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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 18:00
Lundi 12 Novembre 2007
Faire du 20 Novembre la première étape de la contre-offensive de classe !


C'est un peu la confusion. D'un côté, les attaques tous azimuts du gouvernement Sarkozy pour avancer dans la recomposition du consensus de classe, pour remettre en cause tous les acquis sociaux pour le plus grand bonheur du MEDEF et des grands monopoles. De l'autre, une résistance évidente et croissante des travailleurs et secteurs concernés : la grève des cheminots en préparation s'annonce dure, la journée du 20 novembre, initialement centrée sur la fonction publique s'élargit à de nombreux secteurs pour, jour après jour, ressembler de plus en plus à une journée de grève générale. La Fédération de la Construction, la Fédération du Verre, des UD, de nombreux syndicats d'entreprise du privé appellent à cette journée, comme premier pas pour contrer les attaques gouvernementales.
En même temps, la mobilisation des étudiants se développe contre la loi Pécresse, et elle repart à partir de là où en était resté le mouvement anti-CPE, de la solidarité avec le monde du travail, contre le capitalisme.
Bref, peu à peu, c'est toute la politique du nouveau gouvernement qui se trouve contestée.

Et à côté de cela, nous avons des directions syndicales, CGT en tête, qui font tout pour éviter la généralisation et la coordination des luttes, pour empêcher que le mouvement social s'attaque au gouvernement. Des directions, CGT en tête, qui nous expliquent qu'il ne faut pas tout mélanger, que ces mouvements n'ont rien à voir entre eux, que généraliser est un leurre et une erreur. Des directions syndicales, CGT en tête, qui
en appellent au gouvernement pour organiser la négociation avec le MEDEF, alors que ce président et ce gouvernement ont justement été élus pour attaquer frontalement la classe ouvrière et les travailleurs en général.
Sarkozy et le gouvernement ont bien compris la situation. Ils ne cherchent  pas à briser le mouvement comme l'avait en son temps fait Thatcher avec les mineurs anglais. Ils cherchent à faire coucher encore plus les directions syndicales, CGT en tête, à les mettre à leurs bottes, tout en leur conservant leur rôle d'encadrement des travailleurs, pour le plus grand bonheur du patronat. Mais il faut qu'ils se couchent, qu'ils reconnaissent une bonne fois qui est le chef, qui pilote l'avion, qui décide ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.

C'est l'enjeu pour le patronat et le gouvernement, et à mesurer la politique confédérale on peut craindre le pire...

De notre côté, l'enjeu est tout autre, et  parfaitement clair : dans un premier temps, mettre un coup d'arrêt aux mesures gouvernementales, dénoncer l'attaque tous azimuts que nous subissons qui n'est d'une certaine manière que la modernisation de l'exploitation capitaliste pour l'adapter à l'époque de la mondialisation et de guerre économique exacerbée.
Et dans cette dénonciation, nous affirmons que "de cette société là, on n'en veut pas", que nous voulons un autre monde, libéré de l'exploitation, un monde de solidarité et d'intérêt collectif, de satisfaction des besoins de la majorité, un monde où les mots "productivité", "profit", "guerre économique", "marché" n'aurait plus de sens.

Les syndicalistes de classe doivent se mobiliser massivement pour le 20 novembre, comme ils l'avaient fait pour soutenir les jeunes en lutte contre le CPE, débrayer, manifester, contre l'attentisme et le repli organisés  par les directions syndicales, CGT en tête.
Partout, nous devons informer, mobiliser, organiser grèves et débrayages. C'est dans ce sens que nous publions ci-dessous un tract intersyndical réalisé à Arras par la CGT, la FSU et Solidaires. Un bon tract, qui peut être repris et adapté aux situations locales par les uns et les autres !
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Intersyndicale Arrageoise FSU- Solidaires - CGT
La seule question actuelle qui doit être posée :
c'est la création de l'unité des luttes !

En avril 2006, mis à mal par l’unité des salariés et de la jeunesse lycéenne et étudiante en lutte depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, le gouvernement se voyait dans l’obligation d’abroger le CPE. La ville d’Arras a été une belle illustration de cette unité de luttes et du travail mené collectivement pour faire tomber le CPE.
 
La lutte contre le CPE a été victorieuse grâce aux combats menés par la jeunesse lycéenne et étudiante, soutenue et renforcée par les salariés : rappelons-nous la gigantesque manifestation d’Arras en avril 2006, nous étions 15 000 !

C’est dans l’unité de luttes, comme pour le CPE, c’est à dire entre lycéens, étudiants et salariés, que nous pourrons imposer une réelle solution qui permette aux salariés de partir en retraite pleine et entière au maximum à 60 ans et aux jeunes d’accéder à un emploi stable en lien avec leurs diplômes et leurs qualifications.

