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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:10

Jeudi 19 novembre 2015

Attentats de Paris : la déclaration du CCN

 

Le CCN vient de publier (hier) un communiqué autour des attentats qui mérite d’être diffusé, une fois n’est pas coutume. Bien au-delà des discours convenus et insipides comme ceux de l’UD de Paris (« la déclaration de l’UD de Paris »), c’est une déclaration qui tranche un peu avec tous le discours sur l’unité nationale, l’union sacrée etc. Nous la reproduisons ci-contre.

La déclaration revient justement sur l’origine réelle des attentats, l’engagement de la France impérialiste en Lybie, en Syrie, en Irak, sur les ventes d’armes, dont elle est le deuxième exportateur mondial (Rafales, missiles et autres porte-hélicoptères…). On aurait aimé voir citer l’Afrique, terrain de prédilection de la Françafrique, et aussi l’Afghanistan. Mais peut-être ne faut-il pas trop rappeler l’intervention soviétique en Afghanistan entre 1979 et 1989 qui a contribué à créer les Talibans et autres chefs de guerre (à l’époque soutenus par les USA et la France), alors que dans nos rangs certains voudraient voir réhabiliter Poutine et la Russie, comme Bachar El Assad…

On aimerait aussi avoir le point de vue de la Confédération sur la production d’armes en France, sur une planète où la guerre économique mondialisée se transforme de plus en plus en guerre militaire… Mais, bon, ne faisons pas trop la fine bouche, la déclaration démarque correctement des positions guerrières et militaristes du consensus FN/LR/PS… Et fait justement le lien avec toutes les victimes des attentats, au Liban, en Turquie, en Russie ou ailleurs.

 

La déclaration reprend la défense des migrants, à l’heure où la réaction (sous toutes ses formes) veut renforcer la fermeture des frontières, et fait à juste titre le lien entre migrants de guerre et migrants économiques… refuse tout amalgame entre immigration et terrorisme. C’est important, cela semble une évidence, mais cela doit être rappelé à l’heure où une nouvelle digue peut céder face à au développement du racisme de la peur – et nous en voyons hélas les manifestations autour de nous, dans les entreprises et les quartiers.

 

Et la déclaration refuse tout alignement pour une quelconque paix sociale et revendique haut et fort la poursuite du travail syndical et revendicatif, contre les régressions patronales et gouvernementales. Il n’est pas le lieu ici de discuter la nature de la contestation de la CGT (tous les articles de ce blog sont là pour ça), mais il importe de souligner la déclaration de principe. Affirmer qu’il n’y aura pas de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social, c’est important et ce doit être un point d’appui de notre travail.

 

Aujourd’hui, le gouvernement élargit l’état d’urgence par l’interdiction des manifestations en région parisienne :

  • Interdiction de la manifestation contre les violences faites aux femmes le samedi 21 ;
  • Interdiction de la manifestation en défense des migrants le dimanche 22 ;
  • Interdiction des manifestations autour de la COP21, les 29/11 et 12/12.

Là, il faut que la Confédération prenne position plus clairement pour la défense du droit de manifestation et de réunion, ce qui n’est qu’esquissé dans la déclaration.

 

Mais par ailleurs, la Confédération maintient la journée d’action du 2 décembre, et pour ce qui est de la région parisienne, l’UD93 maintient son appel à soutenir les camarades d’Air France licenciés devant le tribunal de Bobigny, à partir de 12h (« Quatre licenciements pour faute lourde à Air France »).
En régions, il faut multiplier les initiatives comme la manifestation populaire prévue ce samedi à Toulouse, à l’appel de l’Intersyndicale, et qui promet déjà une forte mobilisation (voir ci-contre l’appel à la manifestation, ainsi qu’un courrier aux syndiqués explicatif).

L’heure n’est pas à l’abattement et à la peur face aux fascistes de Daech, l’heure est à serrer les rangs et réagir collectivement pour réaffirmer l’unité populaire et de classe contre la réaction sous toutes ses formes !

 

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Publié par Où va la CGT ?
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