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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 15:49
Jeudi 2 Août 2007
Service minimum, le droit de grève ne se négocie pas !

Une des premières mesures du nouveau gouvernement vient d'être définitivement adoptée au Parlement, à savoir la loi sur le Service minimum dans les transports.
Pas ou peu de réactions, une modeste journée d'action le 31 juillet. La Confédération CGT a même été jusqu'à proposer des amendements au projet de loi, comme si un tel projet était amendable ! Car l'objectif est double, d'une part mettre au pas un secteur combatif de la classe ouvrière, qui avait fait tomber le gouvernement Juppé en 1995, d'autre part mettre la pression sur toute la classe ouvrière à l'heure où les nuages s'accumulent pour la rentrée, avec une succession d'attaques à venir, toutes autour de l'emploi, du Contrat de Travail Unique à la Sécurité Sociale Professionnelle en passant par le Revenu Social d'Activité....
Le droit de grève, c'est l'arme de la classe ouvrière internationale, celle qui touche le capital au coeur , à la production. C'est dans le feu et dans le sang que ce droit a été arraché, est constamment remis en cause, limité, combattu.
Aussi, défendre le droit de grève est un enjeu essentiel pour les syndicalistes de classe, même si l'attaque ne concerne qu'une partie d'entre nous.
Les divers collectifs qui ont organisé le Forum du Syndicalisme de Classe et de Masse sont tout à fait convaincus de cet enjeu. Ils ont donc réalisé le tract suivant, diffusé lors des rassemblements du 31 juillet, mais toujours utilisable durant l'été et à la rentrée. Il est également disponible en version imprimable ci-contre.print-pdf.gif



NON AU PROJET DE LOI SUR LE « SERVICE MINIMUM » :

LE DROIT DE GRÈVE NE SE NÉGOCIE PAS !


Un projet de loi inacceptable

Le projet de loi prévoit diverses nouvelles mesures applicables aux entreprises de transport (sûrement dans un premier temps), pour encore restreindre le droit de grève.
-    Délai de prévenance et « obligation de négocier » qui imposent un délai pouvant aller jusqu’à 11 jours entre l’appel à la grève et son déclenchement. Interdiction des préavis successifs sur le même sujet.
-    Obligation de se déclarer gréviste deux jours avant, au risque de sanctions pour les salariés.
-    Possibilité pour la direction ou un syndicat non gréviste d’organiser une consultation après 8 jours de grève, pour en contester la validité.
-    Renvoi des discussions à des « négociations » entreprise par entreprise, ou secteur par secteur.
Autrement dit, si la loi est appliquée strictement, il va être encore plus difficile de faire grève, et les conflits risquent fort d’être rapidement déclarés illégaux. C’est le retour 150 ans en arrière.

Un objectif à double détente

L’objectif immédiat est évidemment de préparer la remise en cause des régimes spéciaux de retraite dans  les transports, encore à 37,5 années de cotisation, en cherchant à tout prix à éviter de renouveler la grande grève de 1995 qui était partie sur le même sujet.
Mais l’objectif plus large est d’accentuer la pression sur le droit de grève, d’abord dans les transports, puis dans tout le secteur public (Fillon veut que la prochaine cible soit l’Éducation nationale), mais aussi dans le privé. L’heure est à la multiplication des conflits, des grèves qui peuvent être dures, comme les six semaines à PSA Citroën Aulnay. Or les exigences du capitalisme mondialisé poussent à toujours plus de restructurations, dans le privé comme dans la fonction publique ou le secteur nationalisé.
Il y avait déjà la loi Perben et la journée de grève indivisible dans le public, l’évacuation des usines occupées au nom de la liberté du travail dans le privé, il faut maintenant accentuer la pression, déclarer la grève illégale, comme en Allemagne, aux États-Unis ou ailleurs, pour permettre les hausses de productivité exigées par le capitalisme.
C’est le sens profond de cette nouvelle attaque contre le droit de grève : c’est pourquoi elle nous concerne tous.