Ensemble dans l’unité pour dire non aux régressions sociales !

Aujourd’hui, le gouvernement aux ordres du MEDEF, opère en créant la division, veut nous opposer au nom de « l’équité », pour diviser le public et le privé, les salariés et les chômeurs ou les Rmistes… pour démanteler tous les droits et les acquis sociaux gagnés par les luttes : retraites par répartition, protection sociale, emplois, salaires, formations et qualifications, droit du travail, droits de l’homme…

Aujourd’hui, la nouvelle attaque contre les retraites avec en première ligne les régimes spéciaux est un artifice du patronat pour augmenter le nombre d’années de cotisations de tous les salariés et ainsi amener l’âge de la retraite à plus de 65 ans…

Le gouvernement se sert honteusement de l’augmentation de la durée de la vie pour détruire nos droits à une retraite décente après 37,5 annuités, à 60 ans maxi ou à 55 ans pour les métiers pénibles. Notre région est particulièrement concernée, puisque l’espérance de vie y est, de 7 à 9 ans, inférieure à la moyenne nationale.

Le principe de solidarité de la sécurité sociale est mis à mal : instauration de la franchise médicale 50€ par an et par personne, poursuite des déremboursements des médicaments, le forfait hospitalier, 1€ chez le médecin…
Le déficit est aggravé par  les allègements  de cotisations sociales accordées aux employeurs (20 milliards d’€ en 2006 + 30 en 2007).

Le pouvoir d’achat n’a jamais été aussi bas, le nombre de travailleurs pauvres et de chômeurs aussi important.
En France 7,5 millions de personnes vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. Par contre le gouvernement vient d’accorder 17 milliards d’€ de cadeaux fiscaux aux plus riches.

Les Services Publics paient un lourd tribut à cette politique libérale : fermetures de classes, de tribunaux, d’administrations centrales, de postes, d’hôpitaux et de maternités. 22 000 emplois de fonctionnaires seront supprimés en 2008. L’affaiblissement de la présence de l’état aura pour conséquence de pénaliser encore plus les populations les plus fragiles et les plus isolées.

Le Service public d’éducation est particulièrement visé : 11 200 emplois supprimés et une avalanche de « réformes » : loi LRU instaurant l’autonomie des Universités, suppression de 72h de cours pour les écoliers, scolarisation des 2 ans en péril, suppression de classes et de matières d’enseignements, de formations (3000 élèves sans classes d’accueil en lycée dans le Nord- Pas de Calais à la rentrée 2007).

Augmentation des cadences, des horaires décalés, du travail de nuit et du dimanche, mais plus de suicides, d’accidents du travail, de maladies professionnelles (+ de 1000 accidents mortels du travail et + de 500 suicides dus au travail en 2006)… Et toujours fermetures et délocalisations !
Modernisation sociale, mais remise en cause des contrats de travail, des statuts, des Conventions Collectives et du Code du Travail… fusion Assédic-Anpe pour obliger par la menace à accepter n’importe quel emploi, polyvalence, augmentation individualisée au mérite, c’est cela la flexisécurité des parcours professionnels… 

« Travailler plus pour gagner plus » démontre que l’augmentation des salaires est nécessaire. Les salariés sont chaque mois sur le fil du rasoir, beaucoup n’ont pas d’autres choix que d’accepter de faire plus de 40, 43 heures par semaine voire plus …de travailler la nuit et le dimanche, même dans les catégories moyennes. Quelle place reste-t-il pour les loisirs, la culture, le sport, l’éducation des enfants, les liens familiaux et amicaux ?

Le gouvernement multiplie les expulsions. De nombreux jeunes scolarisés et leurs familles vivent dans la peur d’un arrêté de reconduite à la frontière. Ils ont choisi de vivre et d’étudier en France souvent parce que les conditions de sécurité et d’existence ne sont pas supportables dans leur pays d’origine. Chaque être humain a le droit de vivre dignement dans le pays de son choix.

Public / privé / salariés / chômeurs / étudiants / retraités / avec ou sans papiers
Ne nous laissons pas diviser !

Seule l’unité de luttes entre les travailleurs actifs, ceux privés d’un travail, les futurs et les anciens travailleurs, peut faire reculer les aspirations rétrogrades et réactionnaires du patronat et du gouvernement.

Aujourd’hui, la répartition des richesses en est à 70 % pour le patronat contre 30 % pour les travailleurs, et le patronat espère arriver à 80/20, voire 85/15 d’ici 5 ans, et cela passe nécessairement par la destruction des droits sociaux collectifs.

