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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 16:40
Mardi 1er Mai 2007

Nationalisation d'Airbus (sous contrôle ouvrier) ?
Renationalisations des entreprises privatisées ?

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Des revendications rampantes par les temps qui courent, qu’il s’agisse de France Télécom, d’Airbus et de EdF. Des revendications bien entendu liées à la défense du service public…

Nous avons déjà discuté, à propos de EdF en particulier, ou des services publics en général de ce que sont les entreprises nationalisées. Nullement des monopoles qui "échappent à la loi du marché" (cf les positions de la CGT à son Congrès), mais des monopoles de l’état, au service de la classe des capitalistes dans leur ensemble. En gros des monopoles capitalistes d’Etat pour faire pendant avec les entreprises de l’ex-URSS.

Reprenons quelques arguments :

  • Une entreprise nationalisée échappe à la loi du marché et à la concurrence. Absolument faux. D’ailleurs, les vagues de restructurations atteignent maintenant tous les secteurs du public, qu’il s’agisse de la production (énergie, transports, communication), ou des services (éducation, santé). Non pas que cela soit un progrès. Mais c’est le simple constat que les quelques règles protectionnistes mises en place à la fin de la deuxième guerre mondiale pour permettre la reconstruction du capitalisme français face à ses concurrents sont aujourd’hui des freins à son développement. Le libéralisme se développe dans tous les secteurs qui lui échappaient jusque là, c’est le signe de l’évolution du capital dans son ensemble. Aujourd’hui, dans le service public comme dans le privé, pour la classe ouvrière, il y a un seul mot d’ordre : « Défendre l’intérêt des travailleurs et rien d’autre ! », « Non à l’intérêt national ! »

  • Une entreprise nationalisée appartient à la nation, « à nous tous ». Nous y avons déjà répondu en ce qui concerne EdF. Mais fondamentalement, c’est une confusion grossière : la nation, ce n’est pas « toute la population », comme on veut nous le faire croire. La nation, c’est l’enveloppe idéologique (l’écran de fumée, l’illusion, le masque) que s’est donné l’état bourgeois pour faire croire qu’il sert l’intérêt général et non l’intérêt d’une classe, pour conserver la paix sociale et embrouiller la lutte des classes. En passant cela donne le sens véritable de toutes les gesticulations de Ségolène à Le Pen durant la campagne électorale…
    La nation n’est pas apparue depuis si longtemps, mais avec les révolutions bourgeoises des 18ème et 19ème siècles. Avant on parlait féodalités, royaumes et les origines et langues n’avaient guère d’importance. Richard Cœur de Lion , anglais, a régné sur l’Aquitaine et était un fin poète en occitan. Marie-Antoinette était autrichienne. La pauvre Jeanne d’Arc ne savait même pas que la France existait, elle rendait compte à un suzerain contre d’autres. Etc.

  • Une entreprise privatisée est nationale et met la priorité à la satisfaction des besoins de sa population. Comment peut-on être encore aujourd’hui aussi bête ? EdF, France Télécom, Areva et maintenant le Musée du Louvre ( !) sont des monopoles multinationaux dont les tentacules s’étendent sur toute la planète, et qui utilisent d’ailleurs leur statut d’entreprise d’Etat pour renforcer leur pénétration à l’étranger, l’exploitation des peuples du monde. Pourquoi ce silence quand on aborde ces questions, quand on parle d’indépendance énergétique du nucléaire alors que tout l’uranium vient de l’étranger, sous l’égide de Areva, par exemple ?

  • Dans une entreprise nationalisée, le sort des travailleurs est meilleur que dans les entreprises privées. Appeler à renationaliser les entreprises privatisées (ou les autres), c’est semer encore une fois des illusions sur la nature des entreprises d’Etat. C’est une plaisanterie sinistre. Le plus grand employeur de précaires de France est l’Etat, on l’a vu avec les procès aux prud’hommes à La Poste, parfaitement identique à celui qui a eu lieu dans les sociétés d’autoroutes. La flexibilité y atteint des extrêmes difficilement imaginables. Des tas d’entreprises ont été nationalisées en 1981, puis privatisées ensuite, les travailleurs n’ont vu à chaque fois que dégradation de leurs conditions de travail, au fil de la crise capitaliste et de la guerre économique mondiale, qui s’applique au privé comme au public. Comment oser encore duper les travailleurs sur cette vérité !

  • Oui, mais nous rajoutons « sous contrôle ouvrier » nous disent de belles âmes. Ah, la belle affaire… Toute l’histoire du mouvement ouvrier a démontré que le mot d’ordre de contrôle ouvrier n’existe qu’en période révolutionnaire, d’offensive du mouvement ouvrier, et qu’en dehors de ces périodes ce n’était qu’un mot d’ordre réformiste développé par tous les co-gestionnaires. Nous ne ferons que renvoyer à un court extrait à ce propos des textes du IIIème Congrès de l’Internationale Communiste en 1921. En quelle période vivons-nous, là, aujourd’hui ? Sommes-nous à la veille de la révolution ? Non, bien sûr, même si les grèves sont nombreuses et se multiplient, personne ne croit que nous sommes à la veille d’une révolution, les conditions politiques et idéologiques (en conscience et en terme d'organisation) n’étant évidemment pas réunies. C’est même plutôt carrément la confusion… Ce mot d’ordre comme nous le dit la citation ne fait que détourner les masses ouvrières de leurs véritables revendications, pour répondre à leurs besoins immédiats :

    Zéro licenciement face à Power 8 !
    300 € pour tous, 1500 € nets minimum face au ridicule de l’intéressement à 2,8 € !

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