Une question cruciale pour tous les travailleurs

On entend certains dirigeants syndicaux affirmer qu’il s’agit d’une loi « inutile et provocatrice ». Rien de plus faux. Pour les bourgeois, c’est une loi tout à fait utile et réfléchie.
D’autres nous disent qu’il n’y a pas que le droit de grève, que nous avons d’autres moyens de lutte à notre disposition. Depuis l’apparition du mouvement ouvrier organisé, la grève est le moyen privilégié d’action de la classe ouvrière et des travailleurs. C’est une forme de lutte collective, radicale, qui touche le capital là où ça fait mal, à la production. C’est pour cela que les patrons voudraient l’interdire, non par souci des « usagers » ! Si les patrons et le gouvernement voulaient améliorer les services publics, ils cesseraient de les démanteler au nom de la rentabilité, ils embaucheraient massivement les personnels nécessaires, ils remplaceraient les matériels vétustes (par exemple les trains de banlieue) !

Défendons le droit de grève !

Défendre le droit de grève, pour tous, sans aucune restriction, c’est défendre un droit qui a permis d’arracher la plupart de nos acquis. C’est refuser d’être un peu plus soumis à l’exploitation. C’est défendre notre organisation de classe, nos moyens de lutte. C’est préparer au mieux la nécessaire contre-offensive pour les salaires et l’emploi, contre la précarité et la pénibilité.
C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter que les principales directions syndicales aillent « négocier » notre droit de grève avec le gouvernement. Nous ne pouvons pas accepter qu’elles renvoient à des « négociations » entreprise par entreprise, chacun chez soi, isolé, sans rapport de force collectif. Au contraire, tous les syndicats et tous les syndicalistes dignes de ce nom doivent refuser toute restriction du droit de grève, préparer et appeler à une puissante mobilisation pour défendre le droit de grève. Une victoire de Sarkozy sur cette question décisive décuplerait la violence des autres attaques en préparation (contre le droit à la santé, contre le contrat de travail à durée indéterminée, contre les immigrés, etc.). C’est pourquoi les collectifs syndicaux et syndicats organisateurs du Forum du Syndicalisme de Classe et de Masse ont décidé de s’unir pour aider les travailleurs à se défendre et ont participé aux rassemblements du 31/07 :

Non au service minimum ! Aucune restriction au droit de grève !
Oui à l’organisation et la lutte des travailleurs contre l’exploitation et contre le gouvernement !


Les syndicats et collectifs de militants syndicaux organisateurs du Forum du Syndicalisme de Classe et de Masse :
Continuer la CGT (CL-CGT). Tél. : 06 08 03 51 88 — Site : http://assoc.wanadoo.fr/continuer.la.cgt
Comité pour un Courant Intersyndical Lutte de classe Anti-bureaucratique (CILCA). Tél. : 06 66 25 16 65 — Site : http://courantintersyndical.free.fr
Collectif Unitaire pour un Front Syndical de Lutte de classe (CUFSC). Tél. : 02 37 36 44 61 — Site : http://collectif-syndical-classe.over-blog.com
Collectif Général des Travailleurs (CGT-E) Dalkia. Tél. : 01 74 61 19 51 — Site : http://www.cgtedalkia.com
Blog "Où va la CGT ?" Site : http://ouvalacgt.over-blog.com
Fédération Syndicale Étudiante Site : http://www.luttes-etudiantes.com

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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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commentaires

Lancien 09/08/2007 14:13

Votre réponse laisse à penser que tous les français travaillent à la chaîne dans le bruit, la chaleur et les toxiques.
Cela me confirme dans l'idée que vous êtes dans le passé sans réelle compréhension de la société actuelle.
Bien sur qu'il faut défendre tout le monde masi il faut aussi regerder les masses et faire en sorte qu'une minorité (les cheminots par exemple) ne nuissent pas à une majorité sasn aucun contrôle. Les gens qui sont traités comme des sardines par la SNCF sont aussi des travailleurs. Mais comme ils ne sont pas syndiqués (par votre faute puisque vous ne représentez pas grand chose) vous vous en foutez.

Lancien 09/08/2007 00:21

Lu sur Boursorama ce jour :

La justice allemande a mis un frein mercredi au projet des conducteurs de trains d’entamer une grève nationale pour de meilleurs salaires, en l’interdisant jusqu’au 30 septembre au nom du préjudice économique qu’engendrerait une paralysie du rail au coeur des vacances d’été.

Que se passerait-il en France dans un cas similaire ? Les syndicats et l’opposition crieraient à l’atteinte au droit de grève, à l’intervention du pouvoir politique contre l’indépendance de la justice, que sais-je encore ?

