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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 16:18

Lundi 20 septembre 2021

Il y a 20 ans, l'explosion de l'usine AZF : la CGT mobilise

 

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La Fédération de la Chimie et l’UD 31 (Haute Garonne) sont à l’offensive pour commémorer demain 21 septembre le 20ème anniversaire de l’explosion qui a fait 31 morts et plus de 20 000 victimes, directes ou de voisinage.

Un rassemblement est organisé à partir de 9h30 au rond-point du 21 septembre, à l’appel de la CGT et de l’association des sinistrés d’AZF, et un appel à un débrayage est lancé dans toutes les entreprises pour 10h17, heure de l’explosion. A 17h, un débat public aura lieu à la Bourse du Travail, place Saint-Sernin.

 

Au fil de plusieurs procès jusqu’en cassation en 2019, la vérité est apparue, derrière toutes les fakes news et explications complotistes. C’est Total, oui, Total qui est responsable de cet accident industriel ! Oui, Total est coupable d’avoir dissimulé les preuves, coupable de diviser les victimes. C’était d’autant plus juste, que Total devenu aujourd’hui Total/Energies a déployé dès le jour même de l’explosion, des moyens colossaux pour échapper à ses responsabilités, pour masquer les causes, que pourtant il connaissait depuis le début.

Cet accident a divisé jusqu’à la CGT, puisque le syndicat de l’usine en est arrivé à nier toute responsabilité de Total (voir l'article "AZF, le syndicalisme à l'épreuve du drame"), au nom de la défense de l’emploi. Heureusement, la FNIC (Chimie) et le CHSCT de l’usine ont remis les pendules à l’heure en désignant clairement les coupables.

 

La FNIC, pour l’occasion a publié plusieurs documents très complets (voir ci-dessous) sur les risques chimiques industriels, en soulignant en particulier la dégradation des règles de sécurité avec le développement de la sous-traitance. De très bons documents à utiliser pour dénoncer le capitalisme et ses règles du jeu.

 

On doit néanmoins regretter la frilosité quand il s’agit de contester le mode de production et ses priorités. Ainsi, la FNIC évacue en quelques lignes les interrogations sur la nature de la production et les choix capitalistes. L’exemple est pourtant particulièrement parlant pour AZF, puisqu’on en a vu la répétition dans le port de Beyrouth, cette fois 214 morts à la clé.

Le fait est que le nitrate d’ammonium, l’engrais à l’origine de ces deux explosions, est extrêmement dangereux, et qu’il devrait être interdit, purement et simplement. D’autant qu’on sait désormais le remplacer par des produits moins explosifs et moins toxiques (n’oublions pas les algues vertes provoquées par les nitrates).

La FNIC escamote en quelques mots : « Tout d’abord, pour l’analyse, il faut distinguer la question de la finalité de la production de celle de produire propre et sûr. Ces sujets sont souvent entremêlés. Pour l’analyse, il faut, dans un premier temps, les séparer. Par exemple, à propos de l’explosion de Total/AZF à Toulouse, ramener le débat uniquement à dire qu’il ne faut pas fabriquer des engrais, revient à faire oublier la volonté de Total de ne pas gérer sérieusement les non-conformes et de surexploiter le personnel par la sous-traitance et la précarité. Cela reviendrait à croire que l’on ne sait pas produire propre et sûr, ce qui est faux. En tout cas pour les engrais. » Autrement dit, pas question de contester la production de ce type de produit…

C’est préoccupant : car si bien sûr il faut toujours améliorer les conditions de sécurité, tant pour les travailleurs que pour les riverains, nous savons tous que la meilleure des sécurités est de supprimer complètement le risque. Et quand c’est possible, c’est dans ce sens qu’il faut aller.

C’est vrai pour le nitrate d’ammonium, mais aussi pour de nombreux produits de la pétrochimie, de l’agrochimie, des plastiques, des manipulations génétiques et de bien d’autres productions.

 

Nous n’avons aucune confiance dans « ce progrès capitaliste » qui n’est en fait que concurrence mondialisée effrénée, recherche du profit maximal et exploitation de plus en plus féroce, ici comme dans les pays dominés.

La FNIC en reste à l’acceptation du monde technologique tel qu’il est, pour revendiquer plus de sécurité. C’est un premier pas. Il reste à contester le mode de production capitaliste et ses choix de production, qui sont tout sauf neutres…

 

Enfin et pour conclure, la FNIC fait a plusieurs reprises le lien avec l’explosion de Lubrizol à Rouen. C’est tout à fait juste, et on peut regretter qu’il n’ait pas été possible d’imaginer une initiative commune pour l’occasion, sachant que l’explosion de Lubrizol a eu lieu le 26 septembre, et celle d’AZF le 21. Une commémoration conjointe aurait été la bienvenue…

 

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