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15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 21:02

Nous avons reçu sur notre boîte de messagerie (ou-va-la-cgt@laposte.net) l'article suivant publié par Intervention communiste, journal de l'URCF. Il a toute sa place sur ce blog, tant il illustre l'évolution souterraine à l'oeuvre dans notre confédération. Nous invitons bien entendu tous nos lecteurs à nous transmettre de tels témoignages !


Le Congrès de la CGT des banques à contre-courant des exigences populaires

Le 30 mai, au lendemain de la claque magistrale infligée au MEDEF, au gouvernement de droite et aux sociaux-libéraux, se tenait à Cogolin le congrès de dissolution de la fédération nationale des secteurs financiers (banques et assurances). Il ne s’agissait rien de moins que de dissoudre une fédération CGT de 10 000 adhérents pour accueillir une poignée de cédétistes (800) décidés à quitter l’officine pro-patronale de Chérèque (on se demande d’ailleurs bien pourquoi ils n’y avaient pas pensé avant !)

Nombre de camarades ne comprenaient pas bien la justification d’une telle décision nous amenant à casser notre structure CGT dans le seul but de fusionner avec la décomposition d’une organisation réformiste. Bien que fort critiques vis-à-vis de notre fédé qui s’est toujours positionnée à droite dans tous les débats de la CGT (le dernier en date étant la position Thibault sur l’Europe), nous tenons à défendre des principes qui nous différencient (encore) des syndicats réformistes (affirmation de la lutte des classes comme moteur de l’histoire, défense du fédéralisme et place centrale du syndicat d’entreprise).

Cette opération avait été initiée par le secrétaire général de la CGT en personne dès le 2 novembre 2004, où une réunion des secrétaires de syndicats avait été convoquée à Montreuil, pour nous vanter les mérites du "syndicalisme rassemblé". Les mises en garde sur les dangers d’une telle opération sont restées vaines, bien qu’elles aient été étayées par l’expérience du syndicat CGT-BHV Rivoli où les ex-CFDT imposés par la direction confédérale CGT accompagnent la politique de casse sociale des patrons et tentent depuis deux ans d’exclure nos camarades qui ont construit le syndicat et défendent des positions de classe.

Nous n’avons malheureusement pas pu nous opposer à ce projet calamiteux, tant les illusions "légitimistes" ont été fortes (10% de votes contre le projet Thibault).

C’est donc un congrès conquis et ficelé à l’avance qui s’ouvrait. Afin d’obtenir facilement les 75% requis pour la dissolution, la moitié des mandats du syndicat CGT du Crédit Agricole était invalidée. Menée au pas de charge, la discussion ne permettait pas d’entendre les camarades de la Caisse d’Epargne Midi Pyrénées, scandaleusement mis sur la touche pour laisser la place aux nouveaux arrivants cédétistes. Rien non plus, ou presque sur l’autre scandale que constitue le maintien du syndicat des personnels des banques SPB, regroupant les ex-CFDT qui conservent leur double appartenance jusqu’au congrès prochain ! (dans certaines entreprises, il y a dorénavant 2 syndicats se réclamant de la CGT). Veulent-ils réellement adhérer à la CGT ?

Le 1er juin, s’ouvrait donc le congrès fondateur de la nouvelle fédération avec une direction de congrès bicéphale. Un grand nombre d’amendements avaient été déposés afin de contrer la tentative d’imposer, sans discussion, des statuts très proches de ceux de la CFDT. Il fut donc décidé de remettre à plus tard (au congrès de 2006) toutes les modifications envisagées.

Le document d’orientation lui aussi a été l’objet d’un affrontement de fond sur la politique sociale des gouvernements de la gauche plurielle, étrangement épargnés par le document : 36% des voix se réunissaient autour d’une motion dénonçant la politique de Raffarin, mais en le désignant comme le continuateur des politiques des gouvernements précédents.

Bernard Thibault arrivait le lendemain, avec une pile de son livre vantant son passé ouvrier. On n’était plus au congrès de la CGT, mais à la FNAC à une vente-dédicace. Toute honte bue, notre secrétaire général (comme "nos fédéraux", résistants de la 25ème heure d’ailleurs), avait le culot de revendiquer le vote NON au référendum sur l’Europe. Interpellé par plusieurs militants sur son attitude démobilisatrice, voire pro-OUI pendant toute la campagne, il osait nous dire qu’il faudrait s’habituer à ce que le Secrétaire Général de la CGT ne prenne plus position sur une quelconque échéance électorale, qu’il était le représentant de tous les syndiqués de la CGT, qu’ils aient voté OUI ou NON ! Quel aveu !

Ce congrès de dupes ne pourra faire longtemps illusion. Il faudra bien que la nouvelle direction fédérale CGT-cédétiste se détermine par rapport aux enjeux qui nous attendent. Nous devons rapidement nous donner les moyens de reconstruire une opposition digne de ce nom dans cette fédération, afin de défendre un syndicalisme de lutte de classe, moderne et capable de répondre aux aspirations des salariés.

Un participant au Congrès.

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