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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 15:13

Lundi 7 mars 2016

9 mars : unité étudiants-travailleurs contre la loi El Khomri !

 

La révolte est grande, la colère est immense – partout. 1 200 000 signatures sur une pétition, c’est rien en vrai, mais c’est significatif au fond car c’est la première fois que ça se passe : juste ras le bol.

A peine les condamnations tombées contre les travailleurs d’Air France et contre les délégués de Goodyear (« Nous étions 20 000 rassemblés le 4 février »), on voit arriver ce qui se profilait et ce que nous annoncions : une nouvelle attaque féroce contre les travailleurs, avec l’objectif clair, net et avoué d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises dans la guerre économique mondialisée.

Valls, ce qui est bien avec toi, c’est que tu dis clairement ce que les autres n’osent pas avouer… Encore merci !

 

La loi El Khomri (« Projet El Khomri, négociations UNEDIC : nouvelle attaque ») : précarité généralisée, flexibilité renforcée. Et pour coiffer le tout, l’humiliation en guise de management.

Voilà ce qui fait l’unité entre les étudiants et les travailleurs mobilisés.

Les étudiants se mobilisent sur le mot d’ordre « Précaire un jour, précaire toujours ! », ils connaissent avec leur vie complémentaire pour financer leurs études. Et ils connaissent aussi la flexibilité, le temps partiel, le travail le dimanche, les humiliations des petits chefs et de la hiérarchie des stages…

Les travailleurs, les camarades sans-papiers en premier, vivent dans leur chair et dans leur vie personnelle ce que veut dire travail clandestin, précarité, intérim, sous-traitance, soumission à la hiérarchie.

C’est unis sur cette base de classe, contre les exploiteurs, contre l’exploitation capitaliste, contre le management, contre le lean, contre la précarité institutionnelle (comme dans l’automobile), contre la flexibilité à outrance (comme dans le commerce) que nous allons avancer, en rangs serrés, et que nous voulons gagner !

 

Le mouvement a été lancé sur le Web, la pétition, les appels à la grève pour le 9 mars.
Tout de suite, ça a pris. La pétition bien sûr. Et les syndicats, même les plus réformistes comme l’UNEF, l’appendice connu du PS, quand même appelant directement à une mobilisation nationale pour le 9.

Tout de suite, des structures syndicales, et pas des moindres se sont mobilisées, en direct, sans attendre les consignes confédérales : les UD des Bouches du Rhône, du Cher, de la Haute Garonne, du Vaucluse. Info Com’ (voir une petite récap de ces précurseurs, ci-contre). On voit que depuis l’affaire Lepaon, les structures se sont autonomisées, n’attendent plus la décision « d’en haut » pour savoir quoi faire. Ca, c’est très nouveau, et ce n’est sûrement qu’un début.

Du coup, l’affaire a pris de l’importance, jour après jour.

 

Et on voit apparaître l’appel de la fédération de la métallurgie au 9 mars. La métallurgie, la FD de Martinez. Signe précurseur de ce qu’on voit depuis une semaine : le rouleau compresseur confédéral en marche comme il sait le faire quand il veut. Les convocations, appels, suggestions en pagaille, voilà longtemps que les secrétaires de syndicat n’avaient pas été sollicités de cette manière – une pluie de mails ! Ce n’est pas du cinéma, c’est à une vraie mise en ordre de bataille à laquelle on assiste.

Bien, très bien ! Le signe que finalement l’appel des réseaux sociaux été entendu…

Certainement aussi la volonté de récupérer – c’est clair et net – la volonté de ne pas laisser à d’autres l’initiative. Et c’est pas joli, joli… Si l’UD 31 se pose correctement en « co-organisatrice » aux côtés du mouvement de la jeunesse, à Paris, l’URIF ignore royalement le rassemblement des jeunes annoncés quand même bien plus tôt et à un autre endroit…

On connaît ça par cœur, nous les opposants de classe dans la CGT, on a vu la même chose pour le CPE en 2006 (voir le dossier de l'époque ICI)

Le 9 mars, nous serons partout, dans les manifestations syndicales, et aussi aux côtés des jeunes qui recherchent leur avenir, dans les rassemblements, dans les assemblées de facs : oui, nous les ouvriers, nous les travailleurs, avec ou sans papiers, allons porter le combat anticapitaliste parmi la jeunesse, pleine d’enthousiasme et de colère !

