Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 05:50

Jeudi 13 octobre 2011

17 octobre 1961 : mémoire et politique

 

A lire également : "17 octobre 1961 : les réactions de la CGT à l'époque", ICI

 

17octobre1.jpgUne date inconnue, une date oubliée.

Pourtant, plus de 300  morts, des centaines de disparus, des internés par milliers, cela devrait marquer une histoire ?

En plus, Papon préfet de police, celui-là même qui sera condamné pour complicité de crime contre l'humanité pour son rôle durant l'occupation à la préfecture de la Gironde...

 

Une date, qui heureusement rentre peu à peu à nouveau dans la mémoire de l'histoire (on peu lire aussi l'article de Rue 89, ICI).

 

Dans les jours qui ont suivi, il y a eu des réactions, des indignations. Vite oubliées, vite effacées sous le manteau du colonialisme et du nationalisme politique ou syndical... Même lors de Charonne, en mars 1962, il n'y aura qu'une allusion timide à ce massacre.

 

17oct61-50ans.jpgNous commémorons cet année le cinquantenaire de ces événements. Au fil des ans, l'histoire se reconstruit, les témoins parlent avant d'oublier ou de disparaître.

Il y a eu tout d'abord le film de J. Panijel, "Octobre à Paris", filmé avec les acteurs du drame et sorti en 1962, immédiatement censuré jusqu'en 1973, et qui ressort enfin à Paris. Les animateurs de ce blog avaient retrouvé ce film à la cinémathèque de Toulouse et organisé dès 1991 une projection privée avec des militants ayant vécu cet événément.

Il y a eu ensuite le livre de Didier Daenincks "Meurtres pour mémoire", en 1984, un livre qui sortait de l'oubli le massacre sous la forme grand public d'un roman policier (toujours à lire, passionant, terrifiant !)

Il y a eu les émissions de Daniel Mermet, sur France Inter, témoin direct des évéments qui retranscrit dès les années 90 la mémoire de ce massacre.

Il y a eu le livre de Jean Luc Enaudi, "la bataille de Paris, 17 octobre 1961" en 1991...

Et un nouveau film, algérien celui-ci sort ces jours-ci pour enfoncer le clou : "Ici, on noie des algériens, 17 octobre 1961" de Yasmina Adi.

 

Si l'on reprend l'enchaînement, c'est essentiellement depuis la fin des années 90 que le 17 octobre se ré-installe dans l'histoire politique moderne.

Pourtant cette réapparition ne doit rien au hasard, ou au bon vouloir d'écrivains, cinéastes ou journalistes.

Si le 17 octobre a survécu dans la mémoire, c'est d'abord du fait de ses acteurs, les manifestants qui ont été pourchassés, et qui ont survécu pour pouvoir témoigner. Les camarades du FLN des bidonvilles de Nanterre, Gennevilliers ou Aubervilliers, les ouvriers de Renault Billancourt ou de Chausson.

 

En 1981, bien avant le livre de Daeninckx, bien avant les émissions de Mermet, bien avant le livre de Enaudi, il y a eu un meeting à la Mutualité. Juste à la date anniversaire du 17 octobre.

Un meeting appelé par une organisation aujourd'hui disparue, l'UCF, de concert avec des associations de banlieue. Un meeting auquel les militants qui animent ce blog (de Voie Prolétarienne) s'étaient associés. Un meeting confidentiel mais qui a rempli la salle. Un meeting de mémoire mais surtout un meeting politique pour l'unité de la classe ouvrière.

 

Nous publions ci-dessous un fac similé du tract d'appel à ce meeting (qui date donc de 30 ans, disponible en intégral en cliquant sur l'image...) pour mémoire.

Pour mémoire bien sur de nos camarades ouvriers algériens.

Pour mémoire aussi de l'internationalisme qui nous anime, pour mémoire du sérieux de militants parmi les premiers à refaire vivre l'histoire de notre classe. Oui, nous sommes fiers de ce que nous faisons et de ce que nous avons fait. Et lire ce tract aujourd'hui, à trente ans d'intervalle est totalement d'actualité.

Dans un contexte bien différent, nous écririons le même ! Avec la lutte des sans-papiers en lieu et place de celle des foyers Sonacotra, nous assumons ce que nous écrivions, et c'est notre honneur.

Maintenant, à chacun d'en juger, à chacun de méditer.

 

19811017-meeting-anniversaire-page-1.jpg

Partager cet article

Publié par Où va la CGT ? - dans Histoire
commenter cet article

commentaires

Michel Levine 16/10/2011 14:21


Vient de paraître : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine

Editions Jean-Claude Gawsewitch 2011.

En octobre 1961. A Paris, en pleine guerre d'Algérie, Maurice Papon, préfet de police et chef de la répression, instaure un couvre-feu pour les Algériens, citoyens français de seconde zone : chasse
au faciès, interpellations systématiques, bouclages de quartiers, etc. Les conditions de vie deviennent infernales pour des milliers d'hommes et de femmes.

En protestation contre ces mesures qui rappellent l'occupation nazie, le F.L.N. organise le 17 octobre une manifestation pacifique. Aussitôt, Papon "chauffe ses troupes". La machine à tuer est en
marche…On retrouvera des centaines de cadavres dans la Seine.

Le crime commis, c'est le grand silence de la part des autorités et des médias, un mutisme absolu qui durera longtemps. Pour la première fois, on dévoile ce qui était ignoré de l'historiographie
officielle ou soigneusement refoulé. L'auteur s'est livré à une véritable enquête, interrogeant victimes, avocats, témoins.

Michel Levine revient sur cette période tragique de l'Histoire à l'occasion du 50e anniversaire des évènements d'octobre 1961.

Michel Levine est historien des Droits de l'Homme. Il a notamment publié chez Fayard Affaires non classées (Archives inédites de la Ligue des Droits de l'Homme).


pj49 13/10/2011 12:19


Vous en êtes fiers!!!
et vous avez entièrement raison; vous avez compris que les utopies d'aujourd'hui sont les réalités de demain: un monde libéré du salariat et des frontières qui séparent les hommes;
libéré du souci économique où liberté de tous rime avec épanouissement et respect de chacun.
Où l'association mondiale des producteurs libres aura envoyé les états parasites aux poubelles de la préhistoire de l'humanité.
Oui, vous pouvez être fiers d'avoir traversé sans faillir les décennies et de nous rappeler le véritable sens de notre combat commun: l'internationalisme.
Permettez-moi, humblement, malgré ou à cause de nos divergences de vous remercier pour tout cela.
A l'heure où les nationalismes meurtriers et liberticides se réveillent c'est votre honneur et c'est un honneur pour moi de vous saluer camarades. -pj49-