http://www.slaicobas.it )
S.L.L. syndical de classe (http://www.sll-na.it/home.asp )
S.L.A.I. Cobas syndical de classe (http://www.slaicobasmarghera.org)
Sindacato dei Lavoratori Intercategoriale (60.000 membres)
Sindacato Lavoratori in Lotta - per il sindacato di classe (1.200 membres)
Fulvio di Giorgio - RSU/RLS delegate
Luigi Dromedari – RSU delegate

Turquie :
* Direction nationale de Birlesik Metal-Is (Fédération des ouvriers de métallurgie) /DISK.
* Direction nationale de GIDA-İŞ (Le syndicat des travailleurs de l’Industrie alimentaire de Turquie) /DISK.
*Direction nationale de CAM KERAMİK-İŞ (Syndicat des travailleurs de l’Industrie du porcelaine, du ciment, du verre, des briques et de la terre de Turquie) /DISK.
* Atilla  Aycin : Président de Hava-Is (Syndicat des travailleurs d’aéroport) / TURK-IS.
*L’Union locale d’Istanbul du syndicat des Travailleurs de la Poste, du Télégraphe, du Téléphone et de la Télévision (Haber-Is) /TURK-IS.
* Ismail Ozhamarat : Membres du comité exécutif national du syndicat des communaux (Genel-Is) / DISK.
* Abdurrahman Daşdemir - Secrétaire Général de la Confédération syndicale des fonctionnaires (KESK).
* Dilek Adsan – Secrétaire national de la Confédération syndicale des fonctionnaires (KESK)
* Sevgi Göğçe, Hasan Hayir et Fevzi Ayber : Membres de la direction nationale de la Confédération syndicale des fonctionnaires (KESK)
* Emirali ŞİMŞEK – Secrétaire général du Syndicat des Travailleurs de l’Education et de la Science (Egitim-Sen)
* İsmail Sağdıç – Membre de la direction nationale du Syndicat des Travailleurs de l’Education et de la Science (Egitim-Sen)
*Union locale n° 2, n°3, n°4 d’Istanbul, union local de Gebze, d’Ankara, d’Izmir, de Sivas, d’Amasya du Syndicat des travailleurs de l’Education et de la Science (Egitim-Sen/KESK)
* Bedri Tekin, Membre du Conseil d’administration centrale du Syndicat des fonctionnaires de la route, des infrastructures, de l’Urbanisme et des Cadastres des propriétés.
*Sukran Dogan : Membre du comité exécutif national du Syndicat des travailleurs de la santé et du service social (SES/KESK)
*Syndicat des travailleurs de la santé et du service social (SES/KESK), Union locale de Sisli, d’Aksaray, d’Anadolu (Istanbul).
* Union locale de la partie Anatolienne d’Istanbul du Syndicat des travailleurs de l’Industrie militaire et des branches secondaires (Harb-Is/TURK- IS)
*Liman-Is (dockers) / TURK-IS, Union locale d’Istanbul.
*Deri-Is (secteur cuir) /TURK-IS, Union locale de Tuzla/Istanbul.
*Petrol-Is (secteur pétrole, chimie et plastique) /TURK-IS, Union locale d’Istanbul.
*Ismail Dogan, Membres de la direction de l’union locale d’Aliaga/Izmir de Petrol-Is /TURK-IS et délégué des salariés de Petkim (complexe de petro chimie)
*Nuri Han, président de l’union locale de Petrol-Is/TURK-IS à Bursa.
* Recep Gokdeniz, président de l’union locale de Petrol-Is/TURK-IS à Bandirma.
* Union locale d’Istanbul du Syndicat des travailleurs d’édition, du livre, du graphique et de l’industrie de l’emballage de Turquie (TURK-IS)
* Union locale d’Istanbul du Syndicat des travailleurs de l’Industrie, de la Foret, de la Terre, de l’Eau et de l’Agriculture. (TURK-IS)
* Atilla İREY : Membre de la direction nationale du Syndicat des fonctionnaires du service de l’Agriculture, de la Foret et de l’Elevage.
* Hıdır Yavuz : Membre de la direction nationale du Syndicat d’édition, du livre et de la communication.
* Asım Üner : Président de l’Union locale d’Ankara du Syndicat des travailleurs de la Culture et de l’Art

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Publié par Où va la CGT ? - dans International
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