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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 14:41

Lundi 13 mars 2013

19 mars : manifestation contre les violences policières

 

Dimanche prochain, manifestation nationale, à 14h à la Nation à Paris, contre les violences policières, pour la Justice et la dignité. Une manifestation qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis son lancement en décembre. Il est vrai qu’après la mort d’Adama Traoré, le viol de Théo Luhaka a fait une nouvelle fois déborder la coupe.

Police raciste, justice de classe ! La révolte est immense, et en cette période présidentielle la proposition, longtemps annoncée à l’avance, a fédéré toutes les colères. Peu à peu, les associations, les collectifs se sont regroupés autour de cette perspective, autour d’un appel large et acceptable (disponible en cliquant sur l’affiche).

Et, enfin, ce sont les syndicats qui se mouillent – un peu.

 

On a vu la déclaration réformistes vraiment difficile à supporter – et malheureusement notre confédération en est. Une déclaration avec trois lignes sur les violences policières et tout un tract pour tenter de redorer son blason et proposer des mesures pour améliorer son image. Non, mais vous vivez où ? Dans les beaux quartiers, à l’évidence, vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’est une cité, la BAC, les contrôles humiliants et le racisme quotidien de ces flics qui se croient tout permis...

Cet appel, nous le reproduisons, mais pas pour le diffuser, surtout pas. Nous le reproduisons pour que les lecteurs de ce blog mesurent le degré de compromission de ces prétendues associations de défense aux côtés de l’Etat capitaliste et de la défense de l’ordre existant. Oui, il faut le lire, pour savoir comment le combattre – vraiment c’est grave !

 

Heureusement, nous pouvons diffuser en opposition un appel (sur Mediapart, voir ci-dessous) de syndicalistes qui a choisi son camp, celui du peuple, des jeunes des cités et des quartiers, des travailleurs.

Un appel qui a trop peu d’écho dans nos rangs, il est malheureux de le constater. Un appel qu’il faut faire connaître, car il fait le lien entre la violence des flics contre les jeunes et celle contre les travailleurs, le racisme dans la ville et dans les entreprises.

Notre seul reproche, c’est le manque de mots d’ordre percutants à la fin, de ces mots d’ordre peut-être un peu généraux, mais qui indiquent le combat que nous menons…

 

Français, immigrés, une seule classe ouvrière, égalité des droits !

Régularisation sans condition de tous les sans-papiers, liberté de circulation et d’installation !

Accueil des migrants, solidarité internationale des peuples en lutte !

Halte aux discriminations, le racisme, le sexisme, l’homophobie, égalité complète de tous les droits !

Halte à la répression, non à la justice de classe ! Vérité et Justice pour tous les crimes contre les travailleurs et le peuple, dans les quartiers, dans les mouvements sociaux ! Pas de Justice, pas de Paix !

Justice pour Adama, justice pour Théo et pour tous les autres !


 

Syndicalistes, nous marcherons le 19 mars !

 

Aujourd’hui, qu’il s’agisse d’islamophobie, d’antisémitisme, de négrophobie, de rromophobie, de stigmatisations anti-asiatiques… Le racisme sous toutes ses formes prospère, nourri de dizaines d’années de politiques d’État réactionnaires et antisociales et puisant aux sources d’une domination coloniale et néo-coloniale passée et présente.

 

Aujourd’hui les discriminations, les stigmatisations, les violences, notamment policières (pouvant conduire jusqu’à la mort) frappent au quotidien jeunes et moins jeunes racisé.e.s dans les quartiers populaires…

 

Ce ne sont pas des "dérapages", des "bavures", mais bien la conséquence d’un racisme systématisé et banalisé. L’islamophobie tient une place particulière dans ce sinistre concert. Propagée par une stratégie consciente de l’extrême droite occidentale, elle s’appuie sur l’idée nauséabonde de « choc des civilisations » qui a favorisé les gains électoraux, de Le Pen à Trump.

 

Mais elle ne se cantonne pas à l’extrême droite : dès 1983 on a vu des ministres socialistes dénoncer les grèves des ouvriers de l’automobile en les accusant d’être manipulées pardes« musulmans, des chiites, des religieux », les grévistes étant pour la plupart des travailleurs immigrés. C’est pourtant pour leurs droits d’ouvriers et leurs salaires qu’ils se battaient. Elle est devenue un invariant des diversions d’État face aux mobilisations sociales : depuis 2003, il n’est pas de mouvement social qui ne soit immanquablement suivi d’une affaire du "voile" ou du "burkini", orchestrée pour l’occasion en psychodrame national.

 

Nous voulons le dire ici avec force : le racisme, dans toutes ses dimensions, contribue à diviser toutes celles et tous ceux qui subissent une société d’injustice fondée sur la domination d’une classe sociale qui organise et profite du système capitaliste sur une autre qui produit les richesses et fait fonctionner la société́ quotidiennement par son travail.

