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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 11:54

Vendredi 9 septembre 2016

Suicides dans la santé : en finir avec le profit et son monde !

 

C’est une vraie vague de suicides à l’hôpital, comme il y en a eu une il y a quelques années à France Telecom.

Quatre suicides en juin au CHU de Toulouse, et deux autres dans l’année (voir le tract CGT ci-contre), un autre au Havre (voir ICI), un à Saint-Calais (dans la Sarthe, voir ICI), deux à Reims (voir ICI), ce n’est pas un hasard.

Les directions locales plaident comme d’habitude les cas particuliers, les fragilités individuelles. Mais dans tous les services, on sait bien qu’on arrive au bout des conséquences des plans « Hôpital 2007 et 2012 », de la restructuration de l’AP-HP mise en place par Hirsch et de toutes les restructurations dans les divers établissements. C'est le capitalisme qu'il faut suicider !

 

La Santé a été le secteur du public qui a subi le plus de plein fouet les restructurations capitalistes, dans le droit fil de ce qui se passe dans le privé depuis des décennies : compressions d’effectifs, non remplacement des départs, fermetures de services, flexibilité, précarité, polyvalence, négligence des malades…

A côté du développement massif des hôpitaux privés (Générale de Santé, Elsan, Medipôle…), du poids toujours aussi important des groupes pharmaceutiques (scandales sanitaires ou financiers à la clé…), la restructuration et la rentabilisation de l’hôpital public est un des axes majeurs du développement du capitalisme dans le domaine de la santé. Un secteur tout à fait « profitable », avec des débouchés garantis et permanents (il y aura toujours des naissances, des malades et des anciens à soigner…) !

On pourrait rajouter les concentrations massives dans le secteur des complémentaires santé (les « mutuelles » qui n’ont plus que l’étiquette, comme Malakoff Médéric ou Klesia, voir un article de ce blog sur la question), le même phénomène dans les EPHAD ou maisons de retraite et ainsi de suite…

 

Depuis toujours, la santé a été un enjeu de classe, avec des différences choquantes entre une médecine de « réparation » de la force de travail pour les prolétaires, et une médecine de qualité pour la bourgeoisie et les fractions supérieures de la petite-bourgeoisie (cadres, intellectuels…). Mais avec la crise du capital, on est rentré dans une nouvelle phase qui celle de l’intensification de l’exploitation et de la recherche d’une rentabilité toujours plus élevée.

Qui en font les frais :

  • Les patients, bien sûr, pour qui les inégalités de soins, de connaissance de ce qu’il faut faire, de  moyens financiers sont toujours plus importantes. Avec la multiplication des fermetures de services un peu partout, il devient impossible de se faire soigner correctement – déjà de savoir où et comment le faire…
  • Les personnels, ceux dont on parle aujourd’hui avec cette vague de suicides. Celles et ceux qui n’en peuvent plus de polyvalence et de stress, de course contre le temps au risque de l’erreur médicale, sans même avoir le temps d’aller aux toilettes, d’horaires de folie jamais récupérés, d’impossibilité de prendre ses congés pour assurer un minimum de continuité…

 

Aujourd’hui, comme dans le passé, la vague de suicides choque. Mais les causes sont anciennes, connues et dénoncées depuis belle lurette. Les syndicats ont organisé la résistance, avec toujours la difficulté de faire grève quand il y a des malades en face… Ils ont organisé la résistance au plan Hirsch dans l’AP-HP (« Santé, un des fers de lance de la résistance »), ils mobilisent partout, des grands hôpitaux comme Purpan à Toulouse aux petits comme ceux de Vire, de Maubeuge ou d'ailleurs.

Aujourd’hui, la CGT du CHU de Toulouse veut briser le silence, au sens propre comme au figuré. Rendre public ce qui est caché, collectiviser ce qui reste une souffrance individuelle. Dès l’été dernier, un appel intersyndical sur l'hôpital appelait à parler et regrouper (voir ci-contre). Le site du syndicat diffuse des vidéos de dénonciation (déjà quatre en ligne) ainsi que sur Facebook, sous la formule #Brisonslesilence.

On lira également avec intérêt l'analyse de la CGT du CHU de Montpellier qui synthétise toutes les attaques de ces dernières années...

 

Voilà les démarches à suivre, pour en finir avec l’isolement, pour construire le collectif de résistance, conscient qu’il ne s’agit pas de fragilités individuelles, mais de la conséquence effrayante mais logique d’une société barbare, pour qui la santé des patients comme des soignants n’est qu’un enjeu de profit…

 

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