Créer l’unité de luttes, c’est inverser la tendance, c’est déplacer le curseur dans le sens de nos intérêts collectifs et du progrès social, c’est faire diminuer la part des riches pour la répartir en partant des réels besoins des travailleurs. C’est aussi lutter contre le sentiment d’être impuissant face à la machine politico-patronale, contre l’individualisme, le racisme et les discriminations. Créer l’unité de luttes, c’est faire comprendre que le Rmiste n’est pas l’ennemi du smicard ou le fonctionnaire l’ennemi du salarié du privé, mais c’est redonner aux travailleurs, à leurs parents et leurs enfants, les droits que gouvernement et patronat entendent détruire.

Nous le répétons : ce qui a été possible pour lutter contre le CPE, doit être possible pour exiger une politique sociale basée sur nos propres besoins et non pas sur celui des patrons, des financiers et des multinationales.

- C’est ensemble, public - privé - jeunesse - retraités, que nous devons lutter, contre ceux qui utilisent, qui vont utiliser ou ont utilisé bras et cerveaux, diplômes et qualifications… pour s’enrichir de plus en plus.
- C’est ensemble que nous devons lutter, contre ceux qui s’accaparent les richesses créées qui reviennent de droit aux travailleurs et à la population.

Dès aujourd’hui, dans les ateliers, les bureaux, les lycées, les facultés, les communes, les quartiers, les associations…
MOBILISONS NOUS !

L’unité nous permettra de faire échec à la politique libérale du gouvernement et d’exiger une autre répartition de la richesse produite pour répondre aux besoins de justice et de solidarité dans notre pays.

Le mardi 20 novembre : tous en lutte, tous en manifestation !
Tous en grève !
Rdv à 10h00 place de la gare à ARRAS

Contacts : FSU - 03-21-51-72-26 : Solidaires Sud - 03-21-50-36-68 : CGT - 03-21-71-06-14

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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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commentaires

Syndicaliste FSE 17/11/2007 23:28

Tract de l'AGET FSE distribué dans les différentes manifs inter-professionnelles, dont celle de mardi prochain évidemment, et dans les secteurs en lutte :


Les étudiant-e-s, sont des futur-e -s travaille urs/euses en formation - déjà travailleurs/euses pour la moitié d'entre nous qui doivent trouver un emploi pour financer leurs études. Ils-elles sont donc concerné-e-s par la casse continue du système de retraite par répartition, ce dernier étant l'expression de la solidarité inter-générationelle entre travailleurs/euses. Nous soutenons tous les salariés en luttes à l'h eure actuelle. Il en va de même pour les Assemblées Générales des universités qui ont largement souligné ce soutient et appelé à rejoindre les cortèges de la manifestation nationale du 18 octobre.
Les étudiant-e -s sont actuellement m obilisé-e-s contre la loi Pécrésse sur l'autonomie des universités. Cette loi implique la casse du service public d'enseignement supérieur:
- chaque université pourra sélectionner ses étudiant-e -s
- augmentation exponentielle des frais d'inscrïption
- et surtout produire des formation professionnalisantes définies et financées par le patronat local.
Derrière ce dernier point on voit se profiler la disparition du cadre national des diplômes, qui participe d'une attaque encore plus vaste : la casse de la reconnaissance collective de nos qualifications, donc des Conventions Collectives Nationales dans le monde du travail.
Le patronat souhaite en finir avec des formations débouchant sur des droits collectifs : diplômes nationaux, formations de l'AFPA, de l'ANPE... et avec leurs cadres : universités publiques, Congé Individuel de Formation... A leur place il préfère développer des formations locales et individuelles adaptées a ses exigences immédiates. Ce processus va de pair avec la remise en question du Code du Travail, des Conventions Collectives, le développement de la précarité/flexibilité.
Perdre ces qualifications nationales acquises par les luttes des travailleurs/euses, pour des pseudo-compétences particulières à chaque individu, c'est les diviser et donc briser leur solidarité.
Nous revendiquons une université critique et populaire, ouverte au plus grand nombre. Nous pensons qu'acquérir une formation fondamentale est un facteur d'émancipation intellectuelle, un droit qui doit être accessible à tout-e-s les travailleurs/euses. La loi Pécresse, en permettant l'augmentant des frais d'inscrïption et en privilégiant les form ations utilitaristes (utiles pour le patronat) va contre cet objectif.
C'est pour cela que nous pe nsons que la lutte actuelle des
étudiant-e-s contre la loi Pécresse dépasse le strict cadre universitaire, et intéresse l'ensemble des travailleurs/euses.

L'AGET FSE invite donc l'ensemble des secteurs en luttes, au sein de leurs propres mobilisations, l'ensemble des travailleurs/euses et de leurs organisations syndicales, à soutenir et à relayer la lutte des étudiant-e-s.