 

Nous ne sommes pas là pour négocier des virgules, c’est le retrait, point barre le mot d’ordre, et nous sommes heureux de constater que ce mot d’ordre s’est imposé dans le courant combatif, qu’il n’y pas d’hésitation pourrie à prétendre négocier quoi que ce soit. On va oser dire que ce n’était pas gagné au départ… et qu’il a fallu la radicalité et la rapidité de la réaction pour l’imposer – de fait.

 

Ils vont tenter de nous amuser avec des concessions sur des questions annexes (les indemnités prud’homales), ne nous laissons pas abuser. L’enjeu, ce n’est pas un « bon Code du Travail », ce n’est pas négocier quelques miettes de plus de « nouveaux droits » comme on le lit dans la prose de notre syndicat.

L’enjeu, c’est la précarité, la ré-intégration de la sous-traitance, l’embauche des intérimaires, la régularisation des sans-papiers, la suppression des CDD, la reconstitution des collectifs de travail.

L’enjeu, c’est la flexibilité, le refus des horaires éclatés, du travail de nuit et de week-end – sauf urgences sociales évidentes, pompiers, santé, sécurité…), le refus de la modulation des horaires avec un horaire hebdomadaire fixe, le refus du travail posté, le refus de toutes les « petites » attaques quotidiennes, du pointage en bleu, au raccourcissement des temps de recouvrement, en passant par le badgeage au poste informatique…

L’enjeu, c’est la restructuration permanente de l’exploitation capitaliste pour nous en demander toujours plus, pour augmenter la productivité, supprimer les postes de travail et envoyer les collègues à Pôle Emploi, c’est le respect de notre vie et de notre santé réduites en miettes par les conditions de travail de plus en plus violentes… C'est le combat contre le capital et sa guerre économique mondialisée !

 

Le 9 mars, nous serons dans la rue, aux côtés des jeunes et des étudiants, contre la précarité, contre la flexibilité, pour un espoir d’avenir libéré de l’exploitation ! Un monde sans précarité ni flexibilité, un monde de paix et de sécurité pour les travailleurs, un monde dont eux-mêmes seront maîtres !

Mercredi, nous serons tous dans la rue contre le gouvernement Hollande/Valls/El Khomri, contre l’exploitation capitaliste, contre le monde de barbares qu’ils nous construisent brique après brique !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Précarité
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commentaires

Le pédagogue 14/03/2016 18:48

Le pédagogue :


Son sourire niais l’accompagne à chaque apparition à la télévision.
Le genre de sourire qui donne au visage l’éclat d’une bouse de vache, au salon de l’agri-cul-ture.
- Que dire des manifestations contre votre texte ?
Levée de boucliers ?
- Les manies-fesse-tations ?
Levé de boucs liés ?
- Loi « EL CONNERIE » a dit un nélu en s’attaquant au texte qui porte votre nom.
- C’est EL KOMRI, il s’est trompé ; c’est « M » au lieu de « N ».
- « L » comme riz ? (EL KOMRI) ?
- Cesse là (C’est cela).
- Pourquoi cet avant-projet de loi sur la réforme du code du travail porte votre nom, alors que vous n’y êtes pour rien ?
C’est Hollande ?
- Nom, la Hollande n’a rien à voir avec la raie forme, même s’il faut tenir compte de l’heure hop (l’Europe).
C’est le Président qui fixe les règles du je (jeu), et les membres de son gouvernement ne doivent pas oublier la sous-mission (soumission) à son premier ministre.
- C’est élémentaire en fait.
- Elle aime en terre ?
- Sous la cinquième République je veux dire.
- Sous d’autres aussi.
- Vous croyez ?
- Je ne peux pas vous dire si je crois ou pas, car en Raie publique (République) la hic (laïque), « ça » ne se fait pas.
- Vous croyez que Manuel Valls ne va pas céder ?
- CD ?
Non, c’est Dédé (CDD).
- Gardez le sourire.
- Le sous-rire ?