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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 12:24

Lundi 8 mars 2021

8 mars : solidarité avec les ouvrières en grève de SEA-Latécoère en Tunisie !

 

SEA Latécoère, c’est un sous-traitant de l’entreprise toulousaine du même nom, spécialisée dans le câblage aéronautique (N°2 mondial), qui emploie 750 personnes, essentiellement des femmes, dans deux usines en Tunisie. Des usines combatives, déjà secouées par des grèves en 2012-2013 pour exiger leurs droits, des hausses de salaires et la fin du sexisme de l’encadrement. Des licenciements de déléguées combatives avaient alors eu lieu, provoquant de nouveaux mouvements de grève.



Ces mouvements avaient été l’occasion de tisser des liens forts avec les ouvriers de l’aéronautique en région toulousaine, liens qui se sont maintenus.

 

Aujourd’hui, le patron voyou veut licencier 356 ouvrières, au prétexte (mensonger) de la faillite de l’entreprise française, provoquant la colère et la nouvelle mobilisation sur place.

Nous reproduisons des extraits du texte du collectif féministe « Du pain et des Roses », associé à Révolution Permanente, qui détaille ce nouveau conflit :

« Du jour au lendemain, les 356 travailleuses sont licenciées de manière brutale. La direction a menti aux salariées en évoquant une fausse fermeture des usines françaises en raison de la soi-disant ruine du groupe Latécoère. Le nouveau directeur de l’usine, Karim al-Maliki, n’a de son côté pas hésité à exprimer son mépris envers les travailleuses en déclarant que « si elles veulent faire valoir leur droit, elles iront le chercher au tribunal ! ». Et cela alors que l’inspection du travail, en toute connivence avec les intérêts du patronat, a donné un avis favorable malgré de nombreuses irrégularités.

 

Face à ces attaques, les travailleuses de Latécoère ont été complètement abandonnées. Elles ont été trahies par les syndicalistes de l’UGTT (principale centrale syndicale du pays) qui ont été achetés par la direction pour signer les licenciements. La direction du syndicat ne les a pas non plus appuyées quand elles ont décidé d’entamer une lutte pour leur réintégration. Leur combat et leur détermination montrent une fois de plus que nous, les femmes, les travailleuses et les travailleurs, ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour faire valoir nos droits !

 

Nous sommes ici face à une méthode classique des entreprises aéronautiques françaises au Maghreb : elles cherchent une main d’œuvre féminine pour éviter tout mouvement de révolte en se basant sur la supposée « docilité » des femmes.

 

Pour asseoir le pouvoir de la direction sur les travailleuses et garantir les intérêts du patronat, ces entreprises utilisent des méthodes d’intimidation et de management patriarcales basées sur des violences sexistes. En plus de ces méthodes dénoncées par les travailleuses, l’entreprise française Latécoère s’implante au Maghreb pour profiter des salaires plus bas, des normes sociales moins contraignantes et des exonérations d’impôts/ Tout pour maximiser les profits de ses propriétaires.

 

Si le patronat cherche à diviser les travailleurs français et tunisiens, les travailleuses licenciées de Latécoère construisent leur lutte en lien avec les salariés français de l’aéronautique. En effet, des deux côtés de la Méditerranée, les travailleurs et les travailleuses de l’aéronautique subissent les attaques du patronat et du gouvernement qui cherchent à leur faire payer la crise.

 

La perte d’emploi n’implique pas seulement perte de salaire, mais aussi destruction de la vie des familles ouvrières, ainsi que des familles dont l’emploi dépend directement de l’économie industrielle, comme les écoles et les hôpitaux, secteurs à majorité féminins. Derrière les emplois, il y a des vies, des histoires et des familles qui se brisent ! (…) »

 

Cette grève contre l’exploitation féroce du capitalisme-impérialisme mondialisé, ce sont des femmes qui la mènent, en première ligne. Ce sont des Tunisiennes, dans la continuité du Printemps arabe débuté il y a dix ans, justement en Tunisie. Et elles s’affrontent à un monopole bien de chez nous, Latécoère, symbole des exploiteurs de l’aéronautique, en France comme en Tunisie, symbole de l’impérialisme français.

 

Depuis fin février, c’est donc la grève, et aussi une nouvelle vague de solidarité internationale, en région toulousaine mais aussi jusqu’au Brésil. Nous reproduisons ci-dessous quelques photos de cette solidarité magnifique.

Aujourd’hui, nous sommes le 8 mars, Journée Internationale des femmes travailleuses, des femmes socialistes, pour l’égalité des droits, pour leur place à « La Moitié du Ciel » qui leur revient.

Force et courage à nos camarades de SEA Latécoère ! Vive la Solidarité internationale !
 

 

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