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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 09:22

Vendredi 28 Septembre 2007

Journée sur la souffrance au travail dans l’automobile, le 13 septembre à Mulhouse

C’est dans une salle trop petite que se sont retrouvés à l’initiative de l’UD CGT du Haut-Rhin une quarantaine de syndicalistes de PSA (Sochaux, Mulhouse… mais pas Aulnay), de Renault (Sandouville, Flins, Rueil, Charleville), de General Motors (Strasbourg), mais aussi de sous-traitants comme Wagon Automotive (Gerardmer) ou Toyota Lyon.

Le thème de la journée d’étude (la souffrance au travail et les suicides dans l’automobile) motivait une participation forte. Toutes les interventions portaient bien sûr sur ce sujet, et les transformations dans les conditions de travail depuis quinze ans résumées en une formule choc: « plus le temps de rigoler au boulot » ! Les interventions sortiront souvent du sujet étroit pour dénoncer Sarkozy et son « travailler plus », la course au profit, le rejet de la flexisécurité, la défense des régimes spéciaux et de la retraite anticipée en cas de pénibilité. On voit d’ailleurs poindre dans la discussion les deux interprétations qui peuvent être faites de toutes ces transformations : d’un côté l’explication réformiste qui nous explique que tout cela est « politique », de la « volonté » du patronat et qu’on pourrait faire « autrement », et une autre explication plus réaliste qui montre que ces évolutions correspondent en fait à des nécessités du capital dans la guerre économique mondiale… D’où la question sur les conditions de la libération des ouvriers !
La discussion montrera les résistances plus ou moins larges à cette énorme pression, qui vont dépendre de l’activité syndicale et de son orientation. Ainsi le syndicat CGT PSA de Mulhouse qui est très actif, avec une journée d’expression publique sur la souffrance au travail, et un gros travail de CHSCT. Ce qui ressort de la discussion, c’est l’écrasement des salariés (des ouvriers, mais même des cadres), leur écoeurement, leur fatalisme qui peut mener au suicide comme forme ultime, d’une certaine manière, de la soumission à la société actuelle.
Comme d’habitude, débat contrasté sur la médecine du travail, d’un côté sa soumission à la direction, et le rôle qu’elle peut parfois malgré tout avoir. Comme sur l’amiante, comme sur les accidents du travail, bref comme toujours…

Pourtant, face à la détresse de la souffrance et des suicides, l’ambiance n’était pas à la morosité. Comme on le voit souvent dans ces assemblées syndicales concrètes (pas les bavardages inutiles des traditionnelles « réunions de rentrées ») les militants présents étaient motivés, désireux d’en découdre, contents d’être là et de se retrouver pour échanger leurs expériences. Même si l’ambiance est parfois perçue comme fataliste, la résistance est toujours à l’ordre du jour, d’une certaine manière comme seul moyen de « survivre » face à la pression de l’exploitation ! La préoccupation principale était la construction du rapport de forces sur le terrain, l’établissement de liens et de solidarités, contre la tentation de la « réunionite » à la mode en ce moment dans la Confédération. Certains de ces militants étaient d’ailleurs largement critiques à l’égard de la direction confédérale, connaissent et utilisent le blog dans leur travail syndical, connaissent le Forum syndical de classe et de masse.
Bref, on sent qu’il y a véritablement dans ces rencontres concrètes de terrain un lieu de construction du syndicalisme de classe, avec des militants qui commencent à comprendre l’impasse où nous mènent les directions réformistes. Un encouragement pour nous tous !

Dans l’immédiat, après avoir manifesté lors de la venue de Sarkozy à Mulhouse le 6 septembre, c’est la préparation de la manif amiante du 13 octobre qui est à l’ordre du jour, élargie aux questions de la souffrance au travail et de la pénibilité !
Un compte rendu officiel de la rencontre est désormais disponible ci-contre
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