 

Si les discriminations ne se réduisent pas à la domination sociale, elles s’articulent à celle-ci pour la renforcer. Combat social et antiraciste, loin d’être antagoniques, doivent se nourrir l’un l’autre. Il n’y a pas de place pour les divisions racistes dans nos luttes et nos résistances, et nous devons nous y opposer partout où elles se manifestent. Les alternatives élaborées dans nos mobilisations portent la revendication de l’égalité.

 

Sur les lieux de travail nous combattons les discriminations et mesures racistes. Bien des travailleurs et travailleuses racisé.e.s s’organisent d’ailleurs syndicalement. Nous sommes de longue date au côté des travailleurs et travailleuses sans papiers et dans les réseaux de solidarité avec les réfugié.e.s. Dans la société, dans les quartiers populaires, l’auto-organisation des victimes du racisme progresse. Les organisations syndicales n’ont pas à s’y substituer, mais elles doivent activement la soutenir. Les mobilisations pour la justice et la vérité pour Adama Traoré, pour la justice pour Théo Luhaka, ne faiblissent pas. La marche pour la justice et la dignité du 19 mars, initiée par les familles des victimes de violences policières est maintenant appelée par de nombreuses organisations. Une force, un front antiraciste et social peut se dessiner, c’est en tout cas une urgence à laquelle il faut s’atteler. Les syndicalistes doivent pour cela prendre une part active à la réussite de cette marche.
Parce que notre syndicalisme ne s’arrête pas aux portes des services et des entreprises mais qu’il porte résolument en lui une autre société, où l’égalité n’est pas négociable.

 

Nous marcherons le 19 mars.

 

Verveine Angeli (Solidaires), Enaut Aramendi (Secrétaire LAB Nord), Jonhatan B.(Fédération des sociétés d’études CGT), Benjamin Bauné (SUD éducation Paris), Grégory Bekhtari (militant Snes-FSU 93), Jean-Baptiste Boissy (Fédération des sociétés d’études CGT), Mathieu Borie (SUD-Rail Paris-Est), Antoine Boulangé (CGT éduc’action Créteil), Sidi Boussetta (syndicaliste CGT Blois), Matthieu Brabant (Ferc-CGT), Jean Brignole (Secrétaire général du STC), Nara Cladera (Union locale Solidaires Comminges), CNT Bas-Rhin, Annick Coupé (Solidaires), Amel Dahmani (SUD Collectivités territoriales Mairie de Saint-Denis), Laurence De Cock (Snes-FSU), Fabien Delmotte (CNT-SO), Tarek Dengou(CGT Caisse des dépôts et consignations), Jean-Paul Dessaux (Secrétaire fédéral SUD PTT), Marc Destruhaut (CGT AXA), Gaëlle Differ (Secrétaire fédérale SUD PTT), Simon Duteil (Union locale SUD-Solidaires Saint-Denis), Hervé Falcetta (CGT Construction Bois Ameublement Toulouse), Anaïs Flores (SUD éducation 93), Myriam Garcia (SUD éducation Loire), Clément Gautier (Secrétaire fédéral de Solidaires étudiant.e.s), Guillaume Goutte (Syndicat des correcteurs CGT), Natacha Grelot (Co-secrétaire nationale SNPES-PJJ FSU), Yann Guittier (CGT hôpital Robert Debré AP-HP), Boualem Hamadache (Secrétaire général SUD CD 93), Gaétan Helon (Syndicat étudiant et lycéen – CGT Valenciennes), Hervé Heurtebize (Snuter-FSU), IWW Belgium, Danièle Jeammet (SNJ-CGT), Manue Karinos (militante Solidaires, Paris), Reynald Kubecki (CGT Le Havre), Christian Leblanc (SYNPTAC-CGT), Jean-Yves Lesage (Syndicat du Livre CGT), Marion Letzelter (CGT Caisse des dépôts et consignations), Alexis Louvet (CGT RATP Bus), Christian Mahieux (Solidaires Val-de-Marne), Audrey Mariette (Ferc-Sup CGT), Valérie Martin (Commission Femmes de Solidaires Loiret), Jean-Luc Morucci (Secrétaire aux relations internationales du STC), Jean-Michel Nathanson (Solidaires Finances publiques),Denis Petitjean (retraité, SUD Santé Sociaux Loiret), Bruno Poncet (membre du Bureau fédéral de SUD-Rail), Thierry Porré (retraité, Syndicat des correcteurs CGT), Nicolas Poulin (SUD éducation Alsace), Hugo Reis (Secrétaire fédéral SUD PTT), Fabrice Riceputi (SUD éducation Franche-Comté), Julien Rivoire (syndicaliste FSU), Théo Roumier (Solidaires Loiret), Olivier Sagette (syndicaliste CGT Paris), Pierre Stambul (Snes-FSU), Christian Taillandier (membre du Bureau national du Snuitam-FSU), Eddy Talbot (SUD PTT), Boris Vigneault (Secrétaire général CGT Caisse des dépôts et consignations), Sophie Zafari (syndicaliste FSU), Ali Zyani (SUD PTT TMT)

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Publié par Où va la CGT ? - dans Répression Justice
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