Pourquoi ce que tous les allemands (syndicats y compris) acceptent est-il impossible en France ?

J’ai bien une idée là-dessus, elle tient au manque de maturité des responsables syndicaux francais qui ne pensent qu’à leur pré carré, à la possibibilité de devenir délégué syndical pour ensuite pouvoir glander (ne hurlez pas j’en connais) et en tirer tous les avantages possibles.

Messieurs les syndicats, quand comprendrez-vous que le XIXème siècle de Germinal est mort depuis longtemps et qu’il est maintenant temps d’évoluer ??

Eugène 09/08/2007 11:03

"Ce que tous les allemands (syndicats y compris) acceptent"...A voir ! La grève est hautement réglementée en Allemagne, et ce qui se passe depuis quelques années, c'est le développement des grèves sauvages et illégales ! Car preuve est faite, mois après mois, que les directions syndicales collabos (celles qui glandent) ne défendent plus vraiment les travailleurs et ouvriers. Qui dans les confédérations sait ce que c'est (réellement) ce qu'est le travail à la chaîne ? Le travail à feux continus au bruit, la chaleur et les toxiques ? Les horaires de plus en plus parcellisés, par exemple dans les transports ?De quel point de vue parle-t-on Lancien ? Du point de vue de la nation, de l'entreprise, du préjudice économique (pour qui ?), de la bonne santé du capitalisme ? Ou du point de vue du travailleur, de ses conditions de vie et de travail ?

Jullien 03/08/2007 22:12

bonjour, ci-dessous le tract affiché sur les panneaux syndicaux dans notre entreprise (fédé textiles).
Avec mes amitiés syndicales

"Unissons-nous contre la loi antigrève

La nouvelle loi antigrève est l’aboutissement d’une campagne médiatique menée depuis plusieurs années, dans laquelle les usagers des transports en communs étaient présentés comme des « otages » des grévistes.
Dans la réalité, deux pour cent des perturbations dans les transports en commun sont dus aux grèves. Cette campagne de propagande est fondée sur le mensonge et la dissimulation.

Cette campagne de la presse et des télés nous a présenté les grévistes de la fonction publique comme des « privilégiés », afin de les opposer aux salariés moins bien lotis. En nous divisant ainsi, le patronat ne cherche qu’à généraliser le statut des plus précaires à tous les salariés.

Ces arguments n’ayant pas suffi à convaincre, la loi est votée en période de congés.

Mais ces prétextes cachent mal le souhait du MEDEF et de ses représentants d’élargir la loi antigrève bien au-delà des seuls salariés des transports publics terrestres. Certains ministres ont montré le bout de l’oreille en parlant également des enseignants et d’autres fonctionnaires et la proposition de loi de Philippe Arnaud concerne « les services et entreprises Publics » en général.
Mais déjà les sénateurs s’interrogent sur les contraintes déjà existantes dans d’autres pays d’Europe ou au Canada, qui élargissent le service minimum à la notion très vague des [i]"besoins sociaux absolument nécessaires "[/i], étendus à l’eau, à la nourriture, à l’énergie, aux déchets, à la téléphonie, etc. On est loin de l’image des banlieusards « pris en otage » sur le quai du RER !
La loi Auroux de 1982 avait déjà créé le Conseil des services essentiels, chargé de s'assurer que les citoyens continuent de bénéficier de services jugés « essentiels » lorsque les travailleurs de certains services publics, des établissements de santé et des services sociaux exercent leur droit de grève.
Sous couvert de « prévenir les conflits » selon le processus initié par la loi Auroux, et alors qu’un préavis de cinq jours existe déjà, la loi antigrève oblige à se déclarer gréviste 48 heures à l’avance. Par ce biais il s’agit de substituer l’action individuelle à l’arme collective de la grève.
Or face à son patron, le salarié isolé n’a qu’un « droit » : celui d’aller voir ailleurs.

Seule l’action collective et la grève ont permis d’obtenir les congés payés, les augmentations de salaire, la protection sociale et le droit du travail, parce que l’appétit de rentabilité et la recherche du profit maximum font fi des négociations et contraignent les salariés à perdre des journées de travail, afin de défendre des acquis sans cesse menacés.

Unissons-nous contre la loi antigrève et contre toutes les mesures antisociales en cours.
Syndiquez-vous à la CGT"